Littérature

Ben Jonson, Volpone : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés

Volpone, pièce de théâtre du dramaturge anglais Ben Jonson, plonge les spectateurs dans la Venise du XVIIe siècle, où ruse, tromperie et avidité dictent les relations humaines. En mettant en scène un riche, feignant la mort pour tirer profit de la cupidité des autres, Jonson offre une satire cinglante de la société de son époque. Il tisse une toile de manipulations et de faux-semblants où chaque protagoniste tente de surpasser l’autre par la ruse. Grâce à des dialogues truculents et un sens aigu de la mise en scène, Jonson interroge les excès de l’avidité humaine et le grotesque de l’appât du gain. Imprégnons-nous de l’ingéniosité de l’intrigue et des couleurs vives des personnages dépeints par Jonson en explorant cette œuvre ensemble.

Résumé détaillé acte par acte et scène par scène de Volpone de Ben Jonson

Acte 1

Scène 1

L’ORACLE DE L’OR

Volpone, un riche vénitien, célèbre sa fortune en parlant à son or et ses autres trésors, les adorant presque comme des divinités. Il déclare que la fortune surpasse toutes les autres formes de bonheur et de vertu, mettant en relief sa cupidité sans bornes. Son serviteur, Mosca, est d’accord avec lui, soulignant que l’argent permet d’obtenir tout ce que l’on désire, plus encore que ce que la nature peut offrir par la sagesse. Volpone valorise également l’art de l’acquisition rusée des richesses plus que la possession des richesses elles-mêmes. Il indique qu’il ne les a pas gagnées par des moyens traditionnels, mais par des stratagèmes plus sournois. Mosca valorise le pragmatisme de Volpone. Il loue sa manière d’utiliser sa richesse pour maintenir un entourage de serviteurs dévoués, dont Mosca lui-même fait partie. En échange de ses dires, Mosca reçoit un peu d’argent de la part de Volpone. Ce dernier convoque ensuite des divertissements en faisant venir un nain, un eunuque et un fou pour le distraire. Ces derniers se lancent dans une conversation théâtrale où ils explorent les nombreuses réincarnations de l’âme de Pythagore. Il passe de personnage en personnage, historique et mythique, y compris divers animaux et objets inanimés. Chacun raconte son expérience. La conversation se tourne ensuite vers une discussion sur le bonheur et la liberté qu’apporte la folie, par opposition à la sagesse. La pièce se termine sur une chanson qui célèbre la joie et la liberté d’être fou, laissant entendre que la folie peut être une sorte de sagesse. Volpone exprime sa satisfaction pour le spectacle et Mosca, qui a orchestré le divertissement, accepte le crédit seulement après que Volpone a montré son approbation.

VOLPONE ET L’ART DE LA SUPERCHERIE

Volpone se prépare à recevoir Voltore, un avocat, en prétendant être gravement malade. Il fait cela pour continuer à recevoir des cadeaux de ceux qui espèrent hériter de sa fortune. Mosca l’aide dans cette mise en scène et encourage les illusions des visiteurs sur l’état de santé déclinant de Volpone. Voltore arrive avec un cadeau précieux, une pièce d’argenterie ornée du nom et des armes de Volpone. Avec l’aide de Mosca, Volpone Mosca Voltore en lui faisant croire qu’il est le principal héritier de sa fortune, incitant ainsi Voltore à lui offrir des cadeaux précieux. Le jeu de duperie est accentué par les fausses louanges de Mosca envers Voltore. Ce dernier sort et Corbaccio arrive après avoir vu Voltore, l’avocat, sortir. Volpone et Mosca conspirent pour tirer parti de son avidité et de sa naïveté. Rusé, Mosca met en œuvre une stratégie d’exploitation en alimentant les espoirs de Corbaccio de devenir l’héritier principal de Volpone. En utilisant des mensonges et des manipulations, Mosca encourage Corbaccio à déshériter son propre fils au profit de Volpone. Il lui assure ainsi qu’à la mort de Volpone, l’héritage reviendrait à Corbaccio. Ce dernier donne des sequins à Volpone avant de partir.

LE BALLET DES TROMPEURS ET DES TROMPÉS CHEZ VOLPONE

Après que Corbaccio soit sorti, Volpone et Mosca discutent de l’avidité et de la vieillesse. Ils se jouent des désirs de richesse de leurs visiteurs. Alors qu’ils discutent de leur ruse et du comportement des vieillards, ils sont interrompus par une troisième visite, celle de Corvino, qu’ils prévoient également de tromper. Mosca et Corvino discutent près du lit de Volpone qui feint d’être à l’agonie. Corvino apporte des cadeaux précieux dans l’espoir d’être inclus dans le testament de Volpone. Mosca manipule Corvino en lui faisant croire qu’il sera le principal héritier, exacerbant ainsi sa cupidité et l’incitant à offrir davantage. Corvino repart en ayant donné une perle et un diamant à Volpone. Toutefois, Mosca va plus loin, en lui disant qu’il ne sera pas capable de lui donner sa femme. Cela fait partir Corvino. Volpone exprime sa joie face aux richesses qu’il a accumulées en trompant les autres. Mosca informe Volpone de la visite de lady Would-Be, mais ce dernier décide de la recevoir plus tard. La conversation dévie ensuite sur la beauté de la femme de Corvino. Celle-ci suscite la curiosité de Volpone qui exprime son désir ardent de la voir. Mosca souligne que cela est presque impossible en raison de la surveillance stricte sous laquelle elle vit. Malgré cela, Volpone est déterminé à la rencontrer.

Acte 2

Scène 1

Place Saint-Marc, dans un recoin discret face à la demeure de Corvino, Sir Politick, un chevalier marié à Lady, et Peregrine, un voyageur anglais, discutent. Sir Politick est en Italie pour plaire à son épouse. Au cours de leur conversation, Peregrine réalise la simplicité d’esprit de Sir Politick. Il commence alors à lui raconter des histoires farfelues.

Mosca arrive déguisé, suivi de serviteurs qui portent de quoi construire une estrade. Alors que Peregrine est méfiant vis-à-vis des nouveaux arrivants qu’il prend pour des saltimbanques, Sir Politick est fasciné. Il les voit comme détenteurs de tous les secrets et conseillers des personnalités importantes.

Une fois l’estrade prête, Mosca présente Scoto de Mantua, incarné par Volpone déguisé en charlatan, suivi de faux disciples. Il vante les vertus d’une huile miracle, sous les regards sceptiques de Peregrine et l’admiration naïve de Sir Politick. La présentation attire même l’attention de Célie (Célia), la femme de Corvino, qui envoie un mouchoir en signe d’intérêt.

Cependant, leur représentation est interrompue brutalement par Corvino qui les expulse à coups de bâton. Face à cette agitation, Sir Politick craint un complot politique et choisit de rentrer chez lui. Peregrine, quant à lui, se moque intérieurement de la crédulité de son compagnon.

Scène 2

Volpone confie à Mosca qu’il est éperdument tombé amoureux de Célie (Célia) et que son cœur est en proie à une passion dévorante. Malgré sa douleur, il est prêt à tout pour conquérir l’objet de son désir, y compris sacrifier ses biens précieux. Mosca promet de l’aider en utilisant tous les moyens possibles pour satisfaire les désirs ardents de Volpone. Ce dernier, rassuré, ne regrette pas son déguisement et a confiance en la ruse de Mosca pour réussir dans leur entreprise. Toutefois, Volpone craint que son déguisement n’ait pas suffit à tromper la vigilance de Corvino, mais Mosca lui assure qu’il n’en est rien.

Scène 3

Furieux et armé d’une épée, Corvino traîne Célie (Célia) sur scène. Malgré les protestations d’innocence de Célie (Célia), il la renvoie dans sa chambre. Peu après, Mosca arrive et informe Corvino que Volpone va mieux grâce à une huile miraculeuse. Cependant, il ajoute que pour une guérison complète, les médecins ont recommandé que Volpone couche avec une jeune femme. Dans son trouble, Corvino va jusqu’à proposer sa propre épouse pour cette tâche, une suggestion que Mosca accueille favorablement avant de s’éclipser.

Corvino appelle ensuite Célie (Célia) et, changeant d’attitude, s’excuse pour sa colère précédente, affirmant qu’il n’est pas un mari jaloux, une assertion qu’il promet de prouver lors d’une fête à venir chez Volpone.

Acte 3

Scène 1

Mosca se vante de son habileté à manipuler les autres et à servir ses propres intérêts grâce à son rôle de parasite. Bonario, le fils de Corbaccio, fait irruption sur les lieux, ce qui donne à Mosca l’opportunité parfaite de mettre en œuvre son prochain stratagème. Il essaie d’abord d’engager la conversation avec Bonario, mais celui-ci le méprise et refuse de lui parler. Mosca joue ensuite la carte de la victimisation, prétendant être un homme honorable contraint à une vie de servitude.

Bonario, touché par les larmes de Mosca, décide d’écouter ce qu’il a à dire. Mosca informe alors Bonario d’un prétendu complot ourdi par son père Corbaccio pour le déshériter. Il offre même à Bonario la chance d’entendre par lui-même les plans de son père en l’emmenant à un endroit où l’acte d’exhérédation serait lu à haute voix.

Bonario est initialement sceptique et refuse de croire que son père pourrait faire une telle chose. Cependant, les assurances de Mosca et sa promesse de preuves concrètes le poussent à suivre Mosca, laissant Bonario incertain mais déterminé à découvrir la vérité.

Scène 2

En attendant Mosca dans son salon, Volpone s’ennuie fermement. Il demande à ses trois complices, Nano, Androgyno et Castrone, de le divertir. Ils entament alors une petite pièce de théâtre. Cependant, leur représentation est interrompue par l’arrivée impromptue de Lady Politick. Bien que Volpone tente de feindre une grave maladie pour écourter la conversation, elle parvient toujours à trouver un moyen de continuer à parler.

Heureusement, Mosca revient enfin et, pour débarrasser Volpone de Lady Politick, il invente une histoire selon laquelle il aurait vu le mari de celle-ci avec une prostituée. Alarmée, la dame part immédiatement à la recherche de son mari. Après son départ, Mosca rassure Volpone, lui assurant que ses plans avancent comme prévu et que ses souhaits seront bientôt exaucés une fois que Corbaccio aura ajusté son testament en faveur de Volpone.

Scène 3 & Scène 4

Mosca guide Bonario vers un cabinet où il pourra se cacher et écouter son père le déshériter. Bien que sceptique, Bonario s’y cache. Dans le même couloir, Corvino cherche à savoir si Célie (Célia) sait pourquoi il l’a amenée ici. Celle-ci répond qu’elle ne peut savoir la raison sans qu’il ne le lui dise. Corvino se prépare alors à le lui révéler.

Mosca informe Bonario que son père arrivera dans une demi-heure et lui suggère de passer le temps en lisant dans une galerie où il ne sera pas dérangé. Une fois que Bonario y est, Mosca le surveille et élabore un plan pour garder son père à l’écart.

Scène 5

Corvino et Célie (Célia) font leur entrée dans la chambre où Volpone est allongé, Mosca étant à ses côtés. Corvino tente de persuader Célie (Célia) que ce qu’il lui demande de faire est un acte charitable, mais elle résiste. Mosca propose alors de laisser Célie (Célia) et Volpone seuls, pensant qu’elle est simplement timide. Une fois Mosca et Corvino partis, Volpone se révèle à Célie (Célia) et lui fait des avances persistantes. Toutefois, elle continue de résister, valorisant son innocence.

Bonario arrive soudainement pour sauver Célie (Célia), promettant de révéler la vraie nature de Volpone à tout le monde. Après leur départ, Volpone se plaint de sa situation, mais est interrompu par un Mosca blessé, qui a été attaqué par Bonario. Lorsqu’ils entendent du bruit à la porte, ils décident de faire face à la situation, avec Volpone feignant à nouveau d’être malade. Corbaccio arrive et Mosca lui raconte que Bonario l’a attaqué sans raison.

En conséquence, Corbaccio décide de retirer Bonario de son testament au profit de Volpone. Ce dernier intervient, inquiet pour sa part d’héritage, mais Mosca manipule habilement la situation à son avantage, détournant la colère de Corbaccio et Voltore vers Bonario. Les deux hommes quittent la pièce, déterminés à contrer toute accusation que Bonario pourrait porter.

Acte 4

Scène 1

Dans une rue, Sir Politick débite des propos insensés, pour le plus grand plaisir de Peregrine qui s’amuse à l’entendre. Soudain, Lady Politick fait son apparition et, en voyant Peregrine, elle s’imagine qu’il s’agit d’une prostituée déguisée en homme. Sir Politick, déconcerté et ne saisissant pas pleinement la situation, choisit de s’éclipser. Une altercation s’ensuit entre Lady Politick et Peregrine, pendant laquelle Mosca intervient. Il informe Lady Politick qu’elle fait erreur et lui apprend que la femme que Sir Politick fréquentait a été arrêtée plus tôt. Il fait référence à Célie (Célia). Suite à cette révélation, Lady Politick et Mosca partent ensemble, laissant un Peregrine étonné et seul sur scène, tentant de démêler la situation confuse dans laquelle il se trouve.

Scène 2

LE PLAN DE MOSCA

Au Sénat, une scène importante se déroule avec l’entrée de Voltore, Corbaccio, Corvino et Mosca. Ce dernier orchestre une répétition générale de la farce trompeuse qu’il a imaginée. Ainsi, il s’assure que tous sont bien préparés. Peu après, Bonario et Célie (Célia) font leur apparition, accompagnés des représentants du système judiciaire.

Voltore prend la parole en premier lieu, lançant une série d’accusations contre Bonario et Célie (Célia). Corbaccio enchaîne en s’opposant farouchement à son fils, suivi de Corvino qui, lui, s’en prend à sa propre épouse. Mosca présente alors sa version des faits. Il affirme avoir été témoin d’une mise en scène du viol de Célie (Célia) orchestrée par Volpone et impliquant les deux jeunes. Lady Politick est ensuite appelée à témoigner et attaque immédiatement Célie (Célia) sans réserve.

Dans un développement surprenant, Volpone est amené devant l’assemblée sur une civière. Face aux juges qui demandent un examen de son état, Voltore affirme que Volpone est incapable de commettre un acte répréhensible, illustrant son incapacité physique manifeste.

LA CULPABILITÉ DES DEUX JEUNES

Convaincus par les témoignages accablants et la mise en scène habile, les juges semblent croire en la culpabilité de Bonario et Célie (Célia). Ils se retirent pour délibérer sur le sort des accusés, laissant une atmosphère tendue et incertaine.

Alors que les juges sont absents, Mosca ne perd pas de temps et assure à chacun des protagonistes, tour à tour, qu’il agira toujours dans leur meilleur intérêt, cultivant ainsi leur confiance. Finalement, il parvient à convaincre Lady Politick de ne pas importuner davantage Volpone, manipulant habilement la situation à son avantage.

Acte 5

Scène 1

Seul, Volpone exprime son soulagement tout en savourant du vin pour calmer ses nerfs. Mosca fait son apparition, et Volpone ne manque pas de le louer pour sa ruse, tout en exprimant le désir de poursuivre leur jeu.

Il demande alors à Nano et Castrone d’aller annoncer partout en ville sa fausse mort, mission que les deux hommes s’empressent de remplir. Se préparant à la venue des potentiels héritiers, Volpone se dissimule derrière un rideau. Il laisse Mosca s’installer à un pupitre, coiffé d’un bonnet, feignant de réaliser l’inventaire des possessions de Volpone.

Les prétendants commencent à affluer : d’abord Voltore, suivi de Corbaccio, puis Corvino et enfin Lady Politick. Jouant le rôle de l’employé dévoué et absorbé dans son travail, Mosca adopte une attitude distante, ignorant leurs questions ou y répondant de manière évasive. Puis, il prend un malin plaisir à leur révéler, à chacun leur tour, des vérités dérangeantes, les mettant mal à l’aise et les faisant partir honteux.

Après leur départ, Volpone sort de sa cachette, jubilant de la réussite de leur mise en scène. Mais Mosca, qui a toujours une longueur d’avance, révèle avoir un autre plan en tête pour accentuer leur farce. En effet, il envisage de faire intervenir un sergent qu’il connaît et qui a une forte ressemblance avec Volpone.

Scène 2

Peregrine fait son entrée chez Sir Politick, déguisé et accompagné de trois marchands. Il a pour dessein de jouer un mauvais tour à Sir Politick en lui faisant peur. Alors que les marchands se retirent un moment, Sir Politick arrive.

Peregrine prétend que le Grand Turc est présent pour acquérir l’État de Venise, faisant allusion à une revendication précédente de Sir Politick qui prétendait avoir le pouvoir d’orchestrer une telle vente. Pris de court, Sir Politick reconnaît que ses dires étaient fabriqués.

Cependant, Peregrine ne s’arrête pas là et pousse la supercherie plus loin. Il conseille à Sir Politick de se dissimuler sous une carapace de tortue pour se cacher. Les trois marchands reviennent et jouent le jeu en feignant de chercher Sir Politick, puis en faisant comme s’ils étaient persuadés de voir une vraie tortue.

La farce atteint son paroxysme lorsqu’ils révèlent finalement la cachette de Sir Politick, le mettant dans une position humiliante. Peregrine, ajoutant l’insulte à l’humiliation, se dévoile, laissant Sir Politick sous le choc et profondément humilié. Sur cette note amère, Peregrine et les marchands se retirent, laissant les Politick résolus à quitter Venise pour de bon, afin d’échapper à l’embarras causé par ce tour.

Scène 3

Volpone et Mosca se déguisent, respectivement en commandadore et en clarissimo, pour poursuivre leurs manigances. Volpone s’inquiète de savoir s’il ressemble vraiment au personnage qu’il est censé imiter, et Mosca le rassure tout en exprimant discrètement son désir de conserver son nouveau statut. Mosca, qui détient maintenant les clés et le pouvoir, envisage de prendre avantage de la situation. Il souhaite enterrer Volpone qui “veut mourir avant son temps“, ou en tirer profit d’autre manière. Il se dit prêt à aller jusqu’à s’approprier tout l’héritage, justifiant que Volpone doit “payer pour son divertissement“. Volpone sort pour observer les événements à la cour de justice tandis que Mosca envoie les autres acolytes se divertir dans les rues. Mosca évoque l’idée de piéger Volpone.

Scène 4

Corbaccio et Corvino discutent de la nécessité de maintenir la vérité de leurs déclarations précédentes pour protéger leur réputation. Cependant, Corvino admet en aparté qu’il a menti. Volpone arrive, déguisé, et félicite ironiquement les deux hommes pour l’héritage qu’ils espèrent recevoir suite à sa “mort”. Il les taquine et joue sur leur avidité et leurs espoirs de devenir riches grâce à l’héritage. Volpone continue ensuite en plaisantant avec Voltore, lui suggérant qu’il pourrait lui céder une propriété délabrée. Voltore, irrité et confus, le chasse. Volpone révèle son intention de retrouver Corbaccio et Corvino pour continuer son jeu.

Scène 5

Corvino et Corbaccio voient Mosca passer. Volpone revient pour les titiller une fois de plus. En colère, Corvino menace de le battre. Alors que Mosca revient sur scène, Volpone l’appelle pour qu’il vienne l’aider, ce qui provoque la fuite de Corvino et de Corbaccio. Peu après, Voltore arrive et Volpone ne manque pas de le railler également. Finalement, ils partent ensemble en direction du Sénat, où une sentence doit être rendue contre les deux jeunes accusés.

Scène 6

Volpone et Voltore se présentent devant les juges. Voltore, pris par la culpabilité, confesse avoir calomnié innocemment d’autres parties par cupidité et implique Volpone comme le cerveau de toutes les tromperies. Cependant, le témoignage est mis en doute lorsque les juges apprennent le décès récent de Volpone, ignorant que Volpone est toujours en vie et se déguise. Perplexes, les juges demandent des clarifications supplémentaires et la véracité des affirmations de Voltore reste en suspens.

Scène 7

Volpone réalise l’erreur de s’être trop moqué des autres, mettant ainsi sa liberté en péril. En découvrant que Mosca a pris les clés de sa maison et donné du répit à ses serviteurs, Volpone craint d’être encore plus enfoncé dans les problèmes. Il décide de se rendre à la cour de justice pour essayer de gagner à nouveau la faveur de l’avocat Voltore en lui donnant de nouvelles espérances, dans une tentative désespérée de sauver sa situation difficile.

Scène 8

À la salle d’audience du Sénat, Voltore est au centre d’une tentative désespérée pour révéler la vérité. Tout à coup, Volpone fait son entrée, bouleversant encore plus la situation déjà tendue. Il murmure à Voltore une révélation choquante : il est non seulement vivant, mais reste l’héritier désigné. Dans un retournement de situation, Voltore feint une soudaine indisposition pour éviter d’aller plus loin dans ses révélations, et le chaos s’ensuit. Volpone tente une ruse en prétendant avoir été possédé. Il affirme que ses paroles précédentes étaient l’œuvre du diable.

À ce stade, l’incroyable vérité émerge finalement alors que Voltore annonce que Volpone est bel et bien en vie, laissant tout le monde abasourdi. Mosca entre en scène, aggravant les tensions. Volpone le presse de confirmer qu’il est vivant, mais Mosca résiste, cherchant à négocier sa position.

Alors que les mensonges commencent à s’effondrer et que la vérité semble sur le point d’éclater, Volpone retire son masque, dénonçant tout le monde dans un aveu général. Dans le climat de confusion et de trahison qui règne, les juges rendent leur verdict.

Mosca est condamné à être fouetté avant d’être envoyé aux galères. Volpone se voit infliger une peine de prison à vie. Voltore est destiné à être reclus dans un couvent. Corvino, pour sa part, est humilié publiquement, contraint de parcourir Venise vêtue d’un bonnet d’âne, exhibant un écriteau détaillant ses crimes.

Ainsi, dans un déluge de révélations et de justice rendue, chaque individu reçoit sa juste sentence. Cela met fin à une spirale de manipulations et de tromperies.

Présentation des personnages

Volpone est souvent présenté comme un homme d’âge mûr, même s’il n’est pas décrit physiquement. Toutefois, il feint la maladie et la faiblesse pour servir ses manigances. Volpone est rusé, manipulateur, et sans scrupules. Il prend plaisir à tromper les autres, nourrissant un appétit insatiable pour la richesse et le plaisir matériel. Il incarne la corruption et la décadence morale de la société. Son nom, qui trouve son origine dans le nom “renard” en italien, symbolise sa ruse et sa tromperie. En effet “Volpe” se traduit par “renard” en italien.

Mosca est souvent interprété comme étant agile et caméléon, capable de s’adapter aux différentes situations et personnages. C’est un serviteur intelligent, rusé et opportuniste qui aide dans ses escroqueries. Mosca incarne la mouche. Il peut symboliser la petitesse et la perversion. C’est un parasite qui se nourrit des richesses de la société corrompue dans laquelle il vit.

Voltore est présenté comme un homme respectueux de la société, probablement vêtu de manière à refléter son statut élevé en tant qu’avocat. C’est un avocat avide et sans scrupules qui est facilement manipulé par les promesses de richesse. Il incarne le vautour en italien. En effet, il représente sa nature charognarde, se nourrissant des restes laissés par les autres.

Corbaccio est souvent représenté comme un vieil homme, faible et peut-être un peu sourd. Il est crédule et avide, désirant l’héritage de Volpone à un point tel qu’il est prêt à déshériter son propre fils. Il désigne un corbeau. Il peut représenter la mort et la prédation, se nourrissant des faibles et des mourants.

Corvino est jeune et probablement bien habillé pour refléter sa richesse en tant que négociant. Il est extrêmement jaloux et possessif, en particulier envers sa femme, Célie (Célia). Il représente également le corbeau, mettant en avant sa nature sombre et prédatrice. En effet, il est prêt à vendre sa propre femme pour gagner l’approbation de Volpone.

Célie (ou Célia) est décrite comme une femme à la fois jeune et belle. Elle est douce, innocente, et moralement droite, un contraste frappant avec les autres personnages. Elle peut représenter la pureté et l’innocence dans une société corrompue, une victime des machinations des hommes autour d’elle.

Bonario est souvent représenté comme un jeune homme noble et bien élevé. C’est le fils de Corbaccio, il est moral et a des principes, cherchant à faire ce qui est juste. À l’instar de Célie, il incarne la jeunesse innocente et les valeurs morales traditionnelles, s’opposant à la corruption omniprésente autour de lui.

Sir Politik Would-Be et Lady Would-Be sont des personnages secondaires et leurs attributs physiques ne sont pas fortement soulignés dans la pièce. Sir Politik est un Anglais extravagant avec des idées grandioses, et Lady Would-Be est une femme bavarde et prétentieuse. Ils incarnent la naïveté et la superficialité, illustrant la folie de l’ambition démesurée et du désir de statut social.

Peregrine est un jeune gentleman, probablement bien habillé pour refléter son statut. C’est un personnage qui semble être assez ingénieux. Il est capable de gérer les absurdités de Sir Politik. Il sert de contraste à ce dernier, démontrant une approche plus rationnelle et mesurée du monde.

Analyse de l’oeuvre

Que révèle Volpone sur les valeurs morales de l’époque Jacobéenne ?

La période Jacobéenne, qui a débuté avec l’accession de Jacques Ier au trône d’Angleterre en 1603 et a duré jusqu’à 1625, a été marquée par des tensions religieuses, politiques et sociales considérables. Cette ère a été marquée par des changements socio-économiques importants, la consolidation de la monarchie, des explorations coloniales et une grande effervescence intellectuelle et artistique.

Volpone, un miroir de la corruption de l’ère Jacobéenne

La pièce Volpone peut être vue comme un microcosme de la société Jacobéenne, une société où la corruption et la tromperie étaient monnaie courante. La noblesse et les classes aisées de cette époque étaient souvent accusées d’utiliser leur pouvoir et leur influence pour exploiter les classes inférieures. Jonson met en lumière cette réalité à travers les manigances des personnages de Volpone et Mosca. Ces derniers manipulent et trompent les autres pour leurs gains personnels.

Les inégalités sociales étaient exacerbées pendant cette période, avec une classe supérieure de plus en plus riche et une classe inférieure qui lutte pour survivre. Dans Volpone, cette division est illustrée par la façon dont Volpone et Mosca manipulent les riches et puissants de Venise pour augmenter leur propre richesse. Ils exploitent les faiblesses et l’avidité des autres personnages pour les servir.

La satire sociale dans Volpone

La satire sociale est un élément central de cette pièce, où Jonson critique ouvertement les vices et les immoralités de la société Jacobéenne. Il présente des personnages largement dépourvus de moralité et guidés par l’auto-intérêt, illustrant un monde où les valeurs sont subordonnées au gain matériel. C’est un écho fort de la société Jacobéenne où la richesse et le statut social étaient souvent au centre des préoccupations individuelles.

Pendant cette période, il y avait également un renouveau de l’intérêt pour les idées humanistes, qui encourageaient une réflexion critique sur la société et les normes morales. Jonson offre une critique mordante des défaillances morales de son époque, incitant les spectateurs à réfléchir à la corruption omniprésente et à l’érosion des valeurs morales.

Comment les choix stylistiques de Jonson dans Volpone servent-ils le message moral de l’œuvre ?

La dualité entre prose et vers dans Volpone donne à l’œuvre une richesse textuelle et une diversité stylistique. Jonson utilise ce contraste pour créer des nuances entre les personnages et leurs discours, mais aussi pour rythmer l’action. En effet, Jonson a souvent recours au vers pour les discours de Volpone et de Mosca. Ce choix stylistique met en avant leur intelligence et leur capacité à manipuler les autres grâce à leur éloquence.

D’autres parties de la pièce sont écrites en prose, souvent utilisée dans les dialogues plus terre-à-terre et pour représenter les personnages moins nobles ou éduqués.

Ainsi, le mélange de prose et de vers permet non seulement de distinguer les personnages et leurs statuts sociaux, mais aussi de créer un rythme dynamique dans la pièce, alternant entre des moments de lyrisme poétique et des passages plus directs et prosaïques.

Jonson utilise le symbolisme de façon intensive, principalement à travers les noms et les comportements des personnages. Les noms des personnages principaux sont italiens pour différents animaux (Volpone signifie “renard“, Mosca “mouche“, etc.), évoquant leurs caractéristiques respectives et leurs rôles dans la pièce. Par exemple, le renard est connu pour être rusé, représentant ainsi parfaitement le caractère de Volpone. La mouche est censée être un parasite, ce qui reflète à la perfection le personnage de Mosca.

Les comportements des personnages symbolisent des traits de caractère humain exagérés. Ils mettent en scène l’avidité, la tromperie, la ruse, etc., ce qui renforce le message moral de la pièce.

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