Littérature

Honoré de Balzac, Mémoires de deux jeunes mariées : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés
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Résumé de Mémoires de deux jeunes mariées de Honoré de Balzac

Mémoires de deux jeunes mariées est un roman épistolaire écrit par Honoré de Balzac et qui paraît en 1841. Explorons ensemble ce roman en deux parties.

Résumé détaillé

Première partie

Lettre I

La première lettre de cet échange épistolaire est écrite par Armande-Louise-Marie, dit Louise de Chaulieu, en septembre, à l’attention de son amie, Renée de Maucombe, depuis sa nouvelle demeure à Paris. Elles étaient toutes deux au couvent des Carmélites de Blois. Armande-Louise-Marie explique à son ami le nouvel univers dans lequel elle vit : l’appartement de la princesse, sa grand-mère, qui lui a légué toute sa fortune lorsqu’elle est décédée. Dans une deuxième lettre en date du 10 octobre, Armande-Louise-Marie explique à Renée de Maucombe ses retrouvailles avec sa famille après neuf années passées loin d’eux. Elle a eu un échange agréable avec sa mère qui s’est mise à la tutoyer et à lui expliquer qu’elle souhaitait qu’elles s’entendent très bien. Elle explique également ses retrouvailles avec son père ainsi qu’avec son frère Réthoré.

Lettre II

Louise confie à son amie que pour l’instant, elle ne connaît rien du monde extérieur. Elle suit les conseils de sa mère en essayant d’être convenablement habillée et préparée pour sortir dans les rues parisiennes. Elle s’étonne d’avoir vu autant de monde pour confectionner ses vêtements. On a été jusqu’à prendre les mesures de ses mains. Sa vie actuelle est ponctuée par les repas qu’elle prend avec sa mère, son père et son frère. Ce sont les seuls moments où ils se voient. Elle attend patiemment d’être moins niaise pour pouvoir sortir enfin dans Paris. Pour l’instant, elle lit des livres et reste patiente. Elle lui apprend également que sa gouvernante, Miss Griffith lui a conseillé de ne pas s’éblouir par rapport à ce qu’elle verra. Toutefois, elle prend ses conseils comme un discours trop monotone.

Lettre III

Armande-Louise-Marie écrit une nouvelle lettre en décembre où elle explique à son ami qu’elle est enfin prête pour vivre une vie mondaine. Elle est tellement pressée qu’elle s’est entraînée durant la journée à s’observer dans son nouvel accoutrement. Elle réalise une longue description sur ses qualités physiques. Elle lui confie que son frère a du mépris pour elle. Cela n’est pas vraiment contre elle, mais elle prend conscience que, comparé à leur père, son frère n’est rien. Elle pense que c’est sûrement la raison qui fait que son frère lui apparaît aussi indifférent. Elle a l’impression d’être une fleur qui va bientôt éclore. Enfin, elle va comprendre ce qui retient tant les gens pour rester dehors autant de temps. Elle réalise également que, même si les familles vivent sous le même toit, on peut très bien ne pas se connaître.

Lettre IV

Louise envoie à son ami une lettre en date du 15 décembre. Elle lui fait part de sa désillusion. À Paris, les hommes ne la remarquent pas, certains sont même plus occupés par leur voiture que par les femmes qui passent. Les seules personnes qui lui ont témoigné de l’attention sont ses parents. Elle ne trouve aucun homme beau dans ce Paris où les gens ont l’air vide et fatigué. Très vite, elle se met à critiquer l’accoutrement des hommes. Elle regrette les anciens costumes. Lors d’un bal avec sa mère, son regard est attiré par un homme qu’elle trouve très beau. Cet homme est un professeur-auteur et il ne semble avoir de l’intérêt que pour sa propre personne. Elle confie à sa mère ses impressions sur Paris. Celle-ci lui répond : “le bon goût est autant dans la connaissance des choses qu’on doit taire que dans celle des choses qu’on peut dire.”. Elle part se coucher en étant triste.

Lettre V

Renée de Maucombe répond à son amie. Elle est heureuse pour elle quand elle apprend que son amie se prépare à vivre une vie merveilleuse à Paris. Pour sa part, elle est retournée vivre en Provence. Elle a retrouvé sa famille et doit épouser Louis de l’Estorade si elle ne souhaite pas être destinée au couvent. Elle lui fait part de ses réticences, mais également de ses désillusions. Elle qui souhaitait une vie merveilleuse, pleine de surprises, elle se rend compte que sa vie sera toute tracée mais également morne et ennuyeuse.

Lettre VI

Don Felipe Henarez écrit à Don Fernand pour lui expliquer qu’il est parti de l’Espagne pour regagner la France. Il travaille en donnant des cours d’Espagnol. On y apprend que c’est un Grand d’Espagne, le baron de Macumer, exilé, pour des raisons politiques, à Paris. Il a abandonné une partie de sa fortune ainsi que tous ses titres.

Lettre VII

Janvier 1824, Louise demande à son amie de venir à Paris avec son mari. Ce dernier trouvera un emploi stable et elles pourront se voir plus régulièrement. Elle est attristée de cette vie que souhaite avoir son amie. Une vie qui est tellement éloignée de celle dont elles rêvaient lorsqu’elles étaient encore au couvent.
Louise lui apprend que son père va devenir ambassadeur d’Espagne et qu’il lui a demandé de l’accompagner. La mère de Louise voulait également l’accompagner à condition que Monsieur de Saint-Héréen soit engagé en tant que secrétaire d’ambassade. Toutefois, ce n’est pas à lui d’en décider, c’est le roi qui choisit. Son frère aîné est toujours aussi froid cependant, il semble s’être épris d’une danseuse. Elle n’a toujours pas vu son autre frère qui est encore dans l’armée. Louise rêve de pouvoir rencontrer un homme qui saura conquérir son cœur, mais pour l’instant, tous les hommes qu’elle a pu rencontrer ne l’ont absolument pas séduite. Elle commence à perdre espoir.

Lettre VIII

Louise a rencontré un homme qui lui apprend l’espagnol avant qu’elle ne parte avec son père pour l’Espagne. Elle le trouve très beau et il a quelque chose qui l’intrigue. Elle se sent attirée vers cet homme sans trop savoir pourquoi.

Lettre XIX

Renée se présente sous le titre de Madame de l’Estorade à son amie. Elle a accepté de se marier et devient à présent l’épouse d’un homme qu’elle n’aime pas, mais qui ne lui déplaît pas forcément. Elle sait que sa vie sera toute tracée et elle y consent. Elle se dit que les choses se passent ainsi. Elle demande à son amie de lui donner toutes les informations sur les modes parisiennes.

Lettre X

Louise est déçue que son amie se soit mariée d’autant plus avec un homme qu’elle n’aime pas. Toutefois, elle lui assure que quoi qu’il arrive, elle pourra compter sur son soutien. Louise lui explique également qu’elle porte l’amour en horreur. Elle se trouve supérieure à tous les hommes et aurait aimé être aimée de Napoléon simplement pour le dominer. Elle est heureuse de savoir que son maître de langue ne reviendra plus jamais. En effet, elle lui a lancé une épigramme. Après la leçon, il l’a salué avec un regard qui indique qu’ils ne se verront plus et il s’en est allé.

Lettre XI

Louise vient d’avoir une discussion avec son père sur l’avenir de la France. Ce dernier consent à lui parler, car il s’est rendu compte qu’elle était beaucoup plus intelligente qu’elle ne le paraissait. Il lui fait part de son projet : celui de prendre son héritage pour le donner à son frère aîné. Il lui donne six longs mois pour y réfléchir. Pendant ce temps-là, Louise apprend à son ami qui est véritablement ce Hénarez. Elle lui confie également qu’elle commence à tomber amoureuse de lui et que cet amour est réciproque.

Lettre XII

Renée confie à Louise les raisons qui l’ont poussé à accepter ce mariage. Elle a posé des conditions à son futur mari. Elle a pris son amour, elle a accepté de l’épouser à condition qu’elle puisse demeurer libre. Elle sait qu’elle ne l’aime pas, mais elle est capable de le chérir. Le fait qu’elle consent à se marier avec lui l’a complètement transformé. Cet homme de trente-sept ans s’est retrouvé avec un visage totalement différent. Elle n’a qu’un seul objectif : le rendre heureux et organiser leur existence à sa façon.

Lettre XIII

Le frère de Don Felipe, le Duc Fernand de Noria écrit à son frère, Felipe Hénarez pour le remercier de tout ce qu’il a fait pour lui. Il lui explique également qu’il a convenu avec Marie qu’ils ne se marieront pas tant que Felipe Hénarez n’aura pas accepté la somme d’argent qu’ils lui ont transmis.

Lettre XIV

Louise ne comprend pas la conception rationnelle du mariage que possède son ami. Cela ne cadre pas avec la vision de l’amour qu’elle a. Par ailleurs, elle lui raconte qu’un soir, elle aperçoit Felipe Hénarez l’observer par la fenêtre. Il lui avait adressé une lettre qu’elle a décidé de brûler. Le lendemain, on lui révèle certaines informations concernant cet homme. Il était autrefois duc de Soria et devait épouser la jeune princesse Marie Hérédia. Toutefois, cette dernière était amoureuse du frère de Felipe, Fernand. Il s’est donc laissé dépouiller par le roi d’Espagne et a renoncé à cet amour qui, grâce à la fortune de Marie, aurait pu adoucir les malheurs de l’exil d’Hénarez.
Louise regrette d’avoir jeté la lettre et espère qu’il va lui en adresser une autre et c’est ce qu’il fait. Il lui avoue les raisons qui font qu’il est amoureux d’elle. Il se propose d’être son serviteur et lui propose de porter un camélia blanc ainsi qu’un camélia rouge si elle accepte.

Lettre XV

Louise accepte de faire de Felipe son serviteur et elle lui fait savoir en portant un camélia blanc et en prenant un camélia rouge lorsqu’il la voit. Un peu, plus tard, elle décide de faire écrire une lettre par Griffith à Felipe : “À Monsieur le baron de Macumer. Mademoiselle de Chaulieu me charge,Monsieur le Baron, de vous redemander la copie d’une lettre que lui a écrite une de ses amies, qui est de sa main et que vous avez emportée. Agréez, etc. GRIFFITH.”. Felipe obéi aux requêtes de Louise.

Lettre XVII

Louise continue de se faire courtiser par Felipe. Cet homme n’est pas un sot et elle se plaît à le séduire. La passion anime ces deux amants. C’est entre autres une des raisons qui fait qu’elle a du mal à comprendre son amie Renée, elle qui a épousé un sot pour en faire un génie.

Lettre XVIII

Renée est blessée par les paroles de son amie. Elle lui explique que leurs situations ne peuvent pas être comparées puisque la vie en Provence diffère de la vie parisienne. Elle lui confie qu’elle est heureuse dans son rôle de femme mariée et qu’elle souhaite assurer le bon fonctionnement de sa famille. Elle désire que son mari devienne une nouvelle personne. Elle a à cœur qu’il réussisse dans la vie et elle a bien l’intention de l’aider dans cette quête.

Lettre XIX

Louise est consciente d’être fausse. Elle dissimule à Felipe tout l’amour qu’elle éprouve pour lui. Elle aimerait qu’il fasse ce qu’elle désire, mais sait pertinemment qu’elle finira par le mépriser. Elle explique à son amie, qu’en ce sens, elle sait qu’elle est fausse. Toutefois, elle pense que son amie, Renée, ne voit pas qu’elle est fausse. Elle voudrait faire de ce Louis, un homme ambitieux tout en conservant l’amour qu’il a pour elle, mais pour Louise, cela n’est pas possible. Elle aimerait que son amie s’en rende compte.

Louise confie à son amie qu’elle a réalisée une copie de son portrait réalisé par madame de Mirbel afin de transmettre l’original à Felipe en lui écrivant ces quelques lignes :”Don Felipe, on répond à votre entier dévouement par une confiance aveugle : le temps dira si ce n’est pas accorder trop de grandeur à un homme.”. Felipe lui répond par une longue lettre qu’il clôt par : “mais, si vous voulez essayer de m’aimer, ne le faites pas savoir sans de minutieuses précautions à celui qui mettait tout le bonheur de sa vie à vous servir uniquement.”. Louise demande à son amie les raisons qui font qu’elle n’a toujours pas de nouvelles de sa part.

Lettre XX

Renée dit à son amie de profiter de ce qu’elle a à vivre avec Felipe, mais lui suggère de ne pas se marier. Effectivement, depuis qu’elle s’est mariée, elle se rend compte qu’elle n’est plus une femme, elle est une chose. Elle sait pertinemment qu’elle est fausse avec Louis. Ce dernier l’aime d’un amour qu’elle ne pourra jamais lui apporter. Elle l’aime comme une mère aime son enfant. Elle l’apprécie, mais elle n’est pas amoureuse de lui, et ce, en dépit de tout l’amour qu’il lui prouve jour après jour.

Lettre XXI

En s’étant donné rendez-vous sous les tilleuls, sous le regard de Miss Griffith, Louise et Felipe se font part de leurs sentiments respectifs. Par la suite, Louise se dit que quelque chose s’est brisé, elle n’éprouve plus la même passion. L’incertitude et le doute qui l’excitaient ne sont plus présents. Elle se demande ce qu’il pourrait se passer si elle revoyait Felipe sans le regard avisé de Miss Griffith.

Lettre XXII

Louise écrit à Felipe et lui fait part de ses doutes. En le voyant sûr de l’amour qu’elle porte pour lui, cela l’a mis mal à l’aise. Elle ne veut pas qu’il croie qu’elle pourra partir du jour au lendemain, mais elle ne désire pas non plus qu’il croie qu’elle lui est acquise. Cette lettre lui fait part de son caractère : une femme jalouse qui souhaite se sentir aimée. Elle rêve du grand amour.

Lettre XXIII

Felipe s’excuse auprès de Louise. Il s’est rendu compte qu’il l’avait blessé, mais il n’était pas capable de comprendre les raisons. Maintenant, qu’il le sait, il le comprend et tente de la rassurer en lui témoignant tout l’amour qu’il éprouve pour elle. Il lui fait comprendre qu’il est toujours son esclave et qu’elle n’a pas à s’inquiéter.

Lettre XXIV

Louise confie à Renée qu’elle a essayé de tester une dernière fois son amant pour vérifier s’il était réellement amoureux d’elle. Son objectif était de se sentir aimée comme aucune autre femme n’a pu, ne peut ou ne pourra être aimée. Conquise par la sincérité et l’amour de Felipe, elle lui a demandé d’aller voir son père pour lui demander sa main.
Louise est inquiète de ne pas recevoir de nouvelles de son amie.

Lettre XXV

Renée avoue à Louise qu’elle ne savait pas trop quoi lui raconter. Sa vie est monotone. Elle fait le bonheur de son mari et cela lui réchauffe l’âme. Elle trouve que son amie est bercée par les illusions de l’amour. En effet, René lui apprend qu’elle est dans la réalité du ménage. Leur vie est différente et elle ne comprend pas pourquoi son ami s’attache à rendre cet amour si romanesque. Elle tente de lui expliquer que le mariage entraîne la résignation et le dévouement. Si elle ne s’en est pas encore rendu compte, Renée sait pertinemment que son amie le saura bien assez tôt.

Lettre XXVI

Dans un premier temps, le père et la mère de Louise pensent que ce mariage est par intérêt. En effet, en perdant tout son héritage, Louise aura quand même beaucoup d’argent grâce à la richesse de son mari. Toutefois, Louise leur assure que c’est un mariage d’amour. Sa mère ne le comprend pas étant donné que Felipe n’est pas un bel homme. Elle lui donne de nombreux conseils en lui expliquant qu’elle ne sera bientôt plus une fille, mais une femme. Elle lui rappelle l’importance du mariage et des conséquences.
Louise fait part à son amie de la signature de leur contrat et lui apprend qu’elle va quitter Paris pour vivre avec le baron de Macumer sur une propriété qu’il a achetée en Nivernais.

Lettre XXVII

Louise s’excuse auprès de Renée de ne lui avoir rien écrit depuis huit mois. Elle lui explique qu’ils sont partis vivre avec Felipe dans son château de Chantepleurs. Elle s’inquiète de n’avoir reçu aucune nouvelle de son amie depuis autant de temps. Elle lui avoue qu’elle a beaucoup d’admiration pour elle. En effet, elle se demande comment elle a pu tenir son mariage aussi longtemps avec un homme qu’elle n’aime pas. Elle en aurait été incapable. Plus elle plonge dans le bonheur avec Felipe et plus elle s’inquiète pour son amie qui ne vit pas une vie heureuse.

Lettre XXVIII

Renée se réjouit du bonheur de Louise. Elle lui apprend qu’elle attend un enfant et qu’elle espère que le fait de créer une famille la rendra heureuse. Elle lui fait part de certaines envies qu’elle a depuis qu’elle enceinte comme le fait de vouloir à tout prix manger des oranges. Louis est toujours au petit soin pour elle et il aime toujours autant. Elle se sent chanceuse de l’avoir dans sa vie. Elle lui suggère de ne pas négliger la religion et de penser à prier Dieu, de temps en temps.

Lettre XXIX

Louis envoie une lettre à Louise pour la convier elle et son mari à venir pour le baptême de leur enfant. Renée souhaite que la marraine de leur fils soit Louise.

Lettre XXX

Louise accepte de devenir la marraine du fils de Renée à condition que Felipe en soit le parrain. Elle est heureuse pour son amie et se dit qu’un jour, elle aussi, elle sera sûrement mère. Toutefois, elle ne veut pas y songer pour l’instant, car cela ne fait que dix mois qu’elle s’est mariée avec Felipe. Ils ont encore le temps d’y penser. Elle s’est disputée avec Felipe pour la première fois lorsqu’elle lui a avoué qu’elle aimerait qu’il la tue à l’âge de trente ans. Pour elle, elle aura vécu une belle vie et elle n’est pas sûre de vouloir devenir vieille mais celui-ci a refusé.

Lettre XXXI

Renée partage tout le bonheur de la maternité à son amie Louise. Elle lui fait part de son accouchement et des plaisirs qu’elle a en allaitant son fils. Aujourd’hui, son fils a cinq mois. Elle lui fait comprendre qu’elle comprendra tout ça lorsqu’elle sera mère. Pour elle, c’est un bonheur d’être mère et elle peut à présent lire les lettres de bonheurs de son amie sans maudire sa situation, car elle est réellement heureuse et épanouie.

Lettre XXXII

Louise s’en veut de ne pas avoir donné de réponses plus tôt, mais elle a été happée par la vie parisienne. Elle se réjouit de la tournure que prennent leurs vies : elle, femme et épouse et son amie : mère épanouie. Elle lui apprend qu’ils ne vont pas tarder à partir pour Chantepleurs avec son mari et qu’ils vont enfin se voir toutes les deux à l’occasion du baptême d’Armand-Louis. Elle prend également des nouvelles de son filleul.

Lettre XXXIII

Renée explique à Louise les joies d’être mère. C’est une esclave, de jour comme de nuit, mais elle est heureuse de pouvoir endosser ce rôle. Elle est pressée de voir son amie et lui confie qu’elle a hâte de voir comment est le baron de Macumer, mais aussi qu’elle est excitée de lui présenter son mari, Louis. Elle espère que son fils ne sera pas trop criard, car elle a l’impression que le travail des dents commence.

Lettre XXXIV

Louise n’a pas voulu quitter Paris avant que le beau-père de son amie n’acquière le titre de comte faisant de Renée, la Vicomtesse de l’Estorade.

Lettre XXXV

Louise explique à Renée les raisons de son départ précipité. En voyant son amie si belle et si radieuse, elle a éprouvé de la jalousie. D’autant plus que Felipe semblait être conquis par son fils Armand-Louis. Par ailleurs, en voyant son amie typé espagnol, elle a pensé à cette première femme que Felipe a aimé : Marie Hérédia.

Lettre XXXVI

Renée s’est sentie mal lorsqu’elle a appris que son amie était partie sans raisons. Elle lui explique que tous les entretiens qu’elle avait eu avec Felipe n’étaient que dans son intérêt. Toutefois, elle met en garde son amie sur cet amour illusoire qu’elle entretient avec Felipe. Ce dernier risque de devenir l’ombre de lui-même dans cette relation où Louise tente d’avoir l’ascendant coûte que coûte. Elle lui révèle qu’elle ne pense pas que son amie soit réellement amoureuse de Felipe. Selon elle, Louise finira par se lasser de cet homme qu’elle considère plus comme un amant que comme un époux.

Lettre XXXVII

Louise parle à Renée, de manière succincte, de son séjour en Italie avec Felipe.

Lettre XXXVIII

Les inquiétudes de Renée concernant la relation entre Felipe et Louise sont tellement grandes qu’elle demande à ce que la lettre qu’elle a envoyée à Chantepleurs soit adressée à Louise sur-le-champ. Elle apprend également à Louise que son filleul a fait ses premiers pas.

Lettre XXXIX

Louise avoue à Renée qu’elle a lu son “infâme lettre” à son époux. Ce dernier lui a confié qu’il préférait mille fois vivre cinq années de cet amour qu’ils entretiennent tous les deux plutôt que de vivre trente années la vie qu’à Renée. Louise remercie son amie de lui avoir permis de voir à quel point Felipe l’aimait. Toutefois, elle lui en veut de penser qu’elle sait ce qu’est l’amour et de juger la relation qu’elle a avec Felipe.

Lettre XL

Renée apprend à son ami qu’elle est encore sur le point d’accoucher. Elle décide de ne plus faire part de ses pensées concernant la relation entre Louise et Felipe. Elle lui parle de la vie politique de sa famille et espère qu’elle soutiendra son mari lorsqu’ils auront besoin d’elle. Elle lui fait part également d’une terrible souffrance qui fut la sienne : son fils Armand-Louis a échappé à la mort de justesse.

Lettre XLI

Louise rassure son amie en lui disant qu’elle n’a plus aucune rancune pour ce qu’elle lui a dit. Elle lui explique que son frère s’est marié à mademoiselle de Mortsauf. Sans la fortune que lui avait léguée sa grand-mère, tout cela n’aurait jamais pu arriver. Fernand et Marie sont sur Paris. Elle craint Marie, car elle a l’impression que Felipe ne l’a pas oublié. Toutefois, ce dernier ne cesse de la rassurer, apaisant ainsi sa jalousie. Elle trouve que Fernand est un enfant gâté.

Lettre XLII

Renée donne de ses nouvelles en expliquant que sa fille, Jeanne-Athénaïs, a maintenant deux mois. Elle espère pouvoir les voir bientôt, car son fils réclame sa marraine. La lettre de son amie étant si courte, elle demande à son amie si elle n’a pas un problème.

Lettre XLIII

Louise confie à Renée qu’elle est malheureuse. Voilà plus de trois ans qu’elle est mariée, et elle n’a toujours pas d’enfants. Pourtant, elle aimerait vraiment être mère.

Lettre XLIV

Louise en veut à son amie de n’avoir toujours aucune nouvelle d’elle. Son mari, Louis, est venu plusieurs fois la voir, mais elle n’a eu ni nouvelles, ni visites de la part de son amie.

Lettre XLV

Renée explique à Louise que c’est compliqué de venir jusqu’à Paris avec des enfants en bas-âge, mais elle ne doit pas s’inquiéter. En effet, son mari a pour charge de trouver une maison sur Paris près de chez elle. Ils se verront ainsi beaucoup plus. Elle lui explique ensuite son quotidien dans une longue lettre, lui faisant comprendre à quel point la vie de mère n’est pas de tout repos. Elle lui demande des nouvelles et souhaite savoir si elle aime toujours Felipe.

Lettre XLVI

Louise apprend à Renée que Felipe est mort. Elle l’a tué à petit feu et elle le regrette. Elle a eu la visite de Fernand et de sa femme, Marie. Louise pleure son être cher et demande à ce que Renée puisse être auprès d’elle dans ces moments difficiles.

Lettre XLVII

René précise qu’au moment où Louise recevra ce courrier, ça fera un petit moment qu’ils ont pris le chemin pour venir la voir. Elle souhaite être présente pendant ces moments douloureux. Son fils, Armand-Louis est heureux de pouvoir voir sa marraine.

Deuxième Partie

Lettre XLVIII

Louise, âgée de vingt-sept ans, confie à Renée qu’elle a l’intention de se remarier en secret avec un poète, Marie Gaston, âgé de vingt-trois ans. Ils comptent vivre cachés dans un chalet dans la campagne qu’elle a spécialement construit pour eux. Pour la première fois, elle pense qu’elle est amoureuse pour de vrai. Elle craint et tremble de perdre son mari, comme Felipe craignait et tremblait de la perdre. Pour vivre pleinement son amour caché, elle fait comprendre à son amie qu’ils ne doivent plus se voir.

Lettre XLIX

Marie Gaston écrit à un de ses amis, Daniel d’Arthez, pour lui apprendre qu’il va se marier et qu’il le veut comme témoin. Il lui précise également qu’après ce mariage, ils ne se verront plus pendant un long moment, car ils ont le projet, avec sa nouvelle femme, de vivre caché.

Lettre L

Renée ne comprend pas l’attitude de son amie. Elle qui a étouffé son premier mari, elle souhaite vivre recluse avec son second mari pour le dévorer. Cette décision de vivre cachée fait sourire Renée qui pense qu’elle lui reviendra bien assez tôt.

Lettre LI

Renée écrit une lettre à Louise. Voilà trois années qu’elle n’a pas eu de nouvelle de son amie et elle se demande si tout se passe bien dans sa vie. Elle lui parle de son mari et de ses trois enfants : Armand qui fera de la politique, Athenaïs (Naïs) qui est semblable à la fille qu’elle a été et son dernier, René, qui fera un excellent marin.

Lettre LII

Louise écrit à Renée en lui expliquant qu’elle n’a jamais été aussi heureuse. Elle se sent bien avec cet écrivain même si elle redoute qu’il en vienne à ne plus l’aimer. La différence d’âge y est pour beaucoup et à l’âge de trente ans, elle se demande s’il ne va pas finir par se lasser. Elle lui raconte leurs aventures, les moments qu’ils partagent ensemble dans leur chalet en pleine campagne. Cependant, dans tout ce bonheur, Louise est triste de n’avoir toujours aucun enfant, elle voudrait tellement être mère.

Lettre LIII

Renée tente d’expliquer à Louise qu’elle est toujours cette fille capricieuse. Ce mariage ne lui permet pas d’endosser le rôle de femme-épouse ou de mère. Elle se laisse piéger à la passion et continue de réaliser les mêmes erreurs qu’elle a commises avec Felipe dans le passé. Elle lui recommande de faire très attention.

Lettre LIV

Louise envoie une série de lettres à Renée où elle lui fait comprendre la situation de souffrance qu’elle vit depuis quelque temps. Les doutes ont commencé à s’installer quand elle s’est rendu compte que Gaston était parti sur Paris, durant son temps libre, avec une de leur jument. Par la suite, elle découvre que les économies de trente mille livres que Gaston avait pris soin de mettre dans un tiroir n’y sont plus. Pensant que Gaston lui est infidèle, elle espionne son mari et se rend compte que lorsqu’il est sur Paris, il va sur la rue de la Ville L’évêque après son travail. Elle apprend l’existence d’une Anglaise que l’on appelle Madame Gaston et s’aperçoit que celle-ci a deux enfants. Elle se rend compte que ses enfants ressemblent à son mari. Elle émet mille et une hypothèses.

Lettre LV

Après avoir lu la lettre de son amie, Renée a fait quelques recherches et elle a appris que cette fameuse Madame Gaston est en réalité la belle-sœur de son mari et ses enfants sont donc les neveux de Louise.

Lettre LVI

Louise confie à Renée qu’elle est tombée malade et qu’elle souhaite que son amie soit présente pour elle.

Lettre LVII

Renée envoie un message à son mari pour lui expliquer qu’elle a demandé à un de ses amis de faire revenir les enfants chez eux. Toutefois, elle est encore avec son amie. Si au départ, Louise paraissait pleine de vie devant Gaston, il s’est avéré qu’elle est atteinte d’une maladie pulmonaire qu’elle a cherché à attraper, car, ne supportant plus les doutes, elle a voulu se donner la mort. Louise meurt en regrettant de n’avoir jamais connu les joies de la maternité.

Présentation des personnages

Armande-Louise-Marie de Chaulieu est issue d’une grande famille d’aristocrates. Lorsqu’elle sort du couvent, elle apprend que sa grand-mère lui a légué toute sa fortune. Cette romantique aux cheveux blonds est une femme-enfant capricieuse et jalouse qui souhaite le grand amour. Elle deviendra baronne de Macumer après son premier mariage puis Madame Gaston après son deuxième mariage.

Renée de Maucombe est une femme brune issue d’une famille modeste qui vit en Provence. Elle se mariera avec Louis de L’Estorade avec lequel elle aura trois enfants : Armand, Athénaïs et René. Elle connaît la joie de la maternité et s’attachera à jouer un rôle décisif dans le destin de sa famille.

Louis de L’Estorade est un homme un peu effacé et assez laid de vingt ans de plus que sa femme, Renée de Maucombe. C’est grâce à sa femme qu’il devient un homme de génie.

Don Felipe Hénarez est le baron de Macumer. Il était autrefois le Duc de Soria, mais le roi d’Espagne l’a banni en lui prenant toute sa richesse. Par la suite, il est réhabilité et il se marie avec Louise de Chaulieu. Cette dernière finit par l’étouffer de son amour.

Fernand de Soria est le frère de Don Felipe Hénarez. Il reprend les titres de son frère et il se marie avec Marie Hérédia, qui était promise à Don Felipe.

Marie Gaston est le second mari de Louise. C’est un écrivain plus jeune qu’elle qui n’a pas de fortune. En rendant visite régulièrement à sa belle-sœur, sans en parler à sa femme, il va alimenter les doutes de Louise qui finira par se donner la mort.

Analyse de l’Oeuvre

À travers cet échange épistolaire, Honoré de Balzac tente d’explorer les différentes facettes de l’amour. Nous avons d’une part un amour romanesque, l’envie irrépressible de connaître et de vivre la folie, l’intensité et la passion du grand amour incarné par Louise. D’autre part, nous avons un amour moins intense qui se construit progressivement. Pour Renée, l’amour finit par s’atténuer avec le temps, le seul amour “impérissable” est celui d’une mère pour son enfant. Pour Renée, son amie jouit d’un amour individualiste comme elle le suggère dans cette phrase : “il n’y a que toi dans ton amour, et tu aimes Gaston bien plus pour toi que pour lui-même.”.

L’amitié entre Renée et Louise constitue une thématique fort intéressante. Elles sont liées entre elles par les longues années qu’elles ont passées au couvent et elles vont se confier leurs doutes, leurs inquiétudes, mais également leurs bonheurs et leurs joies dans un échange épistolaire qui va s’étaler sur de nombreuses années. Lorsque l’une ou l’autre ne donne pas de nouvelles pendant un long moment, elles se permettent d’afficher leur incompréhension, voir leur mécontentement “Adieu, car je ne sais pas comment je t’écris, tu ne mérites pas mon amitié. Oh ! réponds-moi, ma Louise.”. Bien qu’elles soient différentes, elles sont complémentaires, comme le souligne Renée : “De nous deux, je suis un peu la Raison comme tu es l’Imagination ; je suis le grave Devoir comme tu es le fol Amour. Ce contraste d’esprit qui n’existait que pour nous deux, le sort s’est plu à le continuer dans nos destinées.”. Chacune vit à travers l’autre ce qu’elle n’a pas eu. En effet, Renée vit l’amour passionnel à travers son amie, et Louise vit à travers Renée les joies de la maternité.

Honoré de Balzac critique également les mœurs de son époque et notamment la vie parisienne. En effet, lorsque Louise arrive sur Paris, elle doit être “armée” et “prête” avant de pouvoir côtoyer le monde extérieur. Elle, qui a toujours vécu dans le confort de son couvent, se prépare à un monde hostile où la concurrence et la rivalité sont de mise. Cette métamorphose est illustrée par cette phrase : “Je m’appartiens encore, comme une fleur qui n’a pas été vue et qui vient d’éclore.

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