Littérature

Molière, Le Bourgeois Gentilhomme : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés
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Le Bourgeois gentilhomme est une comédie-ballet en prose de Molière, avec des entrées de ballet en vers, représentée pour la première fois devant la cour de Louis XIV au château de Chambord par la troupe de Molière le 14 octobre 1670. Explorons cette comédie-ballet.

Résumé détaillé scène par scène de Le Bourgeois Gentilhomme de Molière

ACTE 1

Scène 1

Le maître de musique et le maître de danse arrivent dans le salon de Monsieur Jourdain avec des musiciens et des danseurs. Ils échangent sur l’importance financière d’avoir des clients riches tels que Monsieur Jourdain pour les artistes. Le maître de danse est d’accord, mais déplore le manque de connaissances de Monsieur Jourdain en matière d’art.

Scène 2

Monsieur Jourdain entre en scène et présente ses nouvelles toilettes aux maîtres présents dans la pièce. Le maître de la musique veut lui faire écouter une composition écrite par un de ses élèves. Ce son est trop lugubre pour Monsieur Jourdain qui se met alors à chanter un air populaire qui lui plaît. Le maître de la musique et le maître de la danse acclament la prestation de Monsieur Jourdain. S’ensuit alors un long échange où les deux maîtres cherchent à prouver à Monsieur Jourdain à quel point leur art est nécessaire à l’humanité. Le maître de la danse et le maître de la musique proposent d’illustrer leurs compositions.

ACTE 2

Scène 1

Satisfait des prestations qu’il vient de voir, Monsieur Jourdain propose aux deux maîtres de finir leurs œuvres afin de les présenter au cours d’un repas où il attend une invitée de marque. Le maître de musique lui suggère de se distinguer en organisant des événements musicaux toutes les semaines. En apprenant que c’est une pratique répandue parmi “les gens de qualité“, Monsieur Jourdain accepte. Il demande à son maître à danser s’il peut lui montrer une révérence qu’il pourrait adresser à une marquise, une certaine Dorimène.

Scène 2

Un de ces laquais vient voir Monsieur Jourdain pour lui signifier que le maître d’armes est arrivé. Monsieur Jourdain convient le maître de danse et le maître de musique à assister à ces leçons.

Scène 3

Durant la leçon, le maître d’armes échange quelques passes avec Monsieur Jourdain qui ne semble pas très aguerri. Le maître d’armes stipule que son art surpasse tous les autres. Cela ne passe pas et les maîtres commencent à se disputer. Monsieur Jourdain essaie de les calmer en vain.

Scène 4

Le maître de philosophie arrive au moment où la situation est très tendue entre les trois maîtres. Si au début, il paraît calme et semble vouloir leur faire entendre raison, très vite, il érige la philosophie en tant que seul art véritable. Pour lui, les trois maîtres ne font nullement de l’art, mais des métiers de gladiateur, de baladin et de chanteur. Les trois maîtres se liguent contre le maître de philosophie et en viennent aux mains devant Monsieur Jourdain qui est impuissant.

Scène 5

Monsieur Jourdain se retrouve seul sur la pièce et voit les trois maîtres se disputer. Il n’a pas envie de les séparer, car il risquerait de salir ses vêtements et de se prendre un mauvais coup.

Scène 6

Le maître de philosophie revient et demande à Monsieur Jourdain ce qu’il souhaite apprendre aujourd’hui. Sachant lire et écrire, Monsieur Jourdain a le désir d’être savant et il demande au maître de lui donner des sujets qu’il pourrait lui enseigner. Le maître de philosophie lui propose de lui donner des leçons sur la logique, la morale et les sciences physiques, mais tout cela ne convient pas à Monsieur Jourdain. Ce dernier veut apprendre l’orthographe. Le maître de la philosophie lui montre comment on articule les différentes voyelles, ce qui enchante Monsieur Jourdain. Le maître termine sa leçon et lui propose de se voir la prochaine fois pour travailler sur les consonnes, en le mettant en appétit avec le “d“, le “f” et le “r“.

Avant que son maître ne parte, Monsieur Jourdain lui demande de l’aide pour écrire à l’intention d’une personne dont il est amoureux. Le maître de la philosophie lui demande s’il veut rédiger une missive en vers ou en prose, Monsieur Jourdain ne souhaite ni l’un, ni l’autre. Il apprend par le maître de philosophie qu’il parle en prose, ce qui étonne et enthousiasme Monsieur Jourdain. Le maître de philosophie souhaite étayer les propos de Monsieur Jourdain, mais celui-ci veut garder le texte comme il est. Le maître lui propose diverses reformulations en stipulant que ce qu’il a écrit est la meilleure formulation possible. Puis le maître prend congé.

Scène 7 à Scène 10

Seul sur scène, Monsieur Jourdain demande à son laquet si son habit est arrivé. Il enrage quand il se rend compte que le maître tailleur est en retard. Ce dernier finit par arriver en s’excusant de n’arriver que maintenant. En voyant les fleurs en contrebas, Monsieur Jourdain précise que cela n’est pas de son goût, mais lorsqu’il comprend que c’est ainsi que le porte la noblesse, il s’en accommode très bien. Pour l’aider à mettre ses vêtements, le maître tailleur appelle des gens pour l’habiller en cadence. La scène IX et la scène X sont sous forme de ballet.

ACTE 3

Scène 4

Tout apprêté, Monsieur Jourdain souhaite se rendre dehors afin que tout le monde puisse l’admirer. Il demande à deux de ses laquais de l’accompagner et de le suivre de prêt pour montrer qu’ils sont à lui. Toutefois, avant de sortir, il fait venir sa servante, Nicole.

Scène 2

En voyant l’accoutrement de son maître, Nicole ne peut s’empêcher de rire. Monsieur Jourdain la menace de la battre si elle ne s’arrête pas, mais la servante a du mal à garder son sérieux, elle accepte de se faire rosser si cela peut lui donner l’occasion de continuer de rire. Néanmoins, Nicole se calme lorsqu’elle apprend que des invités arrivent et que, par conséquent, elle doit tout mettre en ordre. Cela la met de mauvaise humeur étant donné que certaines personnes ont pour habitude de mettre beaucoup de désordre dans la demeure.

Scène 3

Madame Jourdain, épouse de Monsieur, entre en scène et, voyant l’accoutrement de son mari, lui explique qu’il risque d’être raillé s’il s’avise de sortir ainsi. Elle en profite pour lui reprocher son style de vie : tous ces maîtres qu’il emploie et qui ne lui servent à rien. Elle souhaiterait qu’il utilise son temps pour trouver un mari pour leur fille. Nicole annonce à Madame Jourdain que son mari suit, à présent, des cours de philosophie. Monsieur Jourdain se défend en récitant ce qu’il a appris aujourd’hui afin de montrer à quel point cette discipline est utile toutefois, Madame Jourdain n’arrive pas à comprendre comment toutes ces choses peuvent le servir dans la vie de tous les jours. Elle raille son mari qui souhaite entrer dans le monde de la noblesse et critique le Comte Dorante, un de ses “amis“, qui emprunte de grosses sommes d’argent. Néanmoins, Monsieur Jourdain explique que le Comte le lui rend bien, mais il reste évasif sur ce sujet.

Scène 4

Le Comte Dorante arrive sur scène. Il ne cesse de complimenter Monsieur Jourdain sur son accoutrement et lui fait signifier qu’il a parlé de lui au Roi lui-même. Madame Jourdain sait très bien où il veut en venir, mais son mari est complètement dupe. Se proclamant être un homme qui s’acquitte de ses dettes, le Comte souhaite faire le bilan de ce qu’il doit à Monsieur Jourdain, soit quinze mille huit cents livres. Il lui demande deux cents pistoles supplémentaires en lui assurant qu’il va le payer “au premier jour“. Monsieur Jourdain accepte malgré ce que pense sa femme.

Scène 5

Monsieur Jourdain étant parti récupérer l’argent pour Dorante, celui-ci essaie d’amadouer Madame Jourdain, mais celle-ci n’est pas aussi crédule que son mari.

Scène 6

Monsieur Jourdain revient et part s’entretenir avec le Comte un peu plus loin. Les deux hommes discutent de la marquise dont Monsieur Jourdain est tombé amoureux. Le Comte lui fait savoir qu’elle a enfin accepté le diamant qu’il lui a offert. Monsieur Jourdain a hâte qu’elle vienne à la soirée distinguée qu’il souhaite faire en son honneur. Madame Jourdain demande à Nicole de se rapprocher pour qu’elle puisse savoir de quoi ils parlent.

Monsieur Jourdain fait savoir au Comte qu’il s’est arrangé pour que sa femme aille manger chez sa sœur pour l’occasion. Le Comte lui explique que c’est une bonne idée d’éliminer toutes gênes. Puis il finit par partir.
En se rendant compte que Nicole écoutait, Monsieur Jourdain la rosse.

Scène 7

Nicole apprend à Madame Jourdain que quelque chose se prépare. Celle-ci a eu vent de tout cela, mais elle ne veut pas en faire cas. Elle souhaite marier sa fille à Cléonte, ce qui enchante Nicole qui est amoureuse du valet de Cléonte. Madame Jourdain demande à Nicola d’aller quérir Cléonte.

Scène 8

Nicole retrouve Cléonte toutefois, celui-là ne semble pas satisfait de la voir. Elle essaie de comprendre ce qu’il se passe auprès de Covielle, le valet de Cléonte, mais ce dernier la congédie sans lui donner d’explication. Nicole décide d’en avertir sa maîtresse.

Scène 9

Cléonte s’entretient avec son valet pour expliquer qu’il se sent éconduit depuis que sa bien-aimée, Lucile Jourdain, a fait semblant de ne pas le reconnaître lors d’une visite impromptue. Il lui en veut et demande à son valet qu’il établisse de violentes critiques à son égard. Covielle s’exécute, mais Cléonte pointe des qualités à chacune de ces critiques.

Scène 10

Nicole s’entretient avec Lucile et ne comprend pas pourquoi les deux hommes ont réagi ainsi. Cléonte et Covielle arrivent à ce moment-là. S’ensuit un double discours (Cléonte et Lucile/Nicole et Covielle) où Lucile et Nicole tentent de faire comprendre à leurs bien-aimés pourquoi elles ont pressé le pas la dernière fois où ils se sont vus. Toutefois, Cléonte ne veut rien savoir. Lorsque Lucile devient lasse de lui quémander une réponse, Cléonte lui demande une explication, mais Lucile refuse. Cléonte implore, mais Lucile reste de marbre. Finalement, Cléonte décide de partir et de se laisser mourir, car celle qu’il aime ne lui donne aucune explication. Lucile lui révèle alors la présence d’une de ses vieilles tantes qui n’auraient pas vu cela d’un très bon œil. Les deux couples se réconcilient.

Scène 11

En voyant Cléonte, Monsieur Jourdain lui demande qu’il se dépêche pour demander la main de sa fille. Cléonte est un homme heureux.

Scène 12

Monsieur Jourdain reçoit la demande de Cléonte, mais n’en fait pas cas étant donné que ce n’est pas “un gentilhomme“. En vain, Cléonte lui explique qu’il sera un parti convenable. Madame Jourdain lui rappelle leurs origines, mais son mari reste entêté et souhaite faire en sorte que sa fille devienne marquise.

Scène 13 & Scène 14

Madame Jourdain rassure Cléonte et demande à sa fille de forcer son père à reconsidérer la demande de Cléonte. Covielle explique à son maître qu’il n’aurait pas dû être aussi honnête avec un homme comme Monsieur Jourdain. Il compte élaborer un plan pour duper le père afin que le mariage puisse se faire.

Scène 15 à Scène 17

Monsieur Jourdain se lamente de ne pas être né Comte ou Marquis. Il est dérangé par son laquais qui lui fait savoir que le Comte arrive avec une dame qu’il tient par la main.

Scène 18

Dorimène s’entretient avec Dorante. En réalité, ce dernier est amoureux de la marquise et il se sert de l’argent de Monsieur Jourdain pour la courtiser.

Scène 19 à Scène 21

Tout bas, Dorante se moque à Dorimène du ridicule de Monsieur Jourdain. Cette dernière partage son sentiment. Dorante s’arrange auprès de Monsieur Jourdain pour qu’il ne révèle pas les présents qu’il lui a faits pour ne pas l’embarrasser. En réalité, c’est un subterfuge pour qu’elle continue à croire que Dorante est celui qui lui a offert tous ces cadeaux. Dorante coupe la prise de parole à Monsieur Jourdain pour qu’ils passent à table directement. Le laquais précise que tout est prêt. Monsieur Jourdain fait venir les musiciens et ils commencent à manger.

ACTE 4

Scène 1

Le repas comble Dorimène qui, en plus d’avoir droit à un beau spectacle, est en compagnie de deux hommes qui louent sa personne. Dorante s’arrange pour avoir le dernier mot, mais progressivement, Dorimène semble avoir une légère préférence pour Monsieur Jourdain.

Scène 2 & Scène 3

Madame Jourdain s’invite au repas et prend sur le fait accompli son mari en train de courtiser Dorimène. Dorante en profite pour déclarer que ce repas a été organisé à son initiative pour séduire Dorimène et que Monsieur Jourdain a accepté gentiment de lui prêter sa demeure. En étant critiqué de briseuse de ménage, Dorimène, offensée, se lève et quitte la pièce. Dorante court après elle.
Seul à seul, Monsieur Jourdain laisse exploser sa colère. Il lui en veut de l’avoir ridiculisé devant des hôtes “de qualité”. Madame Jourdain finit par le laisser tout seul.

Scène 4 & Scène 5

Monsieur Jourdain en veut à sa femme d’être arrivée au moment où il commençait à de dires de belles choses à la marquise. Son flot de pensées est interrompu par un Covielle déguisé lui annonçant qu’il connaissait bien son père. Il assure qu’il n’était pas marchand, mais “gentilhomme“. Puis, il en vient à parler de son “maître“, le fils du “Grand Turc” qui est présent à Paris. Covielle invente des mots qu’il fait passer pour des mots turcs pour paraître plus crédible. Il lui explique que le fils du “Grand Turc” est tombé sous le charme de sa fille, Lucile, et souhaite lui demander sa main. Il lui propose également de faire de lui un “Mamamouchi”, une sorte de “Paladin“. Monsieur Jourdain accepte toutefois sa fille est amoureuse d’un certain Cléonte et elle ne veut épouser personne d’autre. Covielle a eu vent de cette affaire, néanmoins le fils du “Grand Turc” ressemble étrangement à ce Cléonte. Il est persuadé que sa fille acceptera de se marier avec lui. Le fils du “Grand Turc” arrive.

Scène 6 à Scène 8

Covielle fait le traducteur entre Cléonte (le “fils du Grand Turc“) qui parle en “turc” et Monsieur Jourdain. Le fils du “Grand Turc” fait savoir qu’il souhaite que le mariage aille très vite afin qu’il puisse voir Lucile le plus rapidement possible. Monsieur Jourdain est étonné de cette langue turque où l’on dit beaucoup de choses en très peu de mots. Covielle lui explique que les Turques aiment aller au plus vite.
Seul sur scène, Covielle est surpris par Dorante qui, du fait de son accoutrement, a eu du mal à le reconnaître. Covielle lui apprend le stratagème qu’ils ont mis au point avec son maître afin que celui-ci épouse Lucile. En voyant que tout le monde revient, il lui conseille de s’éclipser, lui assurant qu’il lui racontera tout ce qu’il s’est passé.
S’ensuit la cérémonie dans une langue inventée, étant censée être du Turque, où l’on voit le mufti, des danseurs ainsi que des musiciens turcs. Monsieur Jourdain est habillé comme un Turque. Après avoir invoqué le prophète Mahomet, le mufti offre des présents (turban, sabre) à Monsieur Jourdain. Ce dernier reçoit également des coups de bâton qui, selon la culture turque, serait un “rite d’initiation“.

ACTE 5

Scène 1

Madame Jourdain tombe sur son mari habillé en turc. Elle essaie de comprendre ce qui s’est passé, mais Monsieur Jourdain se targue d’être devenu un “Mamamouchi” puis il se met à parler “turc” en répétant les mots qu’il a entendus durant la cérémonie. Il sort et sa femme souhaite le suivre pensant qu’il a perdu la raison.

Scène 2

Dorante a accepté de venir en aide à Cléonte pour qu’il puisse épouser sa bien-aimée. Il est accompagné de Dorimène qui a accepté de l’épouser.

Scène 3 et Scène 4

Dorante et Dorimène félicitent Monsieur Jourdain pour son nouveau “titre” de noblesse. Dorante souhaite absolument voir le fils du “Grand Turc” (Cléonte). Ce dernier arrive, mais Monsieur Jourdain se retrouve bien embêté de devoir présenter ses deux “amis” à Sa Sainteté orientale. Il tente de se faire comprendre du mieux qu’il peut.

Scène 5 & Scène 6

Covielle arrive pour assurer le rôle d’interprète. Dorante trouve cela “admirable“, toutefois, il est également dans la combine et sait pertinemment qui se cache derrière ce fils du “Grand Turc” (Cléonte). Lucile arrive à ce moment et Monsieur Jourdain lui fait comprendre qu’il a accepté de donner sa main à ce fils du “Grand Turc“. Lucile n’est pas d’accord et lui rappelle qu’elle lui a bien stipulé qu’elle ne se mariera avec personne d’autres que Cléonte. Toutefois, en regardant ce fils du “Grand Turc“, elle reconnaît son bien-aimé et décide de jouer la comédie en expliquant qu’elle a bien conscience de devoir obéissance à son père. Ce dernier est ravi que sa fille accepte de se marier avec un homme aussi important.

Scène 7

La femme de Monsieur Jourdain essaie de comprendre ce qui se passe. Lorsqu’elle prend conscience que son mari souhaite marier sa fille à un turque, cela la met hors d’elle. Elle refuse que sa fille se marie avec lui. Quand monsieur Jourdain lui explique que sa fille est d’accord, Madame Jourdain ne peut pas le croire. Lucile avoue ses sentiments pour le fils du “Grand Turc“. Madame Jourdain redouble de colère. Toutefois, Covielle tente de vouloir lui toucher deux mots, mais Madame Jourdain refuse. Elle finit par capituler et Covielle lui révèle la supercherie. Elle consent alors au mariage et on appelle le notaire. Dolorante prétend qu’il utilisera le même notaire pour se marier avec Dorimène. Tout bas, il fait croire à Monsieur Jourdain que ce n’est qu’une mascarade pour l’aider à annuler tous soupçons de la part de son épouse. Tout le monde s’assoit pour assister à un ballet que Cléonte, alias le fils du “Grand Turc” a préparé pour l’occasion.

Présentation des personnages

M. Jourdain, alias le Bourgeois Gentilhomme, est le personnage principal de cette histoire. Malgré son ignorance, il n’a qu’un seul souhait, celui d’entrer dans le monde de la noblesse et pour cela, il est prêt à courtiser une autre femme que son épouse et marier sa fille contre son grès. Épris de la marquise Dorimène, ce personnage vaniteux est facilement flatté par les nobles. M. Jourdain incarne une vie fictive et croit fermement qu’il devient quelqu’un d’important alors que le monde autour de lui n’a de cesse de souligner à quel point il est ridicule. Si on pouvait illustrer ce personnage, on pourrait se servir de la fable de Lafontaine : la grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf.

Mme Jourdain est l’épouse du Bourgeois. Elle se retrouve souvent en conflit avec son mari afin de le ramener à la raison. Cependant, elle n’hésite pas à lui faire face directement et peut recourir à la ruse en dernier recours si nécessaire. Mme Jourdain est une figure déterminée qui incarne la sagesse et le bon jugement.

Lucile est la fille unique des Jourdain qui souhaite épouser son bien-aimé, Cléonte. C’est une jeune femme naïve et fragile qui se soumet, contre son gré, à la tyrannie d’un père qui n’aspire pas à son bonheur.

Nicole est la servante de Lucile. C’est un personnage qui dispose d’un caractère paysan et qui a conservé son franc-parler. Elle se révèle être une alliée de taille pour Lucile. Elle est amoureuse de Covielle, le valet de Cléonte.

Cléonte est le bien-aimé de Lucile. Cet amoureux transi qui est prêt à user n’importe quel stratagème pour obtenir le droit de se marier à la femme qu’il aime. C’est également un homme susceptible comme on peut le voir dans l’attitude qu’il a dans la scène 8, Acte III.

Covielle est le valet de Cléonte. Cet homme plein de ressources élabore un stratagème complexe pour s’assurer que son maître puisse épouser Lucile. En faisant cela, il sait qu’il pourra également épouser Nicole.

Le Comte Dorante abuse de la fortune de Monsieur Jourdain afin d’offrir des présents à la femme qu’il aime, Dorimène. Il profite de la crédulité de Monsieur Jourdain pour obtenir ce qu’il veut. Lors du plan organisé par Covielle pour son maître, il deviendra le complice de Cléonte pour ajouter du poids à toute cette histoire.

Dorimène est une marquise veuve qui jouit d’une grande richesse. Monsieur Jourdain est épris d’elle et il se sert de Dorante pour jouer les entremetteurs. Néanmoins, Dorante fait croire à cette marquise que tous les cadeaux qu’elle reçoit de la part de Monsieur Jourdain sont de lui. À la fin, elle accepte d’épouser le Comte.

Les Maîtres : le maître de la musique, le maître de la danse, le maître des armes, le maître de philosophie permettent de souligner l’ignorance de Monsieur Jourdain en toute chose. Il ne suit pas des cours par passion, mais simplement pour bien se faire voir.

Analyse de l’oeuvre

M. Jourdain confond l’apparence et la réalité, croyant que l’habit fait le moine. Il ne comprend pas que la noblesse provient de l’élégance naturelle dans les gestes, l’attitude et la conversation, plutôt que d’un simple déguisement. Son langage révèle son ignorance et ses prétentions, mais il n’est qu’un simulacre de culture et de politesse malgré sa soif de connaissances. Il ne suscite pas le respect et est considéré comme un sujet de moquerie par son époux, sa servante et ses maîtres. Il est sottement vaniteux et se conduit comme un être qui dépend du regard des autres. Il montre son opulence et se demande constamment comment les gens de qualité vivent. Il a des moments de clarté, mais est largement naïf et facile à tromper.
Il est difficile de savoir ce qu’il aime réellement ou ce qui le passionne étant donné qu’il ne vit que pour être comme ces gens “de haute qualité“. Toutefois, la présence des maîtres nous permet de dire ce qu’il n’aime pas. C’est un homme qui n’a pas l’oreille musicale, qui ne semble pas avoir un goût prononcé pour l’art musical en tout genre. Ce n’est pas un homme aguerri à l’art du combat et quant à son savoir, sa leçon avec le philosophe suffit à nous montrer son ignorance. D’autant plus que ce dernier lui donne un cours d'”orthographe“, or, nous sommes très éloignés de ce type de cours. Le maître de philosophie lui assure une sorte de cours d’orthophonie où il lui apprend, de façon très succincte, comment les différents muscles interfèrent pour créer le son. Cependant, c’est assez suffisant pour faire croire à Monsieur Jourdain qu’il vient d’apprendre quelque chose d’extraordinaire.
Le fait que Monsieur Jourdain soit un homme ignorant n’est pas un problème en soi, nous sommes tous plus ou moins ignorant en fonction de telles ou telles compétences. Néanmoins, dans le cas de Monsieur Jourdain, nous pouvons dire que nous avons affaire à un homme ignorant qui souhaite, inconsciemment, rester ignorant. Tout ce qu’il apprend de si extraordinaire n’est pas si utile et ne lui servira à rien dans la vie, comme le lui précise sa femme. Pour autant, il juge inutile toutes les choses qui pourraient lui être utile comme la morale, la logique et les sciences physiques. Toutes ces choses soulignent encore plus la stupidité de ce personnage.

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