Littérature

Stefan Zweig, Brûlant Secret : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés
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Brûlant secret est une nouvelle, composée de 15 chapitres, écrite par Stefan Zweig et publiée en 1911 pour la première. Faisons le point sur cette longue nouvelle.

Résumé détaillé de Brûlant Secret de Stefan Zweig

Le partenaire

L’histoire se déroule durant la saison printanière. Un jeune baron de la noblesse autrichienne issu de la bureaucratie passe ses vacances dans un hôtel perdu au cœur des Alpes autrichiennes. Cet homme est un “chasseur de femme”. En arrivant sur place, il constate qu’il n’y a que des hommes. Il s’ennuie et ne sait pas quoi faire. Pendant qu’il est en train de manger, une femme juive arrive avec son fils, Edgard. L’ennui cède la place à l’excitation. Il se met à regarder la femme avec assistance. Après de longues heures à la regarder, il se lève et part en direction du hall. Il jette un dernier regard à la femme. Cette dernière ne met pas longtemps à venir dans le hall avec son fils. Elle prend une revue et montre les images à son fils puis elle s’en va pour le mettre au lit sans prêter attention au baron. Le jeune homme est déçu, lui qui pensait qu’il allait pouvoir faire la connaissance de cette jolie femme. Cependant, la partie n’est pas finie, elle ne fait que commencer.

Une amitié rapide

En revenant dans le hall le lendemain, le jeune baron cherche en vain la femme d’hier. Il ne trouve que son fils, Edgard, qui importune les personnes. Le jeune baron saisit l’occasion pour se rapprocher de cet enfant qui pourrait, il l’espère, le rapprocher facilement de sa mère. Il commence par l’amadouer en utilisant sa passion pour les chiens puis il lui propose une promenade. Au début, l’enfant a l’air surpris que cet étranger s’intéresse à lui aussi facilement, très vite, il commence à se sentir fier. En discutant avec l’enfant, le jeune baron apprend tout ce qu’il doit savoir. L’enfant a eu une maladie et les médecins lui ont préconisé ce séjour. Cela n’enchante pas sa mère qui n’apprécie pas le lieu et se plaint de l’”absence d’une société sympathique”. Sa mère est mariée à un avocat issu d’une riche famille bourgeoise israélite. Leur couple n’est pas au beau fixe, ce qui arrange le jeune baron. Il glisse subtilement des mots, paraissant anodins, qui complimentent sa mère.

À la fin de la promenade, le jeune baron prend congé d’Edgard et lui propose de se donner rendez-vous le lendemain pour une nouvelle promenade. Il est ravi de la tournure des événements et sait qu’il n’a plus qu’à patienter pour que l’enfant puisse le mettre en relation avec sa mère.

Trio

Au repas du soir, le jeune baron se rend compte que son plan a fonctionné lorsqu’en rentrant dans la pièce, il voit les yeux d’Edgard plein d’admiration. Il parle de lui à sa mère. Un premier contact est établi entre la femme et le jeune baron. Vers la fin du repas, la mère autorise son fils à aller voir le jeune baron. Ce dernier ne cesse de faire des éloges sur l’enfant à sa mère. La femme retourne à ses appartements avec son fils pour le mettre au lit. Le jeune baron lui baise la main pour lui dire au revoir.

Le soir, l’enfant n’arrive pas à dormir. Il est heureux de s’être fait un nouvel ami. Toutefois, il sait que sa condition d’enfant fait que cette relation est asymétrique. Le lendemain, le garçon se réveille sous les coups de sept heures et se dépêche d’aller dans le hall pour ne pas louper son rendez-vous avec le jeune baron. Lorsque celui-ci arrive dans le hall sous les coups de neuf heures trente, la présence de l’enfant lui rappelle la promesse qu’il lui a faite la veille. Le jeune baron retarde leur départ et lorsque la mère de l’enfant arrive, il lui propose de les accompagner. L’enfant est déçu car il souhaitait profiter de son “ami” seul à seul. Il devient soudain jaloux de sa mère. Ce sentiment est vite oublié durant la promenade, car sa mère et le jeune baron ne cessent de parler de lui et pour la première fois de sa vie, il a enfin l’occasion de parler avec les adultes sans qu’on ne lui demande de se taire.

Au repas du soir, le jeune baron est convié à la table de la mère et de son enfant.

L’attaque

Le jeune baron est lassé de ce trio. Il souhaite discuter seul avec sa proie. Il a perçu chez elle une hésitation. Un choix à faire. Devenir une femme ou une mère. Rester fidèle à son mari, être une bonne mère ou profiter de ses atouts féminins. Ennuyé par ces discussions, le jeune baron souhaite passer à l’attaque. Durant toute l’après-midi, il reste dans sa chambre pour piquer l’orgueil de la femme. Il se persuade que son plan fonctionne et qu’il manque à la dame. Toutefois, celle-ci n’a pas l’air troublée par son absence. Seul Edgard se montre impatient et nerveux à l’idée de ne pas pouvoir discuter avec son ami. Quand il vient pour prendre le dîner, Edgard vient vers lui et lui demande des comptes. Il dit à son “ami” qui leur a manqué. Sa mère lui explique que le jeune baron est un adulte et qu’il a le droit de faire ce qui lui plaît. Elle se dit que la société l’ennuie peut-être.
Pendant tout le repas, le jeune baron narre de nombreuses histoires qu’il aurait vécues, tout plus extraordinaire les unes que les autres afin de susciter un quelconque intérêt de la part de la femme. Toutes ces histoires impressionnent l’enfant. La mère se rend compte qu’il est neuf heures et demande à son fils d’aller se coucher. Il essaie de gagner un peu de temps en voulant à tout prix écouter l’histoire des éléphants. Sa mère refuse et lui dit qu’elle lui racontera tout en détail. Déçu, il part se coucher. Pour la première fois depuis le début, sa mère ne l’accompagne pas.

Les éléphants

La femme reste à table en compagnie du baron pendant un moment. La discussion ne tourne pas autour des éléphants. Ils se cherchent du regard, échangent quelques paroles. Ils jouent au jeu du chat et de la souris. L’alcool aide la femme à se laisser aller à la séduction. Tous deux se lèvent et vont en direction du hall. Ils s’assoient et continuent ce jeu. La lumière du hall s’éteint ce qui fait prendre conscience à la femme qu’elle est en train de se laisser aller à un jeu qui devient de plus en plus dangereux. Elle décide de partir, mais le jeune baron lui baise plusieurs fois la main en lui demandant de rester encore. La femme fuit. Pendant qu’elle part en direction de sa chambre, elle regarde furtivement derrière son épaule pour vérifier si l’homme n’est pas derrière elle. Elle aurait tellement aimé qu’il la suive, qu’il la saisisse. Jusque-là, elle n’avait jamais succombé à une aventure, elle avait toujours fui. Toutefois, ce soir, elle aurait tellement aimé. Trop fier pour la rattraper, le baron la laisse partir. Il ne souhaite pas qu’elle s’abandonne à lui parce qu’elle a trop bu. Il désire qu’elle s’abandonne en étant pleinement consciente de ce qu’elle fait.
En rentrant dans sa chambre, la femme voit son fils debout. Il attend son histoire avec les éléphants. Elle lui ordonne d’aller se coucher. Déçu, l’enfant s’exécute maudissant une nouvelle fois sa condition d’enfant.

Escarmouches

Ayant passé une mauvaise nuit, le baron arrive dans le hall. Edgard bondit sur lui. Le baron a du mal à dissimuler sa mauvaise humeur. Lui qui a souhaité utilisé l’enfant uniquement pour se rapprocher de sa mère, il commence à être lassé de le retrouver tout le temps dans ses pattes. L’enfant est tellement heureux d’avoir enfin son “ami” pour lui tout seul, qu’il ne s’aperçoit pas de son changement d’attitude envers lui. Une nouvelle fois, sa mère est conviée pour se promener avec eux. Durant leur promenade, l’enfant se rend compte que quelque chose à changer et il se demande si sa mère n’est pas en train de lui ravir son “ami”. Le baron demande à Edgard d’aller vérifier à l’accueil de l’hôtel si son cousin n’est pas arrivé. Heureux de pouvoir rendre un service à son “ami”, il s’exécute. Lorsqu’il revient pour apporter la nouvelle, il se rend compte que sa mère et le baron sont partis. Cela dure plusieurs heures et lorsqu’ils reviennent enfin, ils ne se sont pas aperçus qu’il n’était pas là. Cela provoque l’agacement chez l’enfant. Un agacement qui se mêle à de la colère quand il voit qu’à plusieurs reprises, sa mère l’humilie devant son “ami” en soulignant sa condition d’enfant. À table, l’enfant est de plus en plus déçu. Son “ami” ne s’adresse plus à lui. Il ne fait que parler à sa mère. Il se sent abandonné. Sa mère propose au baron de faire une promenade ensemble. Elle ordonne à l’enfant de rester ici pour étudier. L’enfant laisse échapper sa colère en prétextant que son père l’a envoyé ici pour qu’il se repose. Le mot “papa” qui sort de la bouche de l’enfant provoque un certain malaise entre la femme et le baron. L’enfant ne comprend pas ce qu’il se passe, mais il sait que quelque chose à changer. Les premiers soupçons arrivent.

Brûlant secret

Durant leur promenade en carrosse, l’enfant se demande ce qu’il se passe. Il désire ardemment comprendre les raisons qui ont fait qu’ils ont changé d’attitude vis-à-vis de lui. Il les scrute à tour de rôle. Il ne sait pas expliquer les regards fuyants de sa mère. Il remarque que sa mère a mis du rouge à lèvres. Il sait qu’on ne lui dit pas tout et il souhaite absolument connaître ce secret. Après cette excursion gênante, la femme monte directement dans sa chambre prétextant qu’elle est fatiguée. Le baron paie le cocher et commence à partir. L’enfant lui demande ce qui a changé. Le baron lui explique qu’il a été de mauvaise humeur, mais que ce soir, les choses vont changer. Face à la douleur de cet enfant, le baron a mal. Il se sent terriblement honteux de l’avoir utilisé. Au cours du repas, les heures filent à toute vitesse. Sa mère ne l’envoie pas se coucher à neuf heures. L’enfant est confus et ne comprend pas pourquoi sa mère lui permet de veiller plus tard aujourd’hui. À dix heures, sa mère prend congé du baron et Edgar se met à la suivre. Pendant qu’ils se dirigent vers la sortie, il surprend sa mère qui sourit au baron. Il comprend alors qu’ils sont en train de le duper. Il cherche à “l’endormir dans un sentiment de sécurité” pour ne plus l’avoir dans les pattes le lendemain. Déçu, le garçon se met également à avoir son secret : il les hait tous les deux.

Silence

Le lendemain, Edgar décide de mener la vie dure à sa mère et au baron. Lorsqu’il dit à sa mère qu’il veut les accompagner durant leur promenade, cette dernière lui dit d’attendre sagement dans le hall. Il sait qu’elle ne compte pas revenir et qu’elle compte se dérober avec le baron. Le garçon se dirige dans la rue et se cache pour aller à leur rencontre. Lorsqu’ils sortent, il s’aperçoit que sa mère à un bouquet de roses. Il vient à leur rencontre. Sa mère prétend qu’elle l’a cherché partout dans l’hôtel, mais il sait que ce n’est qu’un mensonge. Tous deux ont l’air déçus que l’enfant se joigne à eux. Durant le trajet, le garçon ne cesse d’être dans leurs pattes et il ne fait que les regarder. Sa mère lui demande de s’éloigner. Il s’exécute, mais lorsqu’il a pris suffisamment d’avance, il se retourne et les regarde. L’enfant qui les scrute avec autant d’attention finit par entraîner un puissant malaise et la promenade se finit dans le silence.
Durant le repas, la mère d’Edgar ne cesse de lui faire des reproches jusqu’au moment où elle laisse échapper sa colère. Elle lui demande d’arrêter d’être dans ses pattes, de trouver une occupation et de la laisser tranquille. Ce à quoi le garçon répond “Papa ne veut pas que je me promène ici tout seul. Papa m’a fait promettre de ne pas être imprudent et de rester près de toi”. Il insiste bien sur le mot papa, car il s’est rendu compte du malaise qui se crée entre les deux adultes lorsqu’il prononce ce mot. Il se demande si ce secret inavouable n’a pas un lien quelconque avec son père.

Les menteurs

Pour obtenir un rendez-vous en tête avec le baron, la femme envoie son fils porter des lettres à la poste. Quand il revient, il s’aperçoit que sa mère et le baron s’en vont. Il est en colère. Sa mère et le baron qui lui ont tout deux dit qu’il l’attendait n’ont pas respecté leur engagement. Pour lui, ce sont des menteurs. Tout seul, il laisse venir les larmes qu’il a retenues depuis les derniers jours puis il regagne l’hôtel. Lorsque le baron et sa mère reviennent, Edgar se met à insulter le baron de menteur. Les personnes présentes dans la pièce assistent à toute la scène. Sa mère lui ordonne d’aller dans sa chambre. Elle s’excuse auprès du baron et elle regagne sa chambre. En tête à tête avec son fils, ce dernier lui explique que ce n’est pas lui qui a changé mais elle. Il lui dit qu’il ne fera pas d’excuses au baron, car c’est lui qui la change en ce qu’elle n’est pas. Il sait que le baron s’est rapproché de lui afin de se rapprocher de sa mère. Il lui dit qu’il lui avait promis un chien. Il se demande ce qu’il a promis à sa mère. Il lui dit que c’est un menteur et lui conseille de se méfier de lui. Ne voulant pas s’excuser, sa mère le punit. Il mangera dans sa chambre tant qu’il n’aura pas présenté d’excuses au baron. En allant dans la salle pour manger, elle s’interroge. Son fils lui renvoie ce qu’elle ne veut pas entendre, ce qu’elle se refuse à croire. Elle ne sait pas si elle craint le baron ou son propre fils.

Traces au clair de lune

Edgar se retrouve enfermé dans la chambre d’hôtel pour manger son repas. Bien décidé à connaître le secret qu’on lui cache, il décide de sortir par la fenêtre. Il cherche sa mère et le baron partout. Il les voit en train de s’éloigner dans la rue, bercée par les lueurs de la lune. Edgar les suit. Il s’aperçoit que le baron invite sa mère à le rejoindre sur un chemin où l’obscurité règne. Sa mère refuse d’y aller malgré l’insistance du baron. Edgar se demande si le baron n’est pas un assassin. Il fait tomber une branche et la mère d’Edgar décide de rentrer. Le baron l’accompagne. Edgar se met à rejoindre rapidement l’hôtel pour retourner dans sa chambre. Par la fenêtre, il les attend. Quand ils arrivent, il voit que le baron semble être en colère. Il se dit qu’il a réussi à lui faire échouer ses plans. Edgar remarque qu’aucun d’eux ne regarde par la fenêtre. Ils l’ont totalement oublié. Toutefois, lui, il ne les a pas oubliés et il souhaite vraiment découvrir ce fameux secret. Il sent qu’il est proche de le découvrir et il sait que quand il le percera à jour, il ne sera plus un enfant.

L’embuscade

Edgar ne sait pas quoi faire. Il veut protéger sa mère, mais il ne sait pas à quel moment cet “assassin” va frapper. Il décide de les attendre. Après un instant qui lui parait une éternité, Edgar entend la voix de sa mère et celle du baron dans le couloir. Il semble que le baron soit insistant avec sa mère. Il souhaite faire quelque chose qu’elle ne souhaite pas. Puis soudain, plus rien. Edgar n’entend que des respirations. Il ouvre la porte et voit le baron passer ses mains sur les hanches de sa mère. Ils sont contre la chambre du baron. Souhaitant protéger sa mère, Edgar se rue sur le baron et se met à le frapper de toutes ses forces. Il jette dans ses coups toute la haine qu’il lui porte. La mère d’Edgar en profite pour fuir. Quand le baron s’aperçoit que celui qui le frappe n’est rien d’autre qu’Edgar, il se met à lui donner des coups. Celui-ci a ruiné plusieurs de ses tentatives et il ne l’admet pas. Il le saisit par le col, mais le garçon le mord et va se réfugier dans sa chambre.

Orage

Lorsqu’il se lève, Edgar se demande s’il n’a pas rêvé. En se regardant devant une glace, il s’aperçoit que son front est enflé. Ce n’était donc pas un rêve, tout est réellement arrivé. Il descend pour rejoindre sa mère, cette dernière l’ignore. Ils prennent le petit-déjeuner en silence puis ils remontent dans la chambre. Ils descendent pour prendre leur repas du midi. Une fois qu’ils ont terminé le repas, la mère rompt le silence en lui disant qu’elle a à lui parler. Ils rejoignent la chambre. La mère d’Edgar a écrit à son père pour lui signifier son attitude scandaleuse. Elle se désengage à s’occuper de son éducation et souhaite que l’on engage un précepteur ou qu’on l’envoie en pension pour qu’il apprenne les bonnes manières. Elle lui demande d’écrire une lettre d’excuse au baron. Ce dernier a quitté l’hôtel ce matin. Elle commence à lui dicter ce qu’il doit écrire, mais très vite, Edgar refuse d’aller plus loin. Il lui explique qu’il a voulu la secourir, car il l’a entendu crier “laissez-moi, laissez-moi”. Sa mère lui explique qu’elle n’a jamais été dans le couloir avec le baron comme il le prétend. Face aux mensonges de sa mère, le garçon lui avoue avoir vu le baron l’inviter à emprunter un chemin plongé dans l’obscurité. La mère nie. Le garçon s’énerve et tient tête à sa mère. Elle le gifle. L’enfant rentre alors dans une colère telle qu’il se met à frapper sa propre mère. Quand il se rend compte de ce qu’il est en train de faire, il prend la fuite.

Début de raison

Après s’être suffisamment éloigné, Edgar se demande où il va pouvoir aller. Il prend la décision de se rendre chez sa grand-mère à Baiden jusqu’à ce qu’ils puissent présenter ses excuses à ses parents. Il se demande quel est le prix du billet. Il ouvre son porte-monnaie et s’assure qu’il a encore sa pièce de 20 couronnes. Lorsqu’il va à la gare, il achète un ticket pour 6 couronnes. Quand il prend place, il se rend compte que ses voisins de wagon ne sont pas les mêmes que d’habitude. Il se rend compte qu’il est dans la troisième classe. Pour la première fois de sa vie, il s’interroge et prend conscience des choses qui jusque-là lui paraissaient tellement insignifiantes.

Obscurité troublante

Au moment où il arrive enfin à Baiden, le jour cède peu à peu sa place à la nuit. Cela inquiète Edgar. Il se dirige vers la villa de sa grand-mère. Lorsqu’il arrive enfin, il se trouve dans l’incapacité d’ouvrir la porte. Il ne saura quoi répondre lorsque sa grand-mère lui demandera pourquoi il est ici sans sa mère. Apeuré et honteux d’avoir frappé sa mère, il décide de s’éloigner pour trouver ce qu’il pourra dire à sa grand-mère. Il cherche un endroit obscur et silencieux pour réfléchir correctement. Dans la nuit totale, il aperçoit un homme et une femme qui se tiennent de la même façon que le baron et sa mère dans le couloir. Il les voit s’embrasser puis petit à petit, ils disparaissent dans l’obscurité. Tout seul, dans les ombres, il ne se sent pas à sa place. Il veut rentrer et retrouver le réconfort des siens. Il retourne à la villa de sa grand-mère. La domestique de cette dernière tombe sur lui et elle l’annonce. Edgar voit arriver sa grand-mère suivie par sa mère.

Le dernier rêve

En voyant qu’il avait pris la fuite, sa mère avait tout fait pour le retrouver. En apprenant qu’il avait pris le train pour Baiden, elle avait averti sa grand-mère et on s’était mis à le chercher. Tout le monde semblait heureux de l’avoir enfin retrouvé. Il se demande alors pourquoi il a tant cherché à devenir un adulte en oubliant tout le luxe que pouvait amener le fait d’être un enfant. Son père est arrivé et lui a demandé les raisons de s’être enfui de la sorte. Il pensait tout raconter, mais derrière l’épaule de son père, il vit sa mère poser son doigt sur ses lèvres pour qu’il ne révèle pas ce secret. Il comprit alors qu’ils partageaient ensemble ce secret. Il annonça à son père qu’il n’avait pas été sage, qu’il s’était mal comporté et qu’il s’était enfui parce qu’il avait eu peur. Avec ses aveux obtenus aussi facilement, son père décide de clore l’affaire en lui demandant d’être plus sage à l’avenir. Derrière, il voit sa mère lui sourire.
Au moment où il est dans son lit, il sent la présence d’une personne qui lui caresse les cheveux. Il ne sait pas encore, mais elle lui sera éternellement reconnaissante. Grâce à lui, elle ne s’est pas lancée dans une aventure stérile. Dorénavant, elle sait ce qu’elle veut : s’occuper de son enfant et dire adieu à ses plaisirs égoïstes.

Présentation des personnages principaux

Le baron est un jeune homme au visage viril légèrement bronzé. Il est issu de la bureaucratie. C’est un employé de ministère. Cet homme est prêt à tout pour séduire les femmes et obtenir une aventure avec elle, et ce, quel que soit leur statut ou leur état-civil. Il peut très bien faire la cour à une servante célibataire qu’à une femme de bonne famille qui est mariée. Pour réussir ses desseins, il est prêt à tout comme on peut le constater dans ce semblant d’amitié qu’il noue avec Edgar. C’est un fin manipulateur qui excelle l’art du récit et du mensonge. Il a aussi tendance à voir les choses qui l’arrangent comme le souligne le passage où il est persuadé qu’il manque à la femme lorsqu’il passe son après-midi enfermé dans sa chambre d’hôtel.

Edgar est le fils unique de Mathilde. Il est âgé d’une douzaine d’années et il a passé un bon moment alité à cause d’une maladie. Les médecins préconisent qu’il profite du soleil pour qu’il soit assuré d’un bon rétablissement. Il a l’âge où les traits de son visage d’homme commencent tout juste à s’esquisser timidement. L’intérêt soudain que va lui porter le baron va gonfler son estime. Il commence à croire qu’il n’est plus un enfant, mais qu’il commence à devenir un adulte. Il passe son temps à découvrir ce fameux secret que lui cache le baron et sa mère. Finalement, c’est grâce à lui si sa mère reste fidèle à son père.

Mathilde, la mère d’Edgar, est une femme juive qui s’est mariée avec un avocat issu d’une riche famille bourgeoise israélite. C’est une femme juive bien en chair qui est en train d’hésiter entre sa vie de femme et sa vie d’épouse. Si elle semble indifférente au baron, elle se laisse peu à peu séduire et tombe dans ses filets. Elle n’arrivera à s’en sortir que grâce à son fils.

Analyse de l’œuvre

Dans cette nouvelle composée de 15 chapitres, Stefan Zweig nous plonge dans un jeu, celui du “chasseur de femme ”vu à travers le regard insouciant d’un enfant. Il dénonce cette société bourgeoise où l’enfant saisit peu à peu le jeu des adultes en comptant sur son intelligence.
Dès le premier chapitre, on constate que le jeu commence : “Le chasseur flaira une proie. D’un air provocant, son œil chercha à rencontrer le regard de la femme, ce regard qui, parfois, croisait le sien dans un coup d’œil luisant et indécis, mais qui ne lui donnait jamais une réponse claire. Autour de la bouche, il croyait découvrir comme la détente d’un sourire qui commence, mais tout cela était incertain et c’est cette incertitude qui l’excitait.” Si au départ, le baron semble être le personnage principal, très vite, Edgar le supplante. Le lecteur découvre ses monologues intérieurs qui cherchent à décortiquer les différents comportements de sa mère et du baron pour découvrir ce secret qu’ils lui cachent. “… Ils cachent un secret qu’ils ne veulent pas me révéler. Un secret qu’il faut que je connaisse. Je m’en rends déjà compte, ce doit être ce secret devant lequel ils me ferment toujours les portes, ce secret dont il est question dans les livres et dans les opéras, lorsque les hommes et les femmes chantent en écartant les bras, lorsqu’ils s’embrassent et se repoussent.

Le lecteur se retrouve confronté à deux jeux. Un jeu malsain où le baron tente de courtiser la mère d’Edgar pour avoir droit à une aventure sans lendemain avec elle. Un jeu plus insouciant où Edgar cherche à mettre mal à l’aise sa mère et le baron, où il les teste pour comprendre la situation et découvrir enfin ce secret qui lui échappe. Edgar tente d’expliquer ce qu’il voit en utilisant des mots et des expressions propres à l’enfant qu’il est. Ainsi, lorsqu’il voit le baron inviter sa mère à le suivre dans un chemin obscur, il se dit qu’il a forcément le dessein de la tuer. De même, lorsqu’il entend sa mère crier “laissez-moi, laissez-moi”, il pense que sa mère est en danger et qu’il doit la secourir.

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