Littérature

Aimé Césaire, Une saison au Congo : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés

Une saison au Congo met en scène l’indépendance du Congo qui se retrouve amputé du Katanga, sa région la plus riche, qui forme un État distinct soutenu par les intérêts belges. Cette pièce a été écrite en 1966 par Aimé Césaire, un auteur français martiniquais. Découvrons ensemble cette pièce de théâtre politique.

Résumé détaillé scène par scène de Une saison au Congo d’Aimé Césaire

ACTE I

Scène 1

Dans un quartier africain de Léopoldville, des indigènes s’attroupent devant un bonimenteur qui explique que la bière est la meilleure des choses que les Blancs, les colons belges, aient amenées en Afrique. Il ne parle pas de n’importe quelle bière, mais de celle qu’il estime être la meilleure du monde : la Polar. Toute cette scène se réalise sous l’œil inquiet de deux flics belges qui nous apprennent que derrière la Polar se cache Patrice Lumumba, le ministre du Congo.

Scène 2

La scène se transforme en bar. Mokutu arrive et apprend aux personnes dans le bar que le président du M.N.C (Mouvement National du Congo), Patrice Lumumba a été arrêté par les Flamands. Il appelle ses congénères à se révolter contre l’arrestation de cet homme politique.

Scène 3

À la prison d’Elisabethville, les deux geôliers apprennent que le Directeur de la prison va venir pour rencontrer Patrice Lumumba. Avant que le Directeur n’arrive, les deux geôliers violentent Patrice Lumumba en se moquant de ses vers et en tournant au ridicule le fait qu’il souhaite participer aux travaux de la Table Ronde à Bruxelles. Et pourtant, lorsque le Directeur arrive, celui-ci annonce à Patrice qu’il va être libéré par le Ministre du Congo et qu’un avion va être apprêté pour lui afin qu’il se rende à Bruxelles pour participer à la Table Ronde.

Scène 4

Dans une salle du palais où se tient la Table Ronde des partis africains, des banquiers s’indignent de la décision du gouvernement belge d’accorder la dépendance du Congo à la date du 30 juin 1960 suite à la demande de Patrice Lumumba. Néanmoins, le quatrième banquier explique aux autres comment ils pourraient profiter de la situation. Les banquiers finissent par être satisfaits de l’indépendance du Congo.

Scène 5

À Léopoldville, les Africains se réjouissent de l’indépendance du Congo. Toutefois, apparaissent quelques querelles ethniques vite arrêtées par le joueur de Sanza. Finalement, les Africains trinquent tous ensemble à l’Indépendance.

Scène 6

Le Roi Basilio s’entretient avec le général Massens et lui explique les bienfaits que la colonisation a pu apporter au Congo. Il voit deux futurs possibles. Soit le Congo réussit son émancipation et montre l’exemple aux Africains sur le fait que la colonisation leur a été profitable, soit le pays va régresser et sombrer. Le général Massens ne voit pas cette indépendance d’un bon œil.

Puis Basilio arrive à la Table Ronde pour s’entretenir avec des hommes africains illustres tels que Kala-Lubu et Lumumba. Il leur annonce que c’est un honneur pour lui de leur donner l’indépendance et il espère qu’ils mettront tout en neuve pour que le Congo soit un pays prospère. Kala-Bulu remercie le roi Basilio pour ce qu’il a fait de leur pays. Il s’adresse aux autres africains en tentant de leur faire comprendre tout ce que va leur apporter l’Indépendance. Il la définit comme “l’amie de la nation” pour “réconcilier l’ancien et le nouveau, la nation et les tribus”.
Lumumba est en total désaccord avec l’idée d’Indépendance soutenue par Kala-Bulu. Ils pensent à tous les Africains qui ont souffert et qui ont été humiliés durant la colonisation. Il rejette le “nouveau” apporté par les colons belge et estime que pour lui “tout est à faire, ou tout est à refaire”.

Les banquiers s’inquiètent des propos de Lumumba tandis que Mokutu est affairé, lui qui avait misé sur Lumumba.
Mokutu s’entretient avec Lumumba en lui racontant une sombre histoire qui lui est arrivée lorsqu’il est tombé nez à nez sur un léopard. Il a blessé l’animal en lui lançant un javelot, mais son grand-père a exigé qu’il y retourne pour récupérer le javelot. Cette histoire lui fait comprendre qu’il ne faut jamais attaquer une bête si on n’est pas sûr de la tuer.
Ainsi, aujourd’hui, Lumumba s’est attaqué au roi ainsi qu’aux colons, mais il a peur qu’il ne soit pas réellement en mesure de “les tuer”. Toutefois, Mokutu accepte de suivre Lumumba dans sa lutte.

Les banquiers sont toujours inquiets des propos de Lumumba, mais un cinquième banquier arrive et leur fait comprendre que c’est une aubaine pour eux. Ils comptent transférer la banque au Katanga, la région la plus riche du Congo.

Scène 7

Dans une boîte de nuit, la Speakerine appelle les citoyens à travailler tandis que la Revendication appelle à exiger ce qui leur revient de droit : les voitures, les femmes, le père Noël ne doivent pas appartenir qu’à une classe privilégiée. Les soldats congolais sont à moitié ivres et scandent : “A bas les politiciens ! Lumumba vaurien.”

Scène 8

Dans le bureau du Premier ministre à Kaluna, Lumumba commence à faire comprendre à ses hommes qu’ils ont énormément de pain sur la planche pour que l’Indépendance du Congo se mette en place. Néanmoins, les soldats arrivent avec leur slogan “à mort Lumumba ! Lumumba pemba !”.
Lumumba accueille les soldats et leur fait comprendre qu’ils sont influencés par les Flamands. Il leur rappelle que lorsque les colons flamands étaient présents, personne ne s’est rebellé pour exiger l’indépendance afin de créer un gouvernement congolais. Lumumba répond aux exigences des soldats et fait de Mokutu, son ami, le colonel de l’armée nationale congolaise. Lumumba s’assure que les soldats lui seront fidèles pour se battre afin de préserver l’indépendance congolaise.

Scène 9

Les blancs restés en Afrique sont en proie à l’armée nationale congolaise. Ils se réfugient comme ils peuvent. Des officiers belges sont emprisonnés avec leur famille et subissent des sévices. Sous la pression, le roi belge Basilio donne carte blanche au général Massens pour sauver leur ressortissant. La guerre est déclarée.

Scène 10

Lumumba est dans un avion qui est pris dans un ouragan. Lumumba souhaite atterrir sur la piste d’atterrissage, mais les autorités katangaises refusent et ont éteint les balises. Lumumba comprend alors que le Katanga se ligue avec les Flamands contre le Congo. Lumumba prend la décision de partir pour Moscou afin de trouver des armes pour lutter contre les Belges.

Scène 11

Au parlement congolais de Léopoldville, les hommes politiques discutent du sort du Congo. Le pays se retrouve sans argent depuis que la Banque Centrale a été transférée au Katanga. Les sénateurs reprochent au président de la République ainsi qu’au ministre d’être à la fois partout et nulle part à la fois.
Lumumba se défend en leur expliquant qu’il aurait aimé se démultiplier pour être réellement présent partout. Il invite ses frères à ne pas se tromper d’ennemis. Il y a un complot belge dans lequel le Katanga a été émancipé et s’est ligué avec les colons pour s’armer et entrer en guerre, aux côtés du général Massens, contre le Congo.
Le Congo étant menacé, Lumumba a contacté l’ONU pour obtenir leur aide. Il annonce l’arrivée de M. Hammarskjöld dès le lendemain.

Scène 12

Hammarskjöld est sur les terres congolaises et tend à faire comprendre aux hommes qui l’accompagnent toute la portée de leur mission. Hammarskjöld se présente aux Congolais comme un homme neutre qui compte aider les Congolais à préserver leur indépendance.

Scène 13

Les Congolais dansent et chantent tandis que l’ambassadeur grand occidental s’avance.
Il leur explique qu’en tant que gendarme du monde, ils ont l’obligation de ramener un peuple à la raison lorsqu’il ne se comporte pas bien. D’autre part, il rappelle les propos de Lumumba “A Moscou ! A Moscou” et précise qu’ils sont également les pompiers du monde visant à éteindre les flammes communistes.

ACTE II

Scène 1

Lumumba et Mokutu s’installent dans un bar africain où ils retrouvent Mama Makosi.
Mokutu se demande si, du fait de leur nouvelle fonction, ils peuvent encore fréquenter les lieux de leur jeunesse. Lumumba estime que c’est une bonne idée d’être proche du peuple tout en sachant que le Congo se décompose.
Dans le bar, un fou arrive. Il se fait passer pour un insulteur de nation. Il regrette le fait que les blancs soient partis du Congo. Pour lui, les hommes noirs sont maudits et mauvais.
Ses propos illustrent à Mokutu et à Lumumba à quel point leur présence dans ce type d’endroit est plus que nécessaire. Lumumba accepte l’invitation du bal de levée de deuil de Mama Makosi.

Scène 2

Les ministres congolais sont en pleine réunion. Isaac Kalonji fait savoir qu’il ne faudrait pas s’attarder pour entrer en conflit contre le Katanga. M’Polo propose de s’emparer de Bakwanga. Néanmoins, ils n’ont pas assez d’argent. Mokutu menace de démissionner si M’Polo continue d’être colonel. Mokutu est nommé général. M’Polo commence à s’indigner, mais Lumumba l’apaise. Le directeur de la police amène un article de Gabriel Makoso qualifiant le ministre “comme l’immonde Lumumba”. Ce dernier s’énerve et demande à ce que je journal soit interdit. Il annonce que le congrès qui doit se tenir à Thysville est annulé. En effet, ils n’ont pas respecté le délai réglementaire de deux semaines.
Lumumba revient sur le sujet du Katanga en expliquant qu’ils vont trouver de l’argent pour que Mokutu ait ses avions.

Scène 3

Lumumba s’entretient avec Hammarskjöld concernant ses relations avec Tzumbi. Hammarskjöld annonce qu’il s’est entretenu avec le président du Katanga pour apaiser le conflit entre le Congo et le Katanga. Lumumba reproche à l’ONU et surtout à Hammarskjöld d’être neutre quand les choses les arrangent. Il estime qu’ils sont hypocrites dans la mesure où la Belgique arme le Katanga et le Congo ne peut pas avoir les moyens pour les attaquer. Hammarskjöld se défend en expliquant que s’il a décidé de ne pas leur fournir d’armes, c’est pour éviter que le conflit soit meurtrier. Il lui annonce qu’ils ont envoyé des messages à la Belgique pour apaiser les tensions. Lumumba se dit qu’ils sont dupe et constatant que l’ONU ne souhaite pas les soutenir dans ce conflit, il annonce à Hammarskjöld qu’il va se tourner vers la Russie. Hammarskjöld espère que Lumumba ne va pas payer son impulsivité.

Scène 4

Un personnage appelé la Guerre fait un monologue poétique et imagé sur les conditions de la guerre.

Scène 5

Le Conseil des ministres congolais s’est réuni. Ils ont pris Bakwanga et le traître Kalonji est en fuite. Néanmoins, la guerre a été violente et il y a eu de nombreuses pertes. Hammarskjöld accuse le gouvernement de Lumumba de génocide. Cela fait doucement rigoler le ministre congolais étant donné que l’ONU a fermé les yeux lorsque les Belges ont monté les Baluas et les Luluas les uns contre les autres afin qu’ils s’entretuent. Lumumba décide de ne pas s’inquiéter. Il invite tous les ministres à aller boire une bière chez Cassian, car il y a là-bas une lulua, du nom de Hélène Bijou, avec laquelle il veut danser.

Scène 6

Lumumba et Hélène dansent ensemble au bar “Chez Cassian”.

Scène 7

Au palais présidentiel, Kala doit rédiger un discours. Il est effaré de la situation au Congo. La guerre entre les Baluas et les Luluas, les atrocités commises par l’armée nationale du Congo. Tout le monde prétend que le président Kala est “la femme de Lumumba”. Ils sous-entendent que Kala est soumis à son ministre. Kala trouve cela ironique, car s’il le voulait, il pourrait révoquer Lumumba à tout moment. Toutefois, il sait qu’il ne peut pas le faire. Lumumba est quelqu’un d’intelligence et d’éclairer, jouissant d’une grande popularité, mais ils s’acharnent tous contre lui. On le dit communiste. Kala regrette de ne pas avoir été évêque. Ce rôle lui aurait causé moins de soucis que son travail de président. Il se remet à travailler son discours.

Scène 8

Pauline Lumumba partage ses inquiétudes à son mari concernant les derniers événements. Elle le met en garde contre Mokutu en lui rappelant qu’il était mouchard du temps où les Belges étaient présents. Lumumba la calme en lui disant que le peuple est à ses côtés et que tout ira pour le mieux tant que lui et le président Kala seront unis et c’est le cas aujourd’hui. Il finit par s’endormir. Sa femme le réveille pour qu’ils écoutent le discours du président Kala. Ce dernier accuse Lumumba de toutes les atrocités qui se sont passé au Congo. Il annonce sa révocation et a nommé Joseph Illéo Premier ministre afin de former un nouveau gouvernement. Il annonce avoir l’appui total de l’armée nationale du Congo commandé par le colonel Motuku.

Scène 9

Lumumba se sent trahi, mais il annonce à M’Polo que la partie n’est pas fini pour lui. Le temps des compromis est passé et il souhaite se venger de cet affront en prenant la parole à la radio.

Scène 10

Au Palais de la radio, Lumumba se voir refuser de parler. L’ONU a interdit à tout homme politique de s’adresser à la radio. Lumumba cherche un moyen de passer outre cet ordre en prétendant qu’il a de bonnes relations avec le président du Ghana, mais la personne qui gère la radio refuse. Lumumba le menace et l’insulte. L’homme sort un revolver prétextant qu’il n’apprécie pas se faire insulter par un communiste puis se ravise en se disant que les Congolais se chargeront de le tuer.

Scène 11

Les paras de Mokutu sont arrivés à la maison de Lumumba. Mokutu s’entretient avec Lumumba. Mokutu lui apprend qu’il a pris la décision de défaire le président Kala et le ministre Lumumba pour contrôler le Congo avant que l’ordre ne revienne. Lumumba lui explique à quel point son coup d’État emprisonne l’Afrique tout entière. Il lui parle point par point de tout ce qui se passe dans les pays africains. Mokutu s’en fiche de l’Afrique, seul le Congo l’importe.

ACTE III

Scène 1

Lumumba est en prison avec Okito et M’Polo au camp Hardy de Thysville. Lumumba parvient à ce qu’ils sortent de prison en faisant en sorte que les soldats, désabusés de Mokutu, soient à sa botte.

Scène 2

Au bar africain, Mama Makosi est heureuse de revoir Lumumba. Ce dernier entend faire de ce bar son quartier général. Il demande à ce qu’on fasse venir les journalistes. Entre temps, sa femme vient et lui demande de fuir. Lumumba ne veut pas, il compte lutter jusqu’à la mort. Les journalistes arrivent et Lumumba annonce sa reprise du pouvoir et le coup d’État illégal commandité contre lui. M’Polo annonce à Lumumba que les paras de Mokutu sont là. Il lui conseille de partir, mais Lumumba ne souhaite pas. Kala arrive et explique la situation à Lumumba. S’il a nommé Léon Premier ministre, c’est parce qu’il est l’homme qu’il faut pour que les choses s’apaisent. Néanmoins, il ne souhaite pas se débarrasser de Lumumba. Ce dernier refuse de se soumettre. Kala laisse Lumumba à Motuku.

Scène 3

Motuku s’entretient avec les chefs du Katanga afin qu’ils réintègrent le Congo, mais M’Siri, Zimbwé et Tzumbi refusent tant que Lumumba est encore vivant. Ils demandent à Motuku que Lumumba soit transféré au Katanga. Motuku les met en garde sur le fait que le peuple congolais est fortement attaché à Lumumba. Selon lui, le tuer serait pire pour le Congo, mais les chefs katangais ne l’entendent pas de cette façon et souhaitent tuer Lumumba.

Scène 4

(Cette scène peut être omise à la représentation)

Au palais royal de l’ONU, Hammarskjöld fait part de ses inquiétudes à Matthew Cordelier concernant le transfert de Lumumba au Katanga. Cordelier ne s’inquiète pas de la situation et semble s’en réjouir. Hammarskjöld se sent trahi, il se rend compte que Cordelier n’a jamais été neutre et qu’il a conspiré contre Lumumba depuis le début.

Scène 5

Un mercenaire tire à plusieurs reprises sur un mannequin. La scène se termine par la mort de M’Polo et d’Okito. M’Siri entre avec un mercenaire et Lumumba.

Scène 6

M’Siri se moque de Lumumba qui, selon ce qu’on affirme, serait invulnérable. M’Siri presse l’arme contre la tempe de Lumumba. Ce dernier lui fait comprendre qu’en le tuant, cela n’arrêtera pas le peuple congolais et l’Afrique se souciera de sa mort. M’Siri rit des propos de Lumumba lui annonçant que l’Afrique se moque bien de son sort. Lumumba finit par être tué.

Scène 7

À Kinshasa, Mokutu prévoit d’organiser un grand cérémonial pour Lumumba afin d’apaiser les tensions animées par sa mort. En échangeant avec les ministres, il essaie de trouver une solution avec celui qui a tué Lumumba afin d’unifier le Katanga et le Congo à nouveau. L’un des ministres essaie de faire comprendre à Mokuto qu’ils ne doivent pas faire n’importe quoi étant donné que l’opinion mondiale est sensibilisée aux affaires du Congo. Toutefois, Motuku se moque de l’opinion mondiale et entend gouverner le Congo comme il l’entend.

Scène 8

Nous sommes en juillet 1966, c’est le jour de fête de l’indépendance congolaise. Mama Makosi crie “Uhuru Lumumba”. Une femme la met en garde en lui expliquant qu’il faut dire “Vive Motuku” mais Mama Makosi préfère dire ce qu’elle pense. Mokutu fait un discours. À la fin de son discours, un fou se met à crier “Gloire à Lumumba”. Mokutu ne l’accepte pas et demande à ses hommes d’ouvrir le feu. La scène se termine sur de nombreux cadavres à terre, dont le joueur de Sanza.

Présentation des personnages

Les personnages principaux

Patrice Lumumba devient le Premier ministre de la République démocratique du Congo. Lors de l’Indépendance, il rejette clairement la colonisation comme ayant été bénéfique au Congo. Il cherchera à lutter contre la mainmise des Belges sur le Congo. Il se tourne d’abord vers l’ONU lorsque le Bakanga, militarisé par les Belges, déclare son indépendance. Puis constatant que l’ONU ne fait rien, il demandera de l’aide aux russes. Néanmoins, bien que le peuple soit attaché à lui, il sera trahi par le président et son ami colonel Motuku. Cordelier conspirera également contre lui afin de s’assurer qu’il soit tué. Ce personnage est inspiré d’un personnage qui a réellement existé et qui est considéré comme étant le premier héros national du Congo.

Mokutu est un ami de Lumumba qui devient le colonel de l’armée nationale du Congo du fait de son expérience militaire. Profitant du désaccord entre le président Kala et Lumumba, ce personnage opportuniste réalise un coup d’État et emprisonne une première fois Lumumba. Par la suite, il le “neutralise” et accepte de le livrer au Katanga. Le nom a été déformé, mais il est inspiré du personnage Mobutu.

Le président Kala laisse son Premier ministre géré l’Indépendance comme il le souhaite toutefois après que Lumumba se soit tourné vers les Russes pour obtenir l’appui financier et militaire pour attaquer le Katanga. Le président Kala fait un discours à la radio en expliquant qu’il n’y ait pour rien dans les atrocités commises par l’armée nationale congolaise au Katanga. Il révoque Lumumba et décide de nommer Joseph Iléo en tant que Premier ministre. Ce personnage est inspiré par Joseph Kasa-Vubu.

Okito et M’Polo sont les deux amis qui seront toujours fidèles à Lumumba. Ils seront livrés avec lui au Katanga et seront fusillés.

Hammarskjöld est le secrétaire d’Etat général de l’ONU. C’est un homme droit qui agit en toute neutralité toutefois, il se laisse berner par Matthew Cordelier qui a cherché à neutraliser le problème Lumumba en conspirant contre lui.

Basilio est le roi de la Belgique qui autorise l’Indépendance du Congo. Néanmoins, lorsqu’il se rend compte que son peuple est pris pour cible au Congo, il donne carte blanche au général Massens pour s’occuper de cette affaire.

Le Général Massens est un militaire belge qui refuse l’indépendance du Congo et voit dans les atrocités perpétrées par l’armée nationale du Congo un moyen de discréditer cette indépendance. Ce personnage puise son inspiration sur le général Janssens.

Pauline Lumumba est la femme de Patrice. Elle lui fait part de ses inquiétudes, mais celui-ci est trop confiant. Lorsqu’il arrive à sortir de prison une première fois, elle l’implore de partir avec elle pour ne pas laisser les enfants orphelins, mais son mari refuse.

Mama Makosi est un personnage secondaire que l’on trouve à de nombreuses reprises dans la pièce. Ce personnage incarne le peuple.

Le joueur de Sanza apparaît à de nombreuses reprises également. Il représente aussi le peuple du Congo et apporte des précisions à chaque scène. Sa mort à la fin de l’œuvre indique qu’une partie du Congo est morte avec l’avènement au pouvoir de Mokutu.

Analyse de l’oeuvre

Dans l’œuvre de Une saison au Congo, la négritude est clairement présente. Dans cette pièce de théâtre, nous retrouvons de nombreux mots empruntés aux champs lexicaux africains tels que jikita, jibula, n’golo, Ata-ndele, pamba, dipenda. Le joueur de Sanza, présent à de nombreuses reprises, rappelle la culture noire. La sanza est un piano à pouce largement répandu en Afrique. Le fait que le joueur de Sanza meurt à la fin de la pièce n’est pas anodin. Cela indique au spectateur que l’avènement au pouvoir de Mokutu détruit la culture noire. Et c’est en quelque sortes le cas étant donné que Mokutu est en réalité inspiré par Mobutu Sese Seko, un militaire africain qui, après son coup d’état, a mis fin à la crise congolaise pour installer une dictature en République Démocratique du Congo qui a perduré jusqu’en 1997.
Et Mokutu n’est pas le seul personnage inspiré d’une personne ayant réellement existé. En effet, Patrice Lumumba incarne Patrice Emery Lumumba et Kala-Lubu fait référence au président Kasa-Vubu. Ainsi, cette œuvre d’Aimé Césaire confirme les dire de G. Zaragoza lorsqu’il prétend que “les personnages de théâtre ne sont pas toujours des êtres sortis de l’imaginaire du dramaturge. Dans bien des cas au contraire, ils sont des emprunts à l’histoire ou au mythe.”.
Avec cette œuvre historique, Aimé Césaire cherche à populariser ce qu’il s’est passé au Congo durant la mise en place de son Indépendance. En faisant de Patrice Lumumba le héros principal de son histoire, il renforce le positionnement de Patrice Emery Lumumba en tant que premier héros national du Congo.

A propos de l'auteur

Les Résumés

1 commentaire

  • Merci pour votre résumé, grâce à lui j’ai pu comprendre un roman que je ne pouvais avoir. Si possible j’aimerai savoir si celui du cercle des tropique de Alioum Fantouré était disponible. Merci.

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