Littérature

Arthur Schopenhauer, L’art d’avoir toujours raison : résumé et analyse

Ecrit par Les Résumés
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L’art d’avoir toujours raison est un livre publié en 1864 écrit par Arthur Schopenhauer. Il traite de la “dialectique éristique”, appelé également l’art de la controverse et il nous livre 38 stratagèmes pour sortir victorieux de tous nos débats. Examinons ensemble cet essai philosophique.

Résumé détaillé de L’art d’avoir toujours raison d’Arthur Schopenhauer

Stratagème I – L’extension nous dit qu’en exagérant les propos de notre interlocuteur -adversaire-, nous pouvons avoir des propos plus raisonnables. C’est une technique qui fonctionne très bien lorsque nos interlocuteurs font des affirmations générales.

Stratagème II – L’homonymie nous permet de jouer sur les mots afin de manipuler plus aisément le sens des propos de notre interlocuteur.

Stratagème III – La génération des arguments adverses permet d’attaquer l’idée de notre adversaire.

Stratagème IV – Cacher son jeu, c’est faire preuve de parcimonie. L’idée est de dissimuler nos conclusions jusqu’à la fin. Cela ne permet pas à notre adversaire de contrer ce que nous disons.

Stratagème V – Faux argument permet d’utiliser les croyances fausses de notre interlocuteur afin de les diriger contre lui.

Stratagème VI – Postuler ce qui n’a pas été prouvé permet de faire en sorte que nous nous entendions avec notre interlocuteur sur un ensemble d’affirmations qui ne lui permettent plus d’invalider notre thèse. C’est l’utilisation de la “vérité d’évidence”.

Stratagème VII – Atteindre le consensus par des questions permet de “noyer le poisson” afin de déstabiliser notre adversaire.

Stratagème VIII – Fâcher l’adversaire permet de faire en sorte qu’il ne soit plus à même d’avoir un jugement pertinent et cohérent. C’est l’occasion de s’attaquer à notre adversaire en utilisant ses points faibles.

Stratagème IX – Poser les questions dans un autre ordre amène à brouiller les pistes afin que notre adversaire puisse tirer des conclusions différentes.

Stratagème X – Prendre avantage de l’antithèse nous permet de sortir vainqueur du débat puisque notre adversaire ne sait jamais quelle est réellement la thèse que nous tentons de défendre.

Stratagème XI – Généraliser ce qui porte sur des cas précis permet d’utiliser l’induction afin de faire croire à notre adversaire que la vérité qu’il pense vient de lui alors que nous l’avons amené à penser de cette façon.

Stratagème XII – Choisir des métaphores favorables en utilisant des termes flatteurs pour défendre nos idées ou des métaphores ordurières pour discréditer la thèse que l’on souhaite attaquer.

Stratagème XIII – Faire rejeter l’antithèse permet d’user d’une contre-proposition absurde afin de forcer plus facilement l’adhésion.

Stratagème XIV – Clamer victoire malgré la défaite déstabilise notre adversaire. Cela lui fait croire qu’il n’est pas assez subtil pour saisir le lien entre le discours et la conclusion. C’est une technique qui marche très bien avec un interlocuteur stupide ou timide. C’est une stratégie qui casse l’estime de soi.

Stratagème XV – Utiliser des arguments absurdes permet d’apporter une proposition que notre adversaire peut accepter ou refuser. S’il la refuse, nous utilisons l’absurde afin de le déstabiliser.

Stratagème XVI – L’argument ad hominem ou ex concessis permet d’utiliser les arguments de notre adversaire qui seraient contradictoires avec ce qu’il avance comme proposition. C’est une technique qui marche très bien puisque de nombreuses personnes ont de multiples idées reçues qui font qu’elles sont paradoxales.

Stratagème XVII – Se défendre en coupant les cheveux en quatre est une métaphore pour nous amener à amener de l’ambiguïté dans les affirmations de notre adversaire.

Stratagème XVIII – Interrompre et détourner le débat nous permet d’esquiver le débat avant que notre adversaire n’apporte une conclusion que nous serons obligés de valider.

Stratagème XIX – Généraliser plutôt que de débattre des détails afin de ne pas permettre à notre interlocuteur de pointer la faiblesse de nos arguments.

Stratagème XX – Tirer des conclusions à partir des arguments que notre adversaire a reconnus comme étant vrais. Cela nous permet de donner l’illusion à notre interlocuteur qu’il est parfaitement en accord avec ce que l’on avance.

Stratagème XXI – Répondre à de mauvais arguments par de mauvais arguments fait penser à la célèbre expression : “question bête, réponse idiote”. Cette technique permet de retourner l’idiotie de l’argument de notre adversaire contre lui-même en utilisant un argument tout aussi idiot.

Stratagème XXII – Petitio principii (Pétition de principe) permet d’émettre le doute dans les pensées de notre adversaire.

Stratagème XXIII – Forcer l’adversaire à l’exagération pour réfuter son discours.

Stratagème XXIV – Tirer de fausses conclusions afin de dégager des affirmations qui ne reflètent en aucun cas son opinion. Cela permet d’utiliser le syllogisme.

Stratagème XXV – Trouver une exception dans le discours de votre interlocuteur qui permet d’invalider toute la thèse qu’il est en train de défendre.

Stratagème XXVI – Retourner un argument contre l’adversaire permet de contrer aisément les généralisations de notre adversaire.

Stratagème XXVII – La colère est une faiblesse et toutes les personnes qui se trouvent dans cet état lors d’un débat montrent à quel point ils arrivent aux limites de la thèse qu’ils sont en train de défendre. Il ne vous reste plus qu’à l’échauffer davantage.

Stratagème XXVIII – Convaincre le public et non l’adversaire permet de supplanter notre interlocuteur en le rendant ennuyeux.

Stratagème XXIX – Faire diversion est une stratégie similaire au stratagème 18 qui consiste à parler d’autre chose lorsque nous nous apercevons que le discours ne tourne pas en notre avantage.

Stratagème XXX – Argument d’autorité permet de mystifier nos arguments afin de les rendre beaucoup plus convaincants pour notre adversaire. Il est donc dans l’obligation de prendre pour vrai les arguments que nous avançons.

Stratagème XXXI – Je ne comprends rien de ce que vous me dites est une stratégie efficace qui feint l’ignorance pour remettre votre adversaire à sa place en lui faisant signifier, avec une belle politesse, qu’il pense être plus compétent que les autres.

Stratagème XXXII – Principe de l’association dégradante est une stratégie qui consiste à éliminer un argument de notre adversaire en l’associant à quelque chose d’horrible voir d’inconcevable.

Stratagème XXXIII – En théorie oui, en pratique non permet d’opposer ses deux concepts afin d’expliquer que les arguments de notre adversaire sont des “chimères théoriques”.

Stratagème XXXIV – Accentuer la pression lorsque notre adversaire se détourne d’une question que nous avons tenté de lui poser, et ce, même si nous ne trouvons pas encore les origines de cet évitement.

Stratagème XXXV – Les intérêts sont plus forts que la raison nous permet d’”attaquer l’arbre par la racine” en prêtant à notre adversaire des arguments inavouables qui ne sont absolument pas compatibles avec ce qu’il est ou ce qu’il représente.

Stratagème XXXVI – Déconcerter l’adversaire par des paroles insensées afin de ne pas lui laisser l’occasion d’en placer une et de l’étourdir.

Stratagème XXXVII – Une fausse démonstration signe la défaite est une stratégie qui consiste à invalider l’idée de notre adversaire en lui demandant d’en choisir une autre qui illustrerait mieux ses propos. S’il est dans l’incapacité de le faire, notre victoire est assurée.

L’ultime Stratagème peut être utilisé lorsque nous nous apercevons que nous ne pouvons pas gagner contre notre adversaire car celui-ci nous est supérieur. Il consiste à diriger des arguments visant à attaquer la personne que représente notre adversaire en occultant ses arguments ou ses propos. Nous sortons du débat pour tenir des propos désobligeants et grossiers.

Présentation de l’auteur

Arthur Schopenhauer est né à Dantzig le 22 février 1788. Il est issu d’une famille de commerçants. Dès son plus jeune âge, sa famille fuit à Hambourg pour échapper à l’occupation prussienne. Dans le but d’en faire un commerçant, son père lui enseigne les langues étrangères et l’initie aux voyages. À la mort de son père, il quitte son emploi de commerçant pour faire des études littéraires où il se passionne pour la philosophie. Parallèlement, il participe aux nombreux salons animés par sa mère qui est devenue une romancière à succès. Il termine sa thèse à l’âge de 25 ans et six ans plus tard, il fait paraître Le Monde comme volonté et comme représentation qui est sa plus grande œuvre. Comme Hegel, avec lequel il est en désaccord, il donne des cours pendant 6 mois à l’Université de Berlin, mais, n’ayant pas le succès attendu, il décide d’abandonner pour partir à l’étranger. En 1851, il connaît un grand succès avec son œuvre Parerga et Paralipomena. Il est alors âgé de 63 ans. Treize ans plus tard, il publie L’Art d’avoir toujours raison qu’il avait rédigée entre 1830 et 1831. Il meurt à l’âge de 84 ans en léguant une partie de ses biens à son chien, un caniche.
Schopenhauer est un philosophe qui connaît un succès sur le tard et qui inspire de nombreux auteurs tels qu’Emile Zola, Gustave Flaubert ou encore Sigmund Freud.

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