Littérature

Edgar Allan Poe, Ombre : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés
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La nouvelle intitulée Ombre (“Shadow – A Parable“), écrite par Edgar Allan Poe, a vu sa première publication en septembre 1835. La version française de ce texte, assurée par Charles Baudelaire, est présente au sein de l’anthologie Nouvelles histoires extraordinaires. Examinons de plus près cette œuvre ensemble.

Résumé détaillé de Ombre d’Edgar Allan Poe

Une lettre de l’au-delà

Le narrateur écrit en disant qu’il est déjà décédé et qu’il est maintenant dans la région des ombres. Il affirme également que de nombreuses choses étranges arriveront et que de nombreux secrets seront révélés. Il pense que ces notes ne seront pas vues par les hommes avant de nombreux siècles et que, lorsqu’ils les verront, certains ne croiront pas, d’autres douteront et peu d’entre eux y trouveront de la matière à réflexion.

Une année marquante

Le narrateur précise que l’année a été marquée par de nombreux événements terrifiants et de signes qui ont eu lieu sur la terre et sur la mer. Selon lui, la Peste a été présente dans de nombreux endroits. Il mentionne également que les cieux ont eu l’air sinistre et que la conjonction de Jupiter et de Saturne dans le signe du Bélier avait un lien avec cela. Il suggère que l’influence des cieux a non seulement affecté la terre, mais aussi les pensées et les émotions de l’humanité.

La soirée

Une soirée a lieu dans une chambre de palais, avec sept personnes qui boivent du vin et chantent des chansons. La chambre est fermée et recouverte de rideaux noirs qui cachent la lune et les étoiles.
L’atmosphère de la chambre est pesante et étouffante, et toutes les personnes présentes ressentent une grande anxiété et une sensation de malaise. Le jeune Zoïlus est étendu mort dans la pièce.
Une ombre indéfinie apparaît dans la chambre, sur la porte en bronze. Elle ne bouge pas et ne parle pas, mais reste immobile.

Les paroles de l’ombre

Lorsqu’on lui demande où elle habite et comment elle s’appelle, l’ombre répond qu’elle s’appelle “Ombre” et habite près des Catacombes de Ptolémaïs, près de l’infâme canal de Charon.
Lorsque l’ombre parle, sa voix est celle de nombreux êtres différents, imitant les accents de mille amis disparus.
Tous les sept convives sont horrifiés et tremblants à cette écoute.

Présentation des personnages

Le narrateur est celui qui nous raconte l’histoire. Seuls quelques détails sont fournis sur sa situation et sur les événements qui se déroulent autour de lui, comme le fait qu’il se trouve dans une pièce fermée avec d’autres personnes et que la Peste et le Fléau sont mentionnés comme des forces menaçantes. Il apparaît également que l’auteur est le grec Oinos.

Analyse de l’oeuvre

Poe décrit une soirée où se trouvent sept personnes réunies dans une pièce sombre et close, à l’abri des regards et des bruits extérieurs. Cette atmosphère confinée et oppressante est chargée de mélancolie et d’angoisse, et est comme imprégnée de la présence menaçante de la mort, qui plane au-dessus de la scène. Les personnages sont décrits comme étant lourdement opprimés par une force mystérieuse qui les pèse et les étouffe, et qui semble avoir un effet sur tous les éléments de la pièce. Cette ambiance lourde et angoissante est seulement interrompue par la lumière tremblante et vacillante des sept lampes, qui semblent briller d’une vie propre et défier l’atmosphère de désespoir qui règne autour d’eux.

Ombre Edgar Allan Poe nous propulse dans un univers poétique grâce à :

  • L’utilisation de métaphores et de comparaisons pour décrire les sentiments et les sensations des personnages : par exemple, la sensation de lourdeur et d’oppression qui pèse sur eux est comparée à un poids mortel, et la lumière des lampes est décrite comme “minces filets de lumière” qui brillent d’une vie propre.
  • L’emploi de phrases assez longues et complexes, qui permettent de développer des images et des idées de manière élaborée et suggestive.
  • La présence de rythme et de musicalité dans le texte, grâce à l’utilisation de jeux de mots, de rimes et de répétitions.
  • L’importance accordée aux sensations et aux émotions, qui sont décrites de manière très imagée et poétique.

La présence de symboles et de métaphores, qui permettent de donner une profondeur supplémentaire au texte et de suggérer des significations plus larges.

Les thématiques abordées dans cette nouvelle

La peur

Tout d’abord, il semble que la peur et l’inquiétude soient des thèmes importants dans ce texte. Les personnes présentes dans la pièce sont nerveuses et inquiètes en raison de la situation dans le monde et de la présence de la Peste. De plus, il y a une sensation d’oppression et de pesanteur dans l’air qui reflète cette peur et cette inquiétude.

Il y avait autour de nous, auprès de nous, des choses dont je ne puis rendre distinctement compte, – des choses matérielles et spirituelles, – une pesanteur dans l’atmosphère, – une sensation d’étouffement, une angoisse, – et, par-dessus tout, ce terrible mode de l’existence que subissent les gens nerveux, quand les sens sont cruellement vivants et éveillés, et les facultés de l’esprit assoupies et mornes.

Un poids mortel nous écrasait. Il s’étendait sur nos membres, – sur l’ameublement de la salle, – sur les verres dans lesquels nous buvions ; et toutes choses semblaient opprimées et prostrées dans cet accablement, – tout, excepté les flammes des sept lampes de fer qui éclairaient notre orgie.

Et il y avait un homme dans la compagnie – un petit homme à la mine grisâtre et au visage sillonné de rides profondes – qui, de temps en temps, lâchait une bordée de jurons, et qui répétait que la Peste était dans les rues, et que le Fléau avait grimpé jusqu’à la fenêtre, et que nous allions tous être morts avant l’aube.<.i>”

Ces passages soulignent la peur et l’inquiétude qui sont des thèmes importants dans cette nouvelle de Poe. D’autant plus que le narrateur semble inquiet que sa mort ne soit imminente.

La croyance aux astres

En outre, il semble que le texte aborde également la thématique de la superstition et de l’influence des astres et de la position de Jupiter et de Saturne sur le monde physique et sur l’esprit humain. Le narrateur mentionne que les cieux ont un aspect malheureux et que les personnes “savantes dans les étoiles” savent que nous touchons au retour de l’année où Jupiter et Saturne sont en conjonction.

L’année avait été une année de terreur, […] il était évident que nous touchions au retour de cette sept cent quatre-vingt-quatorzième année, où, à l’entrée du Bélier, la planète Jupiter fait sa conjonction avec le rouge anneau du terrible Saturne.

L’isolement

La nouvelle aborde également la thématique de l’isolement et de l’enfermement. Les personnes présentes dans la pièce sont isolées dans un noble palais, et la porte de la pièce est en airain et est fermée de l’intérieur. De plus, les draperies noires empêchent les personnes de voir la lune, les étoiles et les rues dépeuplées, ce qui peut symboliser un isolement plus large de la société.

Nous étions sept, au fond d’un noble palais, dans une sombre cité appelée Ptolémaïs, assis autour de quelques flacons d’un vin pourpre de Chios. Et notre chambre n’avait pas d’autre entrée qu’une haute porte d’airain ; et la porte avait été façonnée par l’artisan Corinnos, et elle était d’une rare main d’œuvre, et fermait en dedans.

Pareillement, de noires draperies, protégeant cette chambre mélancolique, nous épargnaient l’aspect de la lune, des étoiles lugubres et des rues dépeuplées ; – mais le pressentiment et le souvenir du Fléau n’avaient pas pu être exclus aussi facilement.

La thématique de la mort

La thématique de la mort est abordée de manière indirecte dans Ombre de Poe. Bien que la Peste et le Fléau soient mentionnés dans la nouvelle, ils ne sont pas explicitement décrits et il n’est pas clair de quoi ils sont précisément les symboles. Cependant, il est implicite que la Peste et le Fléau sont des forces destructrices et que leur présence est source de peur et d’inquiétude pour les personnes présentes dans la pièce. De plus, l’homme mentionné dans le texte craint que la Peste ne soit dans les rues et que la mort soit imminente pour lui et les autres personnes présentes. Ainsi, même si la mort n’est pas explicitement mentionnée dans le texte, elle est présente en arrière-plan et est une source de crainte et de mélancolie pour les personnes décrites.
Toutefois, la nouvelle mentionne le “monde des ombres” dès le début de la nouvelle : “Vous qui me lisez, vous êtes encore parmi les vivants ; mais moi qui écris, je serai depuis longtemps parti pour la région des ombres.” stipulant ainsi que ce conte a été écrit par un homme qui ne fait plus partie de ce monde.

Analyse philosophique

Cette nouvelle peut être une réflexion sur la nature de la vie et de la mort, ainsi que sur la place de l’homme dans l’univers. La Peste et le Fléau, qui sont mentionnés dans le texte comme des forces menaçantes, symbolisent peut-être la mortalité et l’incertitude de la vie humaine. Le fait que les personnes présentes dans la pièce soient enfermées et isolées peut symboliser la façon dont l’homme est confronté à sa propre finitude et à son impuissance face aux forces de la nature et aux événements qui lui échappent.

Cette nouvelle aborde également la thématique de la superstition et de l’influence des astres sur le monde physique et sur l’esprit humain. La mention de la conjonction de Jupiter et de Saturne peut être interprétée comme une réflexion sur la façon dont l’homme essaie de trouver un sens et une explication à des événements qui lui échappent. La croyance en l’influence des astres peut être vue comme une façon pour l’homme de donner un sens à ce qui lui arrive et de trouver une explication à des événements qui dépassent son entendement.

Enfin, cette nouvelle peut être lue comme une réflexion sur le temps et sur la place de l’homme dans l’histoire. Le narrateur mentionne que ces notes ne seront lues par les hommes que bien des siècles après qu’il les ait écrites, ce qui peut symboliser la façon dont l’homme est confronté à sa propre mortalité et à sa place éphémère dans l’histoire. La mention de la sept cent quatre-vingt-quatorzième année peut également être interprétée comme une réflexion sur le passage du temps et sur la façon dont les événements du passé continuent d’influencer le présent et l’avenir.

Le symbolisme de cette nouvelle

La Peste et le Fléau peuvent symboliser la mortalité et l’incertitude de la vie humaine. Ils peuvent être interprétés comme des forces destructrices qui menacent l’homme et qui rappellent sa propre finitude et sa vulnérabilité face aux forces de la nature et aux événements qui lui échappent.

La porte en airain fermée de l’intérieur et les draperies noires qui empêchent les personnes de voir l’extérieur peuvent symboliser l’isolement de l’homme et sa distance de la société et de l’univers qui l’entoure. Ils peuvent être interprétés comme des métaphores de la façon dont l’homme est confronté à sa propre finitude et à son impuissance face aux forces de la nature et aux événements qui lui échappent.

La conjonction de Jupiter et de Saturne peut symboliser la façon dont l’homme essaie de trouver un sens et une explication à des événements qui lui échappent. Elle peut être interprétée comme une métaphore de la façon dont l’homme cherche à comprendre et à maîtriser l’univers qui l’entoure, même s’il ne peut pas tout comprendre ou tout maîtriser.

La mention de la sept cent quatre-vingt-quatorzième année peut symboliser le passage du temps et la place de l’homme dans l’histoire. Elle peut être interprétée comme une métaphore de la façon dont les événements du passé continuent d’influencer le présent et l’avenir, et de la façon dont l’homme est confronté à sa propre mortalité et à sa place éphémère dans l’histoire.

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