Littérature

Les mythes floraux (Narcisse, Hyacinthe et Adonis) : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés
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Les contes mythologiques regorgent de personnages et de références. Nous avons décidé de réaliser pour vous trois résumés des mythes floraux, des légendes grecs, qui délivrent des messages fort intéressants. Narcisse, Hyacinthe, Adonis, décortiquons ces mythes ensembles.

NARCISSE

Résumé détaillé

Alors que la Grèce était couverte de nombreuses fleurs sauvages magnifiques, Perséphone a été attirée par l’une des plus belles fleurs qui lui ait été donnée d’observer. Cette fleur “Narcisse” avait été créée par Zeus pour aider son frère, Hadès, à capturer la jeune fille qu’il aimait : Perséphone, la fille de Déméter. Quand celle-ci tendit la main pour la ramasser, elle fut capturée par Hadès qui la fit entrer dans le monde des morts.

Ce premier récit, que l’on trouve dans Hymne Homérique, n’est pas la seule légende sur Narcisse. La deuxième nous vient d’Ovide. Cet auteur nous raconte l’histoire d’un jeune homme, Narcisse, dont la beauté était si grande qu’il était convoité par toutes les femmes. Toutefois, aucune des femmes qu’il voyait n’avait de valeur pour lui. La nymphe Écho essaya de le séduire, en vain. Alors qu’elle discutait avec d’autres nymphes, elle fuit quand elle vit arriver Héra. En la voyant prendre la fuite, la femme de Zeus cru que la nymphe avait quelque chose à se reprocher alors elle la priva de sa langue : “Tu auras toujours le dernier mot, mais jamais plus tu ne parleras la première“. La nymphe Écho ne pouvait que suivre Narcisse s’en prononcer la moindre parole jusqu’au jour où ce dernier demanda où étaient ses compagnons : la nymphe put alors lui parler. Elle fut éconduite par Narcisse et alla se réfugier dans une grotte.
Narcisse continuait de faire du mal et de briser les cœurs des femmes lorsque l’une d’elle pria les dieux : “Que celui-là, qui n’aime aucun autre, s’éprenne de lui-même”. Cette prière fut entendue par Némésis, la déesse de la juste colère. Alors que Narcisse buvait de l’eau, il y vit son reflet et il tomba amoureux de lui-même. Le jeune homme mourut à force de regarder son image se refléter dans l’eau.

Présentation des personnages

Narcisse est le fils du dieu-fleuve Céphise et de la nymphe Liriope. Jouissant d’une grande beauté, il peut avoir tous les hommes et toutes les femmes qu’il veut toutefois, il ne trouve personne assez bien pour lui. Son reflet sera la seule chose belle qui le captivera au point d’en oublier le monde qui l’entoure.

Écho est une nymphe des montagnes (une oréade) qui tombe amoureuse de Narcisse, mais ce dernier ne la remarque jamais. Blessée par cet amour non-réciproque, elle se laisse dépérir.

Némésis est la déesse de la juste colère, c’est elle qui va s’arranger pour que Narcisse tombe amoureux de son propre reflet.

Héra est la femme de Zeus, mais également sa soeur. Elle passe une grande partie de son temps à chasser et à punir les femmes qui ont le malheur de séduire Zeus. Sa jalousie n’a pas de limite comme elle le prouve en coupant la langue d’Écho.

Analyse de l’Oeuvre

Le Robert définit le narcissisme comme une “admiration, contemplation de soi-même”. Chaque être humain se construit à travers l’autre et la perception que nous avons de nous-même, bien qu’elle soit une projection de soi vers les autres, n’est perceptible que par rapport à ce que nous renvoie les autres. Et justement Narcisse ne cesse d’avoir des personnes en face de lui qui sont éblouies par la beauté qu’il dégage. En un sens, sans s’en rendre compte, il est en quelque sorte pris au piège, car ne pouvant se voir qu’à travers les autres, il est dans l’incompréhension. Il se sent beau et confiant mais est dans l’incapacité de percevoir cette beauté. Etant donné que cette beauté lui est inaccessible, n’est-il pas lui-même victime de cette beauté qu’il dégage mais dont il est incapable de voir par ses propres yeux ? Lorsque nous pensons à Narcisse, nous imaginons un être si beau qui, en voyant son reflet, est tombé amoureux de lui-même. En un sens, c’est vrai. Toutefois, n’oublions pas que Narcisse est soumis à une volonté divine, celle de Némésis, la déesse de la juste colère. Serait-il devenu amoureux de son propre reflet en voyant son reflet dans l’eau si Némésis ne serait pas intervenu ? Nous sommes en droit de nous demander si ce n’était pas cela qui manquait à Narcisse : pouvoir observer son reflet pour comprendre enfin cette attirance qu’il ne s’explique pas lorsque les gens, hommes comme femmes, le regardent. Ainsi, le fait qu’il tombe amoureux de lui-même n’est pas de son fait mais une punition divine. Narcisse serait alors victime, ce qui est ironique lorsque l’on sait que Némésis est la divinité qui permet de “répartir équitablement” ou de “distribuer ce qui est dû”.

HYACINTHE

Résumé détaillé

Hyacinthe était un très bel adolescent qui, pendant qu’il jouait au palet avec Apollon, s’est retrouvé avec le disque sur le front. La mort de l’adolescent causa tant de chagrin à Apollon, il s’écria “Oh, que ne puis-je donner ma vie en échange de la tienne, ou mourir avec toi !”. Du sang de l’adolescent qui s’écoulait dans l’herbe jaillit une fleur magnifique : la Hyacinthe. Une autre légende affirme que c’est le vent d’Ouest, Zéphyre, qui est responsable de la mort de l’adolescent. Jaloux que Hyacinthe lui ait préféré Apollon, il a soufflé sur le palet qui s’est dirigé sur le front de Hyacinthe, le tuant sur le coup.

Présentation des personnages

Hyacinthe est un jeune adolescent qui jouissait d’une grande beauté. Il était aimé d’Apollon et de Zéphyre et il a choisi Apollon.

Apollon est le dieu du chant, de la musique et de la beauté masculine. Il s’éprend de Hyacinthe. Alors qu’il joue avec lui, un de ses palets arrive sur le front du jeune homme qui meurt sur le coup.

Zéphyre est la personnification du vent de l’Ouest. Tout comme Apollon, il tombe amoureux de Hyacinthe. Jaloux que celui-ci lui préfère Apollon, il souffle le vent pour que le palais soit la cause de sa mort.

Analyse de l’oeuvre

Dans un amour triangulaire, il y en a forcément un qui finit par être lésé. Dans ce mythe, c’est Zéphyre qui finit par être abandonné. Cela n’est pas étonnant lorsque l’on sait qu’Apollon, étant le dieu de la beauté masculine, est un dieu magnifique. Le nom de ce dieu a d’ailleurs donné une expression : “C’est un vrai Apollon !” qui se dit lorsqu’un homme est très beau. Ce qui est ironique dans cette histoire, c’est le fait que Zéphyre, qui est la personnification d’un vent, ne soit pas dans le vent vis-à-vis des sentiments de Hyacinthe. Ce qui est intéressant dans ce conte, ce sont les sentiments de ces êtres divins qui, au bout du compte, les rapprochent beaucoup plus des mortels qu’ils ne les éloignent. Si on enlève leurs pouvoirs et leurs éternelles jeunesses, les dieux ne sont pas aussi différents que nous. Ils ont des qualités, mais aussi des défauts. Ils peuvent aimer ou haïr, faire preuve de jalousie, comme Héra ou Zéphyre, être vaniteux, se sentir coupable et bien d’autres. Nous pourrions être tentés de penser qu’avec l’éternité qui s’offre à eux, les dieux auraient pu calmer leurs sentiments, mais il n’en est rien. Ils sont tout aussi impulsifs que nous si ce n’est plus, car, en étant supérieur aux mortels, ils jouissent d’un pouvoir supérieur. Ils ont donc l’opportunité de laisser vibrer leurs sentiments avec excès.

ADONIS

Résumé détaillé

Lorsqu’Adonis est né, Aphrodite en tombe amoureuse. Souhaitant que cet homme lui appartienne, elle l’emmène à Perséphone, au royaume des morts. Quand Aphrodite est retournée pour réclamer Adonis, Perséphone ne voulut pas lui rendre. Elle était également amoureuse de lui. Zeus trancha et décida que les deux femmes devaient se partager Adonis. Ce dernier vivra avec Aphrodite, la déesse de l’Amour et de la Beauté, du printemps à l’été et Perséphone jouira de son amant de l’automne à l’hiver.
Un jour où Aphrodite n’accompagnait pas son amant, celui-ci est parti chasser un sanglier dont il avait flairé la piste. Il manqua sa cible et l’animal fonça sur lui. Quand Aphrodite a retrouvé son amant, il était déjà parti. Depuis, chaque année, les jeunes filles de la Grèce pleurent la perte de la fleur et se réjouissent lorsque l’Adonis renaît.

Présentation des personnages

Adonis est un mortel qui, dès la naissance, a été aimé par Aphrodite. Il a été enlevé par la déesse de l’amour et confié à Perséphone. Ce mortel est associé au myrte ainsi qu’à la rose.

Aphrodite est la déesse de l’amour qui s’éprend d’Adonis.

Perséphone est la fille de Zeus et de Déméter, la déesse de la moisson. Elle fut enlevée par Hadès, à l’aide de Zeus, afin d’en faire sa femme et qu’elle règne sur les enfers avec lui.

Zeus est le souverain des dieux. Il règne sur l’Olympe. Il est le père de Perséphone.

Analyse de l’oeuvre

Le conte mythologique d’Adonis nous transmet plusieurs messages fort intéressants.
Dans un premier temps, il est inutile de vouloir garder pour soi les choses, ou les gens, que l’on aime, car ils seront forcément convoités par d’autres personnes un jour ou l’autre. En effet, dans ce mythe, Aphrodite confie Adonis à Perséphone pensant l’éloigner de toutes les femmes qui pourraient le courtiser. Elle pense que son amour est protégé toutefois elle ne devine même pas que Perséphone pourrait, elle aussi, tomber amoureuse de cet homme. Cela oblige Zeus à devoir trancher : Adonis sera partagé entre les deux déesses. Ce qui est assez frappant dans ce mythe, c’est que la parole d’Adonis ne compte pas. Les deux déesses se disputent ce mortel comme s’il s’agissait d’un jouet. Nous sommes donc en droit de nous demander si Adonis est réellement aimé par ces deux déesses ou s’il n’est pas simplement un objet de convoitise, un simple caprice des déesses qui souhaitent jouir, un temps, de cet homme. Cette hypothèse est largement possible surtout lorsque l’on sait qu’Aphrodite finit par laisser le jeune homme seul. La mort d’Adonis est aussi fort intéressante. En effet, toute sa vie, il a été convoité et protégé par les deux déesses et le jour où il est seul, il finit par se tuer. Nous pouvons donc faire un parallèle entre Adonis et un enfant en comparant Aphrodite et Perséphone comme ses “mères adoptives”. Adonis, n’ayant pas conscience du danger, part chasser et il finit par mourir : le prédateur devient la proie.

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