Littérature

Philippe Claudel, La petite fille de Monsieur Linh : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés

La Petite Fille de Monsieur Linh est un livre écrit par Philippe Claudel, un écrivain français. C’est un court roman de fiction, que l’on pourrait même qualifier de nouvelle, publié en 2005. Découvrons cette courte histoire ensemble.

Résumé détaillé partie par partie de La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel

Fuir le pays natal

Un matin, le fils de M. Linh, sa compagne sont allés se promener dans les rizières avec leur petite fille, Sang Diû (“matin doux”), pendant la guerre. Le fils de M. Linh et sa femme sont mort laissant leur fille seule.
M. Linh a pris la décision de fuir son pays natal avec sa petite fille. Il a embarqué sur un bateau de migrant vers un pays voisin en emportant un sac de terre, ses vêtements et une photographie. Dès son arrivée, il fut accueilli par une jeune fille qui l’emmena dans un dortoir pour migrant. M. Linh y trouva deux familles qui passaient leur temps à jouer à un jeu de go.
M. Linh passe de nombreux jours dans sa chambre de dortoir sans bouger. Les familles se moquent de lui, mais il ne s’en soucie pas. La femme du quai, accompagnée d’une interprète, lui conseille de sortir. Le lendemain, il finit par sortir, mais il est terrifié à l’idée de se perdre ou de se faire voler l’enfant. Il marche dans le froid, serrant l’enfant contre lui sans quitter le trottoir. Il finit par s’asseoir sur un banc et se remémore son pays natal.

La rencontre

Un homme s’assoit sur le banc et se met à discuter avec M. Linh. Bien que ce dernier ne le comprenne pas, il l’écoute, car sa voix est apaisante. Cet homme fume dégage une odeur que M. Linh apprécie. L’homme se présente sous le nom de Bark. Celui-ci comprend que la petite fille s’appelle “Sans Dieu” et M. Linh (Tao-Laï) ce qui signifie bonjour. Bark explique que sa femme est décédée il y a deux mois, elle tenait un manège dans le parc en face du banc où ils sont assis.
Dans le dortoir, les hommes jouent toujours aux cartes. M. Linh, quant à lui, sort toujours à la même heure. Les femmes préparent le repas pour M. Linh parce que cela fait partie de la tradition. M. Linh n’est pas habitué à voir autant de monde.

Les confidences de Bark

Un jour, en retournant sur le banc, M. Linh repense à sa tante. Il parle de sa femme à sa petite fille. Une jolie femme avec de beaux yeux bruns qui est morte d’une fièvre.
M. Linh revoit Bark qui fume toujours. Cette odeur lui rappelle les pipes des hommes de son village. Bark confie à M. Linh qu’il aurait aimé avoir un enfant et vivre dans un petit village. M. Linh pose la main sur l’épaule de son nouvel ami avec un sourire avant de partir pour nourrir sa petite fille.
En revenant dans le dortoir, M. Linh apprend qu’il aura droit à des cigarettes. On lui apprend qu’il va enfin avoir un nouveau logement. L’interprète lui révèle son nom : Sara. M. Linh fait manger sa petite fille. Il mastique la nourriture avant de la lui donner.

Une amitié naissante

Dès le lendemain, M. Linh retourne sur le banc avec son paquet de cigarette. Il repense à son pays natal, de la rivière de son village où les sept enfants se sont baignés, selon la légende. M. Linh attend, mais Bark ne vient pas.
Lorsqu’il se réveille au dortoir, M. Linh constate que Sang Diû a disparu. Il est apaisé quand il se rend compte qu’elle est avec les enfants du dortoir. M. Linh sort précipitamment du dortoir lorsqu’une bagarre éclate à cause d’une tricherie. Dehors, sous la pluie, M. Linh rencontre Bark. Ils vont dans un café. Bark commande une boisson alcoolisée avec du citron pendant que M. Linh lui tend deux paquets de cigarettes. Bark avoue que ce ne sont pas ses cigarettes préférées, mais ayant été offertes par un ami, elles ont un meilleur goût. Bark confie à M. Linh que sa femme lui manque. Ce dernier lui chante une chanson pour l’apaiser et lui redonner le sourire. M. Linh retourne au dortoir.
Bark et M. Linh commencent à se voir de plus en plus dans le café ou sur le banc. M. Linh commence à s’habituer à ce nouveau pays. Bark lui fait découvrir la ville. M. Linh et Bark ont un point commun : leurs femmes sont mortes. M. Linh montre la photo de sa femme et Bark fait de même.

Visite médicale

Assis sur un banc dans un port au bord de la mer, M. Linh révèle à Bark le nom de son pays. Ce dernier se met à pleurer en avouant qu’il a été envoyé là-bas pour y faire la guerre à l’âge de vingt ans. Il ne se pardonne pas d’avoir tué des gens innocents.
M. Linh est invité au restaurant par Bark. M. Linh. A la fin du repas, M. Linh reçoit une robe pour Sang Diû. Puis ils se séparent en se disant bonjour pour se quitter étant donné qu’ils ne se comprennent pas vraiment.
Comme promis, M. Linh monte en voiture pour la première fois afin d’aller chez le médecin. Ce dernier examine M. Linh et Sang Diû. Les deux sont en très bonne santé. M. Linh est heureux de déménager pas très loin du dortoir, car il peut continuer à voir Bark.
Ce soir-là, M. Linh passe une mauvaise nuit pendant laquelle il se rappelle le moment où il a fui son pays natal.

La maison de retraite

Le lendemain, il part avec sa petite fille dans un château. Il s’aperçoit qu’il y a des personnes âgées partout et constate qu’il est sûrement dans une maison de retraite. Il ne peut plus avoir de cigarettes. Il est déçu, car il n’a pas vu son ami depuis deux jours.
La femme en blanc qu’il a vu à son arrivée lui amène des vêtements et l’invite à la suivre dans un réfectoire avec d’autres vieux pour manger. M. Linh remarque que la salle est silencieuse. Il regrette le dortoir.
N’en pouvant plus de cette atmosphère et souhaitant voir son ami, M. Linh décide d’aller vers le portail après avoir mangé. Il est arrêté par le gardien et trois personnes habillées en blanc arrivent. Voyant qu’il se débat, une femme lui injecte un produit via une seringue et M. Linh tombe.

L’évasion de M. Linh

Au cours d’un rêve, M. Linh sort d’une grotte et voit son ami Bark. Il l’amène dans sa maison et lui présente son fils et sa belle-fille. Ils mangent un bon repas et M. Linh en profite pour lui présenter son village. À son réveil, M. Linh respecte les règles du manoir, mais il souhaite sortir afin de revoir Bark et sa petite fille, Sang Diû grandir.
Au troisième jour du printemps, M. Linh décide de partir. Il se dirige vers le mur le moins haut qu’il a repéré depuis sa fenêtre et l’escalade. Il est dehors, libre et heureux. M. Linh est en pyjama dans la ville et ne sait pas où aller. Il se repose contre un lampadaire, mais une femme lui demande de s’en aller. Il déambule dans la ville et finit par s’asseoir par terre. Un homme passe et, le prenant pour un mendiant, lui donne quelques pièces. M. Linh se relève, décidé à trouver le banc afin de voir son ami. Au loin, il aperçoit le parc avec les cages et s’y rend.

Les retrouvailles

Posé sur le banc, Bark est triste d’avoir perdu son ami. Il a essayé de demander des informations dans l’immeuble où il résidait, mais personne ne connaissait M. Tao-Laï. Bark entend la voix de son ami. Celui-ci est en train de traverser la route pour le rejoindre, mais il est percuté par une voiture. En voulant protéger Sang Diû, il s’écrase la tête sur le sol. Au moment où il ouvre les yeux, il se rend compte qu’il n’est pas mort et que sa petite fille va bien. M. Linh est heureux, car son ami est à ses côtés. M. Linh sert sa petite fille qui, en réalité, n’est qu’une poupée : “Il serre la jolie poupée dans ses bras maigres, il la serre comme si sa vie en dépendait, il la serre comme il serrerait une vraie petite fille, silencieuse, tranquille et éternelle, une petite fille de l’aube et de l’orient. Son unique petite fille. La petite-fille de Monsieur Linh.

Présentation des personnages

M. Linh est un vieil homme qui a été contraint de quitter son pays natal, suite à la guerre qui a détruit son village et tué sa famille. Il est accompagné de sa petite-fille, Sang Diû, qui est sa seule raison de vivre. Elle a survécu lorsque ses parents sont décédés. Ils sont accueillis dans un bureau pour réfugiés et M. Linh prend soin de sa petite-fille en lui donnant à manger et en la promenant chaque jour dans un parc. Il s’assoit chaque jour sur le même banc et c’est là qu’il rencontre Monsieur Bark. Une amitié va naître entre ces deux hommes même s’ils ne se comprennent pas vraiment. M. Linh sera envoyé dans une maison de retraite avec sa fille, mais fera tout pour retrouver son ami. À la fin, il finit par se faire percuter par une voiture en allant rejoindre Bark, mais il survit. On apprend que sa petite fille n’est en réalité qu’une poupée.

M. Bark est un homme gentil qui a commis des actes douloureux. En effet, il a participé à la guerre dans le pays natal de M. Linh à l’âge de vingt ans. Il se rappelle avoir tué des âmes innocentes. Il est gros et il fume énormément, sa femme tenait le manège dans le parc en face du banc. Il n’a pas eu d’enfant avec elle et aurait aimé vivre dans un petit village. Sa femme est morte un soir d’été. Il a du mal à comprendre M. Linh et pense que son nom est Lao-taï, ce qui signifie “bonjour”.

Sang Diû est censée être la fille du fils de M. Linh, qui est mort avec sa femme pendant la guerre. Elle ne pleure jamais et est toujours calme. À la fin, on apprend que Sang Diû n’est qu’une poupée. On comprend alors qu’elle a été tuée avec sa famille.

Analyse de l’oeuvre

Dans La petite fille de Monsieur Linh M. Linh est un réfugié qui a dû fuir son pays à cause de la guerre. Il arrive seul dans un nouveau pays, perdu et confronté à sa douleur et à ses pertes. Le récit est narré de manière simultanée, ce qui permet au lecteur de vivre l’expérience avec M. Linh. La narration a également des aspects oniriques et métaphoriques, et les personnages de Bark et M. Linh représentent deux versions différentes de la solitude. Au milieu de cette atmosphère difficile, l’amitié et l’amour de M. Linh pour Bark lui permettent de trouver un soutien et de se sentir vivant. Le livre soulève des questions sur l’accueil des immigrés et sur ce qu’il est important de leur offrir pour qu’ils puissent s’intégrer.

Une oeuvre humaniste

En écrivant sur l’expérience immigrante, en particulier celle des réfugiés les plus vulnérables, Philippe Claudel s’engage fermement en faveur de la compassion envers ces personnes. Implicitement, il rejette la fermeture des frontières aux réfugiés et souligne leur droit à trouver un refuge, ainsi que le fait que des liens d’amitié peuvent se nouer entre un réfugié et une personne ordinaire malgré les barrières linguistiques. Bien que l’on puisse deviner d’où vient M. Linh grâce à certains indices, cette histoire reste universelle et pourrait concerner n’importe quel pays en guerre et n’importe quel port de refuge en Europe ou en Amérique.
Pour Claudel, il est important de fournir des repères aux immigrants et aux réfugiés lorsqu’ils arrivent dans un nouveau pays car cela peut leur permettre de s’adapter plus facilement à leur environnement et de se sentir moins déboussolés. Les repères peuvent être de différentes sortes, tels que des informations pratiques sur le pays d’accueil, des liens avec des personnes ou des communautés qui partagent leur culture ou leur langue, ou encore des activités ou des centres de soutien qui peuvent les aider à se sentir en sécurité et à se faire de nouveaux amis. Si ces repères ne sont pas fournis, les immigrants et les réfugiés peuvent se sentir isolés et perdus, ce qui peut entraîner des difficultés pour s’adapter à leur nouvelle vie et pour s’intégrer à la société d’accueil.

L’importance de l’identité

L’émigration est un processus difficile qui implique de quitter ses racines et de se séparer de son passé. Pour les réfugiés, qui sont obligés de fuir pour sauver leur vie, cette séparation est encore plus douloureuse. Pour maintenir une connexion avec leur pays d’origine et préserver leur identité, ils doivent trouver des moyens de le faire. M. Linh, dans cette histoire, a lutté pour maintenir son identité et son statut d’homme alors qu’il était traité comme un réfugié dans son nouveau pays. Sa situation s’est aggravée lorsqu’il a été envoyé à l’hôpital, où personne ne parlait sa langue ni ne connaissait son nom, le rendant presque invisible et privé de son identité. Le contraste est d’ailleurs très fort lorsque, dans un de ses rêves, il présente son village à son ami Bark. Il lui montre une vie simple où tout le monde se connaît et où l’individualisme n’a pas sa place.

Une amitié qui surpasse la barrière de la langue

M. Bark est un ami de M. Linh qui mène une vie ordinaire et n’a pas de grandes passions ni de grandes tragédies. Sa qualité unique est sa capacité à voir M. Linh comme un être humain avec qui il peut parler. M. Bark parle beaucoup, même si M. Linh ne comprend pas tout ce qu’il dit. Il ne semble pas se préoccuper de la différence de langue entre eux et parle comme s’il s’attendait à ce que M. Linh comprenne chaque mot. C’est ainsi que leur amitié peut se développer.
M. Linh semble apprécier la compagnie de M. Bark et leur amitié peut être très significative pour lui, même s’il ne comprend pas tout ce que M. Bark dit. Il est possible que M. Linh apprécie la présence de M. Bark pour sa chaleur et son soutien, même s’ils ont des difficultés à se comprendre pleinement. Ils ont tous deux perdu leurs femmes et ils partagent leur souffrance et leur solitude.
L’amitié entre M. Bark et M. Linh est donc fondée sur le respect mutuel et l’acceptation de leurs différences, ce qui en fait une relation très solide et durable.

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