Littérature

Anna Gavalda, Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part, Permission : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés

Permission est une nouvelle d’Anna Gavalda, intégrée en 1990 dans son recueil de nouvelles Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part. L’histoire explore les thèmes de la comparaison, de l’amour, et de la recherche de soi. Cette nouvelle est racontée à la première personne par un narrateur masculin. Réalisons l’étude de cette œuvre ensemble.

Résumé détaillé de Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part – “Permission” de Anna Gavalda

Dans l’ombre de son frère

Le narrateur se compare sans cesse à son frère aîné, qu’il perçoit toujours comme étant supérieur à lui. Lors d’une permission militaire, il prend un train et se trouve face à une femme qui brode, ayant manifestement pris sa place, et à côté, une jeune fille est plongée dans un roman. Bien que celle-ci soit charmante, malgré un petit bouton au coin de sa lèvre, il reste timide et hésite à engager la conversation.

Lorsqu’il pense à son frère, il imagine que celui-ci aurait abordé les situations de manière différente. Marc aurait sûrement usé de tact pour récupérer sa place auprès de la femme. Il aurait contesté la valeur d’un sandwich jugé médiocre. De plus, il aurait sans doute captivé l’attention de la jeune fille, à condition bien sûr qu’elle ait éveillée son intérêt. Cependant, le narrateur s’interroge : peut-être que le bouton de la jeune fille aurait été un frein pour Marc ? En tant que sous-officier, Marc aurait de toute façon voyagé en première classe, où, aux dires du narrateur, les passagères sont peut-être plus jolies. Il réfléchit à sa propre vie et à celle de Marc, traçant des parallèles entre leurs parcours respectifs.

Deux frères, deux chemins

Tandis que Marc a effectué son service militaire avant d’intégrer une école d’ingénieur, lui a choisi de le faire après ses études en BTS. Et bien qu’il n’ait guère de penchant pour les anniversaires, il décide de rentrer chez lui pour le sien, surtout pour le bien de sa mère. Cette dernière vit seule depuis le départ inattendu de leur père, parti avec la voisine après dix-neuf ans de vie commune. Même si elle a toutes les chances de refaire sa vie, elle semble redouter un nouvel abandon. Elle s’entoure plutôt de ses animaux fidèles : deux chiens et un chat.

Le narrateur décrit son lieu de résidence : un modeste pavillon à Corbeil-Essonnes, en région parisienne. Ses sentiments quant à ce lieu contrastent fortement avec ceux de son frère. Alors que ce dernier aspire à la vie parisienne, le narrateur estime que le lieu importe peu, ce qui compte vraiment, c’est la manière dont on l’appréhende. Cette philosophie, tirée d’une pensée antique, a bouleversé sa perspective sur la vie. Avec une inclination pour le travail manuel, il se retrouve entouré, lors de son service militaire, d’individus qu’il juge superficiels. Ces derniers sont dénués de profondeur à ses yeux. Malgré la difficulté de l’expérience militaire, il a su s’y adapter. Cependant, cette période l’a rendu plus sombre dans sa vision du monde.

Marche solitaire vers la maison

Malgré un scepticisme grandissant vis-à-vis de toute force supérieure, suite à ses expériences militaires, le narrateur constate que ses moments de méditation sont plus intenses lors de ses trajets en train. À chaque arrivée en gare, il nourrit secrètement l’espoir d’être accueilli.

Toutefois, il sait au fond de lui que cela ne risque pas d’arriver. Ce besoin inassouvi renforce son sentiment de solitude. Pour se distraire, il s’imagine des retrouvailles chaleureuses avec son frère. Dans un acte de petite rébellion, il s’octroie une cigarette, invoquant son statut de militaire comme excuse.

Mais à la gare de Corbeil-Essonnes, aucune figure familière ne l’attend. Fatigué des transports en commun, il opte pour une marche solitaire jusqu’à sa demeure. Ce trajet ravive en lui des souvenirs d’adolescence. Il repense à ces après-midi passés à jouer au flipper dans un bistrot local pendant que ses camarades fréquentaient les bancs d’école. Il se rappelle ses premières bouffées de cigarette. Après une série d’échanges décevants, notamment avec le patron trop fier de son passé à la Légion, le narrateur arrive enfin chez lui.

Il réalise que personne ne l’attend. Cependant, ses chiens le reçoivent avec un enthousiasme sincère, lui rappelant que malgré tout, il reste chéri par ces compagnons fidèles.

Fête surprise et souvenirs d’enfance, le retour de Marie

À sa grande surprise, le narrateur découvre qu’une fête surprise l’attend, organisée en son honneur par ses proches. Lors de cette célébration, il est captivé par une jeune femme que Marc, son frère, lui présente comme étant Marie, une amie d’enfance. L’évocation de ce prénom le renvoie dans ce camp de voile, où Marc se démarquait tandis que lui-même se sentait en marge. Ce flash-back souligne la divergence entre les deux frères et la complexité de leur relation. Il se remémore alors ce moment amusant où Marie lui avait imité le son de personnes échangeant des baisers en public.

Durant la fête, il esquive les conversations centrées sur l’armée. Bien que fasciné par Marie, il s’efforce de ne pas croiser son regard. Après avoir bu quelques verres, il se dirige vers le jardin en compagnie d’anciens camarades du BTS, cherchant des conversations plus légères. Plus tard, il se perd dans la contemplation des étoiles.

Marie s’approche du narrateur, cherchant à voir s’il ne se souvient réellement plus d’elle. Malgré une certaine réserve, des souvenirs précis la concernant lui reviennent à l’esprit. Une complicité renaît entre eux, teintée d’une attirance réciproque, bien qu’un sous-entendu évoque une possible liaison entre Marie et Marc. Cette allusion froisse Marie, qui s’éloigne en emportant avec elle le pull que le narrateur lui avait donné pour la protéger du froid.

Le duel pour l’affection de Marie

Les deux frères se disputent Marie. Ils optent pour une approche pacifique et décident de se défier au baby-foot pour déterminer lequel des deux pourra l’avoir. Malgré une atmosphère électrique, leurs échanges sont empreints de taquineries, révélant une relation complexe, faite à la fois de rivalité et de complicité.

Après s’être ressaisis autour d’un café, le duel débute. Dans une tentative astucieuse, le narrateur utilise de la farine pour améliorer sa prise sur les manettes, mais le résultat n’est pas à la hauteur de ses espérances. De plus, sa concentration est perturbée par Marie, et il finit par perdre la partie. Marc lui jette un regard amusé.

Le dernier cadeau pour le narrateur

Après la soirée, tout semble calme. Le narrateur a préféré dormir au salon, tandis que les invités dorment à l’étage. Il fume une cigarette quand il entend du bruit. Il s’agit de Marie qui se couvre de papiers cadeaux dans le salon. De façon espiègle, cette dernière fait référence à une remarque faite plus tôt sur un cadeau souhaité. Le narrateur est à la fois surpris et troublé, il est partagé entre l’envie d’approcher et le souvenir de ses obligations à venir.

Présentation des personnages

Le narrateur est âgé de vingt-trois ans, il vient de finir son BTS. Il est actuellement en service militaire à Nancy. Le narrateur est décrit comme un simple “grouillot”, portant un sac en toile, rangers aux pieds et une coupe de cheveux rasée. Il est lucide mais pas amer malgré le sentiment d’infériorité par rapport à son frère. Il est réaliste, pessimiste et a du mal à trouver sa place. Il est sensible et introspectif. Ce personnage incarne la jeunesse confrontée à l’incertitude et aux défis de la vie adulte. Son désir de reconnaissance et son incapacité à se démarquer de son frère illustrent la quête d’identité et de valorisation.

Marc, le frère du narrateur, est un homme charmant, qui sait se faire aimer des autres. Il est en école d’ingénieur. Il est décrit comme ayant toujours été meilleur que le narrateur. Marc est confiant, ambitieux et réussit facilement dans la vie. Il est perçu comme le favori de la famille, ce qui crée une tension entre lui et le narrateur. Il représente la figure idéale que le narrateur aspire à être. Son excellence amplifie le sentiment d’infériorité du narrateur et symbolise les attentes élevées de la société.

Marie est une fille décrite comme étant mignonne, avec des boucles d’oreilles. Elle porte des vêtements simples, mais attire l’attention. Elle est chaleureuse, enjouée, et détendue. Elle semble compatir à la situation difficile du narrateur et cherche à lui apporter du réconfort. Elle incarne un nouvel espoir et une connexion émotionnelle pour le narrateur. Son attitude joyeuse contraste avec le pessimisme du narrateur et symbolise la possibilité de nouvelles expériences positives.

La Mère des deux frères est une femme seule, préoccupée par le bien-être de ses enfants. Son mari la quitté pour la voisine après dix-neuf ans de mariage. Par conséquent, elle vit avec la peur d’être abandonnée. Elle essaie de maintenir un lien familial fort malgré les difficultés. La mère représente la force et la vulnérabilité de la famille monoparentale. Sa résilience face à l’abandon et son dévouement à ses enfants reflètent le rôle maternel et les défis de la vie moderne.

Analyse de l’oeuvre

Le titre Permission révèle que l’histoire se déroule pendant une permission du service militaire. La nouvelle explore les pensées et les sentiments du narrateur, un jeune homme qui compare sa vie et ses actions à celles de son frère.

Quelles sont les thématiques principales abordées par Anna Gavalda dans Permission ?

La Comparaison : le thème central de la nouvelle est la comparaison constante du narrateur avec son frère. Le narrateur se sent constamment inférieur à son frère. Il croit fermement que ce dernier aurait fait mieux dans toutes les situations. Cette comparaison crée un sentiment d’insécurité et d’infériorité chez le narrateur, affectant sa confiance en lui.

L’Identité et l’Estime de Soi : le narrateur lutte avec sa propre identité et son estime de soi. Il se sent éclipsé par les réalisations de son frère et a du mal à se sentir satisfait de lui-même. Sa comparaison constante avec son frère lui fait perdre sa confiance en ses propres capacités.

L’Amour et la Recherche d’Affection : le narrateur ressent le besoin d’être aimé et accepté. Son désir de relation amoureuse est évident lorsqu’il rencontre Marie, une ancienne connaissance. Cependant, le narrateur ne sait pas comment exprimer ses sentiments. Il se trouve dans une situation compliquée lorsque son frère semble également s’intéresser à Marie.

L’écart fraternel : entre comparaisons et possibilités

Le narrateur est un jeune homme en service militaire. Il souffre d’un manque de confiance en soi dû à sa comparaison constante avec son frère. Ce dernier est perçu comme supérieur dans tous les aspects de la vie. Il est confiant, charismatique et réussit dans de nombreux domaines. Le narrateur le compare constamment à lui-même, créant ainsi un fossé entre eux. C’est pour cette raison que le narrateur capitule lorsqu’il apprend que son frère souhaite séduire Marie. Toutefois, cette ancienne connaissance, qu’il a rencontrée lorsqu’il était enfant, va lui donner l’opportunité de s’opposer à son frère. En effet, sa réapparition dans sa vie le pousse à se questionner sur ses sentiments et à explorer la possibilité d’une relation amoureuse.

La nouvelle est racontée du point de vue du narrateur à travers un monologue intérieur. Les lecteurs ont accès à ses pensées intimes, ce qui permet de comprendre ses émotions et ses réflexions. Les comparaisons entre le narrateur et son frère sont utilisées pour montrer l’écart entre leur succès perçu. Ces comparaisons soulignent également le manque de confiance en soi du narrateur. Les chiens du narrateur symbolisent l’affection inconditionnelle et la stabilité émotionnelle qu’il cherche dans sa vie. Le contraste entre les chiens et les relations humaines souligne le désir du narrateur d’être aimé. Un désir qu’il expose clairement lorsqu’il dit : “Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part… C’est quand même pas compliqué.

Dans cette nouvelle, l’humour est utilisé pour alléger la tension émotionnelle. Le ton ironique du narrateur, lorsqu’il critique les actions de son frère, ajoute une note humoristique à la comparaison constante.

Ainsi, Permission d’Anna Gavalda, une auteure française, est une nouvelle introspective qui explore les complexités des relations fraternelles, de la comparaison constante et de la quête d’amour et d’acceptation. Le narrateur lutte avec sa propre identité et son estime de soi. Il cherche à trouver sa place dans un monde où il se sent en retrait par rapport à son frère. La nouvelle examine les différentes façons dont les individus peuvent se sentir diminués par la comparaison et comment cela peut affecter leur confiance en eux et leurs relations.

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