Littérature

Anna Gavalda, Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part, Catgut : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés
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Catgut est la sixième nouvelle du recueil d’Anna Gavalda, intitulée Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part. Penchons-nous sur cette œuvre ensemble.

Résumé détaillé de Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part – “Catgut” de Anna Gavalda

L’évolution professionnelle de Mme Lejaret dans la province normande

Suite à un remplacement pour un vétérinaire, une femme, madame Lejaret, se retrouve à reprendre le cabinet après le décès de ce dernier. Malgré les préjugés des Normands, elle parvient progressivement à gagner leur confiance et respect. Elle raconte ses consultations matinales au cabinet avec des animaux domestiques, puis ses défis l’après-midi lors des visites aux étables face aux préjugés. Malgré les moqueries, elle a adapté sa méthode, misant sur la force physique, car s’occuper d’animaux lourds comme les vaches et les chevaux exige des muscles.

Les interventions nocturnes décisives dans une étable

Le docteur Lejaret nous fait part d’une de ses interventions sur une vache en difficulté d’accouchement dans une étable froide et sombre. Après avoir analysé la situation, elle retourne le veau mal positionné à l’intérieur de la vache avec une seule main. Une opération difficile qui rappelle l’importance de sa force physique, qu’elle renforce avec des haltères. Un épisode qui se termine par un moment de réconfort avec un calva.

Le vétérinaire doit parfois prendre des décisions difficiles lors des accouchements des vaches. Le choix d’opérer ou non dépend de la confiance transmise par le vétérinaire au paysan. Dans certains cas tragiques, le veau est déjà mort et doit être retiré en morceaux, laissant le vétérinaire avec un sentiment de tristesse.

La réponse brutale à une agression inhumaine

Avec le temps, elle s’est établie dans une ferme qu’elle a rachetée et arrangée. Malgré une relation amoureuse éphémère, elle trouve de la compagnie avec ses animaux : deux chiens et des chats. Elle apprécie son jardin et s’est offert des meubles de qualité. Elle fréquente Marc Pardini, un intellectuel, avec qui elle partage des moments culturels et intimes.

Après avoir été appelée pour une urgence à la ferme des Billebaudes, elle a été brutalement agressée par trois hommes sous l’emprise de l’alcool. Suite à ce viol, elle a utilisé ses compétences médicales pour leur infliger une castration chirurgicale. L’agresseur principal a subi une mutilation supplémentaire comme punition. En effet, elle lui a “greffé sa paire de couilles au-dessus de la pomme d’Adam.

Situation finale

Il est six heures du matin lorsqu’elle se rend chez sa voisine, Madame Brudet à qui elle confie la garde de ses animaux durant son absence. Puis elle rentre chez elle, attendant la venue des gendarmes. Elle espère qu’ils n’utiliseront pas la sirène.

Présentation des personnages

Le Docteur Lejaret est une vétérinaire qui, suite au décès de son prédécesseur, a racheté la clinique où elle devait travailler. Dotée de grandes mains robustes, elle a développé une forte musculature pour pouvoir manipuler les animaux lourds qu’elle traite. Elle est persévérante, patiente et montre une grande résilience, ayant réussi à gagner la confiance d’une communauté rurale, initialement sceptique à l’idée d’une femme dans ce rôle. Malgré sa force et sa détermination dans sa profession, elle a une part de sensibilité, notamment dans sa relation avec Marc Pardini et son attachement profond aux animaux. Le Dr Lejaret symbolise la femme contemporaine qui défie les traditions et les mentalités archaïques, incarnant à la fois résilience, force et remise en question des stéréotypes.

Les locaux, initialement méfiants et souvent moqueurs envers le Docteur Lejaret, finissent par reconnaître et respecter sa compétence. Cependant, certains conservent des préjugés tenaces, manifestant parfois une cruauté marquée. Ils incarnent la tradition, une certaine aversion au changement et les stéréotypes ancrés au sein de cette communauté rurale.

Les agresseurs de la ferme des Billebaudes sont décrits comme étant ivres et maladroits, en particulier en ce qui concerne leur braguette. Malgré leur brutalité et leur comportement moqueur, ils sous-estiment grandement la vétérinaire. Emprunts de cruauté et de misogynie, ils incarnent l’aspect le plus sombre des préjugés. Ils mettent également en lumière la violence que les femmes peuvent endurer, même lorsqu’elles exercent des professions dans lesquelles elles sont hautement qualifiées.

Marc Pardini est un intellectuel, manifestement plus progressiste que la majorité de la communauté. Il entretient une relation occasionnelle avec le Dr Lejaret. Il représente la modernité et un contraste face aux mentalités traditionnelles qui prévalent au sein de la communauté.

Madame Brudet, âgée de soixante-douze ans, est une femme certes “toute racornie” mais pleine de vigueur. Bienveillante et altruiste, elle se montre prête à soutenir le Dr Lejaret en prenant soin de ses animaux pendant son absence. Elle incarne la chaleur et la sollicitude présentes au cœur de la communauté, telle une figure maternelle ou de soutien.

Analyse de l’oeuvre

La structure de la nouvelle “Catgut” d’Anna Gavalda

La narration s’ouvre sur le parcours de la protagoniste qui l’amène à travailler en Normandie. Ce choix n’est pas anodin. En effet, en retraçant ses premiers pas dans cette région, le récit donne au lecteur un aperçu de ses motivations, ses attentes et les défis auxquels elle s’attendait. Peut-être cherchait-elle un nouveau départ, une opportunité de prouver sa valeur. On peut aussi se demander si elle n’était pas attirée par les promesses d’un environnement rural paisible, loin des tracas urbains.

Première partie : défis et triomphes d’une femme dans un monde masculin

La suite de la narration nous plonge dans sa vie quotidienne en tant que vétérinaire. Ces scènes, apparemment banales, sont riches en détails et en interactions. Elles mettent en évidence le contraste entre sa position de femme dans un domaine d’hommes et la nature intrinsèquement féminine et nourricière de son métier. Les animaux qu’elle soigne, les fermiers avec lesquels elle travaille, les petits moments de triomphe et de frustration. Tout cela constitue le cœur de l’intrigue et renforce le tableau d’une femme qui s’affirme dans un monde qui la défie constamment.

Deuxième partie : quand bienveillance et brutalité se croisent

L’histoire atteint son paroxysme lorsqu’elle est confrontée à un acte de violence brutale. Cette scène est à la fois choquante et révélatrice, car elle montre la culmination des tensions sous-jacentes tout au long du récit. Mais la violence n’est pas unilatérale. Elle ne reste pas une victime passive ; elle riposte, incarnant une vengeance qui est à la fois libératrice et déchirante. Cette dualité – subir de la violence et en infliger – crée un contraste poignant avec la nature bienveillante de son métier.

Troisième partie : les pistes de réflexion

Après l’acte de violence, le récit explore les conséquences immédiates de ses actions. Comment la communauté réagit-elle? Comment cela affecte-t-il sa position sociale et professionnelle ? La protagoniste est-elle en paix avec ses actions ou lutte-t-elle avec la culpabilité et le remords ? Cette section offre une réflexion sur les conséquences de nos actions, la nature de la justice et le coût de la vengeance.

Comment le Dr Lejaret combat-elle les préjugés et la violence dans un domaine dominé par les hommes ?

L’audace d’être femme : résister aux stéréotypes dans un milieu professionnel dominé par les hommes

L’héroïne de cette nouvelle est une figure emblématique du féminisme. Certes, elle ne revendique pas ouvertement ses droits en tant que femme. Toutefois, elle l’affirme par sa détermination à s’établir et à réussir dans un domaine traditionnellement masculin. Elle doit surmonter les préjugés liés à son genre, notamment l’idée que “une femme pour les bêtes, c’est pas bon“. Cela illustre l’oppression et les stéréotypes auxquels elle est confrontée. C’est un rappel du combat quotidien que mènent de nombreuses femmes pour s’affirmer dans des milieux professionnels dominés par les hommes.

De Victime à Vengeresse, comment le Dr Lejaret répond à la violence masculine.

La nouvelle soulève également le voile sur la violence et la brutalité masculine. L’agression qu’elle subit de la part des hommes locaux est un reflet extrême des attitudes misogynes. Cette violence est non seulement physique, mais également verbale, où les insinuations sur sa féminité et son rôle social jouent un rôle dégradant.

La réaction du Dr Lejaret face à son agression est radicale et brutale. Cette vengeance est un acte d’auto-affirmation, un refus de rester une victime. Elle rétablit un équilibre de pouvoir, même si cet équilibre est atteint par des moyens violents. Cette dynamique est complexe, car, bien que la vengeance puisse être perçue comme une réponse naturelle à l’agression, elle pose également des questions morales sur la justice et la proportionnalité de la réponse.

Entre résilience et persévérance

Au-delà des défis professionnels, le Dr Lejaret cherche l’acceptation sociale. Son désir d’intégration est évident, que ce soit par sa tentative de gagner le respect des locaux en tant que vétérinaire ou par ses interactions avec Marc Pardini, avec qui elle entretient une relation. Malgré les préjugés, elle continue de se forger une place dans la communauté, même si cette acceptation est parfois à double tranchant.

Sa résilience est palpable tout au long de la nouvelle. Malgré les défis, elle continue de travailler avec acharnement et de se battre pour sa place dans la société. Son approche pragmatique, comme lorsqu’elle conseille à un jeune vétérinaire de développer sa force physique, est un témoignage de sa détermination à surmonter les obstacles, qu’ils soient liés au genre, à la profession ou à l’intégration sociale.

Ainsi, Catgut d’Anna Gavalda est une exploration profonde de la lutte d’une femme pour s’affirmer dans un environnement masculin, face à des stéréotypes oppressants et des attaques brutales. Elle aborde des questions cruciales sur le genre, la violence, la vengeance, et la nature même de l’acceptation sociale.

La symbolique dans cette nouvelle d’Anna Gavalda

Les haltères, le symbole d’une lutte silencieuse

Au-delà de leur utilisation apparente pour renforcer la force physique, les haltères prennent une signification profonde dans le récit. Le fait que la protagoniste s’entraîne avec eux est en lui-même un acte de défi. Dans un monde dominé par les hommes où la force physique est souvent synonyme de pouvoir et de domination, elle cherche à équilibrer la balance.

Mais plus important encore, ces haltères symbolisent sa force mentale et sa ténacité. Chaque levée, chaque mouvement, est une métaphore de sa lutte quotidienne pour se faire accepter, pour braver les préjugés et pour se maintenir debout face à l’adversité. Ils rappellent au lecteur que la force ne se mesure pas seulement en termes de muscle, mais aussi par la volonté et la détermination.

Chiens et chats : miroirs des dualités d’une âme solitaire

Ces animaux, souvent opposés dans la culture populaire, représentent ici les facettes contradictoires de la protagoniste.

Les chiens, loyaux mais parfois distants, évoquent sa solitude face à une société qui la rejette et ne la comprend pas.

Les chats, tendres et indépendants, symbolisent son besoin d’amour et d’affection, tout en préservant son autonomie. Ensemble, ils incarnent son désir contradictoire d’indépendance et de connexion, illustrant la complexité de sa situation et de ses émotions.

Castration : symbole de révolution du pouvoir ou acte de désespoir ?

Loin d’être un simple acte de vengeance, la castration représente une inversion radicale du pouvoir. Dans une société où la masculinité est souvent liée à la domination, cet acte symbolise la prise de pouvoir de la protagoniste, la transformant de victime à vengeresse. Toutefois, ce n’est pas une célébration de la violence, mais plutôt une illustration du désespoir, de la frustration et de l’indignation. Ces derniers peuvent conduire à des mesures extrêmes.

Cet acte, bien que violent, est une tentative de rétablir un équilibre, de reprendre le contrôle et d’affirmer son autonomie face à l’oppression.

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