Littérature

Edgar Allan Poe, Silence : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés
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Écrite par Edgar Allan Poe, Silence est une nouvelle qui a été publiée pour la première fois en 1837. Elle a été traduite en français par Charles Baudelaire et fait partie du recueil de nouvelles intitulé Nouvelles histoires extraordinaires. Découvrons cette courte nouvelle ensemble

Résumé détaillé de de Silence d’Edgar Allan Poe

Une région lugubre

La région évoquée est sombre. Elle est située en Libye, près d’un cours d’eau nommé Zaïre. Cette rivière présente une teinte jaune-orangé et inquiétante. Elle ne se déverse pas dans la mer, mais pulse sous l’éclat d’un soleil rougeoyant. Des deux côtés du fleuve s’étendent des étendues de nénuphars immenses, dont les longues tiges se dressent vers le ciel et dont les têtes se balancent continuellement. Ces plantes produisent un bruit sourd qui rappelle celui d’un cours d’eau caché sous terre, et elles semblent se lamenter doucement les unes vers les autres.

Un homme triste et las

Le narrateur se tient dans le marécage parmi les nénuphars qui soupirent dans leur désolation solennelle alors que la pluie tombe sur sa tête.
Le narrateur aperçoit un énorme rocher grisâtre sur les bords de la rivière et s’approche pour lire les caractères gravés sur sa surface. Il ne peut pas les déchiffrer, mais lorsque la lune brille plus fort, il voit que les caractères sont “DÉSOLATION”. En regardant de nouveau, il voit un homme debout sur le sommet du rocher, vêtu d’une toge romaine et ayant les traits d’une divinité. L’homme a l’air triste et fatigué, et semble avoir un profond mépris pour l’humanité et une grande aspiration à la solitude.

Une solitude angoissante

Le narrateur se cache parmi les nénuphars et observe l’homme qui tremble dans la solitude alors que la nuit avance. Le narrateur appelle les hippopotames et les béhémoths qui viennent rugir sous la lune près du rocher. Il invoque également une tempête effrayante qui envahit le ciel et provoque des flots débordants de la rivière, des nénuphars criant dans leurs lits, une forêt émiettée par le vent, du tonnerre et de l’éclair, mais l’homme continue de trembler dans la solitude et reste assis sur le rocher alors que la nuit avance.

Le mot “SILENCE”

Le narrateur maudit la rivière, les nénuphars, le vent, la forêt, le ciel, le tonnerre et les soupirs des nénuphars pour leur imposer le silence. En conséquence, la lune cesse de se déplacer dans le ciel, le tonnerre s’arrête, l’éclair ne brille plus, les nuages restent immobiles, les eaux redescendent et s’immobilisent, les arbres arrêtent de se balancer et les nénuphars ne soupirent plus. Lorsque le narrateur regarde les caractères du rocher, ils ont changé et forment maintenant le mot “SILENCE“. L’homme, pâle de terreur, se lève et s’enfuit précipitamment. Le narrateur affirme que cette histoire que le démon lui a racontée dans l’ombre de la tombe est la plus étonnante de toutes et que, lorsque le démon a terminé son histoire, il s’est renversé dans la tombe et a commencé à rire. Le narrateur n’a pas pu rire avec le démon et celui-ci l’a maudit pour cela. Le lynx, qui habite la tombe pour l’éternité, en sort et se couche aux pieds du démon en le regardant.

Présentation des personnages

Le narrateur est un personnage mystérieux dont on ne sait pas grand-chose. Il est présenté comme étant seul dans un lieu lugubre et effrayant, décrit comme étant une contrée en Libye sur les bords de la rivière Zaïre. Il est témoin de phénomènes étranges et surnaturels, comme la pluie qui se transforme en sang et la lune de couleur cramoisie. On ne sait pas pourquoi il se trouve là, ni ce qu’il fait, ni même comment il est arrivé dans cet endroit. Le narrateur est également confronté au Démon, une force ou un esprit qui lui parle et lui décrit cette contrée sinistre. Le narrateur semble être effrayé et confus par ce qu’il voit et entend, et il essaie de comprendre ce qui se passe autour de lui.

Le Démon est présenté comme une force ou un esprit qui parle au narrateur et lui décrit la contrée lugubre et sinistre où il se trouve. On ne sait pas grand-chose sur le Démon, ni d’où il vient ni pourquoi il a choisi de parler au narrateur. Il est décrit comme étant puissant et effrayant, et il a le pouvoir de faire apparaître et disparaître des éléments du paysage, comme la lune et le brouillard. Le Démon semble avoir une connaissance approfondie de cet endroit et de ses secrets. Cependant, on ne sait pas si le Démon est réel ou s’il est simplement une manifestation de l’imagination du narrateur.

Analyse de l’oeuvre

Analyse littéraire

Dans la nouvelle Silence d’Edgar Allan Poe, le narrateur se trouve dans un lieu étrange et sinistre qui est décrit comme étant une contrée en Libye sur les bords de la rivière Zaïre. Il est témoin de phénomènes étranges et surnaturels, comme la pluie qui se transforme en sang et la lune de couleur cramoisie, et il est confronté au Démon, une force ou un esprit qui lui parle et lui décrit cet endroit lugubre. Le narrateur essaie de comprendre ce qui se passe autour de lui et de trouver un sens à ce qu’il voit et entend, mais il ne parvient pas à déchiffrer les caractères gravés sur le rocher grisâtre.

Et mes yeux tombèrent sur un énorme rocher grisâtre qui se dressait au bord de la rivière, et qu’éclairait la lueur de la lune. Et le rocher était grisâtre, sinistre et très-haut, – et le rocher était grisâtre. Sur son front de pierre étaient gravés des caractères ; et je m’avançai à travers le marécage de nénuphars, jusqu’à ce que je fusse tout près du rivage, afin de lire les caractères gravés dans la pierre. Mais je ne pus pas les déchiffrer. Et j’allais retourner vers le marécage, quand la lune brilla d’un rouge plus vif ; et je me retournai et vis que la pierre était couverte de caractères !” Même lorsque la lune brille d’un rouge plus vif, il ne parvient pas à lire les caractères, ce qui renforce le fait que le narrateur est laissé seul et perdu dans cet endroit inquiétant et inconnu, ce qui crée une tension et une anxiété constantes tout au long de l’histoire.

Cette thématique de l’angoisse et de l’incertitude face à l’inconnu est renforcée par l’utilisation de l’imagination et de la description poétique par Poe. Les éléments du paysage sont décrits de manière imaginative et dramatique, avec des métaphores et des comparaisons qui soulignent l’étrangeté et la menace qui rôdent dans cet endroit. Le choix du point de vue narratif en première personne du singulier renforce également l’impression de solitude et d’angoisse du narrateur, qui est seul et perdu dans cet endroit inconnu.

L’eau est décrit de la façon suivante : “Les eaux de la rivière sont d’une couleur safranée et malsaine ; et elles ne coulent pas vers la mer, mais palpitent éternellement, sous l’œil rouge du soleil, avec un mouvement tumultueux et convulsif.

L’auteur personnifie également les nénuphars : “De chaque côté de cette rivière au lit vaseux s’étend, à une distance de plusieurs milles, un pâle désert de gigantesques nénuphars. Ils soupirent l’un vers l’autre dans cette solitude, et tendent vers le ciel leurs longs cous de spectres, et hochent de côté et d’autre leurs têtes sempiternelles.

Poe parle d’une forêt “sombre, horrible” : “Et il y a une frontière à leur empire, et cette frontière est une haute forêt, sombre, horrible. Là, comme les vagues autour des Hébrides, les petits arbres sont dans une perpétuelle agitation.

En fin de compte, ces éléments contribuent à créer une atmosphère de suspense et de mystère qui maintient l’intérêt du lecteur tout au long de l’histoire.

Pour renforcer l’atmosphère dramatique et poétique de l’histoire et pour créer une ambiance inquiétante et angoissante, Poe utilise de nombreuses figures de styles :

  • L’antithèse : “Et cependant, il n’y a pas de vent dans le ciel. Et les vastes arbres primitifs vacillent éternellement de côté et d’autre avec un fracas puissant.
  • L’hyperbole : “Et il sort d’eux un murmure confus qui ressemble à celui d’un torrent souterrain.
  • L’allitération : “Et les nénuphars soupirent l’un vers l’autre dans la solennité de leur désolation.
  • L’énumération : “Et sur leurs têtes, avec un frou-frou retentissant, les nuages gris se précipitent, toujours vers l’ouest, jusqu’à ce qu’ils roulent en cataracte derrière la muraille enflammée de l’horizon.
  • Le métonymie : “Cependant il n’y a pas de vent dans le ciel.” => Le vent est symbolisé par les arbres qui vacillent.
  • La métaphore : “Et ils soupirent l’un vers l’autre dans cette solitude, et tendent vers le ciel leurs longs cous de spectres, et hochent de côté et d’autre leurs têtes sempiternelles.” => Les nénuphars sont comparés à des spectres.
  • L’anaphore : “Et sur les bords de la rivière Zaïre, il n’y a ni calme ni silence. C’était la nuit, et la pluie tombait ; et quand elle tombait, c’était de la pluie, mais quand elle était tombée, c’était du sang.
  • L’apostrophe : “Écoute-moi, – dit le Démon, en plaçant sa main sur ma tête.
  • L’antiphrase : “Et quand elle tombait, c’était de la pluie, mais quand elle était tombée, c’était du sang.
  • L’interjection : “Et mes yeux tombèrent sur un énorme rocher grisâtre qui se dressait au bord de la rivière, et qu’éclairait la lueur de la lune.
  • L’ellipse : “Et je me tenais dans le marécage parmi les grands nénuphars, et la pluie tombait sur ma tête, – et les nénuphars soupiraient l’un vers l’autre dans la solennité de leur désolation.

En utilisant ces figures de style, Poe parvient à donner vie à son récit et à transmettre les émotions et les sensations du narrateur de manière immersive et poignante. Ces figures de style ajoutent de la poésie et de la musicalité au texte et renforcent l’atmosphère dramatique et angoissante de l’histoire.

Un symbolisme angoissant

Dans la nouvelle Silence d’Edgar Allan Poe, plusieurs éléments du paysage sont chargés de symbolisme :

  • La rivière Zaïre et les nénuphars sont décrits comme lugubres et malsains, ce qui symbolise l’angoisse et la confusion du narrateur face à l’inconnu.
  • La lune de couleur cramoisie symbolise le danger et l’étrangeté de cet endroit.
  • La pluie qui se transforme en sang symbolise la violence et la mort qui rôdent dans l’ombre.
  • Le rocher grisâtre avec les caractères gravés dessus représente les secrets et les mystères de cet endroit, qui restent indéchiffrables pour le narrateur.
  • La forêt sombre et horrible symbolise la limite de l’empire des nénuphars et représente également la menace et l’incertitude qui rôdent dans cet endroit.

En utilisant ces éléments du paysage de manière symbolique, Poe crée une atmosphère de suspense et de mystère qui renforce l’angoisse et l’incertitude du narrateur face à l’inconnu.

Un silence angoissant

Le silence est un élément important de la nouvelle Silence d’Edgar Allan Poe, qui donne son titre à l’œuvre. Le silence est présent de différentes manières dans cette histoire :

Tout d’abord, le silence est présent dans la description du paysage, qui est décrit comme étant lugubre et sinistre, mais où il n’y a pas de vent dans le ciel. Les nénuphars soupirent l’un vers l’autre, mais c’est le seul bruit qui se fait entendre.

Ensuite, le silence est présent dans le comportement du narrateur, qui est seul et silencieux dans cet endroit inquiétant. Il essaie de comprendre ce qui se passe autour de lui, mais il ne parvient pas à trouver de réponse ni à communiquer avec qui que ce soit.

Enfin, le silence est présent dans le comportement du Démon, qui parle au narrateur, mais ne répond pas à ses questions et le laisse dans l’incertitude.

Le silence est donc présent de différentes manières dans cette nouvelle et renforce l’angoisse et l’incertitude du narrateur face à l’inconnu. En fin de compte, le silence symbolise l’abandon et la solitude du narrateur dans cet endroit lugubre et sinistre.

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