Littérature

Le Clézio, Mondo et autres histoires, Mondo : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés

Publiée en 1978, Mondo est la première nouvelle du recueil Mondo et autres histoires de Jean-Marie Gustave Le Clézio. Partons à la découverte de ce personnage existentialiste.

Résumé détaillé de Mondo et autres histoires – “Mondo” de Jean-Marie Gustave Le Clézio

Mondo, un enfant mystérieux

Mondo, un jeune garçon énigmatique, s’est établi inopinément dans un hameau, s’intégrant rapidement à la population locale. Son origine demeure inconnue, et il semble dépourvu de foyer et de parenté. Arborant constamment la même tenue, il surgit çà et là dans le bourg, de manière imprévisible. Par ailleurs, il a décroché un travail auprès des maraîchers de la région.
Fréquentant assidûment le marché, Mondo est reconnu par les commerçants qui le sollicitent lors de l’arrivée des camionnettes. Au terme de ses journées de travail, il se plaît à ramasser les fruits et légumes délaissés. La sympathie des vendeurs se manifeste parfois par l’octroi de quelques denrées. Mondo demeure sur la place jusqu’à ce que les véhicules disparaissent, attendant patiemment la venue de l’arroseur municipal. Mondo nourrit l’espoir d’arroser à son tour mais il n’est pas sûr qu’il serait capable de tenir la lance.

Les pérégrinations urbaines de Mondo

Mondo ne possède pas d’habitat fixe, se réfugiant tantôt près des rivages, tantôt parmi les rochers blanchâtres à l’orée de la ville. Il s’adonne à des flâneries urbaines, guettant les moindres détails de son environnement. Sur sa route, il noue des liens, bien que superficiels, tels que saluer ou partager un repas avec des individus. Ida, la vieille boulangère, lui offre quotidiennement une ration de pain en échange de petits services.
Mondo demande souvent aux passants s’ils veulent l’adopter. Cependant, lorsque ces derniers commencent à lui poser des questions, Mondo répond de manière évasive avant de prendre la fuite.

Giordan, le pêcheur

Mondo s’arrête au kiosque de presse pour acquérir un fascicule de Kit Carson puis il recherche un banc où quelqu’un pourrait lui narrer l’aventure. La lecture terminée, il se dirige vers la jetée, déambulant sur les brise-lames, offrant des miettes de pain aux mouettes. Il s’arrête fréquemment pour admirer le panorama, bondissant de rocher en rocher, conversant avec son brise-lames fétiche et s’y reposant en position fœtale. C’est ici que Mondo croise la route de Giordan, le pêcheur. Ce dernier enseigne à Mondo l’art de la pêche et lui conte des récits de la mer Rouge, des cités et des îles situées le long des rivages africains. Puis, Giordan partage son casse-croûte avec Mondo. Au crépuscule, celui-ci prend congé du pêcheur pour trouver un refuge pour la nuit. Giordan l’invite à revenir pour lui apprendre la lecture.

Le Ciapacan et les rues désertes : la paranoïa de Mondo

Un matin, Mondo est témoin de l’enlèvement d’un chien errant par des individus vêtus de survêtements. Ils l’ont enfermé dans un sac et l’ont embarqué dans leur camionnette grise. Un passant lui a indiqué qu’il s’agissait du Ciapacan, ajoutant, pour l’intimider, que parfois, ils enlèvent les enfants qui refusent d’aller à l’école. Dès lors, Mondo redouble de vigilance, particulièrement lorsque les rues sont désertes. Cette situation le rend légèrement anxieux, se révélant par moments dans sa façon de marcher. C’est à cette période que Mondo croise la route du Gitan, du Cosaque et de Dadi. Le Gitan exécutait des tours d’illusionnisme dans une antique voiture noire, tandis que le Cosaque jouait de l’accordéon durant la nuit et se trouvait fréquemment éméché le jour. Dadi, de son côté, possédait une petite mallette jaune renfermant des colombes qu’il présentait à Mondo. Ce dernier assistait aux spectacles du Gitan et du Cosaque sur l’esplanade, où le Gitan accomplissait des tours d’illusionnisme. Mondo se chargeait de récupérer les pièces lancées par les spectateurs. La nuit tombée, la troupe sirotait de la bière, fumait et échangeait sur les oiseaux et les périples. Mondo, quant à lui, finissait par somnoler sur la banquette arrière du véhicule.

Les errances d’un voyageur solitaire

Au bord de la plage, Mondo apprécie contempler le lever du soleil. Suite à sa baignade, il se réchauffe avant d’explorer les avenues dépeuplées de l’agglomération, intrigué par les singulières devantures des boutiques closes pour les festivités. Il feuillete un magasine et converse avec les riverains somnolents ou les rares enfants qui jouent dans les rues. Mondo flâne sur une place marchande désertée et aspire à trouver un individu qui pourra l’adopter, mais il est persuadé que personne ne l’entendra. Il pénètre dans un bâtiment et examine les boîtes postales et les dispositifs anti-incendie. Mondo est tenté d’emprunter l’ascenseur, mais craint de violer les consignes. Une jeune femme lui permet de monter en sa compagnie et ils grimpent jusqu’au sixième étage. La femme offre une confiserie à Mondo avant de s’éclipser et lui indique comment redescendre au rez-de-chaussée. Mondo retourne dans la rue et observe la foule affairée dans les rues, avançant à pas larges et faisant du bruit. Il se sent minuscule au milieu d’eux, esquivant les individus imposants et leurs vêtements démesurés. Il aide une dame âgée à transporter son sac de provisions et la suit jusqu’à son logement où elle lui offre une part de pain d’épice. De nouveau dehors, Mondo recherche un inconnu dans la cité, ignorant qui exactement, pour solliciter une adoption.

La Maison de la Lumière d’Or

Mondo rencontre Thi Chin lors d’une belle journée d’été. Il est sorti de sa cachette au bas de la digue pour monter une colline en empruntant un chemin sinueux et dangereux qui se transformait parfois en escaliers. Tout en évitant les brindilles et les graines pour ne pas faire de bruit. Mondo arrive devant la Maison de la Lumière d’Or. Mondo l’appelle ainsi, car le soleil semble envelopper la maison, d’une lumière douce et calme. Il se faufile dans le jardin et s’installe dans une cachette pour contempler la maison jaune où il s’endort. Une petite femme, Thi Chin, d’origine vietnamienne, apparaît et l’invite à entrer dans sa maison. Ils discutent autour d’un thé, et Mondo dort sur des coussins dans la grande salle. Thi Chin lui montre les merveilles du jardin et lui donne à manger, en l’informant que cette maison est également la sienne à partir de maintenant. Mondo se sent bien dans la Maison de la Lumière d’Or et y retourne souvent.

Histoires de rencontres et d’aventures

L’été approche et les collines sont en feu, Mondo regarde souvent les incendies, inquiet pour sa sécurité. Depuis qu’il dort dans la Maison de la Lumière d’Or, il a moins peur du Ciapacan et passe ses journées à décharger des caisses au marché et à passer du temps avec ses amis comme le Gitan et le Cosaque. Il aime également passer du temps avec le vieux Dadi, qui connaît de nombreuses histoires sur les pigeons voyageurs et les colombes. Un jour, Mondo va voir une bataille de cerfs-volants sur la plage, où il rencontre un homme qui lui dit de revenir en septembre pour qu’il lui apprenne comment faire un cerf-volant. Mondo décide qu’il ferait le sien tout en blanc, comme une mouette.

Mondo aime regarder un petit bateau appelé Oxyton, de la taille d’une barque. Il le regarde dandiner sur l’eau et, quelques fois, il se rend à l’intérieur et rêve d’évasion. Mondo préfère les endroits peu fréquentés et aime demander aux gens s’ils veulent l’adopter. Il rencontre un peintre et lui suggère de peindre le ciel. Celui-ci n’y a jamais pensé mais se dit que c’est une bonne idée. Mondo rend souvent visite à un vieux rempailleur de chaises. Il donne à son petit-fils Pipo, tout ce qu’il a pu ramasser sur la plage.

L’apprentissage de la lecture

Bien qu’il connaisse beaucoup de monde, Mondo n’a pas beaucoup d’amis. Il aime rencontrer des gens et leur poser des questions simples sur la mer, le ciel ou les oiseaux. Ils pensent que, tout comme lui, ces personnes se sont également posées ces questions lorsqu’ils étaient plus jeunes. Mondo estime qu’il sait poser les bonnes questions au bon moment. Mondo aime rencontrer le facteur afin de vérifier s’il a une lettre pour lui. Un jour, Mondo décide d’apprendre à lire et à écrire. Sur la plage, il rencontre un vieil homme occupé à ratisser le sable. Il lui apprend à reconnaître les lettres en les traçant sur les galets de sable à l’aide d’un couteau. Mondo aime particulièrement les lettres O (lune) et I, ainsi que les oiseaux (V et W). Mondo les écrit en associant les lettres dans des combinaisons qui ne veulent rien dire, ce qui fait rire le vieil homme. Mondo est fasciné par les histoires étranges du vieil homme concernant un pays lointain. Ce dernier lui promet de l’emmener quand il partira. Après avoir quitté le vieil homme, Mondo arrive à distinguer certaines lettres autour de lui sur son chemin. Toutefois, l’agencement de certains mots n’aide pas toujours à bien lire.

Mondo est “enlevé

Plus tard, Mondo se promène avec Thi Chin dans le jardin de la Maison de la Lumière d’Or. Ils regardent les étoiles et Thi Chin se met à pleurer, mais Mondo la réconforte. Ils s’assoient sur le chemin de gravier et parlent jusqu’à ce qu’ils s’endorment. Le matin suivant, Mondo part au lever du soleil, descendant tranquillement le chemin de la colline sans se presser. Sur la plage déserte, il parle aux gens qu’il a rencontrés jusque-là en envoyant des ondes de pensées vers eux. Mondo cherche le vieux mendiant Dadi, mais celui-ci a disparu. Le Cosaque lui apprend que Dadi a été récupéré la nuit dernière. Mondo imagine qu’il a été enlevé par le Ciapacan. Sur le trottoir, Mondo se rend compte qu’il n’arrive plus à bouger. Les gens s’attroupent autour de lui. Des gens viennent le récupérer et Mondo pense qu’il a affaire au Ciapacan.

La vie après Mondo

Deux jours plus tard, Thi Chin se rend au commissariat à la recherche de Mondo. Le Commissaire lui apprend que Mondo a été confié à l’assistance publique et qu’il doit y rester pour être soigné. Bien qu’elle prévoie de le revoir, le Commissaire explique que cela ne sera pas possible pendant quelques jours. Il prend les coordonnées de Thi Chin et la raccompagne à la sortie. Le lendemain, le Commissaire rend visite à Thi Chin pour vérifier si Mondo n’est pas chez elle. En effet, ce dernier a déjà disparu après avoir mis le feu à son matelas. Thi Chin est dévastée et sait qu’elle ne reverra plus jamais Mondo.

Finalement, nous apprenons que le Gitan a été arrêté pour vol à la tire. Le Cosaque était un alcoolique originaire d’Auvergne. Giordan le pêcheur et le vieil homme indien ne sont jamais partis. Dadi a perdu ses colombes et a acheté un chat. Le peintre du dimanche a abandonné la peinture du ciel. Le garçon s’est fait voler son tricycle et le bateau Oxyton est resté seul dans le port. Les mois passent sans que Mondo ne revienne. Avec le temps, les gens oublient tout, jusqu’à ce que Thi Chin découvre un galet sur lequel elle lit deux mots : “TOUJOURS BEAUCOUP” écrit maladroitement.

Présentation des personnages

Mondo est un jeune garçon d’environ dix ans qui possède des yeux noirs, légèrement bridés, des cheveux bruns cendré et un teint basané. Bohème et rêveur, Mondo a grandi sans parents et erre dans la rue du matin au soir, en faisant attention d’éviter tous ceux qui pourraient l’enfermer. Cet esprit libre et indomptable aime la vie qu’il a puisqu’elle lui permet de jouir de tous ses sens. Même s’il est solitaire et qu’il vit en marge de la société, il est beaucoup plus connecté aux autres. En effet, Mondo est un enfant sensible qui s’émerveille devant chaque chose et qui cherche à comprendre le monde dans lequel il évolue. Même s’il n’a jamais été à l’école, sa curiosité l’amène à apprendre constamment. Au gré des rencontres, Mondo évolue et aiguise ses connaissances, montrant qu’un être humain, même s’il est solitaire, a toujours besoin de l’autre pour grandir.

Le Vieux Dadi est un homme rêveur que Mondo a rencontré en même temps que le Cosaque et le Gitan. Si la plupart des gens ne le remarquent pas, considérant qu’il n’est qu’un mendiant, pour Mondo, cet homme est riche d’enseignements, notamment sur les histoires de pigeons voyageurs. Mondo aime l’écouter parler car sa voix lente et tranquille l’apaise. La disparition du Vieux Dadi dévaste Mondo, qui se sent lassé. On peut se demander s’il ne choisit pas de le rejoindre, espérant ainsi le revoir.

Le Cosaque est un homme, originaire d’Auvergne, connu pour ses tours de prestidigitateur qui impressionnent énormément Mondo. Toutefois, le Cosaque est un homme qui a un penchant pour la boisson. Il n’est sobre que durant la nuit. À la fin de la nouvelle, il est arrêté par la police, car il use de ses compétences pour faire du vol à la tire.

Le Gitan est un homme qui traîne régulièrement avec le Cosaque et le Vieux Dadi. Il est appelé ainsi en référence à son teint basané. Dans la rue, il gagne sa vie en jouant de l’accordéon.

Ti Chin est la propriétaire du logement sur la colline que Mondo nomme “la Maison de la Lumière d’Or”. Cette vieille femme d’origine vietnamienne noue une relation maternelle avec le jeune enfant. Elle est décrite comme ayant les yeux bridés et des cheveux noirs. Douce et sensible, elle transmet progressivement son héritage culturel à Mondo.

Marcel est un vieil indien qui s’occupe de ratisser le sable de la plage lorsque Mondo le rencontre. Ce dernier est à la recherche de quelqu’un pour lui apprendre à lire. Les yeux gris et le nez busqué, ce personnage se trouve être un bon pédagogue puisqu’il permet à Mondo de distinguer les lettres de manière ludique. En effet, il associe chaque lettre à une image pour que Mondo soit à même de les différencier ce qui s’avère payant puisque Mondo est capable de lui écrire son nom sur un galet pour lui adresser un message. Par la suite, il transmet un autre message à Ti Chin en écrivant : “TOUJOURS BEAUCOUP“.

Hormis ces personnages, Mondo rencontre :

  • l’arroseur municipal ;
  • Ida, la vieille boulangère ;
  • une jeune femme qui l’emmène dans l’ascenseur ;
  • une vieille dame qui lui donne un morceau de pain d’épice après qu’il l’ait aidé à transporter son sac ;
  • un peintre ;
  • un enfant qui refuse de lui prêter son tricycle ;
  • un vieux rempailleur de chaise et son petit fils, Pipo.

Analyse de l’oeuvre

Malgré le caractère enfantin de l’histoire, Mondo est une nouvelle qui se révèle beaucoup plus profonde qu’il n’y paraît. Mondo est certes un enfant, mais c’est également un héros. Inconsciemment, il a pour mission d’éveiller l’homme moderne afin qu’il puisse ressentir la nature qui l’entoure. Ainsi, on saisit mieux cette fameuse question qu’il pose plusieurs fois aux habitants de la ville : “Est-ce que vous voulez m’adopter ?“. Ici, le message est à prendre au sens figuré, car Mondo demande aux habitants s’ils veulent adopter son “monde“. Le nom du personnage est d’ailleurs très évocateur, puisque “mondo” signifie “monde” en italien. Le Clézio fait intervenir un personnage qui porte le monde, un message cosmopolite en décalage avec notre réalité. C’est probablement en raison de ce décalage que l’auteur nous présente ce monde à travers les yeux d’un enfant, dont la perception est moins ternie par les préoccupations et les préjugés des adultes.

Pour véhiculer son message, Mondo peut compter sur l’aide des personnages qu’il rencontre lors de ses pérégrinations. Ceux-ci, tout comme lui, vivent en marge de la société, soit parce qu’ils en sont rejetés (Le Vieux Dadi, le Cosaque, le Gitan), soit parce qu’ils sont âgés (Marcel, Giordan, le vieux rempailleur) ou étrangers (Ti Chin). Mondo nous plonge dans l’univers de ces laissés-pour-compte, ces personnes que l’on refuse de voir car elles évoquent souvent en nous une part de mal-être.

Cette nouvelle de l’auteur français apparaît ainsi comme un personnage existentialiste qui réalise que ses aspirations ne correspondent pas aux conventions sociales. Il vit le monde sans l’intellectualiser et ne s’intéresse qu’à ses sensations.

A propos de l'auteur

Les Résumés

Laisser un commentaire

error: www.lesresumes.com : Copyright !