Littérature

Le Clézio, Mondo et autres histoires, Celui qui n’avait jamais vu la mer : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés

Celui qui n’avait jamais vu la mer est une nouvelle de Jean-Marie Gustave Le Clézio publiée pour la première fois en 1978. Étudions ensemble cette œuvre considérée comme une critique de la société contemporaine et de la vie urbaine moderne, explorant les thèmes de l’évasion et de la quête de sens dans un monde de plus en plus complexe.

Résumé détaillé de Mondo et autres histoires – “Celui qui n’avait jamais vu la mer” de Jean-Marie Gustave Le Clézio

La disparition de Daniel

Daniel, un garçon discret et solitaire, rêve d’aventures et de voyages lointains, inspirés par le livre des aventures de Sindbad qu’il a toujours avec lui. Il ne s’intéresse pas aux sujets qui captivent les autres élèves, préférant penser à la mer et à des voyages imaginaires. Un jour, il disparaît mystérieusement, sans laisser de traces, en ayant pris soin de bien ranger son lit. Les élèves chuchotent sur sa destination, mais préfèrent garder le silence, tandis que les autorités s’efforcent de le retrouver. Finalement, l’affaire est classée et les adultes semblent s’en accommoder. On fait comprendre aux élèves que chaque année, des dizaines de milliers de personnes disparaissent sans laisser de traces et qu’on ne les revoit jamais. En entendant cela, les élèves se mettent à rêver au destin de ces personnes.

Rencontre avec la mer

Daniel est arrivé de nuit à bord d’un long train de marchandises. Après avoir quitté le train, il a marché loin de la ville et a finalement trouvé refuge dans une cabane pour dormir. Le matin, il a découvert qu’il se trouvait près de la mer, qu’il n’avait jamais vue auparavant. Émerveillé par la beauté et la grandeur de la mer, Daniel a marché le long du rivage, se laissant émouvoir par l’expérience. La marée montante et le vent changeant ne l’ont pas effrayé, et il a continué à marcher le long de la plage, fasciné par le mouvement de l’eau et du sable.

Daniel se met à boire de l’eau de mer pour étancher sa soif, malgré le goût salé, Daniel est émerveillé. Il explore la plage, ramasse des algues et des coquillages. Il s’aventure dans la mer au point que l’eau arrive jusqu’à sa ceinture. Il ne ressent ni le froid ni la peur, il est heureux et se sent libre. Soudain, une grosse vague arrive et le submerge. Daniel est forcé de ramper vers le sable. Il s’éloigne de la mer et s’assoit sur les dunes encore ébranlées par l’expérience. Il a le goût salé de l’océan sur sa peau et l’image des vagues dans ses yeux.

Wiatt, le Poulpe

Chaque matin, Daniel sort de la grotte pour boire l’eau de pluie et saluer les oiseaux de mer. Lorsque la mer se retire, il explore les fonds marins et s’empresse d’apprendre les secrets de la mer avant qu’ils ne disparaissent. Il chasse les poissons, les crevettes et les coquillages pour se nourrir, et les fait cuire sur un feu de varech. Il a un ami poulpe qu’il a rencontré dès son premier jour, et qui vit dans un endroit secret près des vagues déferlantes. Chaque jour, Daniel arrive au bord d’une mare et appelle son ami poulpe qu’il a nommé Wiatt. Celui-ci se présente à lui, caressant doucement ses chevilles et ses pieds. Ils ont une conversation silencieuse sur ce qui se trouve sous les vagues. Parfois, Daniel lui apporte un peu de nourriture. Wiatt les saisit rapidement avec ses tentacules, mais se cache dans une crevasse sombre pour manger. Daniel se dit que, tout comme lui, Wiatt a dû voyager longtemps pour trouver un foyer.

Course folle au coeur de la mer

Quand la mer est basse, la lumière se reflète sur l’eau et les rochers, créant une atmosphère éblouissante et étincelante. Daniel marche sur les rochers et les algues, émerveillé par cette scène exceptionnelle. Un jour, la mer est descendue si loin qu’on ne voyait plus qu’un mince liséré bleu à l’horizon, Daniel s’est mis en route à travers les rochers du fond de la mer, ressentant une sorte d’ivresse et de solitude.

Au milieu de cette plaine lumineuse et désertique, la lumière et le sel omniprésents avaient rendu Daniel libre et fou, le poussant à courir sans relâche. Mais bientôt, épuisé et aveuglé par la lumière, il s’assit sur un rocher, abattu par la soif et la chaleur.

Le vent s’est levé, apportant des nuages. Daniel a entendu le grondement de la mer qui revenait, les vagues frappant les rochers. Il s’est levé et s’est mis à courir vers le rivage, sentant une force inconnue en lui. Il courait au-devant de la mer, défiant les vagues et criant comme si c’était lui qui commandait la mer.

Daniel avait ressenti une joie intense, comme si la mer, le vent et le soleil avaient dissous le sel et l’avaient libéré. Il courait vite sur les rochers, ses pieds nus trouvant instinctivement les meilleurs passages. Il se sentait en harmonie avec la mer et le soleil, participant à cette danse éternelle entre le sel et la lumière, les vagues et le vent.

Daniel est entré dans une grotte pour observer la mer et le ciel. Mais la marée a commencé à monter rapidement, forçant Daniel à reculer plus profondément dans la grotte. Les vagues ont continué à monter, frappant les débris à l’entrée de la grotte, mais Daniel a commencé à regarder la mer intensément pour tenter de la faire reculer. Finalement, la mer s’est calmée et Daniel s’est allongé sur les galets, fatigué mais heureux. Il s’est endormi paisiblement sous le soleil couchant.

Le pacte de silence

Le narrateur évoque le mystère entourant Daniel “Sindbad“. Bien que les professeurs, les surveillants et les policiers l’ont recherché activement pendant un certain temps, ils ont fini par arrêter et faire comme s’il n’avait jamais existé.

Malgré cela, les élèves du lycée, ceux qui l’ont connu et ceux qui ne l’ont pas connu, ne l’ont pas oublié. Ils continuent de penser à lui, en se demandant où il pourrait être. Ils imaginent qu’il continue de parcourir le monde.
Toutefois, ils ne parlent pas beaucoup de Daniel, comme s’ils avaient conclu “un pacte de silence avec lui“.

Présentation des personnages

Daniel, un adolescent solitaire et passionné par l’histoire de Sindbad le marin (conte des Mille et une nuit), rêve d’aventures et de la mer qu’il n’a jamais vue. Un jour, il s’échappe de sa pension pour découvrir la mer et se laisse envoûter par sa beauté et sa puissance. Il se lie d’amitié avec un poulpe, qu’il nomme Wiatt, découvre le cycle des marées et trouve un refuge dans une grotte face à la mer. Cependant, il réalise aussi la cruauté de la nature et les dangers qu’elle représente. Le récit ne précise pas ce qui lui arrive ensuite, mais son aventure influence mystérieusement ses camarades de classe. Le Clézio souligne les similitudes entre lui et Daniel, notamment leur passion pour la mer, leur harmonie avec la nature et leur rejet des institutions qui entravent la liberté individuelle.

La mer est aussi omniprésente que le personnage principal, elle incarne une part de lui-même. Au départ, la mer n’apparaît que dans les pensées de Daniel, et à travers ses lectures de récits d’aventures tels que ceux de Sindbad. Ensuite, elle se manifeste comme un appel irrésistible. L’attrait de la mer culmine lorsqu’elle rencontre finalement Daniel, qui se sent en parfaite symbiose avec elle. Ils fusionnent l’un avec l’autre : elle fait de lui un héros où Daniel devient “Sindbad”. La mer est personnifiée à un tel point que Daniel parvient à établir une communication avec elle, d’une manière unique, comme il n’a jamais pu le faire avec aucun être humain.

Les parents de Daniel, les professeurs et les policiers représentent tout ce que Daniel cherche à éviter. Ces figures d’autorité incarnent les conventions futiles qui ne correspondent pas à son esprit ni à sa personnalité. Après l’avoir cherché pendant longtemps, ils finissent par l’oublier. On peut supposer qu’ils ont réalisé que cette “brebis égarée” ne reviendra jamais dans leur société. Le fait qu’ils abandonnent leur recherche illustre la rupture de Daniel avec cette société industrielle qu’il fuit, pour cet univers marin tant convoité.

Les élèves, à l’instar de Daniel, sont soumis à la prison “carcérale” instituée par la société. Ils incarnent ceux qui ont capitulé et ne prennent pas le risque de vivre de nouvelles expériences. Le départ de leur camarade les inspire et leur offre un moyen d’évasion. Cela leur permet de rêver et de s’évader de leur quotidien oppressant.

Analyse de l’oeuvre

Celui qui n’avait jamais vu la mer de cet écrivain français présente un protagoniste qui est intemporel, donnant à l’histoire une ambiance de conte ou de légende. L’histoire se concentre sur ce personnage principal (Daniel), qui finit par “voir” la mer.

Cette nouvelle, tiré de Mondo et autres histoires, est divisée en trois parties. Seule la deuxième partie relate les aventures de Daniel par un narrateur qui s’apparente à celui d’un conteur à en juger le style d’écriture. Ici, le narrateur est à l’aise avec les sentiments et les pensées de Daniel. Toutefois, s’il peut paraître omniscient, il conserve un certain mystère comme si lui aussi, à l’instar des camarades de classe de Daniel, avait fait un pacte de silence.
Dans la première et la troisième partie, le narrateur utilise le “on” et nous comprenons qu’il s’agit potentiellement d’un camarade de classe de Daniel. Avec cette troisième partie, le mystère de Daniel reste entier puisqu’elle est introduite par une série d’interrogations : “Après cela, qu’est-il devenu ? Qu’a-t-il fait, tous ces jours, tous ces mois, dans sa grotte, devant la mer?” et de suppositions : “Peut-être qu’il est parti vraiment pour l’Amérique, ou jusqu’en Chine, sur un cargo qui allait lentement, de port en port, d’île en île.“. C’est une manière pour Le Clézio d’inspirer le rêve et de susciter l’imaginaire du lecteur.

Le personnage principal, Daniel, est un enfant solitaire qui rêve de la mer. Cette dernière l’inspire d’autant plus qu’elle lui permet de s’éloigner de la cruauté et de l’austérité du monde adulte. Nourri par les aventures de Sindbad le marin, Daniel a trouvé un refuge dans cette société qu’il rejette. Toutefois, l’appel de la mer est trop fort et il finit par s’enfuir vers ce lieu tant convoité. Celui qui n’avait jamais vu la mer est avant tout une quête de liberté où Daniel incarne l’innocence, en contraste avec cette société industrielle créés par les adultes. C’est l’occasion pour lui de fuir les institutions qui entravent sa liberté et sa spontanéité, l’empêchant de s’épanouir pleinement. Dans cette nouvelle, Le Clézio propose un voyage initiatique dans lequel le personnage principal va se découvrir et se construire. Ici, la mer est un personnage à part entière qui se confond avec notre héros. En ce sens, même s’il est éloigné du monde urbain et de toute civilisation, Daniel n’est pas seul. En effet, il est en compagnie de la mer, il partage des moments avec Wiatt, un poulpe qu’il a rencontré lorsqu’il est arrivé sur la plage. Ce voyage initiatique lui permet de rechercher une existence plus authentique dans laquelle il est en harmonie avec la nature. Ses nouveaux amis et ce nouvel environnement lui donnent la chance de dévoiler pleinement tout son potentiel.

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