Littérature

Michel Leiris, L’âge d’homme : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés

Michel Leiris, un auteur français, a écrit L’Âge d’homme entre 1930 et 1935. Explorons ensemble cette autobiographie d’un nouveau genre.

Résumé Livre par Livre de L’âge d’homme de Michel Leiris

Introduction

PROLOGUE

Leiris a trente-quatre ans, il est arrivé à “la moitié” de sa vie. Il dresse un portrait détaillé de lui. Il justifie son apparence physique en raison de son signe astrologique, il est né le 20 avril, il est donc Taureau, mais il est proche du signe du Bélier. Il explique en détails les différentes manies qu’il a acquises au cours du temps. Progressivement, il les a toutes laissées tomber, mais explique qu’il pourrait peut-être en avoir d’autres qu’il n’a pas encore repérées.

Son activité principale est la littérature bien qu’il n’ait gagné aucune notoriété. C’est un ethnographe qui jouit d’une bonne situation et qui a pu voyager dans de nombreux pays. Toutefois, la barrière de la langue ne lui a pas permis d’en profiter pleinement.

Il éprouve du dégoût pour les femmes enceintes, l’accouchement et les nouveau-nés. Ce sentiment lui vient de son enfance. En effet, il avait neuf ans lorsque sa sœur a accouché d’une fille. Lorsqu’il a vu cette dernière au premier instant de sa vie, elle l’a écoeuré. Il explique également avoir eu la sensation de “vieillir” étant donné qu’il n’était plus le “petit dernier”.
Étant adulte, il n’a jamais voulu mettre au monde un enfant, car la naissance l’aurait fatalement conduit à la mort.

Leiris a du mal à associer l’amour et la sexualité à l’instinct de procréation. Il parle également de son amour pour sa partenaire actuelle. Il semble vouloir explorer les changements qui se produisent lorsque l’on passe de la jeunesse à l’âge adulte. Il souhaite commencer par aborder la métaphysique de son enfance.

VIEILLESSE ET MORT

Leiris réalise une réflexion personnelle sur la perception de la mort et de la vie à travers ses souvenirs d’enfance. Il décrit comment il a été exposé à des images de la mort violente, telles que les visites au cimetière avec sa mère et les gravures vues dans des illustrés, qui ont contribué à sa compréhension de la mort. À cette époque, il attribuait la mort au fait d’”aller au ciel”. Le mot “Suicide” lui est venu lorsqu’il a découvert, dans un quotidien, qu’un radjah s’était suicidé avec ses femmes lors d’un incendie. Depuis, il est incapable d’écrire le mot “suicide” sans penser au radjah.

Il découvrit le processus de vieillissement en ayant une vision matérialiste de la mort. Il pensait que ce processus était une série d’étapes, comme celles qu’il avait vues dans un album intitulé “Les couleurs de la vie“. Il ne se rappelait que de l’état de confusion de la naissance et des couleurs de l’âge mûr, comme le marron cuit qui symbolisait les personnes ivres.

SURNATURE

Il décrit sa curiosité et son émerveillement d’enfant quant à la façon dont les jouets apparaissent sous l’arbre de Noël, et plus précisément comment ils passaient par la cheminée. Il comprenait le mécanisme de cet événement en se basant sur l’idée que Dieu était tout-puissant et qu’il créait donc les jouets à l’endroit où ils se trouvaient sans qu’ils aient à passer par la cheminée. Il réfléchit également à la similitude de cette expérience avec le mystère de la naissance humaine, et à la façon dont l’apprentissage de la grossesse et de l’accouchement a conduit à un sentiment de maturité et de compréhension qu’il définit être l’âge de la raison.

L’INFINI

Leiris évoque sa première rencontre avec le concept d’infini lorsqu’il a vu une boîte de poudre de cacao néerlandaise dont l’image représentait une paysanne néerlandaise tenant une boîte identique portant la même image. L’auteur fut frappé par ces images identiques qui pouvaient être reproduites sans fin.

L’ÂME

Lorsqu’il était enfant, Leiris comparait l’âme à un colifichet (une pâtisserie légère et sèche) traversé par une aiguille verticale. Il explique que cette image provient probablement d’une expérience décrite dans un livre de géographie. Il se représente l’âme comme étant un corps solide, peu consistant et irrégulier.

LE SUJET ET L’OBJET

Lorsqu’il était enfant, il se méfiait de la nature, le monde était limité à lui-même. Toutefois, il évoque la première érection qu’il a eue, à l’âge de six-sept ans, lorsqu’il a vu des enfants, vêtus de haillons, pour grimper à des arbres. Cette réaction de son sexe vis-à-vis de ce qu’il vit le fait entrer en scène dans le monde extérieur.

Il décide d’écrire ces pages comme une confession pour se libérer de certaines choses qui le tourmentaient. Il compare cette galerie de souvenirs à un rosaire, un bout de jardin et un signe étrange qui sont des résumés de son univers. Il suggère que le sujet de ces mémoires pourrait être comment le héros passe du chaos de l’enfance à l’ordre féroce de la virilité.

LIVRE 1 – TRAGIQUES

Quand il était enfant, il passait beaucoup de temps à assister à des opéras et des drames lyriques avec ses parents, tous deux passionnés de théâtre. Il décrit les impressions qu’ont eues sur lui les différents spectacles qu’il a vus et comment cela a influencé sa façon de se comporter. Il nous fait part de ses questionnements sur les significations profondes de certains spectacles comme Parsifal, qu’il sait qu’il y a quelque chose à comprendre mais qu’il ne peut pas encore comprendre en raison de son “impuberté”.

Il évoque Paillasse, une pièce de théâtre que sa sœur avait vu au théâtre, dans laquelle le personnage principal tuait sa femme. Il crut que la partenaire de Paillasse était poignardée à chaque représentation. Il raconte deux autres expériences qu’il a vécues au théâtre : le spectacle de magie où il a oublié de se lever pour aller aux toilettes et la peur qu’il a ressenti en prenant le bateau-mouche après avoir vu Le tour du monde en 80 jours.

Enfant, il était fasciné par l’Opéra et le considérait comme un monde à part, distinct de la réalité. Il percevait les spectacles comme reflétant la vie des adultes les plus belles et les plus privilégiées, et aspirait à cette vie prestigieuse avec une certaine crainte. Il avait un goût prononcé pour le tragique et les amours malheureux, et croyait que l’amour ne pouvait être vrai qu’en engageant la vie et la mort. Pour lui, toutes les histoires venaient à se terminer d’une façon lamentable. Il explique qu’il appréciait les rôles de “souffre-douleur” étant donné qu’il révélait “un des traits profonds de [son] caractère“.

Leiris est séduit par trois héroïnes des Contes d’Hoffmann : Olympia, Giulietta et Antonia. Il explique comment cette œuvre a influencé sa perception de la femme fatale. Il décrit également d’autres images symboliques de la femme qui ont éveillé son intérêt, comme Anne Boleyn, Judith, Sainte Geneviève, Jeanne d’Arc et Marie-Antoinette.

LIVRE 2 – ANTIQUITÉS

Leiris nous fait part d’un rêve qu’il a fait dans lequel des voyantes se trouvent être des vampires.

Il décrit sa fascination pour les allégories, des histoires ou des images qui servent à enseigner une leçon ou à résoudre une énigme. Il explique que c’est sa sœur qui l’a initié à certaines représentations mythologiques telles que la Vérité et le Mensonge. Il mentionne également d’autres allégories, telles que la fable du paon Illusion et de la tortue Expérience, et l’histoire de Misère. Il dit que cette fascination pour les allégories a influencé son goût pour l’hermétisme et sa tendance à penser en utilisant des formules, des analogies et des images. Il admire les œuvres de Cranach, un artiste, notamment Judith et Lucrèce.

FEMMES ANTIQUES

Leiris exprime l’attirance qu’il a pour le monde antique et la manière dont celui-ci a été pour lui une source de plaisir sensuel. Il est particulièrement attiré par les constructions en marbre et l’idée de Rome (cérémonies, jeux de gladiateurs). Il attribue le mot “courtisane” à une valeur érotique et comment il s’est imaginé en être une lorsqu’il était enfant, lors de ses plaisirs solitaires. Il est fasciné par les villes bibliques de Sodome et Gomorrhe.

FEMME DE PREUX

Leiris évoque la gravure d’une illustration de “Le Mariage de Roland” vue dans l’édition illustrée de “La Légende des Siècles” possédée par son père. La gravure représente Roland et Olivier combattant, torse-nu, casqués et boucliers contre boucliers, aucune femme n’est figurée. L’auteur décrit l’odeur de la sueur et de métal qui se dégage de cette gravure.

SACRIFICES

Leiris raconte l’offrande sacrificielle qu’il a faite aux ruines d’un temple de Zeus en Grèce en 1927. À la puberté, il partageait, dans sa chambre, un culte avec l’un de ses amis en l’honneur de divinités païennes qu’ils avaient inventées (Baïr : dieu de l’alcool ; Castles : dieu des cigarettes). Ces pratiques révélaient des aspects sadiques ainsi qu’une obsession pour l’érotisme et la peur. Un de ses cauchemars reflète clairement sa hantise du châtiment.

LUPANAR ET MUSÉES

Leiris a fait un rêve érotique qui l’a conduit à associer détroit à ravin des fesses. Il considéra les musées comme étant aussi érotiques que l’antiquité, comparant même les musées à des “bordels“. Terme dont il a appris l’existence grâce à son frère, mais qu’il a compris comme portel au lieu de bordel (porte et hôtel).

LE GENIE DU FOYER

Leiris parle de l’antiquité comme une époque où les femmes portaient des robes longues ou des chemises de nuit, et décrit une chambre d’enfant séparée de celle des parents par un couloir avec un cabinet noir contenant des vêtements. L’auteur évoque également sa peur de ce réduit et comment il a vu sa mère se déshabiller un soir.

Leiris se rappelle de sa mère, qu’il voyait souvent en chemise de nuit. Il décrit la sensation de douleur, mêlé au plaisir, qu’il ressentait lors de ces crises de toux nocturnes, ainsi que la tendresse et les soins que sa mère lui prodiguait. Il appréciait d’être malade, car cela lui apportait un sentiment de liberté et d’attention. Il était alors le centre du monde.

DON JUAN ET LE COMMANDEUR

Leiris était attaché à deux livres offerts par sa mère. Un livre de Racine avec l’histoire d’Iphigénie et la poésie, et un livre de Molière, Don Juan, dont il appréciait le portrait du méchant seigneur et l’apparition de la statue du Commandeur. Il attribue son goût pour la littérature classique en raison du lien qu’il avait avec sa mère. Il fut troublé lors de la rencontre avec les personnages de Lucrèce et de Judith.

LIVRE 3 – LUCRÈCE

Leiris présente une analyse de la figure de Lucrèce, une femme romaine qui a choisi de mettre fin à ses jours pour purger la honte de son honneur souillé (viol) L’auteur considère que les actes sexuels sont une source de vérité et s’intéresse particulièrement aux corridas, qu’il voit comme des sacrifices réels, où le sacrificateur est lui-même en danger de mort. Il examine également le lien entre cette pratique et la religion, tout en soulignant que les cérémonies actuelles ne peuvent être considérées comme des survivances de cultes anciens. Après avoir assisté à six corridas, Il affirme que pour lui, l’essentiel est le côté sacrificiel.

MON ONCLE L’ACROBATE

L’oncle maternel de Leiris était un personnage complexe, qui a joui d’une vie riche en rebondissements. Accueilli par la mère de Leiris suite à une blessure, il venait d’une famille aisée et conservatrice. Malgré ses débuts prometteurs en tant qu’acteur de théâtre, il a fait le choix de devenir chanteur de café-concert puis jongleur de cirque. Cela a été mal perçu par son entourage. Néanmoins, il a su inspirer Leiris en choisissant de mener sa vie comme il l’entendait, et ce, peu importe l’avis des autres. Leiris se rappelle que son oncle est mort un jour où il neigeait.

YEUX CREVÉS

Leiris décrit deux situations dans lesquelles il a été impliqué dans des événements liés à des yeux crevés. Dans la première situation, il a accidentellement tiré une flèche dans l’œil d’une servante de ses parents alors qu’il était enfant. Dans la seconde situation, l’auteur a été impliqué dans un jeu où on lui bandait les yeux et on lui faisait croire qu’il était en train de crever l’œil de quelqu’un. Ces événements ont eu un impact profond sur Leiris. Par ailleurs, ces expériences l’ont conduit à une tendance à regarder les organes féminins comme sales ou comme des blessures.

FILLE CHÂTIÉE

Lors d’une pièce de théâtre sur la naissance de Jésus-Christ, Leiris a eu un sentiment de malaise à l’égard d’une fille qui devait jouer le rôle d’une condamnée à mort.

Alors qu’il préparait son second baccalauréat, il fut expulsé de l’école à plusieurs reprises sous prétexte qu’il incitait ses camarades à boire plutôt que de travailler. Toutefois, il a toujours su retrouver sa place dans l’établissement, car il prétendait au directeur qu’il irait s’engager pour la guerre afin de se “racheter“.

SAINTE MARTYRISÉE

Leiris nous parle de ses impressions concernant l’ouvrage du cardinal Wiseman Fabiola, qui raconte l’histoire des malheurs endurés par les chrétiens, dont Fabiola, sous la persécution romaine. Il associe ce souvenir à ce qu’il a vu lorsqu’il a été visité le musée Grévin (les “Catacombes“, des chrétiens nus derrière les grilles qui les séparent des lions auxquels ils sont promis et une belle femme de cire, toute nue, allaitant un enfant.)

Il nous fait part de sa première communion, où il attendait un miracle, mais il fut déçu. C’est pour cette raison qu’il a cessé de croire et de pratiquer.

LIVRE 4 – JUDITH

Dans la première partie, Leiris se concentre sur une analyse de la figure biblique de Judith. Elle est décrite comme une héroïne complexe ayant commis un meurtre pour laver la souillure de sa sexualité. L’auteur examine également les thèmes de la mort et de la perte, en comparant ces expériences à l’acte sexuel. Il partage ses réflexions sur le suicide et la façon dont les individus peuvent utiliser la peur comme une forme de magie pour se libérer. Il est touché par la situation de Judith en tant que veuve et meurtrière, et il décrit une expérience personnelle liée à une gravure de mauvais goût de son père, qui rappelle l’histoire d’un homme qui a détesté son père pour une raison triviale. L’auteur évoque sa tante par alliance (Tante Lise), une cantatrice flamande qui était souvent présente lors des soirées musicales organisées par son père et qui lui rappelle Judith à travers ses rôles de théâtre.

CARMEN

Dans cette partie, Leiris nous parle du rôle de la belle Carmencita que sa Tante Lise a pu jouer. Un rôle “en rapport avec les courses de taureaux.

LA GLU

Leiris réalise le résumé d’un drame lyrique intitulé Marie-des-Anges basé sur un roman de Richepin. Il raconte l’histoire d’une veuve de pêcheur qui tue la catin de la ville qui a enjôlé puis lâché son fils. L’ancien mari de la vamp (une femme considérée comme malveillante et séductrice) se dénonce pour sauver la coupable. Le personnage de Tante Lise joue le rôle de Marie-des-Anges, une femme simple et bonne mère, en opposition à la mauvaise amante (la vamp). Il y a également une chanson appelée “Chanson du Cœur” qui est émouvante, qui parle d’un fils qui tue sa mère pour donner son cœur à sa mauvaise amante.

SALOMÉ

Leiris nous fait part de ses expériences avec l’opéra Salomé de Richard Strauss, basé sur la pièce d’Oscar Wilde. Il nous explique à quel point elle l’a affecté au fil du temps. Il évoque ses propres expériences d’automutilation (il se mutile nu dans la salle de bain) et sa relation avec les personnages de l’opéra. Il trouve l’opéra dérangeant et érotique, et s’identifie au personnage du tétrarque, qui est faible et cruel.

ELECTRE, DALILA ET FLORIA TOSCA

Leiris évoque un portrait de Tante Lise dans Comœdia illustré ou Musica qui représente la personnage d’Elektra dans l’opéra Elektra de Richard Strauss. Elle est représentée comme une bacchante, échevelée, pieds nus, le visage empreint d’une joie sauvage et tenant à la main une torche allumée. Il se souvient d’avoir entendu dire que Tante Lise s’était abîmé la voix en chantant ce rôle en raison de sa violence et des immenses écarts sonores qu’il implique. Il mentionne également que Tante Lise a également chanté d’autres rôles de femmes comme Dalila ou Floria Tosca.

LE VAISSEAU FANTÔME

Leiris décrit une pièce de théâtre de Richard Wagner intitulée Le Hollandais volant, dans laquelle l’héroïne, Senta, se noie volontairement pour lever la condamnation à l’errance éternelle qui pèse sur le personnage principal, le Hollandais volant. Il exprime l’attrait que ce personnage fantastique exerce sur lui, ainsi que l’idée romantique du salut par l’amour et de l’attrait du vagabondage. Au cours d’un voyage en Afrique, il a pensé à ce personnage à plusieurs reprises.

NARCISSE

Leiris nous parle de Narkiss, un ballet, de Xavier Leroux, qu’il a vu dans son enfance, jugé scandaleux pour l’époque (Nudité et violence). À la sortie de la représentation, il entend deux personnes échanger des commentaires sur l’acteur qui jouait le rôle de Narcisse, il s’est rendu compte qu’ils étaient homosexuels. Il décrit cette expérience troublante. Celle-ci a contribué à sa compréhension de l’amour comme quelque chose de menaçant et fatal.

Dans ses yeux d’enfants, sa Tante Lise, une femme paisible et respectable, devient une “mangeuse d’hommes“. Il aurait aimé qu’elle soit mariée à son oncle acrobate.

LIVRE 5 – LA TÊTE D’HOLOPHERNE

Le début de ce chapitre présente un extrait de Cazotte, tiré des Illuminés, qui décrit une roue équipée de lames tranchantes qui coupent rapidement les parties du corps en morceaux.

Leiris évoque ensuite deux souvenirs distincts, le premier remonte à son enfance lorsqu’il était assis à côté d’une fillette à l’école et observait avec elle un livre d’histoire sainte qui racontait le sacrifice d’Abraham. Le second se compose de rêves récurrents où des animaux le dévorent, comme un loup ou un cheval de fiacre. Ces souvenirs sont liés à des émotions de peur et d’horreur qui ont affecté l’auteur.

GORGE COUPÉE

Lorsqu’il avait cinq ou six ans, ses parents lui ont fait croire qu’ils l’emmenaient au cirque alors qu’ils allaient chez le chirurgien. Leiris a eu droit à une chirurgie de retrait de végétations de la gorge douloureuse et inattendue. Ce souvenir reste assez pénible pour lui, d’autant plus qu’ils ont instauré un climat de méfiance où le monde est rempli de pièges et de mensonges.

SEXE ENFLAMMÉ

Toujours lorsqu’il était enfant, Leiris a eu une maladie appelée balanite, une inflammation du gland du pénis. D’autre part, il avait une tendance congénitale au phimosis. Ces expériences ont eu un impact considérable sur sa vie érotique. Dès l’instant où il a eu ces premières érections, il a d’abord cru que la maladie était en train de revenir. Pour couronner le tout, son frère lui a partagé l’expérience d’un garçon qui s’est retrouvé infirme pour avoir couché trop tôt. Enfant, Leiris considère donc l’acte sexuel comme quelque chose de dangereux.

PIED BLESSÉ, FESSE MORDUE, TÊTE OUVERTE

Leiris décrit comment il jouait à reconstituer une scène de Napoléon blessé à Ratisbonne, en se mettant dans la peau d’un héros. Il évoque également ses jeux de toréador avec un costume hérité de son frère aîné, et un cousin qui a été mordu par un chien, dont la morsure avait été si profonde “qu’un morceau de fesse était resté dans le caleçon“. Il se rappelle son cousin comme un garçon gras et en bonne santé qui était admiré par sa famille.

Au cours d’un été qu’ils passaient dans une villa qui n’avait pas d’eau courante, Leiris, sa sœur et la femme de ménage ont assisté à un accident de vélo en revenant de la pompe. Gravement blessé, sa sœur s’est précipitée pour le soigner en utilisant l’eau qu’ils avaient rapportée. La femme de ménage dira plus tard que sa sœur ressemblait à une sainte. Cet accident a fait une forte impression sur Leiris en expliquant que cette expérience a révélé l’altruisme et la maturité de sa sœur.

CAUCHEMARS

Le Palais du Trocadéro était un lieu funeste et glacial pour Leiris, notamment en raison des réunions du cercle artistique auquel participait son père. Durant ces réunions, deux événements l’ont particulièrement perturbé :

  • l’exhibition des “Secouristes français” qui mettait en scène un vieillard tombant au milieu de la salle. Cela a provoqué en lui une sensation d’angoisse et de pitié pour les “faits divers“.
  • des vers tirés d’un poème intitulé Les Cauchemars, récité par une femme corpulente, qui incarnait pour lui la personnification même du cauchemar.

MON FRÈRE ENNEMI

Leiris présente son frère aîné,comme un goinfre et une personne malicieuse. Il a un caractère impulsif et mène une vie extravagante en tant qu’artiste. Bien qu’il soit méprisé par ses jeunes frères, il finit par s’installer et mener une vie respectable.

MON FRÈRE AMI

Leiris se décrit comme une personne craintive et peu turbulente, qui aime faire des promenades à pied. Il parle de sa relation avec son second frère. Ils ont des tempéraments similaires et une morale commune, ils se réunissent tous les soirs pour se raconter des histoires épiques avec des personnages animaux. Son frère lui a raconté une histoire qui lui a semblé légendaire, où il aurait gagné le Grand Prix de Paris au cerceau. Il lui décrit en détail la course, y compris son avantage pris dès le départ, sa chute désastreuse et sa victoire finale malgré la douleur. Il a suscité en Leiris une admiration presque mythique. Il explique à quel point cette histoire l’a influencé dans sa définition du courage, qui est lié à la capacité de résistance face à des situations difficiles plutôt qu’à des actions d’éclat ou à des faits de bravoure militaire. Il admire la leçon de courage, l’endurance et le stoïcisme que son frère a manifesté.

Il raconte une expérience passée dans un hôtel du Havre, sur le quai de Southampton. Il a une affection pour les villes maritimes et les ports fluviaux, et décrit un bar anglais appelé “Silver Dollar” où il a passé du temps avec un ami, et où il y avait des barmaids blondes, l’une s’est mariée et l’autre est devenue triste et grasse.

Leiris en vient à parler de deux souvenirs liés à la mer. Le premier est celui d’une tempête qu’ils ont vécue alors qu’ils revenaient d’Angleterre en France à l’âge de 12 ans, et le second est celui de leur départ de Marseille alors qu’ils étaient mariés, partant pour l’Égypte pour échapper aux troubles intérieurs. Il réfléchit aux émotions et aux sentiments éprouvés lors de ces instants et à la perspective unique qu’ils offrent sur la vie.

Leiris raconte une expérience qu’il a eue pendant un voyage au Havre où il a passé la soirée dans des bars, boîtes de nuit et bordels, ressentant une sensation de profonde humanité et de grandeur dans les bordels du port. Le lendemain matin, il a eu une expérience de méditation en se promenant sur les falaises et a réalisé que la bouée solitaire qu’il voyait sur la mer était comme la prostituée avec qui il avait parlé la veille, humble et douce.
Il écrit sur une partie consacrée à l’homme blessé et comment il perd le fil de son histoire, avec des thèmes qui deviennent confus et inconsistants. Il parle également d’un souvenir de vacances de Pâques avec son frère, où ils se considéraient comme des jockeys en pension chez leur entraîneur, s’identifiant à des célébrités du turf pour se sentir grands et forts. Il suggère que ces identifications étaient peut-être similaires à celles des saints du catéchisme.

Leiris et sa famille faisaient un voyage en bateau, mais ont été obligés de passer la nuit au Havre à cause du brouillard. Lui et ses frères étaient excités par la tournure inattendue des événements, mais leurs parents ne l’étaient pas, ils étaient de mauvaise humeur.
Le second frère de Leiris brise une fenêtre et leur mère a peur que quelqu’un soit blessé. À cause de cet incident, ils arrêtent de jouer et passe le reste de la nuit dans la crainte d’être arrêtés. Leiris réfléchit à la façon dont cet incident les a rendus plus prudents.

POINTS DE SUTURE

Leiris raconte le moment où il s’est blessé à l’arcade lors d’une récréation à l’école. Croyant que sa blessure allait défigurer son visage, il sait demander comment il pourrait aimer à l’avenir. Il a été soigné par un pharmacien et un médecin, et il a gardé une cicatrice visible de la blessure. Cet incident lui a valu une certaine popularité à l’école. Il était fier d’être celui qui a vu la mort de près.

Pour finir, Leiris traite de son attirance pour les histoires tragiques et sanglantes, un intérêt qui est également source d’anxiété et de désir. Il reconnaît qu’il peut y avoir un élément d’arbitraire dans le choix des faits qu’il présente, mais soutient que cela reflète sa prédilection pour ces histoires. Il acquiert une compréhension progressive de la théorie de l’amour, toutefois, il reconnaît qu’il a besoin de connaissances pratiques.

LIVRE 6 – LUCRÈCE ET JUDITH

Leiris décrit un rêve qu’il a fait en 1928, dans lequel il voyage à pied dans un pays montagneux et arrive à Delphes où il trouve un ravin profond entouré de déserts et de chaînes de montagnes, avec des parois abruptes qui semblent bouger, et où des hommes barbus jettent des boulets de marbre dans le gouffre.
Il évoque également ses lectures d’enfant, notamment les récits légendaires des Romans de la Table Ronde, qui l’ont marqué et qu’il aimait particulièrement. Il exprime son désir de vivre une expérience amoureuse platonique avec un peu de vice. Il s’identifie à l’épisode de Merlin perdu dans la forêt de Brocéliande, étant donné qu’il se sent piégé par son propre enchantement. Il parle de son admiration pour Cléopâtre, qu’il considère comme une femme idéale.

Il évoque ses souvenirs d’enfance, marqués par une sensibilité et un goût pour les larmes et la comédie. Il nous explique comment il a perdu cette capacité à pleurer avec l’âge, et comment certaines femmes l’ont attiré mais ont également suscité sa peur. Il conclut en partageant une anecdote sur son attachement à la relation entre peur et beauté, inspirée par une citation d’Apollinaire. (Cette femme était si belle / Qu’elle me faisait peur.)

LIVRE 7 – AMOURS D’HOLOPHERNE

Ce chapitre s’ouvre sur une page d’un journal intime qui date de 1924, lorsque Leiris avait vingt-trois ans. Il se décrit comme un petit-bourgeois qui essaie de donner l’illusion d’être quelqu’un d’autre en utilisant des masques et des lunettes déformantes. Il se considère comme sadique, alcoolique et paresseux. Il est déçu par sa vie. Il redoute la mort et la souffrance physique, mais pas les souffrances morales. Il reconnaît qu’il devrait se suicider, mais c’est la dernière chose qu’il ferait.

Leiris partage des réflexions sur une femme au prénom anglais, avec laquelle il a eu une relation de quatre ans, qui incarne à la fois Judith et Lucrèce. En raison de ses racines, il la compare également à Phèdre.

KAY

Leiris nous parle d’une femme nommée Kay, en instance de divorce, qu’il a rencontré après les événements du 11 septembre 2001, à une époque où il y avait un sentiment de liberté et où la musique de jazz était populaire. A cet époque, Leiris était en fin d’études et avait deux amis : un camarade de classe à moitié britannique surnommé “L’homme à la tête d’épingle” et une étudiante lesbienne plus âgée, riche et instable, surnommée “Le Hibou“.

Ensemble, ils ont un mode de vie nocturne, dansant le shimmy et embrassant la mode américaine, tout en restant chastes. Un jour, leur groupe d’amis, fasciné par la mort et le suicide, a rencontré un homme plus âgé qui est rapidement devenu un problème pour leur dynamique de groupe.

Au fil du temps, il se lasse de ce mode de vie et rêve d’une femme qui ressemble à l’impératrice Eugénie. Quelques jours plus tard, lui et ses amis sont allés à une fête chez Kay et il est tombé malade avec de la fièvre. Ils font une autre fête chez elle et le 7 août 1919, il la rencontre seul et il perd sa virginité. Il se lie rapidement avec elle, mais se lasse vite de leur relation. Kay le trouve trop intellectuel et il lutte contre la peur, la timidité et le sentiment d’humiliation. Il a envisagé de l’épouser pendant qu’il était à l’armée mais ne l’a finalement pas fait et ils ont fini par rompre. Leiris finit par lui révéler qu’il ne l’aimait plus.

LE FESTIN D’HOLOPHERNE

Après avoir achevé son service militaire, Leiris se consacra entièrement à la littérature et se réfugia dans la poésie. Il était en quête d’un idéal de rigueur, comme il le faisait poétiquement, et son état physique reflétait son état psychique. Ses débuts en littérature furent synonymes de pauvreté. Il rencontra une jeune fille qu’il considérait comme le reflet d’une image d’Épinal qu’il cultivait en lui, mais elle refusa sa demande en mariage. Il participa au mouvement littéraire moderne, restant chaste et ayant des rêves qui symbolisaient la mort par décapitation. Il craignait de devenir fou, mais finit par se fiancer avec la jeune fille qu’il avait demandée en mariage un an auparavant.

LIVRE 8 – LE RADEAU DE LA MÉDUSE

En novembre 1929, Il a réalisé qu’il souffrait d’une maladie mentale. Il a décidé de suivre un traitement psychanalytique pour se débarrasser de son sentiment d’impuissance tant génitale qu’intellectuelle. Il décrit également ses expériences de débauche comme des tentatives maladroites d’affranchissement qui ne lui ont apporté aucun plaisir mais plutôt de la frustration. Il considère le sadisme et le masochisme non pas comme des vices mais comme des moyens d’atteindre une réalité plus intense. Il pense que l’amour est trop gratuit et dépourvu de gravité et qu’il faudrait que la sanction de la déconsidération sociale, du sang ou de la mort intervienne pour que le jeu en vaille la chandelle.

Il cherche à se libérer de l’illusion de la punition renforcée par l’influence de la morale chrétienne et les contraintes des conventions illogiques et inhumaines de la civilisation, qui, selon lui, conduit à la production de criminels et à la destruction ou à la guerre comme solutions à des problèmes tels que la surproduction et le chômage. Il a eu des résultats mitigés pendant le traitement, qui comprenait des incidents d’ivresse, des rencontres sexuelles et de la violence.

Il rencontre une femme qui le fascine. Il ne passera que quelques heures avec elle avant de la quitter et il ne la reverra jamais. Il finit par s’enivrer et errer dans les rues à sa recherche, mais il ne se souvient pas de son nom.

Leiris a fait un voyage en Afrique et est tombé amoureux d’une Éthiopienne à Gondar qui avait des problèmes physiques et moraux, elle était syphilitique et a subi des avortements et des tentatives de meurtre de la part de ses maris. Il a assisté à un sacrifice de bélier blanc et a eu une relation intime avec elle sans avoir de relations sexuelles. Il a ensuite eu des relations occasionnelles avec des femmes somaliennes qui lui ont laissé une impression de paradis.
Leiris découvre que le voyage n’est pas un moyen d’évasion et se sent vide. Il se sent prisonnier d’un dilemme entre le monde réel et le monde “phantasme”. Il cherche une solution.

Il analyse sa relation avec son père et la manière dont elle est liée à sa compréhension de la figure de Judith et du concept de castration. Il réfléchit également à l’influence de son éducation catholique sur son sentiment de culpabilité et à l’attrait de la confession comme moyen de gérer cette culpabilité. Leiris est passé par différents états émotionnels, d’un état flamboyant mais non-viable à un état plus banal, mais tout aussi non-viable. Il remarque tout cela est lié à un rêve qu’il a fait, dans lequel il était punie par un ami pour avoir adopté une idéologie nihiliste.

Leiris a eu une relation avec une femme étrangère qui s’est avérée trompeuse. Il faisait des rêves qui reflétaient ses obsessions, dont deux mettant en scène Lucrèce et Judith. Il devait également faire face au fait que sa femme fût alitée.

LA FEMME TURBAN

Leiris est impliqué dans un complot avec un ami rencontré dans un cercle politique. Ils traversent un pays colonial et arrivent dans une ville sordide. Ensuite, il se trouve assis à son bureau, devant une pièce d’étoffe avec des signes. Il l’enroule autour de sa tête comme un turban et se sent en extase, pensant qu’il ne lui reste plus qu’à mourir. Il finit par se réveiller. Le lendemain, il se rend compte que la femme-turban de son rêve est en fait son amie qui lui a demandé de l’aide pour nouer son turban. La pièce d’étoffe chargée de signes est inspirée par les persiennes de sa chambre à coucher.

L’OMBILIC SAIGNANT

Leiris sort d’une manifestation avec son amie, en compagnie de son frère aîné qu’il n’apprécie pas. Il se sent isolé avec son amie. Ils se disputent puis se réconcilient. Étant donné que les mots ne suffisent plus, ils finissent par s’embrasser pour la première fois.
Leiris et son amie sont seuls dans une pièce triste et ordinaire, l’amie est allongée nue sur un canapé avec une petite flaque de sang au niveau de son nombril. Leiris éprouve de la pitié et de la tendresse pour elle et enlève le sang. Le rêve se poursuit avec des scènes quotidiennes et banales.
Dans un rêve, Leiris conduit son amie chez elle avec sa sœur et éventuellement une amie. La sœur est décrite comme étant en surpoids et vulgaire. L’amie dit à la personne qu’elle l’aime, mais qu’elle n’apprécie pas sa façon de s’habiller. Leiris est bouleversée et réfléchit à ses choix vestimentaires. Il lui explique son besoin de “construire un mur autour de soi, à l’aide du vêtement.

Présentation du personnage

Dans ce roman autobiographique, beaucoup de personnages gravitent autour de Michel Leiris tels que sa mère, son père, ses frères et sa sœur. Mais également sa tante Lise, son oncle, ses amis, les femmes qu’il a aimées. Toutefois, dans cette œuvre, Michel Leiris est à la fois : l’auteur, le narrateur et l’objet de son œuvre. L’âge d’Homme est avant tout un essai dans lequel il tente de mieux comprendre comment il fonctionne. Mais qui était Michel Leiris ? Né à Paris, Michel Leiris réalise des études de chimie. N’appréciant pas cette voie, il se met à écrire et à côtoyer les surréalistes. Dans un premier temps, il va réaliser des missions ethnographiques et très bien, il va devenir ethnographe au Musée de l’Homme de Paris.
Dans les années 30, il entame une psychanalyse qui va transformer sa vie, mais également son écriture.

Analyse de l’oeuvre

Dans son autobiographie, Leiris raconte sa vie à travers des souvenirs personnels qui, bien qu’ils soient confus, sont organisés par thèmes. Il s’inscrit dans la tradition autobiographique en partageant ses souvenirs d’enfance et des moments authentiques de sa vie, tout en renouvelant le genre par le biais de sa structure narrative et en dévoilant des souvenirs intimes. Il écrit à la première personne et établit un pacte de lecture pour garantir l’authenticité de son histoire, comme le montre l’autoportrait qui ouvre le récit avec un style d’écriture simple et spontané. Leiris crée également une alternance constante entre le “je” adulte et le “je” enfant, se remémorant ses souvenirs tout en étant conscient des difficultés et des risques liés à la mémoire. Il s’efforce de faire preuve de sincérité en mentionnant les moments où sa mémoire lui fait défaut. C’est pour cette raison qu’il faut faire très attention en lisant L’âge d’Homme et se montrer prudent vis-à-vis de ce que nous dit Leiris. Ce dernier peut choisir d’oublier, volontairement ou non, des parties. En effet, il peut avoir eu envie de dissimuler certains éléments pour se montrer sous son meilleur jour possible. Il est important de se dire qu’une œuvre autobiographique est, bien souvent, un récit rétrospectif. Cela signifie qu’il y a un décalage, plus ou moins éloigné dans le temps, entre ce que l’auteur écrit et les souvenirs qu’il tente de retranscrire. Ceci souligne le fait que, même s’il essaie d’être le plus authentique possible, la tâche se révèle plus ardue qu’il n’y paraît et nous ne pouvons donc pas considérer cette œuvre réellement sincère et fidèle à la vie de l’auteur.

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