Littérature

Molière, Le Médecin Volant : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés

La pièce Le Médecin volant est considérée comme une des premières œuvres de Molière, même si la date de sa composition n’est pas connue avec certitude. Elle n’a pas été publiée de son vivant et le manuscrit n’a été retrouvé que plus tard. Il est possible que la version actuelle soit une révision effectuée par l’auteur à un stade ultérieur de sa carrière, ce qui pourrait expliquer pourquoi le personnage du valet est appelé Sganarelle, plutôt que le traditionnel Arlecchino (Arlequin) de la commedia dell’arte. Explorons ensemble cette farce de seize scènes d’un des plus grands dramaturges français.

Résumé scène par scène de Le Médecin Volant de Molière

SCÈNE 1

Valère demande des conseils à Sabine, la cousine de sa bien-aimée, Lucile. Le père de cette dernière, Gorgibus, veut qu’elle épouse Villebrequin contre son gré. Elle a feint d’être malade pour retarder le mariage. Sabine conseille à Valère de trouver un médecin pour que celui-ci prescrive à la “malade” qu’elle soit logée dans un pavillon dans le fond du jardin pour se reposer. Cela permettrait donc une occasion pour les deux amants de se retrouver. Valère n’ayant pas de médecin sous le coude, Sabine lui propose qu’il dupe son oncle en faisant passer son valet, Sganarelle, pour un médecin.

SCÈNE 2

Valère fait part de son idée à son valet Sganarelle. Dans un premier temps, ce dernier n’est pas sûr de pouvoir jouer le rôle du médecin qui est une tâche bien plus complexe que celle qu’il fait habituellement. Toutefois, les dix pistoles suffisent à le convaincre. D’autant plus que Gorgibus serait un homme facile à duper. En effet, il suffirait qu’il fasse quelques références pour le tromper. Sganarelle accepte de marcher dans la combine et il ne manque plus que l’habit du médecin.

SCÈNE 3

Gorgibus demande à Gros-René, son valet, d’aller chercher un médecin. Cependant, Gros-René se plaint de la décision de son maître de marier sa fille à un vieil homme. Il regrette le report des festivités associées au mariage. Il compte aller chercher un médecin autant pour soigner Lucile que pour soigner ses propres maux.

SCÈNE 4

Sabine va voir son oncle, Gorgibus, pour lui annoncer qu’elle a trouvé un médecin extraordinaire pour sa fille. En arrivant, Sganarelle se met à citer Hippocrate et Galien avant de faire quelques phrases en latin pour lui donner un air cultivé. Il s’intéresse d’abord au sang du père puis demande à ce qu’on ramène de l’urine de la malade afin qu’il puisse le goûter. N’en n’ayant pas assez pour établir un diagnostic, il demande à ce qu’on lui en ramène davantage, mais Sabine revient avec moins d’urine que la première fois. Sganarelle prétend qu’il faudra lui donner une “potion pissative“.

SCÈNE 5

Sganarelle examine Lucile, citant le nom d’Ovide et discutant de la mélancolie et de la bile. Il écrit une ordonnance recommandant à la malade d’aller se divertir à la campagne. Gorgibus explique qu’il a de belles chambres dans son jardin et Sganarelle souhaite visiter les lieux. Tout le monde sort.

SCÈNE 6 & SCÈNE 7

Un avocat vient se renseigner sur l’état de santé de Lucile et offre son aide à Gorgibus. Ce dernier évoque ensuite Sganarelle, comme un “homme savant”, ce qui intéresse fortement l’avocat.

SCÈNE 8

Devant Sganarelle, l’avocat fait l’éloge de la médecine en faisant quelques locutions latines que Sganarelle peine à compléter. Lorsque l’avocat prend congé, Gorgibus demande à Sganarelle ce qu’il a pensé de l’homme de loi. Sganarelle sous-estime les compétences de ce dernier tout en acceptant l’argent que lui tend Gorgibus.

SCÈNE 9 & SCÈNE 10

Valère s’inquiète et se demande si son plan a bien fonctionné. Sganarelle arrive et lui apprend que tout a bien fonctionné. Gorgibus l’a pris pour “un habile médecin” et il a accepté de faire loger sa fille dans le jardin. Il explique à son maître qu’il peut aller rejoindre sa bien-aimée sur le champ.

SCÈNE 11

Gorgibus surprend Sganarelle en valet. Ce dernier décide de se faire passer pour le frère jumeau du “médecin” et se présente sous le nom de Narcisse. Il prétend qu’il s’est fâché avec son frère pour avoir renversé des fioles d’essence. Gorgibus promet qu’il fera tout pour qu’ils se réconcilient. Sganarelle sort et revient en habit de médecin.

SCÈNE 12

En retrouvant Sganarelle habillé en médecin, Gorgibus lui apprend qu’il vient de voir son frère jumeau. Sganarelle le traite d’ivrogne, de coquin et précise qu’il ne veut plus entendre parler de lui. Gorgibus précise qu’il lui a promis faire en sorte qu’ils se réconcilient. Sganarelle finit par accepter de pardonner à “son frère” et prend congé de Gorgibus.

SCÈNE 13 & SCÈNE 14

Valère est satisfait du service rendu par son valet. Sganarelle oblige son maître à s’enfuir lorsqu’il voit Gorgibus arriver. Ce dernier est impatient d’assister aux retrouvailles des deux frères. Voyant que “Narcisse” ne souhaite pas voir son frère, Gorgibus décide de l’enfermer dans sa maison et part chercher l'”habile médecin“. Sganarelle se sent pris au piège, mais il est déterminé à continuer de duper Gorgibus. Il décide donc de sauter par la fenêtre.

SCÈNE 15

En s’enfuyant précipitamment par la fenêtre, “Narcisse” est surpris par Gros-René. Cela permet à Gorgibus de retrouver Sganarelle dans son rôle de médecin et de l’inviter à assister aux retrouvailles avec son frère. D’une part, Sganarelle, en tant que médecin, s’exécute malgré ses réticences, d’autre part, “Narcisse” exprime la crainte des critiques de son frère. Gorgibus croit entendre les deux hommes parler chez lui, mais Gros-René finit par dévoiler la supercherie à son maître. Sganarelle avoue alors que Lucile est effectivement en compagnie de son maître, Valère, par sa propre faute, mais il tente tout de même de persuader Gorgibus de considérer son maître comme un bon parti en mettant en avant ses qualités.

SCÈNE 16

Lucile et Valère finissent par arriver. Ce dernier implore Gorgibus de leur pardonner. Gorgibus accepte et propose à tout le monde d’aller “faire noces”.

Présentation des personnages

Pour la présentation des personnages, nous avons trouvé bon de vous indiquer les personnages par ordre d’importance et non par ordre d’apparition. Entre parenthèses, nous vous avons mis les noms tels qu’ils apparaissent dans la Commedia Dell’Arte. Seul Gros-René n’apparaît pas dans ce genre étant donné qu’il est une invention inspirée par Du Parc (René Berthelot).

Sganarelle (Arlecchino/Arlequin) est le personnage principal de la pièce. Au départ, il est décrit comme un valet fidèle à son maître et simple d’esprit. Cependant, il finit par s’immerger dans son rôle de médecin, se vantant et inventant des formules fictives. Quand il se retrouve face à une situation où il risque d’être démasqué, il se crée un deuxième personnage, Narcisse, en se faisant passer pour le frère jumeau du médecin. Même lorsque Gorgibus essaie de les faire rencontrer, il trouve toujours une solution pour maintenir sa comédie. Finalement, son déguisement est découvert, mais il ne subit aucune conséquence négative et l’histoire se termine de manière positive pour tous les personnages.

Gorgibus (Pantalone/Pantalon) est décrit comme un vieil homme pas très intelligent au début de la pièce. Cela sera confirmé dans son entretien avec Sganarelle où il croira mot pour mot ce qu’il lui dit sur la santé de sa fille, et ce, sans réfléchir. Il viendra même à demander à Sganarelle son avis sur son homme de loi. Gorgibus ne s’en rend compte de la supercherie que lorsque son valet, Gros-René lui révèle la vérité. Néanmoins, Gorgibus est un personnage bienveillant qui veut aider le “médecin” à se réconcilier avec son “frère“. C’est également un homme influençable, ce qui est confirmé avec l’homme de loi ou à la fin de la pièce, lorsqu’il accepte sans sourciller que Valère devienne son nouveau gendre.

Gros-René est le valet de Gorgibus qui attache une grande importance aux biens matériels et aux plaisirs culinaires. Il veut que Lucile se marie principalement pour avoir droit à un grand repas. Contrairement à son maître, il est plus méfiant envers le faux médecin. Vers la fin de la pièce, il s’efforce de révéler à Gorgibus que le “médecin” et “son frère” ne font qu’un.

Sabine (Colombina/Colombine) est la confidente, mais également la cousine de Lucine. Tout comme Valère, elle apparaît dès la première scène. C’est elle qui lance l’intrigue en informant Valère que sa bien-aimée feint d’être malade pour ne pas épouser Villebrequin. Elle est également l’initiatrice du complot visant à duper son oncle, Gorgibus, en faisant passer le valet de Valère pour un médecin. C’est une femme rusée qui aide sa cousine du mieux qu’elle peut.

Valère (Innamorato/L’Amoureux) est l’amant de Lucile qui se voit contraint de réaliser une supercherie pour voir sa bien-aimée étant donné que le père de celle-ci, Gorgibus, souhaite la marier avec Villebrequin. Il accepte d’envoyer son valet pour se faire passer un “habile médecin” afin qu’il puisse voir sa bien-aimée et trouver un moyen d’empêcher ce mariage. Bien que cet homme profondément amoureux apparaisse dès la première scène, il n’est pas très présent durant la pièce.

Lucile (Innamorata/L’Amoureuse), la fille de Gorgibus, est à l’origine de toute cette supercherie. Ne voulant pas épouser Villebrequin qui est un vieillard que son père a choisi pour elle, Lucile feint d’être malade pour trouver un moyen de voir son bien-aimé Valère. Même si toute la pièce tourne autour d’elle, elle n’apparaît qu’une seule fois dans la pièce, et ce, au moment où Sganarelle l’examine en tant que faux médecin.

L’avocat (Il Dottore/Docteur) n’a pas une grande importance dans la pièce, il ne sert qu’à donner la réplique à Sganarelle et à montrer l’influence de Gorgibus.

Analyse de l’oeuvre

Cette pièce de théâtre a pour titre une référence à un genre de comédie très populaire en Italie au XVIIe siècle, connu sous le nom de “medico volante“. Les pièces de ce genre impliquaient souvent des histoires de médecins frauduleux et de personnages jouant deux rôles simultanément.
Molière a repris les éléments clé de ce genre en simplifiant l’intrigue. Il a éliminé le second couple d’amoureux, ce qui a rendu Le Médecin volant plus proche d’une farce médiévale française, centrée sur les plaisanteries répétées jouées à Gorgibus.

Dans Le Médecin volant, Molière, comme dans bons nombres de ses comédies, critique les pratiques médicales de l’époque qui se comparent difficilement avec la médecine moderne basée sur des protocoles scientifiques rigoureux et des compétences certifiées. À cette époque, n’importe qui pouvait se proclamer médecin et les remèdes traditionnels étaient plus courants que les soins scientifiques. Les méthodes utilisées, telles que les saignées liées à la théorie des humeurs, étaient très différentes de celles d’aujourd’hui.
Dans la pièce, Sganarelle se fait passer pour un médecin en parlant latin et en faisant référence à des médecins célèbres. Il semble compétent aux yeux de Gorgibus et de l’avocat. Cependant, il utilise des méthodes peu orthodoxes pour soigner Lucile, telles que l’analyse de l’urine en la buvant ou l’examen du père pour connaître les maux de sa fille. Cependant, ces absurdités sont facilement acceptées sans question, révélant la facilitation avec laquelle l’on pouvait devenir médecin sans réel savoir-faire. En fait, certaines personnes auraient pu vivre plus longtemps sans les soins inappropriés de ces médecins peu compétents.

A propos de l'auteur

Les Résumés

Laisser un commentaire

error: www.lesresumes.com : Copyright !