Littérature

Molière, Les Fourberies de Scapin : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés
image_pdfTélécharger cette fiche de lecture en PDF

Résumé scène par scène de Les Fourberies de Scapin de Molière

ACTE 1

Scène 1

Octave, amoureux, vient d’apprendre que son père rentre dans leur demeure avec pour projet de le marier avec une autre.

Scène 2

Octave raconte à Scapin comment il est tombé amoureux d’une connaissance de Léandre. Sylvestre apprend à scapin que Octave s’est marié avec cette jeune fille, alors que leur père revient d’un voyage d’affaires et veut marier Octave avec la fille du Seigneur Géronte. Scapin se vante de pouvoir les tirer d’affaires, mais évoque des démêles avec la justice dans son passé.

Scène 3

Hyacinte entend la nouvelle et pleure. Scapin accepte de leur offrir son aide. Il commence par conseiller à Octave de tenir tête à son père. Le père fini par arriver vraiment.

Scène 4

Argante est déjà au courant de ce qu’a fait son fils pendant son absence. Scapin laisse entendre à Argante qu’Octave a été marié de force. Argante veut rompre le mariage en se rendant chez le notaire mais Scapin l’en dissuade.

Scène 5

Sylvestre et Scapin complotent ensemble mais on ne sait pas ce qu’ils prévoient.

ACTE 2

Scène 1

Le seigneur Géronte fait comprendre à Argante que la mauvaise conduite de son fils est due au fait qu’Argante l’aurait mal éduqué. Argante se vexe et sous-entend que le fils du seigneur Géronte n’est pas meilleur qu’Octave. Argante dit qu’il tient ces informations de Scapin.

Scène 2

Géronte accueille froidement son fils Léandre, car il le soupçonne d’avoir quelque chose à se reprocher. Il tente de savoir quoi, et menace de le déshonorer. Géronte dit à son tour qu’il sait des choses grâce à Scapin.

Scène 3

Léandre s’estime trahi et menace Scapin avec l’épée. Il le pousse à avouer sa faute. On apprend que Léandre a fait apporter à Scapin à la fille dont il est amoureux, une jeune fille Egyptienne, une montre. Mais Scapin n’avoue pas les faits en rapport avec ce que présume Léandre. Aussi, Scapin indique qu’il n’a pas vu le père de Léandre depuis son retour avec Argante.

Scène 4

La famille de Zerbinette, la jeune fille Egyptienne, réclament de l’argent à Léandre pour que celui-ci puisse épouser Zerbinette. Octave a également bespin d’argent. Scapin organise un subterfuge pour sous-tirer de l’argent aux pères de Léandre et d’Octave.

Scène 5

Scapin tente de duper Argante en lui disant qu’il a rencontré le frère de la jeune fille qu’Octave a épousé. Il dit que celui-ci est un voyou et qu’il faut le rémunérer pour éviter un procès. Que payer le frère reviendrait à moins cher que les frais de justice correspondant à un procès.

Scène 6

Complice de la duperie orchestrée par Scapin, Sylvestre se déguise en frère de Hyacynthe. Ils effraient Argante pour lui sous-tirer de l’argent, faisant passer le frère imaginaire de Hyacinthe en voyou prêt à tout et violent.

Scène 7

Scapin fait mine de ne pas avoir vu Géronte et de s’affliger , seul, du sort de Géronte. Il fait croire à Géronte que son fils a été enlevé par un navire Turc et que sans une rançon en contrepartie, il va être envoyé à Alger. Géronte consent à donner 500 écus à Scapin.

Scène 8

Léandre et Octave cherchent à savoir si Scapin a réussi à ruser pour leur compte. Scapin dit à Léandre qu’il n’a rien pu faire pour lui, alors qu’il a sous-tiré de l’argent à son père. Léandre est désespéré car il a peur de perdre Zerbinette. Après coup, il lui avoue qu’il a réussi et lui donne les 500 francs pour qu’il puisse ” acheter Zerbinette “.

ACTE 3

Scène 1

Zerbinette et Hyacynte deviennent amies. Zerbinette dit que pour se lier d’amour, lequel comporte plus de risque, elle est davantage sur ses gardes. Elle dit à scapin que pour se lier à Léandre il lui faut plus que de l’argent. Elle sous-entend qu’elle attend qu’il l’épouse. Zerbinette fait aussi comprendre à Hyacinthe qu’elles ne jouent pas dans la même Cour car Hyacinte a l’avantage d’être ” bien née ” et que ses parents pourraient se faire connaître des parents d’Octave et leur assurer un bon mariage. Zerbinette considère que ce qui est le plus à craindre n’est pas que l’amour de Léandre diminue, mais la puissance paternelle. Scapin, Zerbinette et Hyacinte partagent leurs considérations philosophiques autour de l’amour. Zerbinette évoque une ancienne escroquerie de Scapin.

Scène 2

Scapin fait croire à Géronte que le frère inventé de Hyacinte veut tuer Géronte pour venger son honneur. Scapin fait croire à Géronte qu’il faut absolument le mettre dans un sac, le porter sur son dos, pour braver la foule et se cacher du frère, pour enfin aller se réfugier et demander secours. Géronte accepte. Lorsque Géronte est dans le sac, Scapin imite une voix avec un accent pour mimer le frère en colère qui poursuit Géronte. Il donne même des coups dans le sac. Scapin contrefait une autre voix, puis contrefait la voix d’une demi douzaine de soldats. A chaque fois il met des coups de bâtons dans le sac pour que Géronte croit qu’il subit les coups des personnes imitées, et non pas de Scapin.
Géronte fini par sortir la tête du sac et surprend Scapin. Scapin prend la fuite.

Scène 3

Géronte voit Zerbinette rire seule. Il lui pose des questions et elle dit qu’elle rit à cause d’un conte qu’elle vient d’entendre, dans lequel il est raconté qu’un fils joue un tour à son père pour lui en sous-tirer de l’argent. Zerbinette explique par la suite qu’elle se trouvait par hasard avec des personnes appelées Egyptiens, lorsqu’elle a rencontré Léandre. Elle explique que Léandre pensait obtenir ce qu’il attendait d’elle avec des mots. Sa famille lui avait fait comprendre que pour l’avoir, il y avait besoin d’argent, et qu’elle avait compris qu’il n’avait pas d’argent propre, bien qu’issu d’une famille riche, car son père est avare. Géronte comprend qu’il a été dupé, et est hors de lui.

Scène 4

Sylvestre apprend à Zerbinette qu’elle vient de raconter au père de son amant la duperie dont il a fait l’objet. Elle s’en doutait mais n’en étais pas sûre, et ne regrette pas de lui avoir raconté car elle riait encore du conte.

Scène 5

Argante rentre hors de lui et accuse Sylvestre de l’avoir dupé galement, avec la complicité de Scapin et de son fils Octave.

Scène 6

Argante et Géronte se complaisent tous les deux sur leur sort de dupés. Ils envisagent une vengeance, Géronte évoque sa fille partie de Tarente, et qui aurait péri en mer selon les rumeurs.

Scène 7

La nourrice, Nérine, apparaît. Géronte demande où est sa fille et sa mère. Nérine apprend à Géronte que sa fille s’est mariée. On apprend que le mari de la fille de Géronte n’est autre qu’Octave.

Scène 8

Sylvestre apprend tout cela à Scapin. Il informe aussi Scapin du fait qu’Argante et Géronte sont très en colère contre lui et le menance.

Scène 9

Géronte accueille sa fille Hyacinte.

Scène 10

Argante accueille chaleureusement son fils et tente de lui apprendre que la fille qu’il a épousé, Hyacinte, est en réalité la fille du Seigneur Géronte. Hyacinte demande également à Géronte de ne pas être séparée de Zerbinette, pour laquelle elle éprouve de l’amitié. Celui-ci rétorque que ce n’est pas possible car elle est aimée de Léandre et s’est moquée de son propre père, lui-même. Il la traite de coureuse.

Scène 11

Léandre défend la femme qu’il aime en invoquant le fait qu’elle serait d’ ” honnête famille “. Argante se demande si Zerbinette n’est pas sa fille car on apprend qu’elle a été adoptée à l’âge de 4 ans.

Scène 12

Carle, un genre de Major d’hommes, vient apprendre que Scapin est mourant et veut parler à son entourage avant décéder.

Scène 13

Scapin implore le pardon de Géronte et Argante.

Présentation des personnages

Octave : Fils unique d’Argante

Sylvestre : valet d’Argante

Scapin : Seigneur Géronte

Hyacinte : épouse illégitime d’Octave, fille du Seigneur Géronte et soeur de Léandre

Léandre : ami d’Octave et fils de Géronte

Zerbinette : jeune fille supposée égyptienne que Léandre désire épouser

Analyse de l’œuvre

I – Les fourberies de Scapin, le regard de Scapin/Molière sur un petit monde

A – Scapin au coeur d’intrigues entremêlées

Scapin se positionne en malicieux valet au centre de l’oeuvre, qui tire les ficelles de son entourage. En effet, au départ, tout semble éloigné, lointain. Les liens entre les personnes, mis à part les deux seigneurs (Argante et Géronte) et leurs fils respectifs, ne sont pas dévoilés.
Léandre aime une jeune fille, Octave en aime une autre, la femme que convoite Léandre est dans une communauté qui n’a rien à voir avec celle de son origine sociale, et l’on ne sait pas qui est Hyacinte et d’où elle vient. Au fil de l’oeuvre, l’on peut se rendre compte que les protagonistes sont en réalité dans une sphère sociale réduite. En effet, non seulement Hyacinte est la fille de Géronte, lequel souhaite justement marié sa fille à Octave, mais Zerbinette, amoureuse de Léandre, serait la fille biologique d’Argante.

C’est comme si Molère tentait de nous montrer le hasard n’existe pas et que tout est lié, soit par le sang, soit par l’origine sociale. ” L’amour a ses raisons que la raison ignore “, mais à la fois, les affinités électives coïncident, Octave tombe amoureux de la fille qui lui est promise sans le savoir, tandis que Léandre adore Zerbinette qui est en réalité la fille d’Argante. Selon les grilles de lectures, on il serait possible de parler d’un certain déterminisme sociologique. Si l’on va dans une direction liée à la spiritualité, ou à la religion, on parlera plutôt de ” destins liés “. Tout dépend de la grille analytique et de la subjectivité propre au lecteur.

B – Les intentions de Scapin

Scapin, pour sa part, est présent dans la majorité des scènes de l’oeuvre et en est au coeur. Il tire les ficelles, et, mis à part une volonté claire d’humilier ses maîtres et une malice évidente, ses intentions sont assez floues. L’argent tient une place dans la supercherie, mais Scapin n’en tire pas un profit direct. A aucun moment, le lecteur n’apprend que Scapin a bénéficié de cet argent pour en faire quelque chose en particulier. D’ailleurs, dans la scène finale, la volonté de tourner en ridicule Géronte est très claire, puisque Scapin est sur son lit de mort et insiste pour décrire l’évènement au cours duquel il a donné des coups de bâtons à Géronte. Celui-ci essaie d’en dire le moins possible sur ce qui a eu lieu, et accepte de ce fait très rapidement les excuses de Scapin, alors que celles-ci ne sont exprimées que pour mieux ridiculiser Géronte.
Scapin ne semble pas non plus avoir un positionnement moral clair, mais l’on se rend compte qu’il n’est pas si méchant car au bout du compte, même s’il arnaque leurs pères, il trouve quand même le moyen de réunir de l’argent pour défendre les intérêts de ses jeunes maîtres et que ceux-ci vivent leur amour. D’ailleurs, quand il triomphe sur les pères et leur extorque de l’argent, il ne fait pas languir Octave et Léandre. Il vient leur dire assez rapidement qu’il a réussi à réunir l’argent.

II – Les jeunes couples en contraste avec les figures paternelles

A – Le contraste entre Zerbinette et Hyacinthe

L’oeuvre n’est pas assez longue pour dépeindre les nuances et la complexité du caractère de chacun des personnages. Néanmoins, certains traits de personnalités transparaissent. Quand Hyacinthe s’illustre comme l’archétype de la ” jeune fille en fleurs “, bien née et avec une certaine naïveté, Zerbinette incarne davantage la jeune fille intrépide et pleine de malice. Celle-ci n’est pas de celle ” qui s’en laisse compter “, et, malgré son inclination naturelle pour Léandre, a su se positionner en femme a conquérir. Elle lui dit clairement qu’elle ne va pas être conquise uniquement par des mots, demande à ce qu’il offre de l’argent pour l’avoir et, ensuite, indique bien que cela ne suffit pas et qu’elle attend un mariage. En contraste, Elle est douce et fragile, elle ravit le coeur d’Octave lorsqu’il l’aperçoit, pour la première fois, en sanglot au chevet d’une vieille dame. Alors que Zerbinette se joue de Léandre dès le début de leur relation, Hyacinte au même stade avec Octave est déjà en train de s’inquiéter d’un éventuel déclin des ses sentiments, et que l’autorité paternelle ne se mettent trop en travers l’amour qui l’uni à Octave.
Zerbinette se moque littéralement de cette même autorité paternelle et vient rire de Géronte en lui faisant part de la duperie dont lui-même a été victime, tout en se doutant qu’il est le père de son amant. Elle lui rit littéralement au nez.
Les couples se ressemblent : Octave et Hyacinte ont l’air d’avoir un tempérament plutôt doux et sensible. Octave a un coup de coeur pour Hyacinte alors qu’il la trouve éplorée.
De même, les enfants ressemblent à leur père. Argante, malgré tout, a un coeur tendre, on le remarque dans l’empressement qu’il met à pardonner Octave lorsqu’il se rend compte que tout va pour le mieux et que Hyacinte n’est autre que la fille de Géronte. De la même manière, on ressent tout de suite le soulagement d’Octave, en miroir, lorsque tout rentre dans l’ordre. Même si ce dernier a tenu tête à son père, il reste un fils et est très heureux de voir que la situation est harmonieuse pour tout le monde.

B – Les points communs entre les pères et les fils

Géronte, pour sa part, est d’une telle avarice qu’elle lui ferait presque oublier son amour paternel. Le lecteur s’en aperçoit lorsque Géronte rechigne à tendre des billets à Scapin, alors même qu’il croit Léandre menacé de mort. Quant à ce dernier, le lecteur peut ressentir qu’il a le même genre d’égoïsme car il se préoccupe peu des ressentis de son entourage. Il semble impulsif et est prêt à tuer Scapin car celui-ci aurait révélé qu’il était sur le point d’épouser Zerbinette. Il est prêt à passer une épée au travers du corps de Scapin puis l’implore de lui porter secours quelques instants plus tard lorsqu’il apprend qu’il peut perdre Zerbinette. Il ne se bat pas directement pour Zerbinette puisqu’il compte sur son valet pour arranger la situation.
Père et fils se ressemblent, les couples également. Lorsque l’on décèle une certaine morale, une certaine sensibilité et un sens de l’honneur chez Argante et Octave, on perçoit de l’égoïsme et de l’impulsivité, une brutalité chez Géronte et Léandre.

D’un côté, Molière dépeint la figure de l’autorité paternelle rigide et austère, incarnée dans les personnages de Géronte et Argante. De l’autre, il y a la passsion de la jeunesse, illustrés par la fougue de Léandre et l’intrépidité de Zerbinette, et par les sentiments puissants qui unissent Octave et Hyacinte.
Par ailleurs, les sentiments entre Hyacinte et Octave paraissent plus forts, ou du moins Octave se bat davantage que Léandre pour son amour. En effet, on découvre à la fin qu’Octave s’est opposé à Argante alors qu’il nourrit de nobles sentiments envers son père et réciproquement. Qui plus est, il a un vrai sens de l’honneur : son amour pour Hyacinte était donc rempli d’obstacles.
Les obstacles sont évidemment présents entre Zerbinette et Léandre, mais malgré son côté impuslif et fonceur, Léandre franchit ces obstacles avec moins de témérité. Lorsqu’il s’agit de réunir de l’argent en deux heures pour ne pas perdre sa dulcinée, il se retourne vers Scapin qu’il a menacé peu avant. Lorsque Scapin le fait tourner en bourrique en lui disant qu’il n’a rien pu faire, il se désespère très vite, au lieu de chercher par tous moyens une autre solution.

image_pdfTélécharger cette fiche de lecture en PDF

A propos de l'auteur

Les Résumés

Laisser un commentaire