Littérature

Pierre Corneille, Horace : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés

Jouée pour la première fois en 1640, Horace est une tragédie de Pierre Corneille, un auteur français. Découvrons ensemble cette œuvre théâtrale inspirée du combat entre les Horaces et les Curiaces.

Résumé scène par scène de Horace de Pierre Corneille

ACTE 1

SCÈNE 1

Le rideau s’ouvre sur Sabine qui discute avec sa confidente Julie. Bien qu’elle soit mariée à Horace, un Romain, elle n’oublie pas qu’elle est originaire d’Albe, une ville ennemie de Rome. Elle craint que les deux villes n’entrent en guerre la forçant à prendre position. En tant que Romaine, Julie n’a pas ce souci-là et fait bien comprendre à sa maîtresse qu’en ayant épousé Horace, elle fait maintenant partie de son peuple. Sabine soupçonne que Camille, la sœur de Horace, qui est amoureuse de Curiace, le frère de Sabine, aurait pu jeter son dévolu sur Valère, un chevalier romain. Julie lui suggère d’en parler avec Camille.

SCÈNE 2

Julie, qui est également la confidente de Camille, écoute les craintes de cette dernière concernant une probable guerre entre Rome et Albe. Julie lui suggère d’avoir l’esprit tranquille en jetant son dévolu sur Valère durant le conflit. En effet, n’étant pas mariée, elle peut se tourner vers l’homme qu’elle veut. Toutefois, Camille est trop amoureuse de Curiace pour accepter. Elle fait confiance à un oracle qui a annoncé une paix entre les deux villes après la guerre. Elle espère qu’elle pourra enfin s’unir à Curiace. Ce dernier arrive.

SCÈNE 3

Curiace parle à Camille et lui explique qu’il n’est ni le vainqueur ni l’esclave de Rome, et qu’il n’a pas l’intention de rougir ses mains avec le sang des Romains ou de porter leurs fers. Cependant, il ne veut pas que son amour pour Camille soit interprété comme un manque de détermination ou un manque de loyauté envers sa ville natale. Toutefois, le dictateur romain a décidé que le conflit allait se résoudre en opposant trois champions de Rome à trois champions d’Albe. Camille reprend espoir.

ACTE 2

SCÈNE 1

Curiace apprend que Horace et ses frères ont été désignés comme étant les champions de Rome. Étant des guerriers redoutables, il craint pour sa ville. Toutefois, il félicite son ami pour l’honneur qu’on lui fait. Curiace a du mal à prendre parti dans cette situation, il souhaite qu’Albe soit victorieuse, mais il ne veut pas que son ami meurt durant le combat.

SCÈNE 2

Flavian, un soldat de l’armée d’Albe, annonce à Curiace que le dictateur l’a choisi lui ainsi que ses deux frères pour s’opposer à Horace ainsi qu’à ses deux frères. Curiace est étonné, il pensait qu’il n’était pas assez fort pour être sélectionné. Il accepte les honneurs qu’on lui fait et demande à Flavian d’aller le faire savoir au dictateur.

SCÈNE 3

Horace est prêt à tuer son beau-frère et ami, Curiace, pour servir sa patrie. Il soutient que leur devoir envers leur pays doit être la priorité absolue. Curiace, quant à lui, est effrayé à la perspective de devoir tuer Horace et se demande s’il doit réellement se battre pour Albe. Il estime que l’honneur et la renommée ne valent pas la peine de perdre sa propre humanité. Il préférerait être en paix avec Horace plutôt que de se battre contre lui.

SCÈNE 4

Horace encourage sa sœur à faire preuve de courage et à accepter la situation actuelle. S’il meurt au cours de la bataille, il ne veut pas qu’elle blâme Curiace pour sa mort, car il ne fait que remplir son devoir envers son pays. Horace demande à sa sœur qu’elle n’abandonne pas son projet de mariage. Il laisse Curiace s’entretenir avec elle pour un bref instant avant qu’ils ne se rendent tous les deux sur le champ de bataille.

SCÈNE 5

Camille supplie son amant de ne pas combattre Horace. Cependant, Curiace est déterminé à combattre, malgré sa relation amoureuse avec Camille et son opposition à cette guerre. Camille lui fait bien comprendre que s’il survit, elle ne pourra jamais accepter de se marier avec le meurtrier de son frère. Curiace reste déterminé à poursuivre son devoir, même si cela doit impacter sa relation avec Camille.

SCÈNE 6

Sabine vient auprès de son frère et de son mari pour leur dire au revoir. Tourmentée par cette situation, elle souhaite se donner la mort plutôt que de souffrir. Peu importe, le vainqueur les conséquences seront douloureuses pour elle. Elle essaie de convaincre Curiace ou Horace de l’assassiner pour qu’ils deviennent deux ennemis jurés, supprimant ainsi les liens qui les unissent.

SCÈNE 7

Arrive le vieil Horace qui fait comprendre aux deux hommes qu’ils ne doivent pas prendre en considération les paroles des femmes dans ce genre de situation. En effet, cela ne fait que les éloigner de leur devoir. Il les exhorte à partir au combat sur-le-champ.

SCÈNE 8

Horace demande à son père de retenir les femmes de leur famille pour éviter qu’elles ne viennent perturber leur combat. Le vieil Horace promet à son fils de veiller à cela et encourage son fils à se concentrer sur son devoir envers son pays.

ACTE 3

SCÈNE 1

Sabine exprime sa détresse face à cette situation difficile où elle doit choisir entre son mari et son frère. Elle est confrontée à des sentiments contradictoires et se questionne sur la meilleure façon de gérer cette situation. Après avoir pesé le pour et le contre, elle décide de se concentrer sur l’honneur et la loyauté envers sa famille, mais elle reste déchirée entre sa loyauté envers son mari et sa famille. Elle reproche aux dieux leur cruauté.

SCÈNE 2

Julie annonce à Sabine que, en raison des relations qui existent entre Horace et Curiace, la foule a contesté le choix des champions. Le combat a donc été suspendu pour permettre au roi de Rome, Tulle, de demander aux dieux ce qu’il convient de faire. Sabine est heureuse de constater que ses prières n’ont pas été vaines.

SCÈNE 3

Sabine a repris espoir, mais ce n’est pas le cas de Camille qui estime que les dieux ont tendance à être d’accord avec les rois et les princes.

SCÈNE 4

Sabine exprime sa peur et son angoisse face aux menaces qui pèsent sur elle et sa famille. Elle fait comprendre à Camille que sa douleur est plus grande qu’elle dans la mesure où Camille, n’était pas encore mariée à Curiace, peut choisir un autre époux. Elles débattent de la question de l’amour et du mariage, Sabine affirme que les liens de sang sont plus importants que ceux du mariage, alors que Camille défend l’amour et la passion amoureuse.

SCÈNE 5

Le Vieil Horace interrompt leur conversation pour leur annoncer que les dieux ont pris leur décision finale. Selon le verdict divin, Horace et ses frères doivent combattre Curiace et ses frères pour régler le conflit entre Rome et Albe. Sabine, la sœur d’Horace, souffre de cette décision difficile, tandis que le Vieil Horace se sent honoré que ses fils représentent Rome dans cette bataille historique.

SCÈNE 6

Julie informe la défaite de Rome contre Albe, au cours de laquelle, seul Horace a survécu. Toutefois, il a décidé de fuir le champ de bataille. Indigné par l’attitude de son fils, le Vieil Horace considère qu’il a trahi Rome ainsi que sa famille. Il estime qu’il aurait dû combattre pour Rome jusqu’à la mort. Il est déterminé à punir son fils, malgré les tentatives de Sabine qui tente d’apaiser sa colère.

ACTE 4

SCÈNE 1

Camille tente d’apaiser la colère de son père, mais sans succès, car ce dernier continue de reprocher à son fils d’avoir abandonné le champ de bataille.

SCÈNE 2

Valère a été envoyé par le roi pour consoler Le Vieil Horace après la mort de deux de ses fils au combat. Mais celui-ci ne veut pas être consolé. Il préfère voir ses fils morts plutôt que couverts d’infamie comme Horace. Néanmoins, Valère lui apprend qu’Horace n’a pas fui le champ de bataille. Seul contre trois, il a simplement changé de stratégie. Par sa fuite, il a épuisé ses adversaires afin de pouvoir les vaincre un par un. Ainsi, Horace a triomphé en apportant la victoire à Rome. Le Vieil Horace reconnaît la bravoure et la vertu de son fils. Valère annonce que le roi va lui rendre hommage.

SCÈNE 3

Le Vieil Horace s’adresse à sa fille pour lui expliquer qu’elle ne doit pas pleurer la mort de Curiace. Il lui fait comprendre qu’il y a plein d’hommes à Rome qui pourraient le remplacer. Il lui demande d’accepter le vainqueur et d’être heureuse.

SCÈNE 4

Dans un long monologue où elle témoigne sa douleur suite à la perte de son amant, elle refuse de se soumettre en célébrant la victoire de son frère. Elle n’a que du mépris pour lui étant donné qu’il est responsable de la mort de son bien-aimé.

SCÈNE 5

Horace arrive avec Procule, un soldat de l’armée de Rome qui tient dans sa main les trois épées des Curiaces. Il les montre à sa sœur et lui explique qu’avec ces épées, il a vengé la mort de leurs deux frères. Il se glorifie d’avoir participé à la grandeur de Rome en dominant Albe. En voyant que sa sœur continue de pleurer Curiace, Horace y voit une trahison et décide de la tuer au nom de la patrie.

SCÈNE 6

Procule estime que Horace a été trop dur avec sa sœur, toutefois Horace se défend en expliquant qu’en agissant ainsi, elle a renié sa famille et son pays. Il y voit un acte de justice.

SCÈNE 7

En entrant sur scène, Sabine, en ayant perdu ses trois frères, implore Horace de la tuer. Ce dernier ne veut pas, et ce, même lorsqu’elle pleure et agi de la même façon que Camille. Ne voulant pas la tuer, Horace décide de partir, laissant seule, Sabine qui souhaite se donner la mort.

ACTE 5

SCÈNE 1

Bien qu’il n’approuve pas la punition que son fils a infligée à sa sœur, le vieil Horace sait que sa fille s’est montrée indigne en pleurant pour Curiace, un ennemi de Rome. Honteux pour son crime, Horace souhaite que son père le punisse, mais celui-ci refuse de prendre une telle décision. Le roi arrive avec ses gardes.

SCÈNE 2

Le roi arrive avec ses gardes et Valère. Il glorifie Horace pour sa victoire contre les champions d’Albes et se montre compatissant envers le Vieil Horace, qui a perdu sa fille. Toutefois, Valère, épris de Camille, ne veut pas en rester là. Il demande au roi de punir Horace. Ce dernier accepte de mourir pour que le meurtre de sa sœur ne vienne pas souiller sa gloire.

SCÈNE 3

Lorsque Sabine apparaît sur scène, elle demande à être condamnée à mort pour expier le crime de son mari et apaiser la colère des dieux face à ce fratricide. Le vieil Horace défend son fils en arguant que le meurtre de Camille ne concerne personne d’autre que leur famille. Il affirme au roi que Horace est un atout qu’il ne peut pas sacrifier. Le roi accepte les paroles du Vieil Horace, néanmoins, il désapprouve le meurtre de Camille. Dès le lendemain, il prévoit d’enterrer Curiace et Camille dans le même tombeau.

Présentation des personnages

Horace est un guerrier romain qui est choisi, avec ses deux autres frères, pour représenter Rome dans un combat singulier contre trois champions d’Albe. Ces derniers sont Curiace et ses frères, les membres de la famille de sa femme, Sabine. D’autre part, Curiace est également l’amant de sa sœur, Camille. Arrogant et fier de représenter Rome, Horace incarne le patriotisme. Pour lui, la gloire de Rome doit se hisser au-dessus de tout sentiment, qu’il soit amoureux ou familial. En effet, lorsque sa sœur pleure la mort de son bien-aimé, Curiace, il n’hésite pas à la tuer estimant qu’en agissant ainsi, elle trahit son peuple et son pays. Horace se montre astucieux et rusé, comme il le prouve dans son combat contre les Curiaces. Se rendant compte que ses deux frères ont été tués, il s’arrange pour fuir afin que les trois frères se lancent à sa poursuite. En agissant ainsi, il les épuise afin de pouvoir les vaincre un par un.

Curiace est l’amant de Camille, la sœur d’Horace, qui est originaire d’Albe. Il souhaite se marier avec sa bien-aimée, mais ses plans sont anéantis lorsqu’il se retrouve à être désigné comme champion d’Albe, avec ses deux frères. Bien que ce soit pour lui un honneur de représenter sa patrie, il s’interroge sur les conséquences. En effet, il sait qu’en acceptant, il risque potentiellement de tuer son ami, Horace. D’autre part, il sait que s’il sort victorieux de ce combat, Camille n’acceptera jamais de se marier avec lui. Malgré les conséquences désastreuses, il refuse de fuir le combat. Il souhaite se montrer digne de son pays. Il finit par être tué par Horace. Sa mort symbolise la nature destructrice de la guerre et les sacrifices souvent inévitables qu’elle impose.

Sabine est l’épouse d’ Horace et la sœur de Curiace. Elle est donc partagée entre sa patrie (Albe) et sa famille et celui qu’elle aime. Bien qu’elle soit dévouée à son mari, elle souhaite protéger sa famille. Sensible et vulnérable, elle tente de tout faire pour que le combat n’ait pas lieu. Elle a bien conscience que peu importe celui qui sortira victorieux de ce duel, elle sera malheureuse. En effet, si son frère survit, elle lui en voudra d’avoir tué son mari. Si ce dernier est victorieux, elle lui en voudra d’avoir tué ses frères. Sabine espère que la mort pourra la délivrer de son sort. A la fin, elle se propose de mourir à la place de Horace. En agissant ainsi, elle cherche à sauver son mari tout en assouvissant son désir, celui de mourir.

Camille est la sœur d’Horace et l’amante de Curiace. Comme Sabine, elle est tiraillée entre son devoir envers sa famille et l’amour qu’elle éprouve pour Curiace. Cependant, son obligation envers Curiace est en réalité motivée par ses sentiments, étant donné qu’elle n’est pas mariée. C’est la raison pour laquelle ni son frère Horace, ni son père, le vieux Horace, ne peuvent comprendre la souffrance qu’elle ressent. Pour eux, Curiace n’est qu’un homme comme un autre. Ainsi, Camille apparaît comme une femme sentimentale, qui place l’amour au-dessus de tout : les liens familiaux, la patrie, etc. C’est cette attitude qui la conduira à sa mort tragique, assassinée par son propre frère.

Le Vieil Horace, un chevalier romain, est le père d’Horace et de Camille, qui incarnent la tradition, l’honneur, l’amour paternel et la douleur. Ayant combattu pour Rome dans de nombreuses batailles, il est un symbole de fierté et de loyauté envers sa patrie et son peuple. Attaché à l’honneur et à la vertu, ce patriote est prêt à tout sacrifier pour Rome, y compris la vie de ses enfants. En effet, il place la patrie au-dessus de tout, y compris les liens familiaux et affectifs. Lorsqu’il découvre qu’Horace a fui le champ de bataille au lieu de combattre jusqu’à la mort, il est prêt à le renier. Même la mort de ses deux fils est mise en second plan par rapport à la grandeur de Rome.

Julie est une dame romaine, c’est la confidente de Sabine et de Camille. Elle apparaît au début de la pièce pour conseiller ses deux maîtresses.

Flavian est un soldat de l’armée d’Albe qui n’apparaît que pour annoncer à Curiace que lui et ses frères ont été choisi par le dictateur d’Albe pour représenter les trois champions qui vont affronter les frères Horace.

Procule est un soldat de l’armée de Rome qui apparaît à Camille avec son frère Horace. Il tient les trois épées des Curiaces qui ont été tuées par Horace. Lorsque celui-ci tue sa sœur, Procule désapprouve clairement son geste.

Tulle est le roi de Rome. Il glorifie Horace pour son patriotisme. Bien qu’il n’approuve pas le fait qu’il ait tué sa sœur, il refuse de le sacrifier étant donné qu’il est un allié précieux du royaume.

Valère est un chevalier romain. Épris de Camille, il cherchera à condamner à mort Horace quand celui-ci aura tué sa sœur.

Analyse de l’oeuvre

Horace, la tragédie de Corneille s’inspire des écrits de trois historiens romains : Tite-Live, Florus et Denys d’Halicarnasse. Elle relate l’histoire des Horaces et des Curiaces, deux groupes de combattants sélectionnés respectivement par Rome et Albe pour régler un différend territorial. Horace, l’un des Horaces, tue les trois Curiaces après que ses frères ont été tués au combat. Toutefois, il assassine également sa propre sœur qui pleurait la mort de son fiancé, l’un des Curiaces. Horace est condamné à mort pour ce meurtre, mais finit par être gracié grâce à l’intervention de son père.

La pièce met en scène deux événements clés, à savoir le combat et le procès, qui bien qu’ils ne soient pas strictement liés, créent une atmosphère de danger commun pour le héros. L’histoire est enrichie par l’introduction du personnage de Sabine, qui ajoute une tension dramatique en exacerbant les conflits entre les deux familles en opposition. La pièce exprime une dimension politique en mettant en avant le pardon accordé par le roi, qui montre que la raison d’État peut prévaloir sur les lois morales ou religieuses. Toutefois, en prônant l’amour et le patriotisme, les personnages de Sabine et Camille vont à l’encontre de cette idée.

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