Littérature

Sophocle, Oedipe Roi : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés
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Oedipe Roi est à la fois un histoire de meurtre, un thriller politique et un whodunit psychologique. Sophocle souligne l’ironie d’un homme qui cherche désespérément à trouver, dénoncer et punir un assassin, qui s’avère être lui-même, dans cette histoire mythologique de parricide et d’inceste représentée entre 430 et 420 av. J.-C.

Résumé partie par partie de la pièce Oedipe Roi de Sophocle

Cette œuvre se divise en plusieurs parties.

Lignes 1-168

Avant le début de la pièce, Oedipe, le roi de Thèbes, accueille un groupe de personnes dirigé par un vieux prêtre. Le prêtre raconte le fléau qui sévit sur la terre, entraînant la famine et la maladie et tuant la ville. Le prêtre implore le roi de sauver Thèbes une fois de plus, en rappelant la victoire d’Oedipe sur le Sphinx.

Dans un effort pour mettre un terme à la maladie, Oedipe dit qu’il a déjà envoyé son beau-frère Créon à l’oracle. Il montre également sa sympathie et son inquiétude. Alors qu’Oedipe termine de parler, Créon réapparaît, porteur de la prophétie de l’oracle : la maladie cessera lorsque Laïos (l’ancien assassin du roi) sera mis à mort ou exilé.

Tout de suite, Oedipe s’engage à identifier le coupable et à défendre la ville.

Lignes 169-244

Le chœur prie, en détaillant les horreurs de la peste thébaine, les dieux Zeus, Apollon, Athéna et Artémis. Ils font appel aux dieux au nom du peuple, mais ils sont préoccupés par le sacrifice qui pourrait être exigé en retour.

Lignes 245-526

Oedipe, avec les habitants de Thèbes rassemblés devant lui, exhorte tous ceux qui savent qui a tué Laïos à se présenter et à révéler la vérité. Le monarque offre une incitation en promettant au tueur la clémence – l’exil, et non la mort – et une récompense à quiconque se présentera avec des informations. Oedipe maudit le tueur et tous ceux qui le protègent, y compris lui-même, lorsque personne ne se manifeste.

Le prophète aveugle Tirésias arrive, hésitant, en réponse à l’appel d’Oedipe. Le roi demande à Tirésias de l’aider à identifier le tueur, mais le prophète refuse. Dans un accès de rage, Oedipe accuse Tirésias d’avoir participé au meurtre. Tirésias répond en affirmant catégoriquement qu’Oedipe a tué Laïos lui-même.

La recherche de la vérité se transforme en un concours d’esprit et de mots, Oedipe se vantant de sa victoire sur le Sphinx plutôt que de s’attaquer à l’assassin de Laïos. Dans un accès de colère, Oedipe accuse Tirésias et Créon de le haïr. Tirésias répond en laissant échapper des indications sinistres sur la dépravation d’Oedipe et sa fin. Finalement, Oedipe, furieux, demande à Tirésias de partir.

Lignes 527-572

Dans cette ode, le chœur exprime sa surprise face à l’accusation du prophète selon laquelle Oedipe a tué Laïos. Ils sont consternés et perplexes en tant que sujets loyaux. Néanmoins, ils soutiendront leur monarque jusqu’à ce que les accusations soient prouvées.

Lignes 573-953

Au début de l’incident, Créon nie avoir conspiré pour nuire à Oedipe. Lorsque Oedipe réitère furieusement ses accusations, Créon les réfute une fois de plus, affirmant logiquement qu’il n’a aucun désir de voler le trône. Lorsque Jocaste, la reine et sœur de Créon, sépare les soldats et renvoie Créon chez lui, le combat prend fin.

Oedipe ne cesse de reprocher à Créon de prétendre qu’il a tué Laïos de lui-même (par l’intermédiaire de Tirésias). Lorsque Jocaste apprend que l’accusation a été portée par un prophète, elle s’empresse de la rejeter. Elle affirme que personne ne peut prédire l’avenir. Elle cite comme preuve la prémonition que son fils va assassiner son mari. Cette tragédie a cependant été évitée lorsque Laïus a laissé le nourrisson sur une montagne.

Oedipe s’inquiète de la possibilité qu’il soit le meurtrier après avoir appris les circonstances du décès de Laïus. Jocaste, cependant, fait remarquer que Laius a été tué par plusieurs hommes, et non un seul. Cependant, Oedipe demande que le berger, qui est le seul témoin oculaire vivant du crime, lui soit amené pour être interrogé.

Lignes 954-996

Le chœur glorifie les dieux et le destin, rejetant l’orgueil humain.

Lignes 997-1194

Un messager arrive pour annoncer la mort de Polybe, tandis que Jocaste offre une offrande à Apollon. Oedipe est heureux d’apprendre que son père, qu’il pensait tuer, est décédé naturellement, mais il s’inquiète encore de la prophétie car sa mère est toujours en vie.

Le messager, qui a entendu Oedipe, informe le roi qu’il ne doit pas s’inquiéter car Polybe et Mérope n’étaient pas les vrais parents d’Oedipe. Oedipe est choqué par cette information et attend que le berger lui dise la vérité sur sa naissance.

Maintenant que Jocaste sait qu’Oedipe est l’enfant qu’elle et Laïus ont abandonné, elle peut voir comment la prophétie s’est réalisée. Elle supplie Oedipe d’interrompre son enquête, mais comme il ne le fait pas, elle crie et s’enfuit dans le palais.

Lignes 1195-1214

Le chœur interprète un hymne joyeux au mont Cithéron, lieu de la découverte d’Oedipe. Ils se demandent si une divinité ou une déesse a vraiment donné naissance à leur souverain.

Lignes 1215-1310

Le berger se présente mais refuse de divulguer son savoir. Le berger n’admet pas qu’il a défié ses instructions et sauvé l’enfant par compassion jusqu’à ce qu’Oedipe le menace de violence. Enfin, il reconnaît que l’enfant était le fils de Laïos et de Jocaste.

Grâce à cette information, Oedipe apprend qu’il a tué son père et épousé sa mère. Oedipe, révulsé par ses actes, charge violemment à l’intérieur du palais.

Lignes 1311-1350

Lorsque la naissance d’Oedipe est révélée, le chœur déplore le déclin de la majesté et du pouvoir du roi.

Lignes 1351-1684

La mort de la reine est annoncée par un messager du palais. Le suicide de la reine et le terrible aveuglement d’Oedipe avec les épingles de Jocaste sont détaillés dans son récit.

Le chœur halète de terreur et de sympathie lorsque Oedipe entre en scène. Lorsqu’on lui demande pourquoi il s’est crevé les yeux, Oedipe répond avec angoisse qu’il ne peut supporter de regarder à nouveau sa famille, en particulier ses filles Ismène et Antigone.

Oedipe supplie Créon, qui a reçu le pouvoir à Thèbes, de le faire exécuter ou de l’exiler. Entre-temps, Créon conseille à Oedipe d’accepter l’obéissance pendant qu’il consulte l’oracle pour obtenir des conseils. Alors que le chœur pleure une fois de plus la mort d’Oedipe, ce dernier entre dans le palais avec Créon après s’être humilié.

Présentation des personnages

Les principaux personnages de cette œuvre sont :

Oedipe

Le personnage principal d’Oedipe roi. Avant que les événements d’Oedipe Roi ne se déroulent, Oedipe monte sur le trône de Thèbes. Il est réputé pour son esprit et ses prouesses dans la résolution d’énigmes. Après avoir libéré Thèbes de la force magique qui l’emprisonnait et résolu son mystère, il est couronné roi. Oedipe, cependant, reste obstinément sourd à la vérité sur lui-même. La signification littérale de son nom, “pied enflé”, est le seul indice de son identité : petit enfant, il a été retiré de la maison de Laïos et abandonné dans les montagnes, les pieds liés. Il a tué son père d’origine lors d’un voyage à Thèbes sans se rendre compte de son identité, puis a épousé sa mère Jocaste.

Jocaste

Sœur de Créon, mère et épouse d’Oedipe. Ce n’est que dans l’épilogue d’Oedipe Roi que Jocaste fait son apparition. Dans son discours d’ouverture, elle implore Oedipe de ne pas exiler Créon, dans l’espoir de rapprocher les deux hommes. Elle réconforte son époux tout en l’incitant de manière rassurante à ne pas croire les terribles avertissements de Tirésias. Jocaste découvre l’identité d’Oedipe avant lui, et dans sa volonté d’empêcher son mari et son fils de l’apprendre, elle démontre son amour pour eux.

Antigone

Née d’Oedipe et de Jocaste, Antigone est aussi la sœur d’Oedipe. À la fin d’Oedipe roi, Antigone fait une brève apparition lorsqu’elle fait ses adieux à son père alors que Créon s’apprête à exiler Oedipe.

Créon

Créon, le beau-frère d’Oedipe, est le personnage qui apparaît le plus dans les trois pièces. Plus que tout autre, il sert de métaphore à la puissance de l’ascension et de l’effondrement constants d’un homme. Au début d’Oedipe Roi, Créon affirme qu’il n’a aucun désir de régner. Pourtant, il est plutôt enthousiaste lorsqu’on lui donne la chance de prendre le pouvoir à la fin de la pièce.

Polynice

Le frère d’Oedipe, qui est également le fils d’Oedipe.

Tirésias

Le devin aveugle thébain. Dans Oedipe Roi, Oedipe ne fait pas confiance à Tirésias lorsqu’il prétend être le tueur qu’il chasse.

Ismène

Ismène, la fille d’Oedipe, fait une brève apparition vers la fin d’Oedipe Roi. Le rôle de soutien d’Ismène souligne à quel point sa sœur est admirable et courageuse.

Le chœur

Le Chœur réagit à ce qui se passe sur scène de diverses manières – parfois avec humour, par son ignorance ou son inconstance, parfois par son sens de l’observation, parfois par son sens du théâtre. Les réponses du Chœur peuvent servir d’exemples pour montrer comment le public doit ou ne doit pas comprendre ce qu’il vit.

Analyse de l’œuvre

Les principaux thèmes de cette œuvre sont :

La volonté d’ignorer la vérité

Dans Oedipe Roi, alors qu’Oedipe et Jocaste sont sur le point d’apprendre la vérité sur le meurtre de Laïos, Oedipe s’attache à un détail particulier dans l’espoir de se disculper. Jocaste affirme qu’elle a été informée que Laius a été assassiné par des étrangers, mais Oedipe sait qu’il a lui-même tué un homme dans une situation similaire. Il s’agit d’un moment remarquable car il remet en question la conviction d’Oedipe qu’il recherche activement la vérité à tout moment. Lorsque le récit du serviteur est raconté, Oedipe et Jocaste agissent tous deux comme s’il s’agissait d’une histoire indiscutable. Les deux parties sont incapables d’envisager les implications de l’erreur du serviteur. Cela peut expliquer pourquoi ni Jocaste ni Oedipe ne se sentent obligés de commenter la coïncidence lorsqu’ils partagent leur connaissance de la prophétie selon laquelle leur fils tuerait son père (867-875) ou lorsqu’Oedipe entend l’histoire de Jocaste liant les chevilles de son enfant (780-781) et ne s’imagine pas ses propres pieds enflés. Oedipe et Jocaste regardent les circonstances et les particularités de la vie quotidienne et font semblant de ne pas les voir, bien que les informations contenues dans ces discours soient avant tout destinées à rendre le public douloureusement conscient de l’ironie tragique. Cela souligne à quel point Oedipe et Jocaste ne veulent absolument pas dire la vérité évidente.

Les limites du libre arbitre

Le thème fondamental d’Oedipe Roi est la prophétie. La pièce commence par le retour de Créon de Delphes, où il a découvert que l’épidémie prendra fin si Thèbes exile la personne responsable du meurtre de Laïos. Tirésias prédit l’arrestation d’un homme qui est à la fois le père et le frère de ses propres enfants. Jeune homme, Oedipe a reçu une prophétie selon laquelle il tuerait son père et coucherait avec sa mère. Jocaste informe Oedipe que son fils Laïus a également entendu une prophétie selon laquelle il tuerait un jour son père. Lorsque toutes les prophéties se réalisent, il apparaît que l’un des objectifs de Sophocle est de défendre l’autorité des prophètes et des dieux, qui a été récemment menacée dans l’Athènes du Ve siècle. Oedipe et Jocaste se disputent pour savoir dans quelle mesure il faut croire les prophéties.

Le récit d’Oedipe aurait été bien connu du public de Sophocle, ce qui ajoute encore à la prédestination totale de la fin de la pièce. Lorsqu’Oedipe semble n’avoir d’autre choix que de réaliser la prophétie – il est chassé de Thèbes alors qu’il n’est qu’un nouveau-né et, par une coïncidence étonnante, il est sauvé et élevé en tant que prince à Corinthe – il est difficile de savoir comment on peut l’accuser d’être “aveugle” ou ignorant.

Après avoir appris qu’il doit tuer son père, il quitte Corinthe et, par une coïncidence encore plus étonnante, revient à Thèbes en tant que roi et mari à la place de son véritable père. Oedipe semble simplement vouloir fuir son destin, mais celui-ci ne cesse de le rattraper. Personne n’a pu se mettre d’accord sur la véritable faute d’Oedipe, malgré plusieurs tentatives visant à affirmer qu’Oedipe est à l’origine de son désastre en raison d’une faille tragique. Le but de ce conte est peut-être d’illustrer à quel point tout le monde est susceptible d’être victime d’erreurs et de calamités, à quel point nous sommes impuissants face au destin ou aux dieux, et que la meilleure façon d’aborder la vie est de faire preuve d’une humilité prudente.

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