Littérature

Stefan Zweig, Printemps au Prater : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés
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Printemps au Prater a été l’une des premières œuvres de Stefan Zweig. Il l’a publié en 1900, lorsqu’il était encore étudiant. Partons ensemble à la découverte de ce bref récit.

Résumé détaillé partie par partie de Printemps au Prater de Stefan Zweig

Un événement fortuit qui contrarie Lise

Lise, qu’on appelait ordinairement Lizzie, va voir la bonne pour vérifier si sa robe est arrivée. Cette dernière lui apprend que la couturière n’est pas venue ce qui exaspère Lise. Il est midi et elle devait se rendre au Prater pour le Derby, une course de chevaux à une heure et demie.

En tant que femme issue de l’aristocratie viennoise, elle ne peut pas y aller sans une toilette distinguée avec une robe de qualité. En effet, elle a besoin d’être admirée et de se faire remarquer. Elle ne peut donc pas prendre une robe qu’elle a déjà, elle a besoin de quelque chose de nouveau. Elle décide de s’endormir un court instant sur le sofa.

Après s’être réveillée et avoir espéré pendant un petit moment que la couturière finisse par se présenter, elle capitule et fait signe au chauffeur de ne pas l’attendre.
Lise se sent malheureuse de ne pouvoir sortir en ce doux printemps. Il fait très beau et elle est enfermée à l’intérieur. Elle regarde tristement dans la rue.

Mieux vaut être seule que mal accompagnée

Elle essaie de s’endormir, mais le sommeil ne vient pas. Finalement, elle prend la décision de se rendre au Prater, seule pour assister au corso, un défilé de chars.

Elle ouvre son armoire et y trouve de nombreux vêtements colorés. Elle cherche ce qu’elle pourrait se mettre et tombe sur une robe modeste. Cette dernière lui rappelle le jour où elle a quitté la maison familiale avec son amant puis toute sa vie défile avec les nombreux Comtes avec lesquels elle a vécu. Elle décide de mettre cette robe et de se coiffer du même chapeau qu’elle portait à l’époque. Elle se regarde dans le miroir, elle a l’air d’une parfaite bourgeoise.

En sortant dans la rue, Lise a peur que les gens autour se rendent compte qu’elle n’est qu’une aristocrate déguisée en bourgeoise, mais personne ne semble faire attention à elle. Tout autour lui semble être nouveau, elle est tellement captivée par le monde qui l’entoure qu’elle manque de se faire renverser par un véhicule.

La rencontre avec Hans

Arrivée à la Prater Strass, elle y voit un de ses amants dans une voiture. Elle s’amuse de voir qu’il ne la remarque pas. Elle continue son chemin en admirant tout le spectacle qui s’offre à elle. Soudain, elle prend conscience qu’une personne est en train de la regarder. Il s’agit d’un jeune étudiant qui l’observe. Il aimerait venir lui parler, mais il a l’air timide. Cette attitude amuse Lise. Le jeune étudiant est maladroit, à certains moments, il semble décidé à venir lui parler et très vite, il se ravise jusqu’au moment où il prend son courage à deux mains. L’homme vient lui demander s’il peut marcher en sa compagnie. Bien qu’elle s’attendait à ce qu’il vienne lui parler, Lise ne sait pas quoi répondre. Elle finit par lui répondre qu’elle préférait qu’elle ne l’accompagne pas, car pour lui, ce serait du temps perdu. Néanmoins, la fin de sa phrase laisse sous-entendre qu’elle dit oui. L’étudiant décide donc de l’accompagner.

Quand le lieu se prête au charme de la rencontre

En marchant, ils apprennent à se connaître. L’étudiant se présente sous le nom de Hans. Il a terminé ses études, il n’y a pas si longtemps. Il révèle à Lise que ses expériences avec les femmes se résument à de nombreuses aventures qui n’ont pas duré. Il lui avoue avoir eu, en de très rares occasions, des histoires un peu plus sérieuse, mais il lui confie qu’il n’a jamais réellement aimé une femme. Lise l’écoute attentivement et s’étonne de retrouver son vieux dialecte viennois et de “jacasser de la sorte”.

Sans s’en rendre compte, Lise et Hans s’écartent du chemin et marchent dans les vastes prairies du Prater. La nature et le cadre du paysage semblent être propices à leur relation naissante. Le Prater n’a jamais été aussi charmant. S’il est le lieu privilégié des Viennois en quête d’insouciance, il n’a jamais été aussi merveilleux pour Lise qui redécouvre ce quartier.

Une nuit magique

Lise et Hans ne prennent pas conscience que le charme du paysage berce leurs âmes et nourrit leur relation naissante. Hans tente des rapprochements. Dans un premier temps, il met son bras autour de Lise. Ils continuent de passer un moment agréable ensemble. Ils continuent leur discussion jusqu’à ce que Hans révèle à Lise qu’elle lui plaît vraiment. Du fait de cette déclaration, les joues de Lise s’empourprent. Néanmoins, elle essaie de voir si personne autour d’eux ne les remarque. Hans tente de l’embrasser et Lise se laisse faire. Elle sent revivre la fougue du premier amour.

Les deux jeunes amants se dirigent vers le Volksprater, plus loin, il voit le Wurstelprater. Ce dernier était le Prater de la jeunesse de Lise, elle s’y aventure avec Hans et ils profitent tous deux de toutes les attractions proposées : chevaux de bois, diseuse de bonne aventure.
Hans propose qu’ils aillent se restaurer dans une auberge. Pendant le repas, ils se racontaient toutes sortes d’histoires.

Après avoir profité ensemble pendant un long moment, Hans propose à Lise de partir. Elle s’exécute et ils continuent de marcher ensemble. En s’engouffrant dans la ville, Lise prend conscience que Hans a décidé de l’amener chez lui, mais elle ne dit rien et continue de le suivre. Lise arrive enfin en face de l’appartement de Hans, ils entrent à l’intérieur et montent ensemble, les deux jeunes amants finissent par vivre une nuit intense d’amour.

Retour à la réalité

Le lendemain, il est six heures lorsque Lise arrive enfin à son domicile. Elle ouvre les deux fenêtres pour laisser passer l’air frais du matin. Encore sous les effets de la nuit magique de la veille, sa vie actuelle lui semble fade. Elle est écoeurée de sa morne existence. Lise sait que bientôt, elle aura un nouveau prétendant issu de son rang et encore un rang, et sa vie ennuyeuse continuera comme ça jusqu’à la fin de ses jours. Toutefois, elle se souvient de la nuit qu’elle vient de passer avec Hans et elle se sent beaucoup plus apaisée. “Sur ses lèvres flotte le sourire d’un enfant qui, radieux, s’éveille de bon matin d’un songe radieux.

Présentation des personnages

Lise est le personnage principal de cette histoire. C’était autrefois une courtisane qui, en se laissant courtiser par des hommes riches, a réussi à jouir d’une situation confortable. Si l’auteur ne nous donne pas d’âge défini, nous pouvons supposer qu’elle n’a qu’une vingtaine d’années étant donné qu’elle se laisse entretenir par des hommes depuis seulement cinq ans. Elle se laisse séduire par Hans pour revivre la fougue d’une histoire d’amour pleine de sens, chose qu’elle ne retrouve pas avec les hommes qui la courtisent habituellement. Quand elle retourne à sa vie, on comprend que son futur ne l’enchante pas néanmoins, elle n’a aucune envie de revenir en arrière pour redevenir une simple courtisane.

Hans est un jeune “roturier” qui vient à peine de finir ses études. Il n’a pas encore perdu son “esprit enfantin”. En effet, il témoigne encore de la “timidité” et de l'”irrésolution“. Il est maladroit et n’a aucune expérience des relations amoureuses. Néanmoins, il se montre audacieux et prend son courage à deux mains pour faire la cour à Lise. Son audace lui permet de passer un moment avec Lise et de la ramener chez lui afin de passer une belle nuit.

Analyse de l’oeuvre

Deux personnages caractéristiques

Lise, ou Lizzie est une “femme du monde” dans le sens où elle est née courtisane. Néanmoins, du fait de sa beauté et de sa jeunesse, elle a réussi à séduire des hommes riches qui l’ont entretenu lui permettant alors d’élever sa condition sociale. Elle recrute ses prétendants dans le milieu aristocratique afin de se garantir une vie pérenne.

L’attitude capricieuse qu’elle démontre durant le début du récit ne nous permet pas de comprendre la nostalgie, qu’elle entretient au plus profond de son existence, concernant l’ancienne vie de courtisane qu’elle avait auparavant. Toutefois, très vite, cette nostalgie s’impose à nous : elle a gardé sa robe de l’époque, elle se passe d’une voiture pour se rendre au Prater, elle éprouve un sentiment de paix en marchant seule dans les rues viennoises, elle semble apprécier la cour que lui fait le jeune “roturier”.

Dans un premier temps, Lise joue clairement la “comédie” avec Hans, l’occasion s’y prête bien étant donné que ses habits laissent penser qu’elle est “une princesse déguisée”. Mais progressivement, Lise se laisse attendrir et séduire par le jeune roturier qui lui apporte des sentiments sincères. À travers cette romance naissante, Lise se laisse aller, une nouvelle fois, à la fougue du “premier amour”. Elle lâche prise et partage un moment authentique où elle n’est pas obligée de se faire remarquer ou de se sentir admirée. Les yeux de Hans qui se posent sur elle, associés aux sentiments purs du jeune homme suffisent à combler Lise. Cette dernière se rend compte qu’en compagnie de Hans, elle retrouve la personne qu’elle était, celle qu’elle a dissimulé au plus profond de son âme. Elle prend conscience que la seule comédie qui se joue dans son existence concerne toute la vie qu’elle mène. Une existence qui, bien qu’elle lui permette de jouir d’une situation confortable, est morne et ennuyeuse. Néanmoins, cette prise de conscience ne l’amène pas à vouloir changer de vie. En effet, “elle sait qu’elle ne peut plus revenir en arrière” alors elle accepte cette vie en pensant à cette journée qui “l’épouvante”.

Hans ressemble à un autre personnage imaginé par Zweig, celui de Bertold Berger dans La Scarlatine. Néanmoins, à la différence de Bertold, Hans a nettement plus d’audace et se donne l’opportunité de parler à Lise afin de la courtiser. Pour créer Hans, certains prétendent que Zweig se serait inspiré de lui-même. Les deux personnages principaux décrivent leurs désirs dans une société viennoise du début du XXe siècle où l’effervescence des passions semble être réprimée.

Une histoire d’amour bien plus complexe qu’il n’y paraît

Cette effervescence est clairement accentuée par la saison printanière de ce récit. En effet, le printemps est la saison des amoureux néanmoins en constatant les nombreuses descriptions de Zweig, nous avons plutôt l’impression que nous sommes à la fin du printemps, voire au début de l’été. Le ciel est d’un bleu “saphir” intense, la chaleur est lourde au point de tourner à l’orage dans la soirée. La nature semble pousser Lise dans les bras de Hans, elle est “comme ensorcelé”. C’est comme si Zweig avait souhaité poser un cadre envoûtant pour que cette jeune aristocrate retrouve, le temps d’un moment, ses souvenirs de jeunesse à travers la magie d’un printemps enivrant.

Si nous pourrions penser, dans un premier temps, que nous avons à faire à une relation amoureuse naissante, il n’en est rien. Comme souvent avec Zweig, les choses ne sont pas aussi simples qu’elles paraissent. Ainsi, Lise accepte de lâcher prise et de se jeter dans les bras de Hans simplement parce que son comportement est motivé par l’innocence qu’elle a dissimulée au plus profond de son âme et l’insatisfaction de la vie qu’elle mène.
Ce qui attire Lise chez Hans, ce n’est pas réellement des sentiments naissants, mais simplement une envie de se donner à un homme simple sans feindre ou devoir jouer la comédie pour obtenir quelque chose. Dans cette histoire, Lise n’a rien à attendre de Hans, elle peut donc se montrer telle qu’elle est. Par ailleurs, étant loin des lieux privilégiés par l’aristocratie viennoise, Lise peut être authentique sans devoir être obligée de porter un masque pour se sentir admirée, “elle n’avait pas besoin […] d’une toilette distinguée. Une mise simple serait plus indiquée.

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