Littérature

Arthur Schnitzler, La nouvelle rêvée : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés
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La nouvelle rêvée est une nouvelle écrite par Arthur Schnitzler. Elle paraît d’abord en feuilleton en 1925 dans la revue Die Dame avant d’être publiée en 1926. Cette œuvre explore les interdits diaboliques de notre inconscient. En 1999, Stanley Kubrick l’adapte au cinéma avec le film Eyes Wide Shut. Découvrant ensemble cette œuvre qui mêle à la fois l’érotisme et le fantastique.

Résumé chapitre par chapitre de La nouvelle rêvée d’Arthur Schnitzler

Chapitre 1

Durant un bal masqué à Vienne, un couple marié et heureux, Fridolin et Albertine, se laissent séduire chacun de leur côté par des inconnus.

Le lendemain, il reparle de cette soirée et Albertine confie à son mari qu’elle a déjà failli tout abandonner pour un homme qu’elle n’a aperçu que quelques secondes lors de leurs précédentes vacances. En effet, durant leur voyage au Danemark, Albertine a croisé le regard d’un homme qui montait les escaliers de l’hôtel. Elle l’a revu une seconde fois à la plage puis une troisième fois au cours d’un repas. Il a reçu un télégramme qui l’a forcé à partir. Le matin suivant, elle ne savait pas si elle redoutait qu’il soit parti ou qu’il soit encore là. Fridolin avoue à sa femme qu’il lui est arrivé également une histoire lorsqu’il était au Danemark. Alors qu’il se baladait, comme tous les jours, à la plage, il a aperçu une silhouette féminine. C’était une fille d’une quinzaine d’années. Ils se sont mis à se regarder pendant plusieurs secondes, aspirés par les songes et une envie irrépressible d’être l’un contre l’autre malgré l’étendue d’eau qui les séparait. Puis la jeune fille lui fit signe de s’éloigner. Il finit par s’exécuter et l’histoire en resta là. Leur échange est interrompu par la femme de chambre. Suite à la crise cardiaque du Conseiller, on demande un médecin. Fridolin embrasse sa femme et part.

Chapitre 2

Fridolin se rend au logement du Conseiller situé rue Schreyvogel. Quand il arrive sur place, il sait qu’il arrive trop tard. Il se dirige dans la chambre mortuaire et découvre Marianne, la fille du Conseiller. Elle lui apprend que la concierge est partie prévenir son oncle et que le docteur Roediger, son fiancé, vont arriver d’une minute à l’autre. Elle lui confie que son père n’avait que cinquante-quatre ans. Cela n’étonne pas Fridolin, car il savait que le Conseiller avait eu des soucis avec sa femme souffrante et son fils qui lui avait fait du chagrin. La fille continue de parler à Fridolin qui, fatigué et ennuyé, espère que son fiancé ou son oncle viennent bientôt. Fridolin lui confie qu’il est heureux qu’elle épouse le docteur Roediger, car c’est un bon parti. Elle lui apprend qu’ils vont déménager en automne et cela ne semble pas lui plaire. Fridolin essaie de la consoler et elle lui avoue “Je ne veux pas m’en aller d’ici. Même si vous ne revenez jamais, même si je dois ne jamais vous revoir, je veux vivre au moins en vous sachant tout près.”. Les certitudes de Fridolin sont avérées, Marianne est bien amoureuse de lui. Si dans un premier temps, il la tient à distance dans ses bras, les pensées d’Albertine séduite par un inconnu au Danemark lui permettent de se rapprocher d’elle. Toutefois, l’odeur de cette femme l’incommode et il est heureux qu’ils soient dérangés par la sonnette. Le docteur Roediger arrive puis peu de temps après arrive l’oncle et la tante de Marianne qui en profite pour murmurer un “Je vous aime” à Fridolin. Ce dernier, se sentant de trop dans la pièce, prend congé.

Chapitre 3

Fridolin sait qu’il a échappé à une situation qui aurait pu devenir incontrôlable. Si dans un premier temps, il éprouve le désir d’aller boire un café, il se met à se raisonner et décide de rentrer chez lui pour assurer son service en tant que médecin dès le lendemain. Durant le chemin, il croise un groupe d’étudiants. Dans la nuit, il n’arrive pas à voir leur visage. L’un d’eux se retourne et se met à le fixer avant de rejoindre le groupe et de ricaner. Agacé, Fridolin aurait voulu le provoquer, mais il sent que ses jambes tremblent. Il se demande s’il est devenu un lâche. Il sait que cela ne peut pas être possible lui qui s’est battu plusieurs fois au sabre. Il se rassure en se disant que ce serait ridicule de provoquer un étudiant qui est sous le joug de l’alcool surtout qu’il pourrait être blessé pour une simple altercation sans importance. Il se perd alors dans ses pensées estimant qu’en tant que médecin, il est en proie à des situations dangereuses tous les jours. Il repense à ce Danois rencontré par Albertine. La colère monte en lui et il aurait tellement apprécié le provoquer en duel. Pour lui, le fait qu’Albertine ait pu penser le tromper était aussi inadmissible que si elle l’avait réellement fait. Perdu dans ses songes, il se rend compte qu’il a dépassé sa maison. Il est dans une de ces ruelles qui regorgent de femmes de joie. En voyant ces femmes, il les qualifie de “fantômes”. Puis il repense aux relations qu’il a et s’aperçoit qu’elles semblent appartenir à un autre monde ce qui l’affranchit de toutes ses responsabilités.

Il tombe sur une jeune femme âgée de 17 ans, du nom de Mizzi, qui l’invite à entrer dans une maison. Elle l’invite à s’installer dans le rocking-chair pendant qu’elle se déshabille. Voyant que le médecin ne semble pas disposé à prendre possession de son corps, elle met un peignoir et s’installe sur lui. Le médecin s’y sent bien. Tout son être veut toucher le corps de cette femme, mais il n’y parvient pas. Il finit par sortir, raccompagné par la jeune femme.
Il enregistre le numéro de la rue, se promettant de lui adresser du vin et des friandises dès le lendemain.

Chapitre 4

Fridolin se demande où il peut aller à une heure aussi tardive. Il se rend compte que les confidences d’Albertine sur ce qu’elle a vécu lors de leur voyage au Danemark l’empêchent de rentrer chez lui. Il décide de se rendre dans un café. Il y rencontre Nachtigall, un de ses anciens amis qui a abandonné la médecine lorsqu’il était encore étudiant pour devenir musicien. Bien qu’il soit un très bon pianiste, son manque de rigueur ne lui permet pas de faire des progrès réguliers. Fridolin apprend que son ami a quitté Vienne et s’est mis à jouer du piano dans plusieurs villes de Bulgarie, de Serbie, de Pologne et de Roumanie. Il a également une femme ainsi que quatre enfants qui vivent à Lemberg.
Nachtigall confie à Fridolin qu’il attend une voiture pour se rendre chez des particuliers pour y jouer du piano. Quand Fridolin souhaite l’accompagner, il refuse prétextant qu’il n’a pas les habits qu’il faut pour ce type de soirée masquée et costumée. Quand la voiture arrive dans la ruelle, Fridolin lui demande de l’attendre un court instant, le temps d’aller chez un costumier, pour récupérer ce qu’il faut pour se mêler aux gens dans la soirée.

Fridolin arrive chez le loueur de costumes, Monsieur Gibiser. Dans le couloir, ils entendent du bruit et ils tombent sur deux hommes vêtus d’une robe rouge de juges de la Sainte-Vehme avec une jeune fille habillée en Pierrette. Cette dernière part se protéger sur les jambes de Fridolin. Gibisier enferme les deux hommes et leur explique que cette fille est folle. Il compte appeler la police. Gibisier donne un costume à Fridolin. Il insulte la fille d’être perverse et lui ordonne de se coucher lui expliquant qu’il aura à lui parler. Fridolin s’inquiète pour cette enfant, mais Gibisier lui fait comprendre que ce ne sont pas ses affaires. Fridolin rejoint son ami dans la ruelle et ce dernier lui donne le mot de passe pour aller à la soirée (Danemark).

Dès le moment où il arrive dans la maison, Fridolin se demande où il est tombé. Une femme, habillée en religieuse lui suggère de partir avant qu’il ne soit trop tard. Il ne sait pas si c’est une mascarade ou s’il est réellement en danger. Séduit par cette femme, il fait le choix de rester quitte à ce que sa vie soit réellement mis à mal. On se met alors à lui demander le mot de passe de la maison. Voyant qu’il ne le connaît pas, tout le monde sait qu’il n’a pas sa place ici. On commence à le saisir pour lui donner une leçon lorsque la religieuse lui sauve la vie en annonçant qu’elle souhaite le racheter. Fridolin est ramené à l’extérieur de la maison. Il a juste le temps de voir que la religieuse se met à nu devant tout le monde. Un des domestiques entraîne Fridolin dans une voiture et le ramène loin de cette maison. Dans le fiacre, le médecin se rend compte qu’il est enfermé et que les fenêtres sont opaques. Au moment où il décide de briser la vitre, la voiture s’arrête et on l’invite à sortir. Le fiacre repart en direction de la maison.

Chapitre 5

Fridolin entre chez lui à quatre heures du matin. Il y trouve sa femme en train de dormir paisiblement. Elle se met à rire nerveusement et elle se réveille. Fridolin lui explique que le conseiller est mort. Il omet de lui raconter l’histoire avec Marianne, avec Mizzi, ses retrouvailles avec Nachtigall, l’enfant déguisé en Pierrette ainsi que cette fameuse soirée avec cette splendide religieuse. Albertine lui explique qu’elle a rêvé et elle lui avoue qu’elle y faisait l’amour avec l’officier militaire danois qui nourrit ses fantasmes tout en regardant, sans sympathie, Fridolin se faire torturer. Sa torture est orchestrée par une reine, incarnée par les traits de cette jeune fille que Fridolin avait rencontré lors de son voyage au Danemark, qui lui proposait son amour ou la mort. Voyant qu’il choisissait de lui être fidèle, Albertine ne pouvait que rire face à son refus de donner à la reine ce qu’elle attendait. Le rire nerveux qu’il a entendu était dû au fait qu’elle trouve sa fidélité stupide. Fridolin se met à haïr son épouse, elle qui n’a pas osé lui être infidèle lors de ses rêveries alors que lui n’a rien fait avec aucune femme durant la soirée. Il commence à croire que sa femme souhaite réellement le tromper. Il se promet de poursuivre ses propres tentations sexuelles avant de plonger dans les bras de Morphée tout en se disant : “une épée entre nous […] nous sommes ici couchés comme des ennemis mortels.

Chapitre 6

Fridolin est réveillé à sept heure du matin par la femme de chambre. Après avoir vu un de ses patients, il se met à rechercher son ami, Nachtigall. Il apprend que ce dernier est retourné à la gare accompagné de deux personnes qui dissimulaient leur visage.

Il se rend alors chez le costumier et lui donne l’argent et le costume qu’il a pris la veille. Il lui explique également qu’il veut revoir la fille d’hier qui est folle pour l’examiner. Il surprend un des hommes d’hier sortir de la chambre de l’enfant. Fridolin se rend compte que Gibisier n’a pas appelé la police. Il prétend avoir trouvé un arrangement. Fridolin décide de quitter les lieux.

Arrivé à la polyclinique, il appelle chez lui pour prendre des nouvelles de sa famille. Albertine lui raconte la matinée, il se persuade qu’ils ont déjà rompu. Pendant ses heures, il aperçoit une fille soupçonnée de tuberculose. La même qui avait plongé la tête de Fridolin contre ses seins, il se dit : “Elles sont toutes les mêmes […] et Albertine est comme les autres, sinon pire.”. Il se persuade qu’ils sont arrivés à un point de non-retour et que les choses ne peuvent s’arranger. Il demande au docteur Füchstaler de réaliser les visites à sa place. Celui-ci accepte et Fridolin tente de retrouver la maison de la veille en espérant tomber sur cette femme qui “s’est sacrifiée pour lui”.

Quand il y arrive, les portes s’ouvrent et un domestique vient à sa rencontre en lui tendant une lettre qui lui est adressée. Perplexe, Fridolin retrousse chemin. Il se met à lire la lettre : “Renoncez à votre enquête qui est totalement inutile et considérez ce mot comme un second avertissement. Nous voulons espérer, pour votre bien, que ce sera suffisant.”. Fridolin se dit que son identité a sûrement été révélée par son ami Nachtigall.
Durant le repas en compagnie d’Albertine et de sa fille, Fridolin s’étonne de n’éprouver aucune haine pour sa femme. Occupé avec sa fille, le médecin apprend par la femme de chambre que des patients l’attendent et ils retournent travailler.

De retour auprès de sa famille, il se rend compte qu’il souhaite déjà repartir pour travailler sur deux cas de maladies qui seraient intéressants dans le cadre de ses recherches. Lorsqu’il traverse la rue Schreyvogel, il se rappelle de Marianne et se dit qu’elle serait une proie facile pour se venger de sa femme qui a osé lui être infidèle dans ses rêves. Toutefois, sa visite n’a pas eu le résultat escompté. En effet, celle-ci ne lui montre plus aucun intérêt et Fridolin repart de chez la jeune fille sans avoir pris possession de son corps. Il décide de se rendre chez Mizzi. Il y trouve une femme qui lui apprend que celle-ci est tombée malade et qu’elle est à l’hôpital. Elle va bien, mais elle ne sera pas de retour avant huit semaines au plus tard.

Déçu, il se rend dans un café pour ne pas rentrer chez lui de suite. En lisant les journaux, il apprend qu’une fameuse baronne D., retrouvée inanimée dans sa chambre d’hôtel, a été amenée à l’hôpital. Persuadé, qu’elle pourrait être la religieuse qu’il a rencontré la veille, il s’y rend et il apprend qu’elle a trouvé la mort. Souhaitant vérifier s’il s’agit bien d’elle, il se déplace jusqu’à la morgue et il y découvre une femme. Il pense reconnaître cette fille qu’il a rencontrée la veille en proie à la décomposition.

Chapitre 7

En arrivant chez lui, Fridolin retrouve Albertine en train de dormir paisiblement. Il décide alors de lui avouer tout ce qu’il s’est passé dans sa vie le lendemain matin. Puis son regard tombe sur un masque. Le même qu’il a utilisé la veille lorsqu’il s’est rendu dans cette soirée clandestine où il a été chassé. Il comprend alors qu’Albertine se doute de quelque chose et qu’elle a placé ce masque près de son oreiller pour qu’il puisse tout lui révéler. Il se met alors à tout lui dire. Une fois qu’il a terminé son récit, Fridolin demande à sa femme ce qu’ils vont bien faire à présent. Albertine le réconforte. Lorsque celui-ci lui dit que cela ne reproduira plus jamais, sa femme lui répond “Il ne faut pas chercher à connaître l’avenir”. Ils accueillent alors un nouveau jour en compagnie de leur fille.

Présentation des personnages

Personnages principaux

Fridolin, ou Florestan selon les traductions, est un médecin âgé de 35 ans. Il est marié à Albertine avec laquelle il a une fille. En apprenant que sa femme a songé à l’abandonné pour un officier militaire danois qu’elle n’a croisé que quelques secondes, son orgueil en prend un coup. S’il ne fait rien la première nuit, il se risque à être infidèle la nuit suivante lorsqu’il apprend que sa femme n’a pas hésité à lui être infidèle dans ses rêves. Il finira par ne rien faire une fois de plus et il révélera tout à son épouse.

Albertine, Albertina ou Valentine selon les traductions, est la femme de Fridolin. C’est une bonne maîtresse de maison ainsi qu’une bonne mère. Elle a rencontré son mari alors qu’elle n’avait que seize ans. Si elle lui a toujours été fidèle, il lui est arrivé une fois, lors de son voyage au Danemark, de partir à l’aventure avec un homme qu’elle n’a vu que quelques secondes. Elle se laisse aller à ses fantasmes lorsqu’elle rêve la nuit. Amoureuse de son mari, elle lui est fidèle.

Personnage secondaire

Marianne est la fille du Conseiller qui meurt d’une crise cardiaque. C’est une jeune femme blonde qui, bien qu’elle fût belle, a été enlaidie par la tristesse et les soucis. Une mère souffrante, un frère qui les abandonne et maintenant son père qui meurt. Elle est fiancée au docteur Roediger toutefois, elle en aime un autre : Fridolin. Lorsque ce dernier la retrouve le lendemain pour prendre possession de ce corps qu’il n’a pas voulu la veille, Marianne ne lui montre plus aucun intérêt.

Le docteur Roediger est un jeune homme pâle assez frêle qui dispose d’une barbe blonde et de lunettes. Il est chargé du Cours d’Histoire à l’Université de Vienne cependant, il est promu à l’Université de Göttingen.

Mizzi est une jeune fille prostituée de dix-sept ans que Fridolin rencontre lorsqu’il arpente les ruelles, perdus dans ses songes. Elle l’invite à coucher avec lui, mais Fridolin ne fait rien avec elle.

Nachtigall est un jeune homme assez trapu. Il possède de long cheveux blond bouclés ainsi qu’une moustache qui retombe à la mode polonaise. C’est un pianiste fainéant qui se contente du strict minimum. Fridolin l’a connu lorsqu’ils étudiaient tous deux la médecine puis Nachtigall a choisi de devenir musicien. Il a pas mal voyagé et il a rencontré une femme avec laquelle il a eu quatre enfants. Tous les cinq vivent à Lemberg. Nachtigall explique à Fridolin qu’il joue de nombreux morceaux dans des bars durant la nuit, notamment dans des soirées clandestines. C’est lui qui entraîne Fridolin dans cette fameuse soirée masquée et costumée.

La religieuse est une femme qui dispose d’un corps très sensuel. Elle avertit Fridolin que sa place n’est pas ici et elle lui demande de quitter les lieux. Elle le sauvera lorsque les gens comprendront que c’est un intrus. Elle le paiera de sa vie.

Analyse de l’œuvre

Cette nouvelle d’Arthur Schnitzler est une aventure rêvée dans laquelle les deux personnages principaux, Fridolin et Albertine, vont se prêter. Bien que cette odyssée nocturne de Fridolin soit ancrée dans la réalité, toutes ses pulsions, toutes ses envies ne sont qu’imaginaires. S’il lui prend l’envie de prendre possession d’un corps, il ne le fait jamais véritablement comme nous pouvons l’apercevoir avec Marianne ou Mizzi. Il trouve toujours un prétexte pour ne pas se laisser aller à l’aventure. D’ailleurs, c’était déjà le cas lorsqu’il a rencontré cette jeune fille sur le bateau au Danemark. Finalement, il ne succombe jamais à la tentation lors de la première nuit. C’est d’ailleurs ce qui provoquera sa colère quand il comprendra que sa femme a laissé libre cours à ses fantasmes lorsqu’elle s’est mise à rêver de cet officier danois. Toutefois, même lorsqu’il se persuade que sa femme est fautive et qu’il estime qu’il éprouve de la haine, tout ceci n’est pas réelle. Il se persuade de quelque chose qu’il ne croit pas vraiment pour oser enfin se laisser aller à la tentation. Une tentation qui n’aboutira jamais puisque Marianne ne montrera plus d’intérêt pour lui, que Mizzi sera à l’hôpital et que la femme qui lui a sauvé la vie est morte. Face à cette crise conjugale qui n’en est pas vraiment une, il aurait pu vivre l’expérience de la chair avec n’importe quelle autre femme, mais il ne fait rien. Il se contente de vouloir conclure avec les femmes qu’il n’a pas eues la veille. On pourrait se demander si l’auteur ne souhaite pas délivrer un message basé sur la temporalité. À travers cette œuvre, Albertine croise le regard d’un officier danois et elle ne cesse de s’imaginer, de rêver une aventure qu’elle pourrait avoir avec lui. Si elle pense à le faire, elle ne montre aucun acte qui pourrait suggérer que c’est ce qu’elle souhaite. L’homme repart et tous ses rêves ne deviennent que des fantasmes. Si elle s’était laissée aller, si elle avait agi, les choses se seraient passées d’une façon différente. De même pour Fridolin qui s’imagine coucher avec Marianne pour se venger de sa femme ou qui désire caresser le corps de Mizzi, profiter de Pierrette, goûter à la femme religieuse. Tout aurait pu être possible s’il avait pu saisir ces corps à cet instant. Toutefois, il ne le fait pas et le lendemain, tous ces corps s’éloignent de lui. Ils ne pourront que nourrir ses fantasmes.

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