Littérature

Colette, Sido : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés

Dans ce récit paru en 1930, Colette, une auteure française, évoque son enfance dans son village natal de Bourgogne (Yonne). Partons ensemble à la découverte de ses tendres souvenirs et des différents portraits des membres de sa famille qu’elle réalise. Explorons le jardin secret de cette auteure dont “Sido”, sa mère, est la “reine du jardin”.

Résumé chapitre par chapitre de Sido de Colette

Chapitre 1 – Sido

Ce chapitre est une description évocatrice de Sido, la mère de la narratrice. La narratrice se souvient de son enfance dans un village de province, en contraste avec la vie à Paris, que sa mère considérait avec fascination et condescendance.

Sido est décrite comme une femme profondément attachée à son village. Elle est pleine de vitalité et d’acuité critique. Elle est fière de ses origines provinciales et les défend avec passion, observant les habitants de Paris avec un mélange d’amusement et de critique. Sa mère, bien que fascinée par les attraits de Paris, revient toujours à sa maison chargée de souvenirs et d’objets de la capitale, mais surtout avec une vivacité et une énergie renouvelées.

Le chapitre évoque la vie quotidienne dans leur maison et leur jardin, où Sido règne avec une présence intense et une attention particulière aux détails de la nature et des saisons. Elle montre une compréhension profonde et intuitive de son environnement. Elle capte les moindres signes des changements météorologiques et des comportements des plantes et des animaux. Elle est également décrite comme une personne qui réagit fortement aux visites et aux interactions sociales, souvent épuisée par les rencontres, mais toujours critique et perspicace.

La narratrice exprime une profonde admiration et un amour pour sa mère, tout en reconnaissant une certaine jalousie et un désir de comprendre et de ressembler à cette femme exceptionnelle. Sido est présentée comme une figure presque mythique, avec des talents et une perception qui la distinguent des autres.

En fin de compte, ce chapitre est une ode à la vie provinciale et à une mère extraordinaire qui a su insuffler à sa fille un amour profond pour leur maison, leur jardin et leur village.

Chapitre 2 – Le capitaine

Ce chapitre est une réflexion nostalgique de la narratrice sur son père, Jules-Joseph Colette, et leur relation. Elle admet l’avoir peu connu, car son attention était principalement tournée vers sa mère, « Sido », qu’elle admirait profondément. Son père partageait cette fascination pour Sido, l’aimant avec dévotion et respectant ses décisions.

La narratrice évoque quelques souvenirs marquants de son père : ses talents pour construire des jouets, ses chants, et ses gestes de tendresse indirecte comme lui fournir des crayons de couleur. Cependant, elle souligne aussi sa distance apparente avec ses enfants, attribuée à une timidité paternelle.

Elle se souvient de moments de complicité intellectuelle avec lui, où il sollicitait son avis sur des écrits littéraires, mais aussi de ses colères et de sa frustration face à ses propres limites. Son père, blessé de guerre, ressentait une profonde mélancolie et un sentiment d’inachèvement, malgré ses efforts pour être un bon mari et père.

Le chapitre décrit également la dynamique entre ses parents, marquée par un amour profond et respect mutuel, mais aussi par une certaine réserve. La narratrice se rappelle de son père comme d’un homme aimant et complexe, dont la tristesse et les regrets étaient omniprésents.

Enfin, une anecdote lors d’une visite chez une médium révèle que son père veille encore sur elle après sa mort, renforçant leur lien posthume. Ce chapitre est un hommage touchant à un père complexe et distant qui a laissé une empreinte indélébile sur la narratrice.

Chapitre 3 – Les sauvages

Ce chapitre raconte les souvenirs d’enfance de la narratrice, axés sur ses frères et sœurs. Les deux frères, Achille et Léo, sont décrits comme de véritables “sauvages” par leur mère, “Sido”. Malgré leur comportement indiscipliné, Sido reconnaît leur beauté et leur douceur intrinsèque.

Achille, l’aîné, est destiné à devenir médecin. Il commande souvent, tandis que Léo, plus rêveur, espère échapper aux contraintes de la civilisation et à la musique, que leur mère espérait voir en faire un artiste. Ils mènent une vie simple et vertueuse. Ils préfèrent les aliments de base aux viandes, et jouent rarement, préférant les activités solitaires et le contact avec la nature.

La narratrice décrit leur lien étroit avec des anecdotes montrant leur comportement peu commun et leur talent musical. Un passage clé décrit la visite des frères aux lieux de leur enfance, aujourd’hui changés et dénaturés, suscitant en eux une profonde mélancolie.

Le chapitre évoque aussi leur relation complexe avec leur demi-sœur, Juliette, issue du premier mariage de leur mère. Étrangère à la famille, Juliette se fiance à la veille de ses vingt-cinq ans. Achille et Léo manifestent leur résistance à son mariage, notamment en organisant la musique pour la messe nuptiale afin de s’éloigner des festivités.

Enfin, la narratrice évoque leur lecture frénétique, le mépris de la mièvrerie littéraire et leur amitié conflictuelle avec un camarade de collège, Mathieu. Leur farouche indépendance et leur complicité sont omniprésentes, même lorsqu’ils complotent contre ce camarade. Plus jeune, la narratrice admire ses frères tout en étant exclue de leurs jeux et de leurs stratégies complexes.

Malgré leurs excentricités et leurs escapades nocturnes, la mère, “Sido”, admire ses fils et reconnaît la complexité de leurs caractères et leur attachement indéfectible à leur enfance et à leur liberté.

Présentation des personnages

Sidonie Colette, nommée “Sido”, est la mère de Colette. C’est une femme maternelle qui apprécie la campagne. Elle préfère le charme de la campagne à Paris. C’est une femme qui est en osmose avec la nature. Elle parle avec les animaux, entretient ses fleurs et ses plantes et connaît les secrets de la nature qu’elle apprend peu à peu à sa fille, Colette. Elle a vécu son enfance dans l’Yonne puis elle est partie vivre son adolescence en Belgique avant de revenir dans l’Yonne. Elle a eu deux enfants d’un précédent mariage, Juliette et Achilles. Mariée ensuite à Jules-Joseph Colette, elle aura deux enfants avec lui, Colette et Léo.

Jules-Joseph Colette, dit “le Capitaine” est le père de Léo et de Colette. À la différence de Sido, c’est un homme de la ville qui est parti vivre à la campagne. Il ne sait pas parler aux animaux, comme on peut le voir lorsqu’il demande à son chien d’obéir, mais que ce dernier ne l’écoute pas. “Sido”, la mère de Colette, ne l’a toujours connu qu’avec ses béquilles.
Le père de Colette a perdu sa jambe gauche à l’âge de 29 ans lorsqu’il a combattu en tant que soldat dans la guerre d’Italie. Il est profondément amoureux de sa femme “Sido”. Ce n’est pas un homme adepte des armes à feu. Il a toujours un couteau qui l’accompagne où qu’il aille. Colette prend conscience qu’elle ne le connaissait pas tant que ça. Cependant, elle s’aperçoit qu’elle a beaucoup pris de lui comme sa capacité à se mettre en colère. En vieillissant, elle s’aperçoit que sa main est la même que celle de son père “ à n’en pas douter, c’est lui qui [la] domine quand la musique, un spectacle de danse – et non les mots, jamais les mots ! – mouillent [ses] yeux.”. Cet homme poétique apprécie l’art, et il cache un profond mystère dans son regard bleu-gris.

Achille et Léo sont deux frères décrits comme des “sauvages” dans leurs comportements et leur mode de vie, mais chacun présente des traits distinctifs qui les rendent uniques. Achille, l’aîné, est décrit comme châtain aux yeux pers. À dix-sept ans, il est beau, avec une bouche empourprée qui ne sourit qu’à quelques privilégiés. Il est commandant et sérieux, souvent sévère et respecté par son frère cadet. Achille est destiné à devenir médecin, une carrière que sa mère, “Sido”, espère le voir poursuivre avec succès. Il est responsable, mais aussi un peu rebelle, évitant parfois les contraintes sociales imposées par sa famille. Il a un certain mépris pour les conventions sociales, comme le montre son refus initial d’assister au mariage de leur demi-sœur Juliette. Malgré cela, il montre un profond sens du devoir familial, acceptant finalement de jouer de la musique lors de la cérémonie. Léo, le cadet, a treize ans et est décrit comme brun avec des yeux bleu-de-plomb, similaires à ceux de leur père. Il est plus rêveur et fantasque que son frère aîné, préférant la liberté de rêver et de se taire plutôt que de suivre une voie prédéfinie. Léo espère échapper aux contraintes de la vie civilisée et à la musique, malgré le talent que sa mère voit en lui. Il est moins discipliné et plus insaisissable que son frère, souvent perdu dans ses pensées et dans ses aspirations. Léo est plus docile et rêveur, souvent absorbé par ses propres pensées et les airs de musique qu’il capte et enrichit de petites harmonies. Il montre une certaine fantaisie, s’isolant du monde et évitant les engagements sérieux, ce qui le distingue de son frère Achille. Les deux frères partagent une complicité forte, une indépendance farouche et un mépris des conventions sociales. Achille commande souvent, tandis que Léo suit avec une fantaisie qui l’isole du monde. Leur lien est marqué par une compréhension tacite et une protection mutuelle, malgré leurs différences de caractère et d’aspirations.

Juliette est la demi-sœur aînée de la narratrice, issue d’un premier mariage de leur mère “Sido”. Elle se distingue par son caractère et son comportement qui la rendent assez différente du reste de la famille. Elle est décrite comme ayant des traits distincts, notamment ses “yeux tibétains”, qui donnent à son visage une allure singulière. Elle est également qualifiée de “l’agréable laide”, suggérant une apparence qui, bien que peut-être peu conventionnelle, possède un charme unique. Juliette est volontairement isolée et solitaire. Elle est décrite comme une “autre espèce de sauvage”, que personne, pas même leur mère, ne comprend réellement. Elle est plongée dans ses rêves et sa lecture effrénée, ce qui la rend distante et peu accessible aux autres membres de la famille. Elle est indépendante et vit dans un monde à part, détachée des préoccupations quotidiennes et des relations familiales. Sa tendance à s’isoler volontairement la rend mystérieuse et difficile à comprendre pour ses proches. Son mariage est considéré comme une sorte de “mauvais mariage” par leur mère, qui n’approuve pas cette union. Juliette se marie tardivement, à la veille de coiffer Sainte Catherine, ce qui était une expression pour désigner une femme restant célibataire jusqu’à vingt-cinq ans. Ce mariage est vu comme un acte désespéré plutôt qu’un événement joyeux. Sa décision de se marier provoque des réactions mitigées au sein de la famille. Sa mère n’hésite pas à exprimer son mécontentement quant au choix du mari, le qualifiant de “chien coiffé”. Les frères, Achille et Léo, sont réticents à participer aux festivités du mariage, illustrant encore plus l’isolement de Juliette même dans les moments qui devraient être collectivement célébrés. Juliette reste une figure énigmatique et quelque peu étrangère dans la famille. Sa mère la décrit comme une autre espèce de sauvage, et son comportement alimente cette perception de mystère. Son mariage, décrit comme une fuite ou un acte désespéré, est un reflet de sa quête d’évasion et de solitude, des thèmes récurrents dans sa vie.

Colette, la narratrice, présente une vision rétrospective et introspective de sa famille et de son enfance, offrant ainsi une image d’elle-même à travers ses souvenirs et ses relations avec ses parents et ses frères et sœurs. Colette se décrit comme une petite fille aux nattes blondes, avec un grand front et un petit menton en bille. Cela lui donnait un air sévère et critique dès son plus jeune âge. Dès son enfance, Colette se montre attentive, critique et observatrice. Elle est dotée d’un sens aigu de l’analyse, qu’elle exerce même sur les écrits de son père. Elle fait preuve d’une grande sensibilité artistique, héritée de ses parents, mais aussi d’un esprit critique implacable. Colette évoque une relation complexe avec son père, Jules-Joseph Colette, qui la dominait par sa passion pour la musique et la danse. Il la respectait pour son sens critique, même s’il la trouvait parfois trop sévère. Ils partageaient un lien particulier, malgré la timidité paternelle qui le rendait distant avec ses enfants. Leur interaction est marquée par des moments de complicité intellectuelle et artistique. Sido, sa mère, est une figure centrale dans la vie de Colette. Elle est décrite comme une femme forte, sensible et profondément connectée à la nature. La relation entre Colette et Sido est empreinte de tendresse et de respect. Colette admire sa mère et partage avec elle un amour profond pour la nature et les récits de famille. Colette se souvient avec nostalgie et lucidité de son enfance entourée de ses frères et sœurs. Elle décrit leur éducation, leurs jeux, et leurs interactions avec un sens aigu du détail et une profonde affection. Elle se montre attachée aux souvenirs familiaux et aux lieux de son enfance, comme le jardin familial. Dès son jeune âge, Colette se montre critique, notamment envers les écrits de son père, qu’elle trouve trop riches en adjectifs. Cette précocité intellectuelle et ce sens critique marquent son futur talent d’écrivain. Elle exprime une certaine fierté d’avoir hérité de la sensibilité poétique de son père et de la spontanéité humoristique de sa mère. Colette reconnaît en elle l’héritage combiné de ses deux parents. Elle est consciente de la mélancolie et de la tristesse latente de son père, tout en partageant l’humour et la vivacité de sa mère. Cette dualité forme une partie essentielle de son identité. Elle se montre introspective, réfléchissant sur ce qu’elle a héritée de ses parents et sur la manière dont ces héritages ont influencé sa vie et son travail. Elle ressent une certaine tristesse de ne pas avoir mieux connu son père, tout en se réjouissant des moments partagés et des enseignements reçus.

Analyse de l’œuvre

À travers ce récit d’inspiration autobiographique, Colette invite les lecteurs à entrer dans son “jardin secret”. Elle commence par décrire sa mère, car elle la considère comme la “reine du jardin”.
En établissant le portrait des membres de sa famille de façon élogieuse, Colette permet à son roman Sido de s’inscrire au registre épidictique. En se concentrant sur les personnalités successives de sa mère, de son père et de sa fratrie, Colette réalise une éthopée, une “figure de pensée qui a pour objet la peinture des mœurs et du caractère d’un personnage” (Ac. 1932). Durant son récit, Colette utilise des phrases soignées et élégantes empruntées à de nombreux champs lexicaux variés afin de propulser le lecteur dans un monde où les perceptions sensorielles sont en abondance.

Sido de Colette comprend de nombreux épisodes marquants. Dès l’ouverture du premier chapitre, sa mère, Sidonie, surnommée “Sido”, compare la vie en province et celle menée dans la capitale. Elle confie à sa fille que Paris regorge de “femme-tronc”, des femmes qui, ayant pris du poids, se retrouvent avec des pieds et des chevilles trop fragiles pour supporter leurs corps qui a changé. L’aspect idyllique de cette vie rurale est magique et fantaisiste, il y règne amour et tendresse. L’un des autres passages marquants et celle des raisons de l’amputation de son père. Ce dernier a perdu sa jambe gauche à l’âge de 29 ans alors qu’il combattait en tant que militaire dans la Guerre d’Italie. L’épisode où Colette rencontre un médium est aussi très important, c’est là qu’elle apprend que son père l’accompagne, veillant sur elle. Il est heureux, car elle réussit à faire ce qu’il n’a jamais réussi à faire de son vivant : savoir écrire.

A propos de l'auteur

Les Résumés

3 Commentaires

  • Livre intéressant mais trop poétique pour être haletant, il n’y a aucune action ce qui est dommage pour un “roman”.

  • Merci pour ce résumé très complet et pour ces analyses intéressantes qui retracent bien les 3 chapitres de Sido. Il m’a été utile pour comprendre plus facilement certains passages que je n’avais pas très bien compris.

  • Merci beaucoup pour ce résumé, il est important de vous remercier car vous accomplissez un bon et utile travail. Merci !

Laisser un commentaire

error: www.lesresumes.com : Copyright !