Littérature

Aventures mythologiques, Phaëton, Bellérophon, les Aloides, Icare : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés
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Résumé de quatre aventures mythologiques

Phaëton, Bellérophon, les Aloides, Icare, autant de figures mythologiques qui ont vécu des aventures qui, aujourd’hui, sont source d’enseignements. Explorons ensemble ces contes mythologiques.

PHAËTON

Cette histoire est l’un des contes d’Ovide.

Résumé

Phaëton est un jeune mortel qui rend visite à Hélios, le dieu-soleil pour vérifier s’il est bien son père comme sa mère le prétend. Celui-ci acquiesce et jure par le Styx d’accorder tout ce que souhaiterait son fils. Celui-ci choisit de prendre la place de son père en tant que dieu-soleil juste une seule fois. Sachant pertinemment que le char ne peut être conduit que par lui, le dieu-Soleil tente de dissuader son fils, mais en vain. Ayant juré par le Styx, le dieu-soleil est contraint de laisser les rênes à son fils. Après quelques instants où Phaëton se sent tout puissant, très vite, les chevaux, comprenant que ce n’est pas leur maître qui les dirige, se mettent à faire ce qu’ils veulent. Incapable de maîtriser le char, Phaëton constate que la terre souffre. Cette dernière demande de l’aide et Zeus est contraint de tuer le jeune garçon en fracassant le char. Phaëton tombe dans le fleuve Eridan. Les Héliades, qui sont également les filles du dieu-soleil, viennent pleurer leur frère et se retrouvent changées en peupliers.

Présentation des personnages

Phaëton est le fils de Hélios, le dieu soleil, et de l’Océanide, Clymène. Il rend visite à Hélios pour savoir s’il est vraiment son père comme le prétend sa mère.

Hélios est une divinité qui personnifie le soleil. Il jure sur le styx d’accorder le vœu le plus cher à son fils.

La Terre ou également appelée Gaïa est la déesse qui personnifie le monde, c’est la “déesse mère”. Blessée par l’incapacité de Phaëton de diriger le char de son père, elle demande de l’aide à son petit-fils Zeus.

Zeus est le dieu souverain qui envoie son foudre sur le char, tuant le fils de Hélios.

Analyse du mythe

Le mythe de Phaëton est une histoire qui interroge sur la filliation. En effet, le jeune Phaëton est un enfant qui doute de la parole de sa mère. Cette dernière lui dit que son père est Hélios, le dieu du soleil, mais Phaëton ne croit pas en cette filiation, il a besoin de l’entendre de la bouche de son propre père pour le croire. Le début de ce récit fait penser à tous ces enfants qui vivent avec un seul de leur parent et qui un jour se mettent à se questionner sur le parent manquant. Toutefois, dans le mythe de Phaëton, le parent manquant n’est pas n’importe qui : c’est un Dieu. Ce dernier reconnaît son fils, mais pour Phaëton, cette reconnaissance ne suffit pas, il a besoin d’une preuve supplémentaire. Il a besoin de la parole de son père. C’est pour cette raison que Hélios prête serment sur le Styx de lui accorder n’importe quel voeux. Cette décision est irréfléchie et souligne le fait que Hélios, bien qu’il ait eu Phaëton, ne l’ai pas élevé. Il ne se doute absolument pas qu’un enfant, n’étant pas encore adulte, est un être immature qui pourrait vouloir quelque chose qui le dépasse. Et c’est exactement ce qui se passe dans ce mythe. Pour manifester sa filiation, Phaëton se met à exiger d’utiliser le char de son père. Celui-ci symbolise la toute-puissance qui manque à Phaëton alors qu’il est le fils d’un dieu. L’échec de Phaëton et sa chute symbolisent le fait de vouloir endosser des responsabilités qui ne sont pas encore à notre portée. Les bêtes du char se rendent compte que ce n’est pas le maître qui les conduit et ils se mettent à faire ce qu’ils veulent. Cela suggère l’idée de se laisser dépasser par les événements.

PEGASE ET BELLEROPHON

Ce récit est emprunté à Hésiode ainsi que Pindare.

Résumé

Glaucos, le roi d’Ephyre, qui plus tard devint Corinthe, s’était attiré le courroux des dieux pour avoir osé donner à ses chevaux de la chair humaine. Il fut mangé par ses propres chevaux. Certains prétendent que Bellérophon était son fils et d’autres personnes affirment qu’il était le fils de Poséidon. Ce qui aurait pu être possible puisque sa mère, Eurynome, avait été l’élève d’Athéna, bien qu’elle ne fut qu’une mortelle.

Ayant à cœur d’obtenir Pégase, le cheval ailé, Bellérophon suivit les conseils d’un devin. Il alla dormir dans le temple d’Athéna, car les dieux parlaient souvent aux mortels dans leurs rêves. Bellérophon rêva de la déesse qui tenait dans sa main un objet doré. Quand il se réveilla, Bellérophon trouva un mors en or près de lui. Il le prit et il alla l’essayer sur Pégase.

Peu de temps après, par accident, Bellérophon tua son frère. Il alla se purifier auprès du Roi d’Argos, Prœtos. Antéia, la femme du roi, fut séduite par le jeune homme, mais Bellérophon refusa ses avances. Outragée, elle ordonna au roi de tuer Bellérophon pour avoir tenté de la séduire. Refusant de tuer son hôte, Prœtos, écrivit une lettre à Iobatès, le Roi de Lycie en Asie dans laquelle il lui demandait de tuer Bellérophon. Ce dernier fut missionné par Prœtos de lui envoyer, sans savoir ce que la lettre disait. Iobatès se trouva dans le même dilemme que Prœtos, il ne pouvait tuer son hôte. Toutefois, il lui demanda de venir à bout de la Chimère qui ressemblait à un “lion par-devant, serpent par-derrière, chèvre entre les deux”. Bellérophon revint victorieux.

En revenant chez Prœtos, il fut missionné de s’engager dans une expédition contre les Solymes, de combattre les Amazones et quand Bellérophon revint, Prœtos le considéra et lui donna sa fille pour épouse. Bellérophon finit par s’attirer le courroux des dieux en voulant devenir leur égal. Il essaya de rejoindre l’Olympe avec Pégase, mais ce dernier refusa et fit tomber son cavalier. Bellérophon vécus dans la solitude en étant haï des dieux. Pégase, quant à lui, s’est réfugié dans les Écuries de l’Olympe.

Présentation des personnages

Glaucos n’est pas la divinité marine qui porte le même nom. Le Glaucos de ce mythe est le roi de Corinthe, fils de Mérope, l’une des sept Pléiades, et de Sisyphe. Ce dernier, pour avoir osé duper les dieux, sera condamné à rouler éternellement un rocher. À l’instar de Diomède, Glaucos nourrit ses chevaux avec de la chair humaine afin de les rendre plus agressifs. C’est cette habitude qui provoquera la colère des dieux.

Bellérophon est le fils de Glaucos (ou de Poséidon selon les versions) et d’Eurynomé. Il fut l’un des cavaliers de Pégase qui lui permit de venir à bout de multiples aventures. Il finira, tout comme son grand-père et son père, par être haï par les dieux pour avoir eu l’audace de se considérer comme leur égal.

Pégase est un cheval ailé divin naît du sang de Méduse que Thésée a décapité. C’est l’une des créatures fantastiques les plus connues dans la mythologie grecque. Dans ce mythe, Pégase se laisse monter par Bellérophon, munis d’un mors en or. Toutefois, lorsque son cavalier souhaitera l’utiliser pour rejoindre l’Olympe, Pégase refuse. Selon certains poètes gréco-romains, Pégase est l’animal chargé d’apporter le tonnerre et les éclairs à Zeus.

Prœtos est le roi de Tyrinthe, fils d’Aglaé et Abas, qui envoie Bellérophon à une mort certaine lorsqu’il apprend que ce dernier a osé courtiser sa femme.

Antéia ou Sthénébée selon les versions est la femme de Prœtos qui a fait des avances à Bellérophon. En voyant que ce dernier n’y répondait pas, elle a incriminé le jeune homme à son mari.

Iobatès est le roi de Lycie, c’est également le père d’Antéia. Ne pouvant pas tuer Bellérophon à cause de la loi divine portant sur l’hospitalité, il envoie Bellérophon sur plusieurs missions pour qu’il y trouve la mort. Il finit par lui donner la main de sa fille, Philonoé.

Analyse du mythe

Dans ce mythe, nous voyons à quel point l’hospitalité est une loi divine et sacrée. Le Roi Prœtos ne peut pas tuer Bellérophon, tout comme son beau-père le Roi Iobatès, car un hôte-accueillant ne peut pas tuer un hôte invité. Le Roi Iobatès use donc la ruse pour venir à bout de son hôte, mais s’aperçoit très vite que ce n’est pas qu’un homme.
Le Roi Prœtos distingue le caractère noble de Bellérophon, mais ce dernier est soumis au mal à trois dimensions : l’envie incarnée par la femme du roi, et le mensonge qui amène le roi à vouloir commettre un meurtre. Ce combat du mal à trois dimensions permet à Bellérophon de s’élever en tant que héros. Cela lui donne l’opportunité de réveiller sa partie divine, qui jusque-là est en sommeil, en se conformant au bien à trois dimensions : l’absence du manque, il doit combattre la chimère sans Pégase, la bienveillance et le désir de s’élever. Toutefois, cette volonté de s’élever continue au point que Bellérophon ait l’audace d’utiliser Pégase pour rejoindre l’Olympe. La nature divine qu’il avait acquise dans sa victoire du bien contre le mal lui ait “retiré” dans le sens où les dieux finissent par le haïr. S’il ne s’attire pas la colère des dieux, comme ce fut le cas de ses prédécesseurs (Sisyphe, Glaucos), il est détesté par eux au point de finir sa vie en étant isolé. Il connaît en quelque sorte un châtiment, de moindre importance tout de même. Cela suggère l’idée que les actes malveillants d’un homme se propagent dans une même famille.

OTOS ET EPHIALTÈS

Bien qu’on trouve une allusion de cette légende dans l’Odyssée et dans l’Enéide d’Homère, l’auteur se sert aussi de la version d’Apollodore qui est plus complète.

Résumé

Les Géants, Otos et Ephialtès, étaient des frères jumeaux qui s’aimaient profondément. Ils souhaitèrent prouver leur supériorité aux dieux en kidnappant Arès, le dieu de la Guerre qui fut sauvé par Hermès. Mais les Géants continuèrent à monter des projets de plus en plus fous pour montrer qu’ils étaient plus forts que les dieux. Zeus voulut les tuer, mais Poséidon, qui était leur père, le supplia de ne pas le faire, prétextant qu’il leur imposerait une discipline stricte.
Mais si les géants arrêtèrent de se prétendre supérieurs, c’est qu’ils avaient trouvé de nouveaux divertissements. Otos voulut enlever Héra et Ephialtès, croyant être amoureux d’Artémis voulait la ravir. Ils tirèrent au sort pour savoir par quel plan ils allaient commencer. Ce fut Ephialtès qui fut désigné. Ils poursuivirent Artèmis jusqu’à l’île boisée de Naxos et la déesse disparue. À la place, il y avait une magnifique biche que les Géants décidèrent de chasser. La biche fit un bond et les Géants se lancèrent à sa poursuite. Otos et Ephialtès trouvèrent la créature. Ils étaient tellement concentrés sur la biche qu’ils ne virent pas qu’ils étaient positionnés l’un en face de l’autre. Ils lancèrent leur javelot, la biche disparue et les Géants moururent.

Présentation des personnages

Otos et Ephialtès sont les Aloïdes, deux frères jumeaux nés de Poséidon et d’Iphimédie. Bien que ce soit des Géants, ils conservent une belle apparence et sont même décrits comme des êtres d’une grande beauté. Après s’être donné la mort par une ruse d’Artémis, ils sont sévèrement punis par Zeus qui les enferme au Tartare.

Arès est le dieu de la guerre qui fut emprisonné pendant treize mois par les deux géants.

Hermès est le messager de Zeus qui réussit à faire libérer Arès.

Artémis est la déesse de la nature sauvage et de la chasse qui, en fuyant face aux deux géants, trouve une ruse pour qu’ils trouvent la mort.

Zeus est le dieu souverain. S’il accepte de ne pas tuer les géants pour son frère, il se permet de les punir sévèrement après leur mort.

Analyse du mythe

Homère dans l’Odyssée attribue deux pères aux Géants : Aloéus qui serait leur père humain et Poséidon qui incarnerait leur père divin. Otos est “celui qui se considérait comme l’égal des dieux” et son frère Ephialtes était “celui qui oppresse”. La quête de ces deux géants est celle de la liberté toutefois, si cette recherche est juste, ils essaient de la trouver en utilisant la domination. Étant tous deux géants, ils disposent d’une force sans pareil qui leur permet de réaliser des actions qu’aucun mortel ne pourrait réaliser. Leur quête ne se fait donc pas par un raisonnement intellectuel, mais par la force physique qu’ils disposent. Ainsi, ce n’est pas une quête intérieure qui amène la liberté de soi, mais une quête extérieure où ils cherchent à plier le monde selon leur propre volonté. Ils souhaitent s’élever de leur condition en utilisant la force et la violence.

DÉDALE ET ICARE

L’auteur a emprunté le récit d’Apollodore.

Résumé

Dédale est l’architecte qui est connu pour avoir réalisé le Labyrinthe pour le Minotaure. C’est également lui qui explique à Ariane comment Thésée pouvait la libérer (le fil). Minos, en apprenant que les Athéniens avaient réussi à sortir du labyrinthe, comprit qu’il avait été trahi par Dédale. Il l’enferma avec son fils, Icare, dans le labyrinthe. Dédale fabriqua deux paires d’ailes tout en conseillant son fils de ne pas s’approcher trop près du soleil. Dédale et Icare sortirent du labyrinthe en volant. Sans écouter son père, Icare s’approcha trop près du soleil et tomba dans la mer.
Furieux, Minos rusa pour retrouver Dédale. Il promit une grande récompense à toute personne capable de “passer un fil dans les volutes d’une coquille aux spirales particulièrement enchevêtrées”. Dédale montra au Roi de Sicile comment faire. Minos sut alors où était Dédale, mais il trouva la mort en luttant contre le roi de Sicile qui refusait de lui livrer l’architecte.

Présentation des personnages

Dédale est un descendant de la famille royale Athénienne issue d’Érichthonios. Cet inventeur est connu pour avoir fabriqué le labyrinthe qui enfermait le Minotaure, le rejeton de la femme de Minos. Il fabrique deux paires d’ailes pour fuir avec son fils.

Minos est le roi de Crète qui, après avoir appris la trahison de Dédale, décide de l’enfermer avec son fils dans le labyrinthe. Il trouve la mort en combattant le roi de Sicile.

Icare est le fils de Dédale qui, en s’étant approché trop proche du soleil, a trouvé la mort.

Analyse du mythe

L’enseignement de ce mythe reste dans la même thématique que celle de Phaëton. En effet, Icare n’entend pas la parole de son père lorsque celui-ci lui conseille de ne pas s’approcher trop près du soleil. Par le mot “entendre”, nous devons comprendre le mot “croire”. Icare, comme tout enfant, ne croit pas à la parole de son père. Il souhaite s’élever à une toute-puissance, incarnée par son père, qu’il n’a pas encore puisqu’il est trop jeune pour la posséder. Ce mythe suggère l’idée qu’un enfant, malgré les conseils ou les avertissements de ses parents, aura toujours ce besoin de faire sa propre expérience, et ce, même si celle-là l’entraîne vers sa propre chute. En tant que parents, nous ne pouvons que conseiller nos enfants, mais étant des êtres à part il leur appartient de faire ce qu’il pense le mieux pour eux. Toutefois, ce mieux, perçu par un enfant, n’est pas toujours le mieux lorsque l’on est un être réfléchi et responsable. Ce mythe illustre l’insouciance de l’enfant ou du jeune adulte qui souhaite s’élever à une condition qui n’est pas encore la sienne.

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