Littérature

Guy de Maupassant, Deux amis : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés
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Guy de Maupassant est né le 5 août 1850. S’il est d’abord envoyé dans une école catholique, hostile, il ne tarde pas à se faire renvoyer. Au lycée de Rouen, Guy de Maupassant est un bon élève. Il s’intéresse aux pièces de théâtre ainsi qu’à la Poésie. Il a marqué la littérature française par de nombreux romans écrits entre 1880 et 1890. Puis il a sombré petit à petit dans la folie. Il meurt le 6 juillet 1893 à Paris à l’âge de 43 ans.

Deux amis” est une nouvelle réaliste qu’il a écrite en 1883. Elle paraît pour la première fois dans le journal “Gil Blas”. Par la suite, cette nouvelle fut intégrée au recueil “Mademoiselle Fifi” dans lequel Guy de Maupassant aborde la guerre franco-prussienne de 1870. Inspirée d’un fait réel, “Deux amis” nous parle de deux amis, tous deux commerçants, qui décident de franchir les avant-postes français lors du siège de la capitale pour profiter de leur passion commune : la pêche à la ligne. Résumé, présentation des personnages, analyse de l’œuvre, partons ensemble à la découverte de cette nouvelle de Guy de Maupassant.

Résumé détaillé des Deux amis de Guy de Maupassant

Les Deux Amis de Guy de Maupassant se déroule durant la période du siège de Paris pendant la guerre franco-prussienne de 1870. Une guerre qui a débuté avec Napoléon III et qui s’est poursuivie avec la République le 7 septembre 1870. La vie de Paris est alors rythmée par le bruit assourdissant des batteries d’artilleries en provenance du mont Valérien.

Monsieur Morissot, un horloger, rencontre par hasard un de ces anciens camarades de pêche, Monsieur Sauvage, un petit commerçant. Nostalgiques de leurs parties de pêche, ils prennent la décision de se rendre à l’île de Marante à Colombes pour profiter de leurs passions communes en ces temps de guerre. Ils se rendent donc à la villa du colonel Dumoulin afin d’obtenir un laissez-passer pour sortir de la ville. Animés par ce désir d’éprouver un peu de plaisir dans ces temps obscurs, les deux amis entrent en territoire ennemi où la présence des Prussiens se fait sentir, et ce, malgré leur absence : Argenteuil est inanimé, la grande plaine s’étendant jusqu’à Nanterre est vide.

Le silence qui règne les rend inquiets et ils hésitent à faire demi-tour, ils cherchent à se donner du courage en s’amusant de la situation. Finalement, ils décident de continuer leur chemin tout en prenant leurs précautions. Ils se faufilent jusqu’à la rivière. Arrivés à destination, ils vérifient qu’ils soient bien seuls afin de commencer à profiter de cet instant qui s’offre à eux. Ce moment de plaisir est troublé par le coup des canons qui se remet à tonner depuis le mont Valérien. En voyant cet affreux spectacle, les deux amis échangent sur les grands problèmes politiques.

Ils sont surpris par des soldats allemands. Ces derniers, les prenant pour des espions, les arrêtent.
Les soldats remettent leurs prisonniers à leur officier qui leur explique la situation : pour lui, ce sont des espions à la solde de leurs ennemis, mais il accepte de leur laisser la vie sauve s’ils consentent à leur donner le “mot d’ordre” (laissez-passer).

Les deux amis restant muets, ils sont fusillés par les soldats. Les soldats attachent aux pieds des deux amis morts des cordes et des pierres et jettent les deux corps dans le fleuve qui coulent et disparaissent. Les deux amis connaissent alors le même sort qu’ils réservaient aux poissons qu’ils avaient péchés.

L’officier demande qu’on lui fasse frire les poissons des deux “espions” qu’il a fait exécuter et se remet à fumer sa pipe, témoignant ainsi la banalité de ce qu’il vient de se passer : un jour comme un autre en temps de guerre.

Présentation des personnages

Présentation des Personnages principaux

Monsieur Morissot

Monsieur Morissot est un horloger menant une vie simple à Paris. Avant le siège de la capitale française, il avait pour habitude de se rendre, tous les dimanches, aux bords d’Argenteuil pour profiter de sa passion : la pêche à la ligne. Désormais, les sorties étant interdites, cela n’est plus possible. Pour autant, en tombant par hasard sur son ancien camarade de pêche, Monsieur Sauvage, il va se risquer à profiter de sa passion. Un départ qui l’entraîne vers une mort certaine.

Monsieur Sauvage

Monsieur Sauvage est un petit commerçant qui, tout comme Monsieur Morissot, est passionné de pêche à la ligne. Il a fait la rencontre de Monsieur Morissot sur les rives de la Seine. Le silence, les yeux fixés pendant des heures sur le bouchon, le soleil qui caresse leurs dos représente ce qu’il y a de mieux pour Monsieur Sauvage. Un instant de bonheur qu’il se plaît à partager avec Monsieur Morissot. Son amitié avec Monsieur Morissot se passe de mots, c’est une relation de partage et de détente, animée par une même passion, celle du plaisir de la pêche. Il est entraîné vers la mort par Monsieur Morissot qui l’invite à profiter d’une partie de pêche à la ligne.

Ces deux amis partent pour ne jamais revenir. Fusillés, ils sont jetés à l’endroit même où ils n’ont cessé de partager leur passion : l’eau !

Présentation des personnages secondaires

  • Le colonel Dumoulin est celui qui permet d’octroyer aux deux amis un laissez-passer pour qu’ils puissent profiter d’un moment de plaisir dans cet enfer.
  • Les soldats sont des grands hommes barbus, habillés comme des domestiques et coiffés d’une casquette plate. Ils arrêtent les deux amis et les livrent à leur officier.
  • L’officier est un grand homme velu qui fume une grosse pipe en porcelaine. Il parle excellemment bien le français. Il propose aux deux amis de choisir entre la vie et la mort. S’ils veulent vivre, ils n’ont qu’à lui donner le laissez-passer. Refusant de parler, il fait exécuter les deux amis.

Analyse de l’œuvre

L’absurdité

À travers cette nouvelle, Guy de Maupassant aborde le thème de l’absurdité de l’homme. Nostalgiques de leurs journées de pêche où les poissons, le son de la rivière et les doux rayons du soleil sont synonyme de joie, les deux amis se risquent à franchir les avant-postes d’un Paris assiégé. Ils ne cherchent qu’à profiter de leurs petits plaisirs que cette guerre leur a arrachés. Tout aurait été plus simple s’ils avaient juste souhaité se remémorer, autour de plusieurs verres, cette passion qui les animait tous deux. Mais leur amitié, se passant de mots, ils ont eu à cœur de profiter pleinement d’une partie de pêche. Ils ne voulaient pas seulement se rappeler, ils voulaient se sentir libres, au moins une fois, et refaire l’expérience de ces sensations, et ce, au péril de leurs vies. Ils n’ont pas su faire la part des choses et cela les a entraînés vers la mort. Le semblant de liberté qu’ils auront eu en ce bref instant cause leur mort. Une mort qui se rapproche du sort qu’ils auraient réservé aux poissons qu’ils ont eus dans leur filet s’ils avaient put rentrer sains et sauf chez eux.

Outre l’absurdité de ces deux amis, on peut noter l’absurdité du colonel qui, bien qu’il octroie un laissez-passer à ces deux civils par compassion, manque à ses devoirs. Il ne les protège pas et il les envoie vers la mort.

Héros ou absurde ? C’est la question que l’on est en droit de se poser lorsque les deux amis choisissent de rester muets lorsque l’officier leur demande leur laissez-passer. Ils sont fusillés pour n’avoir rien dit ! Héros ou sots ? Les deux amis gardent le secret jusqu’au fond de l’eau où ils sont envoyés, et même le narrateur n’explique pas les raisons de leur silence. Ils n’ont juste dit aucun mot : “debout et silencieux“, “Maurissot ne répondit rien“, “M. Sauvage ne répondit rien“.

L’officier, quant à lui, apparaît comme un personnage absurde. Après avoir ordonné leur exécution, il fait jeter leurs corps dans l’eau, et ce, sans chercher s’ils pourraient avoir le fameux mot d’ordre sur eux. Laissant sous-entendre, implicitement, que même s’ils avaient donné le laissez-passer à l’officier, les deux amis seraient morts. Par ailleurs, l’officier aurait pu faire le choix d’ordonner à ses soldats de fouiller les soi-disant espions pour obtenir le laissez-passer. Il ne fait rien ! Il opte pour l’exécution ce qui souligne une certaine forme de cruauté dans cette guerre.

L’absurdité est également centrée sur la guerre. En effet, lors de l’échange entre les deux amis, la guerre est représentée comme quelque chose d’absurde. Peu importe, qu’elle soit dictée par un roi ou une république, “faut-il être stupide pour se tuer comme ça”, “C’est pis que des bêtes”, “Et dire que ce sera toujours ainsi tant qu’il y aura des gouvernements.”

L’attitude de l’officier une fois qu’il s’est débarrassé des corps des deux amis souligne une certaine forme de banalité dans ce qu’il vient de faire. Ils demandent qu’on lui fasse frire les poissons et se remet à fumer tranquillement sa pipe. Comme s’il venait de réaliser une action quotidienne telle que lire son journal ou boire un café.

L’onomastique

Outre cela, l’absurdité dans “Deux amis” est implicitement renseignée dans les noms des deux personnages principaux.

L’onomastique est une branche de la lexicologie qui a pour objet l’étude des noms propres. Dans de nombreuses nouvelles écrites par Guy de Maupassant, l’auteur renseigne au lecteur les intentions des personnages. Ici, la répétition du son “so dans les noms des deux amis, Maurissot et Sauvage, renvoie implicitement à la sottise, cette absurdité les amenant à quitter la protection de leur ville pour jouir d’une partie de pêche. Une passion commune qui les entraîne vers la mort. Une action stupide qu’ils auraient pu largement éviter s’ils étaient restés dans l’enceinte de la capitale.

Bien que cette nouvelle commence dans une ambiance bon enfant, la fin tragique témoigne clairement la sottise des deux personnages à vouloir à tout prix profiter d’un instant, et ce, malgré les dangers. Leur attitude imprudente, encouragée par un colonel qui semble ne pas mesurer la portée des événements, les entraîne vers la mort.

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