Littérature

Honoré de Balzac, La Peau de chagrin : résumé, personnages et analyse

Ecrit par lesresumes
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La Peau de chagrin d’Honoré de Balzac : présentation et analyse du roman

Résumé de l’oeuvre

Première partie : la peau de chagrin

Tout commence par l’entrée d’un joueur anonyme dans une maison de jeu. Le jeune homme mise jusqu’à sa dernière pièce d’or. Ayant tout perdu, il se précipite hors du tripot et fait le projet de se suicider en se jetant dans la Seine. Préférant agir de nuit, il erre dans Paris en attendant son heure. Ses pas le mènent dans une étrange boutique d’antiquités. Sa rencontre avec le propriétaire de celle-ci va transformer sa vie. Comprenant le désespoir de cet homme, l’antiquaire lui présente une peau de chagrin pouvant réaliser tous les souhaits de son possesseur. Elle présente un seul inconvénient : elle se contracte à chaque désir exaucé. Cependant, le marchand essaie de dissuader le joueur de l’utiliser car elle est maléfique. Elle possède une inscription en sanscrit précisant que son propriétaire verra sa vie raccourcie à chaque voeu formulé. Le client ne l’écoute pas et part avec la peau. Sorti du magasin, celui-ci souhaite un bon dîner, des femmes et de l’argent. Dès ce moment, des amis lui apportent la richesse, la luxure et ils lui offrent la direction d’un journal.

Deuxième partie : la femme sans coeur

Raphaël parle à son copain Émile : “Ah ! Si tu connaissais ma vie !“.

Raphaël raconte son histoire à Émile : son enfance dominée par l’autorité paternelle, sa scolarité, sa famille, la mort de sa mère… Joueur invétéré, il provoque la ruine de son père qui finira par mourir de tristesse. Par ses actes, Raphaël se retrouve seul, pauvre et sans but. Au vu de sa situation, il se demande quelle attitude adopter en société et envers les femmes. D’abord, Émile l’écoute d’une oreille distraite mais il finit par être attentif à l’amertume de son ami.

Lors de son récit, Raphaël évoque ses lieux de vie successifs dont l’hôtel particulier tenu par une mère et sa jeune fille prénommée Pauline. Durant deux ans, il mène avec celles-ci une existence studieuse dans une ambiance misérable mais chaleureuse. Séduit par Pauline dont il est le professeur particulier, il ne peut pas passer au-dessus de son mépris pour les pauvres… Il aime les femmes riches ! Tombé sous le charme de la comtesse Foedora, il dépense sa maigre fortune pour se faire apprécier. Confiant sa détresse à Pauline, elle lui prédit un triste destin : son amour pour une femme le tuera. Peu de temps après, dissimulé dans la chambre de la comtesse, Raphaël surprend une conversation où Foedora se moque de lui. Rastignac, un ami commun, le défend face aux propos de la noble. Désespéré, Raphaël ne pense qu’au suicide. Rastignac le raisonne et lui enjoint d’aller jouer dans un tripot. Mais voilà, Raphaël a fait le voeu de ne plus miser ses sous. Il trouve une parade en confiant son argent à Rastignac afin que celui-ci joue à sa place. Ce dernier gagne et les gains sont partagés ! La vie du jeune homme s’améliore : il loue un appartement, achète des meubles et mène une vie de débauche. Toujours insatisfait, il souhaite encore… La peau de chagrin lui procure un héritage et rétrécit !

Troisième partie : l’agonie

Maintenant, Raphaël est un homme fortuné grâce à la peau de chagrin. Sachant son temps sur terre écourté par cette multitude de voeux, il vit isolé sous la protection de son intendant et ne reçoit personne.

Un jour, un ancien professeur, monsieur Porriquet, demande à être reçu et l’aristocrate finit par céder. Pour aider le vieil homme, la peau de chagrin voit sa taille décroître une fois de plus ! Le soir, Raphaël se rend au théâtre où il croise Foedora et Pauline. Son coeur bat à nouveau pour Pauline devenue aussi riche que resplendissante. Il désire encore… Les deux âmes se marient.

Inquiet par la petitesse de la peau de chagrin, il consulte des savants pour percer son mystère et essayer de l’agrandir. C’est un échec ! Les médecins étant impuissants face au phémonène, Raphaël va aux thermes d’Aix où il est rejeté par les autres curistes. Un duel éclate avec l’un d’eux et il en sort vainqueur en énonçant un voeu. Il termine sa convalescence à la campagne et finit par rentrer à Paris.

À son retour, il se trouve face aux lettres désespérées de Pauline mais il s’isole pour éviter toute envie. Cependant, la jeune femme parvient à s’introduire dans le refuge de son amour. Ce dernier lui explique le rôle de la peau de chagrin dans sa vie. Là, un désir incontrôlable s’empare de tout son être en réalisant que sa bien-aimée va mettre fin à ses jours pour le sauver. Raphaël se jette sur elle, il ne peut plus émettre un son, il meurt en la mordant. La prédiction de Pauline s’est réalisée : Raphaël est mort pour l’amour d’une femme.

Conclusion

Elle se fait autour de deux femmes importantes pour le protagoniste de l’histoire : Foedora et Pauline. Cette dernière représente le désir et l’amour tandis que Foedora, personnage mondain, incarne la société.

Présentation des personnages

Raphaël

Raphaël de Valentin est un jeune dandy. C’est un marquis malchanceux dans la vie et au jeu, ruiné et solitaire. Physiquement, il est blond, pâle, maigre et a une allure un peu efféminée.

Il est avant tout désespéré. Obligé de vivre dans la pauvreté durant sa jeunesse et après la mort de son père, il n’a plus de raison de vivre jusqu’à sa rencontre avec la peau de chagrin.

Pour sortir de sa condition misérable, il conclut un pacte avec la peau maléfique : la réalisation de tous ses souhaits au prix de sa vie. L’objet devient le seul moyen de lui donner un meilleur avenir. Mais comme l’affirme l’antiquaire, lorsque Raphaël s’empare de la peau :”Après tout, vous vouliez mourir ? … Hé bien, votre suicide n’est que retardé !“.

Au début, l’aristocrate est à la fois effacé et conquérant (épisode du tripot). La peau va le transformer en un homme ayant soif de tous les excès. Tout cela l’amènera à un état de vieillesse prématurée. Il ne sera plus qu’un jeune vieillard incapable d’assurer sa protection seul.

En fin de vie, Il prend conscience de l’aberration de sa situation : son être est habité par la peur de mourir. Il s’isole de Pauline pour faire taire cette angoisse perpétuelle. Seulement, le désir de sa femme finira par le tuer. Il a trop voulu, il est puni.

Aussi, il est parfois volontaire et discipliné :”Raphaël décide alors de vivre avec ses onze cents francs pendant trois ans afin d’élaborer une oeuvre littéraire qui lui apportera la gloire, la célébrité et la fortune“.
Ces traits de caractère resurgissent dans le roman lorsqu’il rejette le jeu et jusqu’à un certain point, les femmes.

Raphaël est tourmenté par l’amour. Il refuse d’épouser Pauline car celle-ci est sans le sou. Puis, il s’éprend de la comtesse Foedora, femme sans coeur et indifférente aux sentiments amoureux.

Pauline Gaudin de Witschnau

Elle est la fille du chef d’escadron de la garde de Napoléon. Porté disparu, son père laissera sa famille sans ressources.

À l’adolescence, Pauline est pauvre et sa mère n’a pas les moyens d’assurer son éducation. Raphaël va aider la jeune fille à parfaire sa formation. Ayant un dégoût profond pour la misère, il refuse de l’épouser malgré un amour réciproque.

Pauline est décrite comme une personne douce, droite et à l’écoute de celui qu’elle aime.

D’abord pauvre, elle devient riche au retour de son père et monte de rang social dans la société parisienne. En dépit de ces changements, elle reste pareille à elle-même. Elle symbolise l’amour et la fidélité.

Pauline est généreuse jusqu’à aller au don de soi pour éviter la mort à Raphaël.

Foedora

Cette comtesse d’origine russe est froide : sa façon de se comporter avec les hommes ne laisse pas de doute sur son refus de se donner. Elle déteste l’amour. Elle est libre et veut le rester. À ses yeux, le mariage représente une prison ou une soumission à l’homme : “Je me trouve heureuse d’être seule. Pourquoi changerais-je de vie ?”.

Foedora est calculatrice : elle utilise Raphaël pour obtenir la protection du duc de Navarreins, un parent de la famille du protagoniste.

Cette femme est insensible et fausse : elle invite Raphaël au théâtre mais elle y va seule.

Elle est séductrice : la comtesse joue avec les hommes sans jamais les satisfaire.

Foedora est l’incarnation de la femme mondaine. Elle évolue dans la société avec une aura obsédante pour les hommes. Elle profite du mystère qui l’entoure. C’est l’image de la femme fatale.

Rastignac (personnage secondaire)

Il introduit Raphaël dans la haute société et le présente à Foedora. Il aidera ce dernier lorsqu’il sera éconduit par la comtesse. Disciple de la vie oisive, il dépense l’argent qu’il n’a pas et navigue avec aisance dans la société parisienne.

Analyse de l’oeuvre

La Peau de chagrin : un roman réaliste, fantastique et philosophique

Réaliste

Balzac dépeint la société de Paris en décrivant toutes les couches de celle-ci. Aussi, il évoque de manière précise les lieux où vivent ces différents classes : le tripot, le pont Royal, la boutique d’antiquités, le pont des Arts… L’action se passe dans une période bien définie. Elle se déroule entre la fin de la Restauration et le début de la Monarchie de Juillet.

Le lecteur peut donc se situer exactement dans le temps et dans l’espace.

Fantastique

L’inconnu veut se suicider en se jetant dans la Seine. En attendant son heure, il erre dans les rues et finit par arriver dans une boutique d’antiquités.
Le départ du fantastique réside dans l’apparition magique de l’antiquaire attirant l’attention de son visiteur sur une peau de chagrin. Celle-ci a une particularité : elle réalise les désirs de son propriétaire tout en raccourcissant la vie de ce dernier.En réalité, la peau ne détient aucun pouvoir propre. Elle en acquiert seulement lorsque son possesseur énonce une envie. Donc, celui-ci est seul à jouer avec sa vie par le nombre de ses souhaits. Philosophique L’oeuvre développe une réflexion sur le sens de vie. Il y a une certaine opposition entre une société froide, cupide et un monde plus humain où l’homme vit avec ses désirs, ses échecs, sa détresse…

La peau de chagrin : la symbolique

Elle représente la conscience des hommes. Ceux-ci s’agitent dans tous les sens, dépensent, s’amusent et cherchent à avoir le plus d’argent possible. Ils ne sont pas conscients de ce qu’ils gaspillent comme énergie. La peau mesure la quantité vitale perdue en rétrécissant. Raphaël explique à Pauline : “Ceci est un talisman qui accomplit mes désirs et représente ma vie.
Le peau de chagrin est donc le symbole du désir de l’homme mais aussi celui de sa propre perte. Le drame de l’être humain est de ne pas avoir la capacité de renoncer ni au vouloir ni au pouvoir. Cela peut être vu comme l’origine du malheur. L’antiquaire dit : “Le vouloir nous brûle et le pouvoir nous détruit“.

Au final, la peau devrait au moins permettre à son détenteur d’harmoniser le vouloir et le pouvoir afin de devenir puissant et heureux. Tout est une question d’équilibre.

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