Littérature

Eugène Ionesco, Rhinocéros : résumé acte par acte et analyse

Ecrit par Les Résumés
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RESUME 1

Rhinocéros, paru en France en 1959, et joué pour la première fois au théâtre de l’Odéon en 1960, représente un monument du théâtre de l’absurde. Dans cette pièce, Eugène Ionesco met en scène la transformation inexorable des habitants d’une ville en rhinocéros. L’auteur ambitionne de porter à la connaissance du public l’existence ainsi que la montée en puissance des régimes totalitaristes et fascistes.

RESUME ACTE PAR ACTE

Rhinocéros est une pièce écrite par Ionesco qui se déroule en trois actes.

Acte 1

L’acte premier prend place sur la place du village. Il met en scène quatre personnages : Jean, Bérenger, le vieux monsieur, et le logicien.

Un dimanche, sur la terrasse d’un café, Jean et Bérenger se perdent dans leur discussion lorsqu’un bruit se fait entendre, de plus en plus retentissant. Il s’agit du fracas des pas d’un rhinocéros en pleine course qui vient puis disparaît. Bien que l’animal soit caché du public, tous les personnages présents sur scène s’étonnent du passage d’un mammifère aussi exotique qu’imposant. Tous, à l’exception de Bérenger, qui reste de marbre.

La conversation reprend son cours et le contretemps est vite oublié. Jean enjoint à Bérenger de modifier ses choix vestimentaires et maniérismes en vue de parvenir à séduire Daisy, sa collègue de Bureau. En somme, Jean éprouve une certaine honte vis-à-vis de l’apparence de son ami. Un son similaire au précédent s’élève à nouveau. Cependant, cette fois, dans sa course, le rhinocéros a fait une victime. Le chat de la ménagère meurt, écrasé par le rhinocéros. Cet événement affecte chacun des personnages présents sur les lieux. Dès lors, curieux et intrigués, ces derniers se lancent dans une grande discussion sur l’origine du drame : s’agissait-il d’un seul rhinocéros ou bien de deux ? D’où provenait la bête : d’Asie ou d’Afrique ?  Une dispute éclate entre Bérenger et Jean, qui quitte la scène.

Acte 2

L’acte second se divise en deux tableaux. Le premier prend place dans une maison de publications juridiques où Bérenger et Jean sont employés. Le second se déroule dans la chambre de Jean.

Tableau 1

Le premier tableau met en scène plusieurs discussions entre les différents personnages.

Le tableau I de l’Acte II est une discussion entre de nombreux personnages : Bérenger qui s’illustre par son retard, Daisy, le chef de service Monsieur papillon, l’instituteur retraité Monsieur Botard, et l’ambitieux trentenaire Monsieur Dudard. L’épisode du rhinocéros de la veille a laissé une forte impression sur les personnages. Monsieur Botard reste sceptique malgré les propos des témoins oculaires, Bérenger et Daisy, ainsi que de l’article publié dans la presse locale.

Madame Bœuf, épouse de l’employé Monsieur Bœuf, alors absent au travail, entre en scène. Elle fuit activement le rhinocéros qui la poursuit. La bête, dans son élan, réduit l’escalier d’accès au bureau en miettes. Les personnages ne peuvent désormais plus quitter la pièce où ils sont coincés. Madame Bœuf est prise d’une soudaine révélation : la véritable identité du rhinocéros serait son époux qui se serait métamorphosé miraculeusement. Ainsi, elle quitte le bureau et saute sur le dos de la nouvelle enveloppe charnelle de son mari. Le couple insolite s’en va. Les pompiers viennent au secours des personnages prisonniers du bureau. Ces derniers quittent la pièce grâce à une échelle placée au niveau de la fenêtre.

Tableau 2

Le second tableau met une nouvelle fois en scène une interaction entre Jean et Bérenger. Bérenger se rend au domicile de Jean. Il s’étonne de l’état de santé de son ami. Jean, cloué au lit, a l’air malade : sa migraine, sa voix rauque, ainsi que la petite bosse qui se dessine sur son front indique qu’il va mal. Cependant, Jean nie les faits, il n’en démord pas : il est en bonne santé. L’agitation le gagne pourtant. De plus, son teint verdit au fur et à mesure que sa peau semble se durcir. Il multiplie les allers et venues à la salle de bain. Des transformations physiques incroyables s’opèrent : une corne de rhinocéros prend forme en lieu et place de sa bosse. Son corps en lui-même prend des proportions insensées. Le tempérament de Jean semble se détériorer : il risque de devenir dangereux. Inquiet, Bérenger décide de l’emprisonner dans la salle de bain. Il désire prendre la fuite ; néanmoins, les rues de la ville sont remplies de rhinocéros.

Acte 3

Le dernier acte se déroule dans la chambre de Bérenger. Il met en scène les personnages de Bérenger, Dudard, et Daisy.

Dudard se rend au domicile de Béranger en vue de lui annoncer une nouvelle : Monsieur Papillon, le chef de Bérenger, est lui aussi victime du même phénomène. De son côté, Bérenger craint énormément de subir le même destin. Cependant, comme il refuse obstinément de se transformer en rhinocéros, le phénomène ne semble pas avoir de prise sur lui. Daisy entre en scène. Elle lui apprend que Botard, son collègue de travail, a décidé de suivre la tendance et de se transformer en rhinocéros.

Il en va de même pour le logicien qui s’est lui aussi métamorphosé en rhinocéros. Même Dudard, qui semblait initialement réticent, accepte désormais de se transformer lui aussi. Pour justifier son choix, il lance « Mon devoir m’impose de suivre mes chefs et mes camarades » avant de quitter abruptement l’appartement de Bérenger. Au dehors, nombreux rhinocéros sillonnent les rues.

Daisy et Bérenger demeurent seuls dans l’appartement. Ils se déclarent leur flamme. Cependant, l’idée de se transformer en rhinocéros séduit de plus en plus Daisy. Elle les considère comme des dieux. Le couple nouvellement formé entre en altercation. Une dispute éclate. Daisy décide de se joindre aux rhinocéros qui emplissent les rues.

Dans son monologue final, Bérenger se pose des questions sur sa propre identité : de l’humanité, il reste le seul à ne pas s’être changé en rhinocéros. Sa conviction vacille par moment et l’idée de se joindre aux autres le tente ; néanmoins, il reste ferme dans ses convictions et prend la résolution de résister jusqu’au bout.

ANALYSE

En 1960, Rhinocéros apparait comme une figure emblématique du théâtre de l’absurde. Dans cette œuvre, Ionesco espère brosser le portrait de la montée du totalitarisme ainsi que du fascisme à travers une pièce légère et comique. L’auteur défend son point de vue à l’encontre du totalitarisme par le biais de la « rhinocérite », une maladie imaginaire qui terrorise les habitants d’une ville. Il mêle habilement les thèmes de la résistance et du conformisme grâce aux actions et réactions des divers personnages.

Les thèmes abordés :

  • Le totalitarisme : Ionesco met en exergue les dangers des régimes totalitaires ; mais surtout, il dénonce le comportement passif des citoyens face à la montée de ce fléau.
  • Le conditionnement de l’Homme : toute personne qui accepte de rester passif, c’est-à-dire d’accepter les décisions sans rien remettre en question sont condamnés à être uniformisés. Dans la pièce, chaque personnage, à l’exception de Bérenger, finit par adhérer au totalitarisme sous la pression de la société.

Ionesco est aujourd’hui considéré comme un écrivain d’après-guerre qui opère au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Son œuvre se destine à faire connaître au lecteur l’horreur humaine afin d’induire une réflexion sur le sens de la vie. Ainsi, son style rhétorique se base sur la tromperie. Il enjoint ses lecteurs à découvrir les sens cachés derrière des scènes à l’apparence anodine. En outre, si ses personnages discutent d’événements futiles, l’auteur désire en fait attirer l’attention sur des sujets beaucoup plus graves. Il met ainsi l’absurde au service des questions contemporaines, notamment la force de conviction de l’animalité qui entoure les courants de pensées nazis, fascistes et totalitaires. L’humour est omniprésent dans Rhinocéros (1959). Il se traduit par le personnage de Bérenger, un homme timide doublé d’une apparence négligée mais qui fait preuve d’une force de caractère insoupçonnée. Contre le phénomène d’enrôlement des rhinocéros, Bérenger  est un anti-héros maladroit qui tarde à apparaître dans la scène. Etant amoureux de Daisy, il demeure plongé dans son désarroi et son mal-être, et se sent incapable de changer même pour séduire sa bien-aimée. Son rôle se transformera petit à petit lorsqu’il commence à incarner l’humanisme en jurant de rester  placide et conscient.

Le personnage de Bérenger interpelle le lecteur sur la dualité grégaire et anticonformiste de l’Homme. Malgré les encouragements de son ami qui l’incite à faire un pas pour ressembler et plaire à tout le monde, Bérenger ne parvient pas à se détacher de ses angoisses intérieures lorsqu’il est face à lui-même et se refuse à tout enrôlement.

Il personnifie l’esprit conscient qui différencie l’homme de l’animal, l’analyse et l’instinct, en défiant une tendance sociale qui prête allégeance à une idéologie flottante et qui embarque la masse dans un fanatisme sans fondement.  Bérenger cherchera donc à ramener les autres personnages à la raison face à la « rhinocérite », un mouvement totalitaire qui gagne du terrain par un effet de foule, quitte à devenir le dernier homme et celui qui le restera jusqu’au bout.

Malgré la mise en scène de cette maladie imaginaire, Rhinocéros reste une œuvre réaliste. En effet, le contexte additionné aux indices subtilement parsemés dans la pièce, ramène inévitablement le lecteur à la réalité. L’omniprésence de la couleur verte rappelle l’uniforme nazi ; tandis que l’atmosphère de quasi-guerre civile n’est pas sans rappeler la deuxième guerre mondiale. De plus, le comportement de chaque personnage de la pièce fait voir la banalité de l’horreur humaine, une situation qui peut toucher différentes catégories d’individus.

Le personnage de Jean, Camarade de Bérenger, met notamment en lumière la fragilité de la société face à un courant de pensée qui brille par l’absolutisme et dans une large mesure la puissance et l’agressivité qui se cache derrière. Ce dernier évoque le caractère machinal de la société, écartant toute notion de différence face à un mouvement de masse.

En effet, l’auteur dénonce la passivité engendrée par des tendances, ou des effets de mode. Il assimile d’ailleurs ce genre de comportement à l’endoctrinement des armées en période de guerre. Ici, la rhinocérite apparaît à l’aube de la Seconde Guerre mondiale  comme la seule idéologie dominante à suivre bien que choquante par son extrémisme. Renier cette vague reviendrait à s’écarter d’une opportunité de se mettre en sécurité alors que le nazisme qui se cache derrière incarne l’horreur absolue.

Il est à rappeler que l’objectif d’Ionesco, dans cette pièce, est de montrer du doigt l’absurdité de la guerre. Bien que l’interprétation de l’œuvre reste ouverte, l’auteur souligne une exposition particulière de la société aux dangers des campagnes idéologiques pouvant le transformer en outil et dans une large mesure des armes incapables de réagir contre l’animosité en période de conflit. La fausse morale de la rhinocérite veut que durant la guerre, les citoyens se transforment volontairement en tueur pour ne pas être tués, sans qu’ils comprennent pour autant la raison qui a fait éclater la guerre. Toutefois, l’œuvre ne se limite pas à une simple dénonciation. Elle invite à une véritable réflexion sur les dangers que représente un unique courant de pensée. A l’image de la rhinocérite, le totalitarisme influence en mal le comportement de l’homme. Il lui occulte la faculté ainsi que la liberté de penser. Ionesco met le lecteur en garde contre les mouvements de masse et les mouvements de foule. Il encourage plutôt à préserver l’identité et la diversité culturelle.

RESUME 2

Rhinocéros est une pièce écrite en prose par Eugène Ionesco. En 1960, Jean-Louis Barrault la met en scène à l’Odéon-Théâtre dans la ville de Paris. Explorons ensemble cette pièce représentative du théâtre de l’absurde.

Résumé détaillé de Rhinocéros d’Eugène Ionesco

ACTE 1

L’acte s’ouvre sur la place d’un village :

  • Au fond sur le côté gauche, il y a une maison composée d’un rez-de-chaussée et d’un étage, c’est l’épicerie du village. Les propriétaires (l’épicier et l’épicière) habitent à l’étage.
  • Sur le côté droit, il y a la devanture d’un café. On y a disposé des tables et des chaises.

Jean et Bérenger, deux collègues de travail, se retrouvent sur la place du village un dimanche aux alentours de midi. Sachant que Bérenger arriverait en retard, il a pris ses dispositions, mais il fait tout de même la remarque à son collègue. Ils vont s’asseoir à la terrasse du café. Bérenger est mal fagoté, mal peigné et pas rasé. Il est encore sous les effets de l’alcool : la veille, il a fêté l’anniversaire d’un de leur collègue, Auguste. La négligence de Béranger exaspère Jean, lui qui est soigné et en pleine forme. Leur discussion est interrompue par le bruit sourd d’un “fauve”. C’est un rhinocéros. Tout le monde le voit sauf le public. Les personnes présentes sur la place du village sont surprises, seul Bérenger semble ne pas s’en émouvoir. En effet, tout le monde se demande d’où l’animal peut bien venir, Bérenger tente de trouver des explications qui sont tournées au ridicule par Jean. Bérenger lui confie la morosité de ses pensées. Jean se sert de l’attirance de Béranger pour Daisy, une dactylo qui est leur collègue de travail, pour le motiver à devenir une autre personne. Il lui conseille d’arrêter de boire de l’alcool, cela lui permettra de faire des économies et de s’enrichir autrement. S’il se cultive, il pourra devenir une personne aussi intéressante que Dudard, un de leur collègue pour lequel Daisy ne serait pas insensible selon Bérenger.

La quiétude de la place du village est une nouvelle fois troublée par le passage d’un rhinocéros. Durant sa course, il écrase le chat de la ménagère. Face à la mort de son animal, la ménagère est inconsolable, tout le monde prend part à sa tristesse. Seul le patron du café semble ne pas s’en soucier, ordonnant à la serveuse de se remuer pour ranger le désordre causé par l’animal sauvage. Les personnages présents essaient de déterminer si ce deuxième rhinocéros est le même qui est passé tout à l’heure. Jean étale sa science, pour lui, il y a eu deux rhinocéros. Le premier avait deux cornes, c’était un rhinocéros d’Asie. Le second n’avait qu’une corne, c’était un rhinocéros d’Afrique. Face à ses affirmations, Bérenger le contredit, ce qui provoque la colère de Jean qui quitte la place du village en proliférant des propos racistes à l’encontre de son collègue, Bérenger.

Le logicien apporte également sa science en annonçant que seul la logique permet de déterminer s’ils ont eu à faire à deux rhinocéros. Si comme le prétendait Jean, le premier rhinocéros avait deux cornes et le second, une seule corne, cela ne prouve pas qu’il y a deux rhinocéros. En effet, celui-ci aurait pu perdre sa corne entre-temps. Toutefois, si le premier rhinocéros n’avait qu’une corne et que le second n’a qu’une seule corne, alors il y a bien deux rhinocéros. Délaissé par son collègue, Bérenger se dit qu’il aura tout le loisir de se cultiver une autre fois. Il demande un verre de cognac, il le boit. Le rideau se ferme.

ACTE 2

Premier tableau

Ce premier tableau se déroule dans une maison de publications juridiques, l’entreprise où travaillent Jean et Bérenger.

C’est lundi et les événements du dimanche, concernant le pachyderme qui a écrasé un chat, ont été relatés dans le journal. Malgré le témoignage de Daisy, Monsieur Boitard refuse d’y croire. Bérenger arrive en retard et signe la feuille de présence à la dernière minute. Il soutient les affirmations de Daisy, soutenant qu’ils ont bel et bien vu ce fameux rhinocéros. Monsieur Boitard n’y croit toujours pas. Monsieur Bœuf n’est pas arrivé au bureau et Monsieur Papillon, le patron de l’entreprise, envisage de le licencier.

La femme de Monsieur Bœuf arrive au bureau tout essoufflée. Elle transmet un télégramme à Monsieur Papillon dans lequel son mari explique qu’ayant attrapé la grippe, il ne pourra pas être présent ce jour. Madame Bœuf apprend aux personnes présentes dans l’entreprise qu’elle a été poursuivie par un rhinocéros en voulant venir. Effectivement, en bas, le rhinocéros tourne en rond. Il a détruit l’escalier, emprisonnant les personnages. Monsieur Boitard se rend compte que tout est vrai.

Pour trouver un moyen de s’échapper, Monsieur Papillon ordonne à Daisy d’appeler les pompiers. Pendant ce temps, Madame Bœuf comprend que ce rhinocéros est en fait son mari qui s’est transformé. Elle saute pour le rejoindre et elle s’en va sur le dos de son mari métamorphosé en pachyderme. Daisy a enfin eu les pompiers. Leur cas n’est pas isolé, partout en ville, on recense des rhinocéros qui sèment le chaos.

Les pompiers arrivent et délivrent les personnages. Hormis Monsieur Papillon qui reste dans l’entreprise, tout le monde sort par la fenêtre en utilisant l’échelle des pompiers. Dudard propose à Bérenger d’aller boire un verre. Ce dernier refuse l’invitation. Il veut aller rejoindre son ami, Jean, avec lequel il s’est disputé la veille.

Deuxième tableau

Ce deuxième tableau se déroule à l’appartement de Jean. Bérenger va lui rendre visite et se rend compte que son ami est alité. Il prétend avoir de la fièvre et semble ne plus avoir la même voix. En effet, celle-ci est plus rauque que d’habitude. Jean se plaint à Bérenger d’avoir mal à la tête. Il pense s’être cogné, mais il ne s’en rappelle pas. En examinant son ami, Bérenger s’aperçoit qu’il a une petite bosse sur son front. Pendant leurs échanges, les propos de Jean alertent Bérenger. Il devient de plus en plus bizarre, il s’agite et ne cesse de faire des allers-retours entre sa salle de bain et sa chambre. Il refuse catégoriquement de voir un médecin, et ce, malgré son état. La bosse de Jean grossit de plus en plus, et sa peau se durcit, devenant de plus en plus verte. Lorsque ses propos deviennent incompréhensibles, Bérenger comprend que son ami se transforme en rhinocéros. Il l’enferme dans la salle de bain et s’enfuit. Il se rend vite compte que les rhinocéros sont partout. Il se réfugie dans la salle de bain où il a enfermé Jean. La porte menace de céder, il va en direction du mur du fond qui se met à céder donnant sur la rue. Bérenger fuit en criant “Rhinocéros ! Rhinocéros !”.

ACTE 3

Cet acte se déroule dans la chambre de Jean. Dudard frappe à la porte pour prendre des nouvelles de Bérenger. Il retrouve ce dernier terrorisé à l’idée de se transformer en pachyderme. Dudard lui apprend que leur chef, Monsieur Papillon s’est transformé en rhinocéros. Voyant qu’il n’a pas la capacité d’expliquer son raisonnement à Dudard, qui dispose de plus de connaissances grâce aux études qu’il a faites, Bérenger souhaite que son collègue s’entretienne avec le logicien. En voyant un canotier empalé sur la corne d’un rhinocéros, Bérenger comprend que le logicien s’est transformé lui aussi.

Quand Daisy arrive, elle leur apprend que leur collègue Monsieur Boitard s’est également métamorphosé en pachyderme. Béranger n’y comprend rien, lui qui parlait de Monsieur Boitard avec Dudard. Lui qui semblait si réticent. Daisy explique qu’il s’est transformé pour “suivre son temps”.
Résistant au départ, Dudard commence à montrer son envie de se transformer. “Mon devoir m’impose de suivre mes chefs et mes camarades”, “Mon devoir est de ne pas les abandonner”, “je ne les abandonnerais pas”, il quitte l’appartement pour se transformer.

Béranger et Daisy demeurent seuls. Ils sont les seuls humains face aux rhinocéros qui remplissent la rue. Si Béranger continue à y voir une forme d’adversité, Daisy commence à douter. Elle commence à éprouver le souhait de se métamorphoser en ses créatures si belles et si magnifiques, “ce sont des dieux”, dit-elle à Béranger. Ils se disputent et Daisy finit par quitter l’appartement pour rejoindre les rhinocéros qu’elle trouve si beau.

Abandonné de tous, Béranger est en proie aux troubles. Il s’interroge sur sa propre identité. Il continue d’affirmer qu’il est humain et que les hommes sont beaux, il est beau. En accrochant des tableaux, il se rend compte que les rhinocéros sont beaucoup plus beaux que lui. Il hésite et se surprend à vouloir devenir un pachyderme. Il se trouve laid, monstrueux et regrette de ne pas les avoir suivis à temps. Puis il se ravise, il décide de résister, de ne pas capituler, quitte à rester le seul être humain.

Présentation des personnages

Les personnages principaux

Bérenger est le personnage principal de la pièce. C’est une personne négligente qui a l’habitude d’arriver en retard. Il est porté par la boisson et profite de ses jours de repos pour boire tout son saoul. Il est amoureux de Daisy. C’est l’anti-héros est le porte-parole du dramaturge. Il incarne la raison, et ce, malgré son maigre bagage scolaire. Tout au long de l’histoire, il cherche à résister… Il ne souhaite pas se transformer en pachyderme. À la fin de la pièce, il sera le seul humain.

Jean est le collègue et l’ami de Bérenger. C’est une personne soignée et sûre de lui. Il est toutefois très prétentieux. Ce conformisme souhaite que tout le monde soit à son image. Il ne supporte pas qu’on lui tienne tête comme nous pouvons le constater dans l’acte I où il étale sa science en expliquant que les rhinocéros d’Asie ont deux cornes et les rhinocéros d’Afrique n’ont qu’une corne. Bérenger soutient le contraire, ce qui provoque la colère de Jean. Pourtant, c’est bien Bérenger qui a raison. Jean est également un personnage raciste comme le témoigne l’insulte qu’il envoie à Bérenger dans l’acte I “Les deux cornes, c’est vous qui les avez ! Espèce d’Asiatique !”. Son caractère prétentieux, sa forte opinion de lui-même, en se voyant meilleur que les autres, ainsi que son conformisme l’amènent à se transformer en pachyderme.

Daisy est la secrétaire du bureau dans lequel Jean et Bérenger travaillent. Cette jeune femme blonde n’a pas un fort caractère. Dans l’acte trois, elle a une brève relation amoureuse avec Bérenger, mais craignant d’être seule, elle commence à souhaiter devenir pachyderme. Après une dispute avec Béranger, elle s’en ira pour devenir elle aussi un rhinocéros.

Dudard est un grand homme de 35 ans qui travaille avec Bérenger et Jean. Cet intellectuel est licencié en droit. S’il apparaît comme une personne lucide et raisonnable, c’est également une personne ambitieuse et lâche en proie au doute. S’il prétend se transformer par sens du devoir envers son chef et ses camarades, il prétend également souhaiter se métamorphoser pour les comprendre. Il assure également vouloir se plier à “la grande famille universelle” que représentent les rhinocéros. Au fond, il se range au côté du plus grand nombre.

Les autres personnages

Monsieur Papillon est le patron de la maison de publications juridiques dans laquelle travaillent Bérenger, Jean, Daisy et Dudard. Cet homme de cinquante ans est bien vêtu. S’il se transforme en pachyderme, c’est avant tout pour fuir ses responsabilités, aspirer à une meilleure vie que la sienne.

Monsieur Botard est un ancien instituteur à la retraite qui continue de travailler auprès de Béranger et de Jean sous les ordres de Monsieur Papillon. Ce communiste se prétend marxiste, mais n’a pas assimilé les pensées de la bonne façon. Il est également de mauvaise foi, car il prétend que l’histoire du rhinocéros n’est qu’une plaisanterie et qu’il n’existe pas et lorsqu’il se rend compte qu’un pachyderme a bien détruit l’escalier, il nie avoir prétendu qu’il n’y croyait pas. Il finit par “suivre son temps” en se transformant en rhinocéros, ce qui montre qu’il n’a pas de pensée qui lui soit réellement propre.

Monsieur Bœuf est un employé de Monsieur Papillon. Il est le seul personnage que nous ne connaissons pas en tant qu’être humain. Il court après sa femme lorsque celle-ci vient adresser un télégramme à son patron. Sa femme, madame Bœuf, comprenant que ce rhinocéros n’est autre que son mari, le suivra.

Les personnages secondaire

Le logicien incarne l’absurdité même. En utilisant les syllogismes, il apparaît comme un personnage qui pense savoir, mais qui ignore, qu’il ignore.

Le vieux monsieur est un homme élégamment vêtu. Il écoute le logicien et essaye de comprendre sa logique comme s’il était professeur. Il représente la foule qui suit sans se poser de question, tout comme la ménagère, l’épicier, l’épicière, la serveuse et le patron. Ce dernier est d’ailleurs un homme qui ne pense qu’à son propre intérêt. En effet, lorsque le chat se fait écraser par le rhinocéros, il ne pense qu’à ses sous, indiquant à la serveuse que cela sera amputé sur son salaire et lui ordonnant de ranger le désordre.

Analyse de l’œuvre

Utiliser l’absurde pour porter la réflexion d’un sujet sérieux

Emblématique dans le théâtre de l’absurde, le Rhinocéros permet à Eugène Ionesco de peindre le portrait de la montée du fascisme à travers une pièce comique.
La maladie “rhinocérite” qui contamine les habitants de la ville est à comparer au totalitarisme que le dramaturge condamne. À travers leurs réactions et leurs actions, les différents personnages de la pièce permettent à Ionesco d’aborder différents thèmes tels que la montée du totalitarisme par conformisme ou la résistance.
En effet, bien que la “rhinocérite” puisse paraître grotesque et amusante, le dramaturge dénonce les dangers du totalitarisme en y illustrant le comportement passif des citoyens. Ces derniers sont contaminés par cette maladie. Chacun pour des raisons différentes toutefois, presque tous les citoyens sont uniformisés et adhèrent à ce groupe de rhinocéros, de la même manière que sont conditionnés les hommes à se plier au totalitarisme.

Un anti-héros

Timide et maladroit, Bérenger est un personnage d’apparence négligée qui n’est pas à l’aise dans ce monde auquel il appartient. Il confie son mal-être à Jean, toutefois, il n’a pas envie de changer, et ce, même pour séduire Daisy, la femme qu’il aime. Il est comme il est et refuse de vouloir plaire à tout le monde. Il refuse de se conformer à ce que les gens veulent. Même lorsque son ami, Jean, lui prodigue quelques conseils pour qu’il puisse changer de vie, souhaitant en réalité le façonner à son image, Bérenger ne s’y exécute pas. Il incarne l’esprit conscient et tente, tout au long de la pièce, à ramener ses amis à la raison, et ce, sans succès. Il refuse de se conformer, il s’oppose à vouloir croire que les rhinocéros sont plus beaux que les humains. Il représente la résistance et l’espoir.

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