Littérature

Molière, L’Avare : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés

L’Avare est une comédie en prose et en 5 actes écrite par le comédien et dramaturge français Jean-Baptiste Poquelin alias Molière. Cette pièce de théâtre est sortie en 1668. Elle figure parmi les œuvres les plus marquantes du mouvement classicisme.

La scène se déroule à Paris, dans la maison d’Harpagon, un riche veuf.

Résumé scène par scène de la pièce L’Avare de Molière

Acte 1

Scène 1

Élise, la fille d’Harpagon, et Valère, un gentilhomme napolitain se déclarent leur amour. Ce dernier a sauvé Élise de la noyade. Il veut rester auprès d’elle, alors il s’est fait engager comme intendant chez Harpagon pour essayer d’obtenir ses grâces.

Scène 2

Cléante, frère d’Élise, vient se confier à sa sœur à propos de son amour pour Mariane qui est une jeune fille orpheline et modeste. Il aimerait l’aider financièrement. Son souhait est impossible, car leur père, désormais veuf, est particulièrement avare.

Élise est sur le point de révéler à Cléante qu’elle aime aussi quelqu’un…

Scène 3

Harpagon est obsédé par sa fortune. Il a enterré une cassette de dix mille écus d’or dans son jardin de peur qu’on ne la lui vole. Il soupçonne La Flêche, le valet de Cléante, de vouloir lui dérober cet or. Harpagon chasse La Flêche de sa maison.

Scène 4

Harpagon informe Cléante et Élise qu’il désire épouser Mariane. Il leur annonce aussi qu’il a arrangé leur mariage. Élise sera destinée au seigneur Anselme, un vieil ami de son père, et Cléante à une veuve. Les deux enfants sont terrifiés par cette nouvelle, mais font semblant d’être heureux de l’apprendre.

Scène 5

Elise refuse son sort. Harpagon demande secours auprès de Valère pour la convaincre. Celui-ci tente de dissuader Harpagon de ces arrangements sans toutefois s’opposer à ses volontés. Il gagne peu à peu la confiance du père tout en songeant à s’enfuir avec Élise en derniers recours.

Acte 2

Scène 1

Cléante confie une tâche à son valet, celle de lui trouver rapidement un prêteur sur gages pour emprunter une somme de quinze mille livres. La Flêche lui en a trouvé un, mais le prêteur n’accorde que douze mille livres et impose un taux exorbitant avec des conditions inacceptables. Cléante est en colère.

Scène 2

Cléante découvre l’identité du prêteur qui n’est autre que son père Harpagon. Les deux hommes se disputent violemment.

Scène 3

L’intrigante Frosine vient rencontrer Harpagon. Elle joue les entremetteuses pour en tirer un avantage.

Scène 4

Frosine vient chez l’avare pour discuter de l’union de Mariane et Harpagon afin de lui monnayer ses services. Elle voit La Flêche qui lui prévient de l’avarice d’Harpagon. Jamais il ne lui donnera de l’argent.

Scène 5

Harpagon est embêté que Mariane ne soit pas fortunée. Frosine tente de le persuader que même si Mariane n’apporte pas de dot, elle sera une femme économe. Elle n’a pas le goût du luxe. Elle ment et lui dit aussi que Mariane préfère largement les hommes mûrs aux plus jeunes.

Frosine demande une compensation à Harpagon pour ses services, mais en vain. Harpagon, faisant la sourde oreille, s’éclipse.

Acte 3

Scène 1

Harpagon veut inviter sa future épouse à dîner. Il ordonne un repas à ses domestiques et s’adresse à Maître Jacques qui est son cuisinier. Celui-ci doit faire très attention à ne pas trop dépenser sur la nourriture. Le cuisinier vitupère tandis que Valère se range du côté de son maître en approuvant son dire.

Scène 2

Maître Jacques reproche à Valère de ne pas s’aligner avec lui. Les deux entrent dans une violente querelle. Valère frappe le cuisinier avec un bâton. Celui-ci abandonne la partie et promet de se venger dès que possible.

Scène 3

Frosine s’informe auprès de Maître Jacques si Harpagon est bien présent. Elle accompagne Mariane qui est très nerveuse puisqu’elle n’a pas encore rencontré son futur mari.

Scène 4

Frosine incite Mariane à épouser Harpagon. La jeune fille ne connaît pas les intentions de l’intrigante et elle espère que ce sera Cléante.

Scène 5

Lorsqu’Harpagon fait son entrée et salue Mariane, celle-ci est prise d’un sentiment de dégoût en voyant l’état et le visage du vieillard. Elle est très déçue.

Scène 6

Elise arrive à son tour et salue Mariane.

Scène 7

Cléante entre dans la scène et salue Mariane. Les deux éprouvent des sentiments réciproques. Cléante se met à déclarer sa flamme en prétendant parler au nom de son père. Harpagon ne s’aperçoit de rien. Cléante va plus loin et retire une bague en diamant portée par son père pour l’offrir à Mariane. Harpagon est furieux d’avoir ainsi perdu un précieux bijou.

Scène 8

La venue d’un visiteur est annoncée en cours de dîner. Le maître des lieux refuse de recevoir cet inconnu. On lui dit alors que l’homme apporte de l’argent, et il finit par y aller.

Scène 9

La Merluche se précipite auprès d’Harpagon pour annoncer que les chevaux sont déferrés. Impossible d’aller à la foire comme prévu. Cléante demande qu’on lui porte une collation dans le jardin où il emmène Mariane.

Acte 4

Scène 1

Cléante, Mariane et Élise sont désespérés. Ils font pression sur Frosine pour qu’elle parle avec Harpagon et le faire changer d’avis sur le projet de mariage avec Mariane. Frosine accepte de les aider et prévoit de présenter une riche veuve à Harpagon.

Scène 2

Harpagon surprend Cléante en train de baiser la main de sa future épouse. Lorsque les chevaux sont prêts, et que tous sont sur le point d’entrer dans le carrosse, Harpagon ordonne à Cléante de rester.

Scène 3

Soupçonneux, Harpagon tend un piège à Cléante afin de savoir si celui-ci éprouve des sentiments pour Mariane. Il demande à Cléante comment il trouve la jeune femme. Le fils renie son amour dans un premier temps. Harpagon continue en disant qu’il pensait renoncer au mariage et qu’il veut que ce soit Cléante qui se marie à sa place. Cléante tombe finalement dans le piège et avoue son secret.

Les deux se disputent, Harpagon est en colère et menace son fils avec des coups de bâton. Cléante affirme qu’il n’est pas prêt de renoncer à sa douce Mariane.

Scène 4

Maître Jacques veut arranger la situation entre le père et le fils. Il joue le médiateur et essaie de les raisonner en discutant avec eux séparément. Mais ceci n’est qu’une vengeance de la part du cuisinier, car il leur fait croire que l’autre décide de renoncer à Mariane.

Scène 5

Harpagon et Cléante se font des excuses mutuelles pensant qu’ils ont résolu le problème. Ils découvrent, après le départ du cuisiner, que ce n’est pas le cas. Les disputes reprennent entre eux. Harpagon en arrive à maudire son fils et à le déshériter.

Scène 6

Cléante demande à son valet, La Flèche, de se saisir de la précieuse cassette remplie d’écus d’or. Il vient avertir son maître qu’il a enfin trouvé la cachette et a volé le trésor.

Scène 7

L’Avare découvre le vol et devient complètement fou de rage et de douleur. Il jure de châtier durement celui qui a commis cet acte.

Acte 5

Scène 1

Harpagon qui en veut au monde entier amène un commissaire pour trouver le coupable. Il veut faire arrêter tous les Parisiens. Le commissaire lui demande de retrouver son calme, mais en vain.

Scène 2

Maître Jacques est interrogé par le commissaire. L’envie de se venger est plus forte que tout, il désigne Valère, l’amoureux d’Élise, comme responsable.

Scène 3

Harpagon furieux va vers Valère et lui force à avouer son crime. Celui-ci croit que l’Avare a découvert son amour pour Elise et dit tout. Des malentendus s’ensuivent et Harpagon finit par comprendre que sa fille est amoureuse de son intendant. Il devient encore plus enragé en apprenant cela, amis il continue de penser que Valère est celui qui l’a volé.

Scène 4

Très énervé contre sa fille, l’avare veut la faire enfermer et faire pendre Valère.

Scène 5

Le seigneur Anselme fait son entrée. Valère se défend de l’accusation de vol en disant qu’il est le fils de Dom Thomas d’Albury. Mariane affirme que Valère est son frère. Anselme révèle qu’il est en réalité Dom Thomas d’Albury et reconnaît ses deux enfants, Mariane et Valère. Il les avait perdus de vue.

Harpagon n’abandonne pas et exige qu’on lui rende son argent.

Scène 6

Cléante dit à l’Avare que son argent lui sera rendu à condition qu’il consente aux unions de ses enfants. Harpagon accepte, mais refuse de subvenir aux mariages. Anselme propose de le faire ce qui ravit Harpagon. L’Avare récupère la cassette qu’il chérit tant, et les quatre jeunes peuvent enfin concrétiser leur amour.

Présentation des personnages de l’Avare de Molière

Les personnages principaux

Harpagon : l’Avare, père de Cléante et d’Élise, et prétendant de Mariane. C’est le personnage principal de la pièce. Il aime l’argent plus que ses propres enfants. Il veut arranger leurs mariages dans le seul but de s’enrichir encore plus.

Cléante : fils d’Harpagon et amoureux de Mariane qui doit épouser l’Avare. Harpagon lui arrange un mariage avec une veuve riche.

Élise : fille d’Harpagon et éperdument amoureuse de Valère. Elle est promise à un riche vieillard nommé Anselme.

Valère : fils d’Anselme et amant d’Élise. Il travaille comme serviteur pour l’Avare afin de gagner sa confiance et lui demander la main d’Élise au moment opportun.

Mariane : amante de Cléante, mais qui doit épouser Harpagon.

Anselme : père de Valère et de Mariane. Les trois ne découvrent leur lien qu’à la fin de la pièce.

Les personnages secondaires

Frosine : femme d’intrigue.

Maître Simon : courtier qui s’occupe des transactions financières d’Harpagon.

Maître Jacques : cuisinier et cocher d’Harpagon.

La Flèche : valet de Cléante.

Dame Claude : servante d’Harpagon.

Brindavoine et La Merluche : laquais d’Harpagon.

Un commissaire de police et son clerc.

Analyse de l’œuvre

L’aspect comique de la pièce

L’Avare est une comédie qui mélange différents types de procédés comiques. Ella fait rire par son comique de caractère. Le personnage principal, Harpagon, est un radin et un paranoïaque qui a peur qu’on lui vole sa cassette.

Le comique de langage rend aussi cette pièce amusante. Les répliques sont drôles, les jeux de mots nombreux, et on observe même des injures (dans Acte I, la scène sur le renvoi de La Flèche).

Le comique de situation intensifie l’aspect comique de cette pièce. L’histoire est truffée de quiproquos. Harpagon et son fils Cléante qui se découvrent au moment de l’emprunt d’argent. Mariane qui espère épouser Cléante, mais qui constate que ce sera un vieillard. Ou encore, lorsque l’identité de Valère est cachée pour tromper l’Avare.

Le comique de geste offre aussi un rendu divertissant avec les actions exagérées des personnages. En guise d’exemples, la scène où Maître Jacques reçoit des coups de bâton ou encore l’Avare qui effectue des gestes avec ses bras.

L’amour et la famille à l’honneur

Cette comédie parle avant tout de mœurs : l’amour et les liens familiaux. C’est une histoire de quatre jeunes qui ne veulent qu’une seule chose, c’est de faire vivre leur amour. Comme dans la plupart de ces pièces, Molière critique le mariage arrangé (pratique courante à l’époque). L’amour triomphe toujours à la fin.

L’auteur accorde une grande importance aux liens familiaux dans l’Avare. Il y évoque un père démesurément égoïste qui sacrifie le bonheur de ses enfants pour son garder ses intérêts. Et l’autre père (Anselme) qui est prêt à tout pour que se enfants soient heureux.

L’avarice et la cupidité

L’auteur de la pièce cherche à souligner des défauts de la société à travers ces personnages amusants.

L’avarice d’Harpagon le rend ridicule et pitoyable aux yeux de tous, il considère que l’argent est son véritable amour.

Il dénonce l’amour de l’argent qui engendre de mauvaises influences sur la vie des gens. Cette cupidité mène l’Avare à vouloir marier ses enfants à des personnes riches et âgées, à restreindre le budget pour le dîner, etc. Et pire, l’argent peut priver les gens de ce qui importe réellement dans la vie. L’Avare se retrouve tout seul avec son or.

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