Littérature

Guy de Maupassant, Le papa de Simon : résumé

Ecrit par lesresumes
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I) Présentation de l’œuvre

Le Papa de Simon est une nouvelle écrite par Guy de Maupassant (1850 – 1893) à la fin du 19ème siècle. Elle est parue pour la première fois en décembre 1879 dans la revue La réforme politique, littéraire, philosophique, scientifique et économique, puis a été intégrée au recueil La Maison Tellier publié en 1881. Il s’agit d’une nouvelle réaliste, en ce qu’il n’y a aucune manifestation merveilleuse.

Dans ce court récit, Maupassant décrit principalement le harcèlement et la cruauté des enfants à l’égard de Simon, un petit garçon qui n’a pas de père. On peut donc l’apparenter à une parabole sur la méchanceté humaine. Il est d’ailleurs peut-être tiré de sa propre expérience, étant donné que l’auteur a vu son père partir définitivement de la maison familiale quand il était jeune.

II) Résumé de la nouvelle

L’histoire prend place dans un petit village de campagne français. On y découvre Simon, un enfant de sept ou huit ans, qui fait son premier jour d’école. C’est sans doute la première fois qu’il sort de sa maison et qu’il rencontre d’autres personnes. Mais à la sortie des cours, il est moqué et insulté par ses camarades parce qu’il n’a pas de père. Il vit en effet seul avec sa mère célibataire, la Blanchotte, qui souffre d’une mauvaise réputation dans tout le village pour avoir eu un fils en dehors du mariage. Simon pâtit de tout cela, puisque les enfants répètent finalement tout ce que disent leurs mères.

Très affecté par les remarques désobligeantes des autres enfants, Simon court en larmes à la rivière pour s’y jeter et en finir. Par chance, il rencontre soudainement Philippe Rémy, un forgeron du coin, qui le console et le prend sous son aile. Le petit garçon lui demande s’il veut bien devenir son père, celui-ci accepte et le raccompagne chez lui. Mais cela ne suffit pas à mettre fin aux moqueries : les enfants à l’école continuent à le harceler, parce que Philippe n’est pas le mari de sa mère.

Simon va donc se rendre à la forge pour se plaindre. Sous les conseils avisés de ses collègues, le forgeron va finalement demander la main de la Blanchotte et Simon n’aura enfin plus d’ennuis.

III) Pistes d’analyse

On peut tout d’abord observer la structure de la narration. Maupassant dépeint ici une situation anodine dans une cour d’école remplie d’enfants, dans un décor champêtre propre aux campagnes de l’époque. En particulier, l’influence des rumeurs y est particulièrement prégnante puisque c’est autour de l’une d’elle que s’ancre l’histoire. En termes de rythme, on remarque que les dialogues s’écourtent à mesure que le malheur grandit dans l’esprit de Simon. Du commencement de la nouvelle, on passe alors d’un récit simple à une véritable scène dramatique au ton bien plus pesant.

Ce basculement se manifeste dans les premières lignes du récit à travers deux éléments. D’une part, Simon passe de l’embarras au désespoir au fil du dialogue. Victime de la réputation de sa mère, il devient une cible facile pour les autres enfants qui l’entourent et se moquent de lui. D’autre part, le groupe d’enfants qui raillent notre personnage principal : le découvrant pour la première fois, ses camarades sont d’abord étonnés et l’interrogent de manière insistante. « Quant à Simon, ils ne le connaissaient pas, car il ne sortait jamais, et il ne galopinait point avec eux dans les rues du village ou sur les bords de la rivière. Aussi ne l’aimaient-ils guère. » Puis la curiosité se transforme peu à peu en méchanceté, l’auteur qualifiant leur comportement de cruel. « Le regardant avec les yeux malins et cruels des enfants qui méditent un mauvais coup. » ; « Une joie féroce éclata chez ses ennemis. » On peut remarquer ici une forme d’oxymore – joie féroce – qui vient accentuer la violence de l’acte. La répétition de l’expression « pas de papa » témoigne également de cette oppression. En outre, ils sont décrits comme une masse d’individus, plus nombreux donc plus forts que le petit nouveau. L’auteur les déshumanise en ce sens, en employant des termes impersonnels pour les désigner : « le gars » ; « un petit voisin, le fils d’une veuve ». Il les condamne durement, ainsi que leurs parents : « ces polissons, dont les pères étaient, pour la plupart, méchants, ivrognes, voleurs et durs à leurs femmes ».

En contraste avec la description faite du groupe harceleur, le forgeron est largement valorisé. Il est signifié comme une présence rassurante et protectrice dès sa rencontre avec l’enfant. On peut d’ailleurs remarquer que l’adoption de Simon est symbolisée par l’auteur avec plusieurs de ses actes : « Ils se mirent en route, le grand tenant le petit par la main » ; « L’ouvrier, l’enlevant de terre, l’embrassa brusquement sur les deux joues. » Il constitue finalement le héros de l’histoire, puisque c’est lui qui résout la situation en redorant la réputation de la Blanchotte, ce qui met définitivement un terme aux moqueries que subit Simon. Maupassant lui accorde même des qualités d’un surhomme doté d’une force hors du commun : « le tenant au bout de ses bras d’hercule ». Au final, les rires des camarades du garçonnet cessent dès que le nom du forgeron est prononcé. La nouvelle se clôt sur une situation similaire à celle du début, à la différence que Simon a désormais un père. « Cette fois, personne ne rit plus, car on connaissait bien ce Philippe Rémy, le forgeron, et c’était un papa, celui-là, dont tout le monde eût été fier. »

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lesresumes

1 commentaire

  • Ce site est très pratique mais je n’ai pas toutes les informations que je cherchais.
    Sinon c’est très bien fait.
    Merci !

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