Littérature

Guy de Maupassant, Pierre et Jean : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés
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Résumé chapitre par chapitre de Pierre et Jean de Guy de Maupassant

Chapitre 1

Monsieur Roland a emmené sa femme et ses deux fils Pierre et Jean, accompagné par une jeune veuve à bord de sa barque « La Perle » pour une partie de pêche. Jean, est doux, et Pierre, l’ainé, plus nerveux. Les deux jeunes hommes sont jaloux l’un de l’autre. À l’issue de la promenade, Madame Roland invite Madame Rosémilly à se joindre à eux pour le repas du soir. Alors que la famille se met à table, le notaire, Monsieur Lecanu s’annonce. Il révèle qu’un ami de Monsieur Roland, Léon Maréchal est décédé et que son testament nomme Jean comme légataire universel. Il l’invite à signer le lendemain dans son étude. Jean et Pierre partent, séparément, faire une promenade. Madame Roland s’inquiète qu’un de ses fils soit favorisé au détriment de l’autre.

Chapitre 2

En marchant, Pierre se sent contrarié et énervé devant la nouvelle. Il attribue cet agacement à la jalousie qu’il éprouve envers son frère. Devant le port, la nuit tombée, il retrouve son frère. Il le félicite chaudement pour cet héritage puis repart seul en direction de la ville. Il rentre dans un bar, tenu par Monsieur Marowsko, un Polonais expert en fabrication de liqueur. Pierre lui raconte la nouvelle du jour. Le tenancier conclut en disant que : « Ça ne fera pas un bon effet ». Cette remarque agace Pierre, qui décide de rentrer chez lui.

Chapitre 3

Pierre, qui est docteur, se réveille le lendemain avec la résolution de faire fortune. Le matin, il visite la ville en quête d’un appartement puis rentre déjeuner. La famille s’est mise à table sans l’attendre. Pierre et son père se dispute sur le sens de l’argent. Madame Roland les calme. L’après-midi Pierre trouve un bel appartement à louer et pense demander de l’argent à son frère pour réaliser l’opération. Il s’assied dans un café et raconte à la serveuse l’histoire de l’héritage de son frère. Elle lui répond que son frère à plus de chance que lui. Il s’en va, offusqué. Il s’interroge à nouveau sur le fait que le défunt ait légué la fortune et son frère et ne l’ai pas partagée.
Chez lui, un banquet se prépare en l’honneur de Jean, le nouvel héritier. Pierre joue le rôle de trouble-fête, la mine dépitée et le ton ironique. Ivre, il part se coucher.

Chapitre 4

Au réveil, Pierre décide d’abandonner ses mauvaises pensées et d’être gentil avec tout le monde. Il est enjoué pendant le déjeuner familial. Puis, il part avec un ami, Jean Bart, faire une promenade en mer avec « La Perle ». À son retour, il apprend que sa mère a loué pour Jean, l’appartement dont il rêvait. Il est furieux. Elle ajoute qu’elle trouvera aussi quelque chose pour lui, mais plus modeste, car il n’a rien. Il tente de se souvenir de Monsieur Maréchal et reconnaît que ce dernier ne favorisait ni l’un, ni l’autre. Il en arrive à penser que Jean est le fils caché du défunt.

Chapitre 5

Pierre est torturé. Des sentiments contradictoires l’habitent. Il se rend dans la chambre de Jean, qui dort pour voir s’il y a une quelconque ressemblance avec Monsieur Maréchal. En le regardant dormir, il conclut que son frère n’a aucun trait en commun avec son père, Monsieur Roland. Il va voir ensuite sa mère et lui demande de retrouver un portrait de Monsieur Maréchal, pour l’offrir à Jean. Puis il part à Trouville pour se changer les idées. À son retour, il demande à sa mère si elle a retrouvé le portrait. Elle le trouve puis le cache à nouveau juste avant l’arrivée de Madame Rosémilly.

Chapitre 6

Monsieur Roland s’inquiète de l’attitude de Pierre qui semble malheureux alors que toute la famille se réjouit. Il est également préoccupé par Louise, sa femme, qui donne des signes de faiblesse. Pierre ausculte alors sa mère. Les jours suivants, elle a plusieurs petites crises de nerfs. Ils décident de partir à la campagne en famille, avec Madame Rosémilly et un autre ami, Monsieur Beausire. Jean se demande s’il doit épouser la jeune veuve. Ils s’éloignent et Jean trouve le courage de lui déclarer son amour. Il la demande en mariage. Elle accepte. Jean confie aussitôt son secret à sa mère.

Chapitre 7

Toute la famille se retrouve dans le nouvel appartement de Jean. Seul avec son frère, il lui annonce qu’il va se marier avec Madame Rosémilly. Le ton monte, ils se disputent. Jean l’accuse d’être jaloux. Pierre s’en défend. À bout, il accuse son frère d’être le fils illégitime de Monsieur Maréchal. Il part en courant. Jean va trouver sa mère dans sa chambre et lui demande la vérité sur sa naissance. Louise confirme les insinuations de Pierre. Elle veut partir de la maison, Jean la retient. Elle lui raconte qu’elle a profondément aimé son amant, et qu’elle l’aime encore au-delà de la mort.

Chapitre 8

Suite à la révélation de sa naissance, Jean songe à retrouver la paix et à accompagner le mieux possible sa mère dans son épreuve. Il pense à léguer sa fortune aux pauvres. Finalement, il décide de tout garder, mais de renoncer à son héritage paternel au profit de son frère. Pendant le déjeuner de famille qui suivit, Pierre a une envie irrésistible de fuir. Il envisage de s’embarquer sur un paquebot comme médecin de bord. Jean approuve l’idée.
Il se rend ensuite avec sa mère chez Madame Rosémilly. Ils confirment le mariage.

Chapitre 9

Pierre est nommé médecin de la « Lorraine ». Sa famille le félicite. Il part, la tristesse au cœur. En chemin, il s’arrête chez Monsieur Marowsko puis il embarque. Sa famille lui rend visite dans sa cabine puis repart.
Monsieur Roland fait monter la famille dans « la Perle ». Ensemble, il voit le paquebot filer. Pierre se tient seul, à l’arrière.

Principaux personnages

Pierre Roland

Frère aîné de Jean, il est docteur. D’un tempérament plus emporté que son frère, il est jaloux de lui. Lorsqu’il apprend que Jean a l’unique héritier, il devient de plus en plus aigri. Quand sa mère trouve un appartement pour que son frère s’installe, il devient presque fou. Pierre comprend alors que Jean est le fils de l’amant de sa mère. Pour se venger, il le lui dit.

Jean Roland

Jeune homme calme, il est avocat. Il se réjouit lorsqu’il reçoit l’héritage sans se douter de rien. Il est blond comme le défunt. Quand sa mère lui avoue le secret de sa naissance, il lui réaffirme son amour.

Louise Roland

Femme de Gérome, Louise apparaît comme une bonne mère de famille, soucieuse de l’avenir de ses enfants. Devant les soupçons de Pierre, elle tente de cacher un moment son secret. Elle avoue à Jean qu’elle aimait le défunt et qu’elle l’aime encore. Elle se réjouit quand Pierre part sur un paquebot.

Gérôme Roland

Le mari de Louise, ancien commerçant, est lourdaud. Il n’a qu’une passion la pêche et vivre tranquillement. Il regarde les événements qui agitent sa famille comme un spectateur.

Léon Maréchal

Ami de Gérôme et amant de Louise, Monsieur Léon Maréchal lègue sa fortune à son fils illégitime Jean.

Mme Rosémilly

Jeune veuve qui vit d’une rente, amie de la famille Roland, elle promet le mariage à Jean.

Marowsko

Pharmacien qui fabrique des liqueurs. Ami de Pierre.

Le capitaine Beausire

Ami de la famille Roland

Maître Lecanu

Notaire qui annonce la mort de Léon Maréchal

Analyse de l’œuvre

Le mensonge omniprésent

Madame Roland ment à sa famille en cachant la naissance « illégitime » de Jean. Pierre se ment à lui-même en ne reconnaissant pas clairement sa rivalité avec son frère. Dans un repas familial, Pierre feint d’être aimable avec tout le monde alors qu’il est furieux et dévoré par la jalousie. De nouveau, Louise demande à son fils Jean de mentir afin qu’elle puisse demeurer chez lui. Chaque chapitre comporte son lot de mensonge, petits ou grands. Tous ces mensonges cumulés révèlent la vérité d’une famille où l’on parle de choses banales et dans laquelle les émotions sont tues.

Le triomphe de l’apparence

L’argent et le paraître semblent être les deux piliers sur lesquels la famille fonde son existence. Monsieur Roland, ravi que son fils touche un héritage, feint d’être très malheureux du décès Léon Maréchal. La primauté de l’apparence se remarque d’une part avec les décorations intérieures très étudiées (description de l’appartement de Jean) et d’autre part sur la crainte des rumeurs. Pierre, qui à certains moments semble désintéressé, échafaude de plans compliqués pour devenir riche. Enfin, à l’époque, avoir un enfant hors mariage était un scandale dans la société bourgeoise. Sauver les apparences est ce qui a conduit également Louise à vivre avec un homme qu’elle n’aimait guère au lieu de son amant qu’elle adorait.
Pierre est celui par lequel le scandale peut arriver car il sait. Il part à la fin du roman, comme banni par sa propre famille. Les apparences sont sauves.

L’omni-présence de la psychologie

L’auteur fouille le plus possible les idées et les émotions qui agitent Pierre : le goût des femmes, de l’argent, la jalousie, les conflits intérieurs, l’amour de sa famille… La rivalité entre deux frères est fondatrice. La civilisation chrétienne est engendrée par le conflit entre Caïn et Abel. Pierre, l’ainé, est d’une certaine manière, libérée lorsqu’il apprend que Jean n’est que son demi-frère. Mais sa punition est la même que celle de Caïn : il doit partir. Le roman est aussi l’aventure psychique de Pierre, homme pétri d’angoisse, parfois mêlée à de bons sentiments. Freud n’est pas loin.

Description de la société bourgeoise

Pierre est médecin, Jean avocat, leur père ancien bijoutier. Dans le roman, apparaissent également un pharmacien et un notaire. Les femmes restent à la maison et la dirigent. Elles sont dans l’ombre. C’est le cas de Louise Roland. « Elle cédait toujours et ne demandait jamais rien ». C’est une typique société patriarcale, celle du XIXe siècle, que décrit Maupassant. Il s’est intéressé à toutes les classes sociales dans son œuvre : de la paysanne normande aux petits-bourgeois parisiens. Il montre l’ascension au pouvoir des bourgeois flagrante dans la famille Roland qui ne rêve que de grimper davantage, par mariage ou par héritage, dans l’échelle sociale.

Un roman naturaliste

C’est un fait divers réel qui a donné l’idée à Maupassant d’écrire Pierre et Jean. Il repère soigneusement les lieux, ses descriptions sont précises, vraies. Il en va de même pour l’exploration de psychologie humaine. La fin du XIXe siècle marque le début des études sur les dérangements mentaux. La psychiatrie est en plein essor et la psychanalyse est sur le point d’être conceptualisée. Maupassant décrit le monde dans toute sa médiocrité. Son souci du détail l’amène à décrire l’agonie des poissons dans la barque de pêche. Le naturalisme tente comme le réalisme de décrire la réalité. Il va plus loin mettant en évidence l’influence du milieu sur les comportements.

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