Littérature

Olympe de Gouges, Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés

Publiée en 1791, soit deux ans après la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne est un texte miroir, une sorte de révolution dans la révolution, pour que la femme puisse être l’égale de l’homme.

Bien que ce texte soit tombé dans l’oubli en 1791, les mouvements féministes du XXe siècle ont permis de redonner à ce texte plus de visibilité permettant à Olympe de Gouges, une auteure française, d’être considérée comme une figure marquante dans la Révolution Française. Résumons et analysons ensemble cette œuvre.

Résumé détaillé de la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne d’Olyme de Gouges

Message adressé aux hommes

Avant de commencer à réécrire les lois, Olympe de Gouges demande à l’homme s’il est capable d’être juste ? Elle s’interroge sur quel fait il s’est positionné en tant qu’oppresseur du sexe féminin sachant que rien dans la nature ne montre quelque chose de semblable. Au contraire, les mâles et les femelles de chaque espèce, hormis l’Homme, participent et coopèrent à cet “ensemble harmonieux à ce chef d’œuvre immortel”. L’ouvrage d’Olympe de Gouge se compose :

  • d’un préambule ;
  • d’une déclaration de 17 articles ;
  • d’un postambule.

Préambule

Olympe de Gouges se proclame être la porte-parole des femmes (mères, filles et sœurs) afin de pouvoir être l’égale des hommes aux yeux de la loi. Là où le joug masculin parle du “sexe faible”, elle qualifie les femmes comme le “sexe supérieur en beauté comme en courage”. Ce texte introductif permet de réaliser une demande où les femmes peuvent être constituées en Assemblée Nationale.

La Déclaration

Constituée de 17 articles, cette déclaration est un texte-miroir de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Bien que le terme Homme par la présence du “H” en majuscule englobe autant les hommes que les femmes, Olympe de Gouge se rend compte que ces droits sont totalement inégaux en fonction que l’on soit un homme ou une femme. C’est pour cette raison qu’en réalisant cette postiche*, elle a pour ambition de ré-affirmer l’égalité de l’homme et de la femme. Dans cette déclaration, on peut diviser les articles en deux grandes catégories :

  • les articles qui ne sont destinés que pour la femme ;
  • les articles qui sont destinés pour l’homme et pour la femme.

Article III
Réunion de l’homme et de la femme dans le corps politique (Souveraineté)

Destiné pour la femme Destinés pour l’homme et la femme
Article Premier L’égalité des droits
Article II La liberté, la sûreté, la propriété et la résistance à l’oppression
Article IV & V La protection de la femme par les droits de la nature et de la raison
Article VI Le droit de participer à l’élaboration des lois et la prétention aux dignités selon le mérité
Article VII, VIII, IX, X L’égalité devant la loi (devoirs & châtiments)
Article XI Liberté d’expression
Article XII La garantie des droits
Article XIII, XIV La contribution à l’impôt & le droit de participer à la distribution des places, des dignités, des emploies et de l’industrie
Le droit de demander à tout agent public des comptes sur son administration
Article XVI Participation à la rédaction de la constitution
Article XVII Le droit à la propriété “inviolable et sacré

* postiche : “Qui remplace certaines imperfections physiques ou qui est ajouté artificiellement” (Larousse)

Le Postambule

Dès le début de son texte, Olympe de Gouges annonce la couleur en écrivant “Femme, réveille toi !”. Ce texte, qui se veut plus rhétorique, poursuit dans le même cheminement que le préambule ou la Déclaration : la lutte contre les inégalités entre l’homme et la femme. Pour cette auteure du XIXe siècle, la Révolution Française n’a pas permis à la femme d’obtenir de meilleures conditions : elle est toujours dédaignée et méprisée.

Bien que des femmes aient pu jouer un rôle décisif dans l’Histoire, elle constate que leur influence a été perdue en même temps que leur capital de beauté et de jeunesse disparaissait.

Pour Olympe de Gouges, le “partage des fortunes entre les hommes et les femmes, et de l’administration publique” sont essentiels afin de sécuriser leur situation juridique.

De plus, Olympe de Gouges manifeste clairement son désaccord contre l’institution du mariage, qu’elle qualifie comme étant le “tombeau de la confiance et de l’amour”. Selon elle, l’éducation ainsi que les “conventions conjugales” permettraient de préparer l’émancipation de la femme afin de transformer les relations conjugales en relations contractuelles.

Présentation d’Olympe de Gouges

Née sous le nom de Marie Gouze à Montauban, le 7 mai 1748, Olympe de Gouges est considérée comme l’une des premières féministes françaises. Elle grandit en Occitanie dans un milieu modeste. Cette héroïne révolutionnaire s’est également fait connaître comme une adversaire du système esclavagiste.
Alors qu’elle est âgée de 17 ans, elle se marie avec Louis Aubry, mais le mariage est de courte durée et très vite, elle devient veuve. C’est à ce moment qu’elle part vivre sur Paris avec son fils sous le nom d’Olympes de Gouges.

Bien qu’elle soit célibataire, elle préfère jouir de son indépendance et refuse catégoriquement de se marier. Cela lui donne l’occasion d’être libre de ses écrits ainsi que de ses actes. En effet, dans les salons de la Capitale qu’elle fréquente, elle s’intéresse aux idées nouvelles et se met à espérer devenir une femme de lettres.

La première cause qu’elle défend est celle de la lutte contre l’esclavage. En 1784, elle rédige sa première pièce de théâtre : Zamore et Mirza ou l’Esclavage des Noirs. Jugée trop sulfureuse, cette pièce qui prône l’égalité et la fraternité entre les Blancs et les Noirs ne sera jouée qu’après la Révolution. En 1787, soit à l’âge de 39 ans, elle publie ses Réflexions sur les hommes nègres. Elle reviendra sur cette cause lors de la révolution en rédigeant Le Marché des Noirs, une nouvelle pièce qui favorise la cause abolitionniste.

En réaction à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, elle réalise l’un des plus grands textes fondateurs du féminisme moderne qui se veut, lors de la partie Déclaration, un texte miroir à la DDHC. Dès le premier article, elle écrit : “La femme naît libre et demeure égale en droits à l’homme. “ En 2022, cette œuvre est au programme du Bac de Français avec le parcours “Écrire et Combattre pour l’égalité”.

En prenant le parti des Girondins pendant la Révolution, elle réalise des pamphlets contre Robespierre et Marat ce qui l’entraîne à être condamnée à mort sous le régime de Terreur, le 3 novembre 1793.

Neuf années plus tard, son fils est envoyé en Guyane par Bonaparte au moment où le capitaine général de la colonie, Victor Hugues, rétablis l’esclavage que sa mère avait combattu de son vivant. Il meurt peu de temps après être arrivé sur l’île.

Quels sont les thèmes importants dans cette œuvre d’Olympe de Gouges ?

L’égalité entre l’homme et la femme

Pendant les décennies qui suivirent la Révolution et la DDHC, la femme a souvent été discriminée. Qualifiant de “sexe faible” en opposition au “sexe fort” (homme) en rapport avec les pensées du XVIIIe siècle qui concluaient que la nature créait une différence entre les sexes par rapport à différents critères tels que la force physique. Toutefois, pour Olympe de Gouges, l’espèce animale est placée sous l’égide d’une autorité qui se veut juste et rationnelle. Elle évoque “les lois de la nature et de la raison”, dès l’article V, qui sont complètement absentes de la DDHC. Selon elle, les propriétés sont de “vrai patrimoine de la nature” (Art. XVII). L’homme et la femme se doivent de les partager.

La justice

Pour Olympe de Gouges, le mérite est important. Que ce soit les “places et emplois publics”, chaque citoyen et chaque citoyenne peuvent y accéder en fonction de “leurs vertus et de leurs talents”. Pour cette auteure, la place que l’on vise doit être en rapport avec nos capacités et nos mérites à y accéder et non pas une question de sexes.

La femme dans la politique

Si Olympe de Gouges ne parle pas du droit de vote, elle souhaite que la femme puisse être intégrée à l’administration ainsi qu’aux charges publiques importantes. Selon cette héroïne révolutionnaire, la femme a tout à fait sa place dans le monde Politique. Elle peut y assumer tous les rôles et gravir tous les échelons des emplois publics qui, à son époque, sont réservés aux hommes.

La Révolution dans la Révolution

Pour Olympe de Gouges, même si la Révolution a permis d’apporter de nombreuses bonnes idées, elle reste encore incomplète et il est important de réaliser une Révolution dans la Révolution afin qu’elle puisse véritablement prôner les droits, tant chez les hommes que chez les femmes.

L’institution du mariage

Olympe de Gouge qualifie l’institution du mariage comme étant le “tombeau de la confiance et de l’amour”. Elle est l’une des premières à parler d’un pacte civil, sous forme de contrat pour que les relations entre les époux permettent de donner à la femme une place digne au sein de la société et de son foyer.

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