Littérature

George Sand, La Petite Fadette : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés
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Résumé du roman La Petite Fadette de George Sand

Des bessons voient le jour dans la famille Barbeau. Leur naissance est une grande joie. En bonne santé, leurs parents sont cependant inquiets en raison des conséquences possibles pour le plus faible des deux jumeaux qui dans la tradition est dit très attaché à son frère.
La sage-femme leur conseille de séparer les bessons au plus tôt et le plus souvent possible.

Landry est le frère le plus fort et affirmé. Sylvinet est le plus sensible et le plus fragile.
La famille Barbeau s’agrandit encore après une autre naissance et le père Barbeau accepte de laisser partir Landry dans la ferme du père Caillaud à l’âge de quatorze ans.
Les jumeaux souffrent tous deux de la séparation mais Landry s’en accommode et arrive à ne pas le montrer. Sylvinet quant à lui tombe malade dès le départ de son frère. Il interprète mal le comportement de Landry qu’il croit indifférent à leur séparation et en est fort affecté. Il devient alors jaloux de lui et de sa supposée indépendance.
Les parents s’inquiètent pour la santé de Sylvinet.

Un dimanche où les bessons devraient se retrouver, Sylvinet disparaît.
Landry, très inquiet, veut demander de l’aide à la mère Fadet. Celle-ci l’éconduit en se moquant. Il parle avec la Petite Fadette qui lui dit qu’elle peut lui indiquer où est son frère contre des cadeaux.
Landry retrouve donc Sylvinet à l’emplacement indiqué par Fanchon. Toujours sur un malentendu, Sylvinet ne s’aperçoit pas de l’inquiétude de son jumeau pour lui.

Les années passent et Landry n’ose pas croiser Fanchon et tenir une promesse qui mobiliserait les biens de ses parents. Il l’évite et ne dit rien à personne sur l’aide qu’elle lui a apportée.
Landry a maintenant dix-sept ans. C’est un très beau jeune homme. Il invite régulièrement à danser Madelon, qui est une jolie fille de la région.
Une nuit, Landry s’égare et est attiré par la lumière d’un feu follet qui le conduit à se retrouver perdu dans la rivière et dans le noir.
Fanchon le guide à nouveau pour lui permettre de retrouver son chemin.
Cette fois il la remercie et s’excuse de n’avoir jamais payé son dû. Il souhaite lui faire un cadeau pour se faire pardonner.
Fanchon lui demande de danser avec elle à la fête qui arrive. Malgré son excellence à danser, Fanchon attire les moqueries en raison de ses vilains vêtements.

Landry, gêné de ne pouvoir danser avec Madelon, défend cependant vivement Fanchon et danse longuement avec elle.

Rentrant à la ferme, Landry entend Fanchon pleurer dans les bois. Ils parlent tous deux avec franchise. Landry lui explique pourquoi les gens la traitent ainsi. Fanchon le remercie pour sa sincérité et sa manière de lui expliquer la situation.
Elle lui explique à son tour qu’elle coud les vêtements de son frère dans les siens et qu’elle déplore et se moque des remarques sur son frère et sa mère.
Landry découvre la beauté de l’âme de Fanchon, belle figure vouée à Dieu.
Il l’embrasse mais la jeune fille gênée s’enfuit.

Le temps passe et Landry ne pense plus à Madelon mais tombe réellement amoureux de Fanchon. Fanchon quant à elle prend soin d’elle et sa réputation évolue.
Ils se retrouvent régulièrement mais cachent leur relation par peur de faire du mal à Sylvinet. Le besson le sait cependant car il épie son frère.

La petite Fadette décide de chercher du travail à la ville et part pour changer radicalement sa réputation. Elle déclare son amour à Landry et veut pouvoir être acceptée par sa famille.
La santé de Sylvinet s’améliore en raison de la solitude amoureuse de son jumeau.

Au bout d’un an, la mère Fadet meurt et Fanchon revient. Sylvinet retombe malade. Fanchon sait que les douleurs de Sylvinet viennent de ses sentiments.
Grâce à l’argent laissé par sa grand-mère à elle-même et à son frère, ils sont désormais plus riches que la famille Barbeau.
Le père Barbeau sait donc que son amour n’est pas lié à l’argent et qu’elle aime vraiment son fils. Il se renseigne sur son comportement en ville et constate que sa réputation change.
Sylvinet étant de plus en plus malade, Landry et ses parents font appel à Fanchon pour le soigner.
Fanchon lui parle avec franchise et lui révèle qu’il entretient de mauvais sentiments avec sa jalousie excessive.
Sylvinet fait alors face à cette analyse et change de comportement. Il retrouve santé et joie.
Le père Barbeau demande à Fanchon d’épouser Landry.
Sylvinet annonce alors qu’il a trouvé sa voie et qu’il veut partir pour devenir soldat. Il part 10 ans et ses parents comprennent qu’il s’éloigne car il est aussi tombé amoureux de Fanchon.

Présentation des personnages

Fanchon, la petite Fadette

Fanchon dite aussi “la petite Fadette” ou “Grelet” est une jeune fille. Elle a un an d’écart avec les bessons. Ils habitent à proximité les uns des autres.
Elle vit, avec son petit frère handicapé, chez sa grand-mère. Cette dernière a la réputation d’être une guérisseuse à mauvais caractère.
La mère des enfants les a abandonnés pour partir avec des soldats. Depuis lors, ils sont comme déshonorés et mal considérés par les autres villageois. Leur père est mort peu après, sûrement de chagrin ou de honte.
Fanchon est une petite fille active. Elle court, saute, monte à cheval comme on s’y attend plutôt d’un garçon. Elle n’est pas élégante et les gens la décrivent laide et sauvageonne malgré ses beaux yeux.
Elle se montre maligne, intelligente et croyante. Comme sa grand-mère, elle est capable de guérir.
Elle est amoureuse de Landry.
Le roman voit la petite fille se transformer en jeune femme belle, respectable et respectée.

Landry Barbeau

Landry Barbeau est le plus jeune des bessons. Il a de grandes qualités, il est fort, beau et bon. Son courage est souligné lorsqu’il devient un homme.
Il est très proche de son jumeau et s’inquiète régulièrement pour lui au cours du roman.
Il tombe amoureux de la petite Fadette.

Sylvain Barbeau, Sylvinet

Sylvinet est l’aîné et le plus sensible des jumeaux. Il est pour cette raison le protégé de la famille.
Il est souvent malade, fréquemment en lien avec ses émotions et des perturbations mal vécues.
Il se montre jaloux de son frère et souffre de le voir heureux sans lui.

Le père Barbeau

Le père Barbeau est un paysan plutôt nanti. Il est décrit comme un homme bon. Il a déjà trois enfants à la naissance des bessons Landry et Sylvain.

La mère Barbeau

La mère Barbeau est une mère attentive qui s’occupe consciencieusement de ses enfants. Elle chérit particulièrement Sylvinet, qui est le plus sensible des jumeaux. C’est le besson qui souffre le plus de la séparation lorsqu’ils ne vivent pas ensemble.

Jeanet

Jeanet est le petit frère de Fanchon. C’est un petit garçon handicapé. Il est battu par sa grand-mère. Seule sa sœur lui donne de l’amour et un grand réconfort.
Après la mort de sa grand-mère et la rédemption de Fanchon, les attaques à son sujet cessent.

Analyse de l’œuvre

Le thème de la gémellité

Le roman évoque les nombreuses légendes autour de l’amour unissant les
jumeaux. Les parents craignent une malédiction autour du plus faible des bessons.
C’est peut-être même cette croyance qui influence le comportement de Sylvinet et le pousse à tomber malade en cas de doute sur l’amour de son frère.
Les troubles autour de la santé de Sylvinet sont une terreur pour toute
la famille qui se sent dépourvue devant cette fatalité.
Chacun alimente son comportement en le protégeant jusqu’à l’intervention de Fanchon qui comprend comment l’aider en le mettant face à la réalité.
Elle l’a si bien compris qu’il tombe aussi amoureux d’elle.

Un roman champêtre

L’action se situe à la campagne, dans un village comme beaucoup d’autres.
La mairie, l’église, la place devant l’église sont des lieux importants pour les villageois.
La campagne en question est dans Berry où George Sand a grandi et vit. Elle en connait bien les manières d’être et les coutumes.
Dans cette commune se côtoient des riches, comme les Barbeau et des pauvres, comme les Fadet. Des barrières les séparent et donnent naissance à des confrontations.

Le village est un cercle qui entoure celui de la famille, cellule sociale de base.

Le thème de la sorcellerie

Le monde de la campagne décrit par George Sand est soucieux et réceptif à la sorcellerie.
Comme évoqué pour la naissance des bessons, les croyances populaires peuvent être négatives et vite être interprétées comme des malédictions.

Bien au-delà des interprétations autour de la naissance, les personnages sont happés par la magie et la sorcellerie.
Landry cherche à joindre une sorcière en cherchant la mère Fadette lorsqu’il s’inquiète pour son jumeau disparu.
La peur est gérée en faisant référence à la sorcellerie. Le thème de la nuit, du brouillard, du feu follet sont associés à des forces obscures et même Landry, un jeune homme fort et courageux se trouve effrayé. “Il n’eût pas été de son âge et de son pays s’il avait aimé à se trouver seul la nuit sur les chemins, surtout dans l’automne, qui est une saison où les sorciers et les follets commencent à se donner du bon temps, à cause des brouillards qui les aident à cacher leurs malices et maléfices.”
La mère Fadet, femme, veuve, pauvre et connaisseuse en remèdes est forcément associée dans l’imaginaire villageois à une sorcière. Le village lui concède des pouvoirs qu’elle-même alimente puisqu’elle peut être payée pour cela.

Le fadet ou farfadet est un lutin gentil et malicieux. La petite Fadette est à son tour désignée par cette caractéristique.
Au début de leur histoire d’amour même Landry pense que les dons de la jeune fille relèvent de la sorcellerie. Comment être amoureux d’une fille jugée jusqu’alors laide, agressive et rejetée par tout le village ?
Il semblerait que les vraies sorcelleries de la Petite Fadette soient sa capacité à guérir les souffrances par l’écoute et la parole, en plus de l’amour. En sachant se détacher du groupe, guérir les souffrances morales, Fanchon sait, comme elle l’a déjà fait avec son petit frère voir au-delà de la majorité des hommes.

La Petite Fadette passe d’un personnage jugé par les autres comme laid, sorcière, voire petit diable à une jeune fille respectueuse, aimable et aimée par un des plus beaux garçons du village. L’amour ici est la clef de sa transformation qui n’est visible pour le groupe que lorsqu’elle a fini sa mue.

L’histoire d’amour décrite par George Sand entre une jeune sauvageonne et le beau Landry est une idylle parfaite, rehaussée par le portait singulier de la jeune fille. Singularité qui fait d’elle une femme forte qui sait trouver le bonheur malgré la position que le village lui réservait.

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