Littérature

Honoré de Balzac, Le Père Goriot : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés

L’auteur français Honoré de Balzac a écrit le livre intitulé Le Père Goriot, qui a été publié en 1842. Il a eu l’idée de créer plusieurs romans sur l’époque et le milieu dans lesquels il vivait, et de les regrouper sous le titre “La Comédie humaine”. Il veut parler de tous les problèmes importants de la société française à laquelle il appartenait. L’un des livres les plus connus de La Comédie humaine est Le Père Goriot.

Résumé chapitre par chapitre du roman Le Père Goriot d’Honoré de Balzac

Cette œuvre se divise en plusieurs parties.

Partie 1

La pension tenue par Mme Vauquer, encore plus minable, la Maison Vauquer, et ses résidents sont décrits en détail au début du livre. L’enfant Victorine Taillefer et sa tutrice, Mme Couture, ainsi que les trois personnages principaux du livre, Eugène de Rastignac, Vautrin et Jean-Joachim “Pere” Goriot, sont tous pensionnaires dans cette pension située dans l’un des quartiers les plus miteux du Quartier latin de Paris en 1819. Une “vieille femme”, Mlle Michonneau, et “un vieux monsieur”, M. Poiret, résident tous deux à la Maison Vauquer, que Balzac présente immédiatement après avoir réfléchi à la question de savoir s’il est “plus affreux de regarder un cœur flétri ou un crâne vide”. Balzac prend soin de mettre en contraste Taillefer et Rastignac avec les autres habitants, tout en fournissant au lecteur des informations sur le prix du logement de chaque pensionnaire.

Alors que la majorité des pensionnaires ” indiquaient des drames déjà achevés ou encore en cours “, et que ” les pensionnaires étaient tous accablés par une pauvreté plus ou moins visible “, Rastignac et Taillefer se distinguent car, pour le moins, leurs drames viennent de commencer. Balzac décrit la relation spécifique de Mme Vauquer avec Goriot, qu’elle avait d’abord voulu épouser à cause de son argent, en précisant qu’elle était ” la plus heureuse de ces âmes misérables ” et ” régnait dans cette prison libre. ” Nous découvrons également que depuis l’arrivée de Goriot à la Maison Vauquer en 1813, sa situation financière a empiré. Une grande partie de ses fonds de retraite a été gaspillée par ses deux filles. Pire encore pour lui, les autres pensionnaires ne pensent pas que “les dames qu’il appelait ses filles” soient réellement ses filles puisqu’elles sont si manifestement riches et il est progressivement réduit à être “un homme ruiné à qui la pauvreté a enseigné la soumission”.

Partie 2

Le jeune Rastignac est montré comme un étudiant beau et intelligent, à l’opposé du Père Goriot tant moqué. Balzac le suit depuis le bal donné par sa cousine éloignée, Mme de Beause’ant, où il fait son entrée ambitieuse dans la société parisienne, avec l’appui de sa tante Mme de Marcillac, jusqu’à son retour à la pension. Lorsque Rastignac revient du bal, il remarque deux choses étranges : Vautrin qui compte de l’argent avec un invité nocturne et un service à déjeuner en argent qui semble être la preuve de la richesse de Goriot et que Rastignac soupçonne d’avoir été volé.

Il s’avère que Goriot vend de l’argenterie pour payer les factures d’une dame qu’il prétend être sa fille mais que les autres hommes pensent être sa maîtresse. Or, Mme Anastasie de Restaud, la fille de Goriot, est la dame dont Rastignac pense être tombé amoureux au bal de la veille. Pendant ce temps, Vautrin fait comprendre qu’il veut aider la petite Victorine Taillefer à recevoir la fortune que son père retient illégalement.

Le lendemain, Rastignac se rend chez les Restaud. Mme de Restaud et son petit ami, le comte Maxime de Trailles, l’accueillent froidement. Mais il réussit à s’entendre avec son époux, le comte de Restaud. Cependant, le triomphe est de courte durée puisque Rastignac insulte involontairement le comte. Plus tard, Mme de Beause’ant, sa cousine, lui donne des conseils sur la façon de se comporter dans les situations sociales.

Rastignac décide de poursuivre Delphine de Nucingen, épouse d’un homme d’affaires allemand et étrangère à la noblesse parisienne actuelle, plutôt qu’Anastasie de Restaud, la seconde fille de Goriot. Pour ce faire, il écrit immédiatement à sa mère et à ses jeunes sœurs pour leur demander une aide financière, menaçant de “me faire sauter la cervelle de désespoir” si sa mère refuse. Fils d’une branche abaissée de la noblesse rurale, ce jeune étudiant en droit campagnard au visage frais apparaît dans cette scène comme un arriviste déterminé.

Rastignac s’attache ensuite à faire connaissance avec le passé de Goriot, le père de Delphine, qu’il entend manipuler pour créer sa richesse. Goriot est ici dépeint comme un père dévoué, un homme d’affaires avisé qui a profité de la Révolution de 1789 et de l’empire napoléonien qui s’en est suivi, ainsi qu’une victime du retour de la vieille aristocratie à Paris en 1815. Son état déplorable et le mépris de ses filles à son égard s’expliquent en grande partie par le mépris de l’aristocratie pour les affaires (elle considérait que gagner sa vie, même en gagnant beaucoup d’argent, était vulgaire) et par la désapprobation générale des partisans de la Révolution après la restauration de la monarchie des Bourbons.

Partie 3

Si la lettre de la mère de Rastignac lui brise le cœur en lui révélant qu’elle a vendu ses diamants, une lettre de sa sœur lui remonte le moral. Après avoir été inspiré par la confiance inébranlable de sa sœur, il est déterminé à ce que ” chaque pièce de monnaie soit la plus avantageuse possible “. Il commence immédiatement à dépenser l’argent, même s’il n’est pas encore arrivé, pour acheter de nouveaux vêtements, aller au restaurant et d’autres choses qui, selon lui, l’aideront à s’intégrer dans la société. Peu de temps après, Rastignac est obligé d’emprunter un franc à Vautrin et s’empresse de le rendre immédiatement. Il avoue qu’il ne croit pas “le sphinx en perruque”. Les autres pensionnaires sont si offensés par cette méfiance et son style de communication grossier qu’ils craignent une bataille entre Vautrin et Rastignac. Plus tard, Vautrin propose à Rastignac une idée : en échange de la remise par Rastignac de deux cent mille francs de la succession de Victorine, il tuera en duel le frère de cette dernière. Il suppose que Rastignac fera la cour à la jeune fille et gagnera son cœur en accomplissant cette action.

Rastignac, cependant, poursuit déjà Delphine de Nucingen, la deuxième fille de Goriot. Pour sa part, Goriot est plus que désireux d’aider Rastignac et fait tout son possible pour le faire. Comme Mme de Beause’ant, la cousine de Rastignac, Mme de Beause’ant s’efforce d’aider Rastignac malgré ses hésitations initiales, dues à son chagrin de perdre son petit ami (le marquis d’Ajuda-Pinto). Elle évoque Mme de Nucingen, que Rastignac rencontre grâce à la nature du marquis d’Ajuda-Pinto, et l’invite à l’opéra avec elle. Lorsqu’ils se retrouvent seuls tous les deux, Rastignac ne se fait pas prier pour faire de ” belles remarques ” qu'” une dame n’aime rien tant que d’entendre. ” Cependant, les choses ne se passent pas aussi bien qu’il le croit. ” Le malheureux [est] totalement inconscient que la baronne [Nucingen] n’avait fait aucun cas de lui et qu’elle attendait une lettre illusoire et atroce de De Marsay “, l’amant qui l’a abandonnée, lorsque l’opéra se termine.

Le vieux Goriot est le seul à être heureux dans tout cela, car sa chambre de la Maison Vauquer, d’une petitesse affligeante, contraste avec la magnificence du carrosse de sa fille à l’opéra. Rastignac raconte au vieillard sa soirée avec Delphine, et c’est alors que se révèle toute l’étendue des illusions de Goriot. Mme de Restaud m’aime bien aussi, je le sais, car un père voit l’âme de ses enfants et juge de leurs intentions comme Dieu fait les nôtres, sanglote l’homme. Goriot répond à la critique de Rastignac qui trouve étrange que ses filles, qui l’adorent tant, le laissent vivre dans la pauvreté alors qu’elles vivent dans l’opulence, en disant qu’il ” vit trois vies “, la sienne et celle de ses filles.

L’ambition de Rastignac s’en trouve renforcée et il envisage sérieusement l’offre de Vautrin. Une interaction avec Mme de Nucingen, plus tard, rend le besoin financier de Rastignac encore plus clair. Elle l’invite chez elle avant de l’accompagner au casino et de lui demander de faire un pari avec ses fonds. Heureusement, Rastignac réussit son pari malgré son ignorance totale des règles du jeu. Avec mille francs de plus, il donne à Delphine ses sept mille francs, ce qui suffit à couvrir ses ex-factures. Leur relation se concrétise par cette transaction. Rastignac se retrouve très endetté par la vie de luxe à laquelle il s’adonne désormais. Rastignac est toujours attentif à la proposition de Vautrin, qui lui offre une solution à ses problèmes financiers.

Partie 4

Rastignac songe à poursuivre de plus en plus Victorine Taillefer. M. Gondureau, officier de police, s’adresse à M. Poiret et à Mlle Michonneau et leur demande de l’aide pour appréhender l’individu qu’ils connaissent sous le nom de Vautrin. Il affirme que Vautrin est en réalité “Jacques Collin, surnommé Trompe-la-Mort”, un criminel de haut rang. De plus, il informe le sot Poiret et le rusé Michonneau qu’ils devront utiliser des drogues pour endormir Vautrin car il est gay et ne peut être dissuadé par Michonneau. Gondureau assure à Michonneau qu’il lui versera 3 000 francs pour narcotiser Vautrin.

Mais le comportement de Vautrin fait rapidement regretter à Rastignac de s’être engagé dans une bataille avec le frère de Victorine. Rastignac et Victorine sont assis ensemble lorsque Vautrin entre dans la pièce pour ” interrompre brusquement leur plaisir en chantant d’une voix forte et railleuse. ” Plus tard, il parle avec Rastignac, avec une extrême insouciance, du meurtre imminent du frère de Victorine. Rastignac est en effet si alarmé qu’il décide d’aller prévenir M Taillefer et son fils le soir même. A ce moment précis, Goriot entre, tout joyeux. Rastignac est abordé pour lui faire savoir qu’il a trouvé au jeune homme et à Delphine un appartement merveilleux – à condition qu’ils soient d’accord avec sa résidence juste au-dessus d’eux.

Les bonnes intentions de Rastignac sont déjouées lorsque Vautrin l’entend informer Goriot de son désir de tuer le frère de Victorine en duel. Afin d’éviter que les autres hommes n’avertissent M Taillefer du duel à venir, Vautrin glisse en cachette une préparation somnifère dans leurs tasses.

Peu de temps après, Mlle Michonneau injecte de la drogue à Vautrin après avoir reçu des ordres de la police. Victorine et Mme Couture partent pour répondre à cette tournure inattendue des événements après avoir appris que le frère de Victorine lutte pour survivre après avoir été blessé dans une bataille. Peu après, Vautrin s’effondre et semble être mort. Lorsque Rastignac part à la recherche de son ami Bianchon, il éprouve pour la première fois dans le livre, au cours de ses pérégrinations solitaires, un sentiment de culpabilité quant au caractère sacré du mariage. Il essaie de se persuader qu’avoir une liaison avec Delphine ne constituera pas une faute envers son mari, et lorsqu’il rentre à la pension, il y est en grande partie parvenu.

Un peu plus tard, les flics débarquent ; Vautrin ne tente pas de résister à l’arrestation. Au lieu de cela, il prononce un discours émouvant. Il se transforme en “non plus en un solitaire, mais en l’incarnation d’une nation dégénérée, d’un peuple à la fois féroce, logique, violent et facile” lorsqu’il s’adresse à l’assemblée (Goriot est le seul absent). Les autres pensionnaires sont admiratifs devant sa bravoure et son charisme, mais aussi devant son intensité et son honnêteté. C’était quand même un gars, comme le dit Sylvie. Le reste du groupe ordonne à Michonneau et Poiret, qui sont maintenant identifiés comme des espions de la police, de quitter la Maison Vauquer sur le champ. Seules dix personnes au lieu des dix-huit habituelles peuvent manger au restaurant de Mme Vauquer car Goriot revient pour conduire Rastignac à son nouvel appartement.

Rastignac hésite à accepter tant de choses de Delphine et de son père dans le nouvel appartement. Selon Balzac, “l’arrestation de Vautrin avait énormément augmenté sa délicatesse et ses meilleurs sentiments, lui ayant montré la profondeur de l’abîme dans lequel il avait failli plonger.” Goriot s’avoue prêt à apporter à Rastignac toute l’aide dont il a besoin, mais pour cela, il doit se renier outrageusement. Je peux vivre comme un roi avec deux francs par jour, et il me restera quelque chose, dit-il le couple. Cependant, tout n’est pas parfait puisque Goriot semble presque être l’amant de la fille de Rastignac.

Père Goriot n’est pas le plus sain d’esprit des trois, et ils se sont tous comportés comme des enfants pendant toute la soirée. Il a pétrit les pieds de sa fille en s’asseyant à ses pieds, a regardé profondément dans ses yeux, a frotté sa tête contre ses vêtements, et s’est généralement comporté aussi bêtement qu’un jeune amant vulnérable le pourrait.

Partie 5

Bien que de nombreuses questions aient été résolues, un événement important demeure : Il s’agit de l’entrée de Mme de Nucingen dans le cercle fermé de la haute société parisienne, lors d’un bal somptueux organisé par Mme de Beause’ant, cousine de Rastignac. Delphine est ravie de voir sur l’invitation que son mari, le baron de Nucingen, ne sera pas présent. Mais le lendemain, alors que Rastignac range les dernières affaires de la Maison Vauquer, il entend un échange inquiétant entre Goriot et Delphine. Le baron de Nucingen semble n’avoir aucun accès réel à son argent car il est entièrement investi dans des entreprises douteuses. Anastasie de Restaud entre et supplie son père de l’aider. Elle a été démasquée par son mari qui la dépossède de tout ce qu’elle possède, y compris ses enfants, et menace de restreindre considérablement ses déplacements : elle a vendu les bijoux de la famille Restaud à un usurier pour financer son petit ami infidèle Maxime de Trailles. Goriot déclare que c’est la fin du monde et que tout se détruit parce que c’est trop. Sauvez vous maintenant avant qu’il ne soit trop tard ! Alors que les deux dames commencent à se disputer, Goriot commence à perdre son sang-froid.

Vautrin a remis à Rastignac une lettre de change, qui ressemble beaucoup à un chèque de banque d’aujourd’hui, lorsqu’il a essayé de le convaincre d’escroquer Victorine de l’argent de sa famille. Rastignac se précipite avec cette lettre. Acceptant indifféremment l’argent, Anastasie critique sa sœur jusqu’à ce que Goriot s’écrie sans cesse : ” On m’assassine. ” Bien que le vieillard semble mourant, Mme de Restaud part dès qu’elle a obtenu sa signature sur la lettre de change. Bianchon, une fois arrivé, vérifie que Goriot est bien en train de mourir. Bien qu’il préfère penser que Delphine aime au moins son père, Rastignac se souvient “comment les deux enfants du vieillard avaient joué sans pitié avec le coeur de leur père.” Il prend des “précautions pour ne pas surprendre Mme de Nucingen” ce soir-là à l’opéra, mais elles sont inutiles. Bien qu’elle tienne son père partiellement responsable de sa misère depuis plusieurs années, elle hésite à croire que son père est réellement mourant. Elle est bien plus désireuse de faire la cour à Rastignac et de répandre des rumeurs sur le prochain mariage du marquis d’Ajuda-Pinto, qui aura lieu le jour même où son ex-maîtresse, Mme de Beause’ant, donnera son magnifique bal.

Partie 6

Delphine et Rastignac ne pensent pas à Goriot avant le lendemain soir car ils sont trop occupés à profiter de leurs moments de solitude. Lorsque Rastignac arrive à la Maison Vauquer, il découvre que Goriot est parti vendre le seul bien de valeur qu’il possédait – son premier couvert en argent, qu’il conserve encore aujourd’hui comme souvenir d’une époque plus heureuse – et qu’il est décédé. Le vieil homme, dont l’argenterie a été vendue pour régler une dernière obligation envers Anastasie, est soigné par Bianchon. Ce dernier parle maintenant avec folie de se remettre aux affaires et d’acheter des céréales à l’étranger pour les revendre avec profit en France. Rastignac veille avec Bianchon sur Goriot dont l’état s’améliore quelque peu à mesure que le jour du bal approche. Le père de Mme de Nucingen et de Mme de Restaud a obtenu de l’argent pour elles, mais aucune des deux filles ne leur rend visite car elles sont trop préoccupées par le bal pour le faire.

Au bal, Mme de Beause’ant remet à Rastignac une lettre adressée au marquis d’Ajuda-Pinto, car il est la seule personne à qui elle croit pouvoir faire confiance. La douleur de Beause’ant affecte profondément Rastignac. Goriot, mourant, est en proie à une tristesse fiévreuse et à la terrible prise de conscience de son ignorance préalable de la prétendue loyauté de ses filles envers lui, à la Maison Vauquer.

Rastignac, troublé par l’idée que le vieillard meure seul, tente de joindre Mme de Restaud, mais son mari lui interdit de partir. Quant à elle, elle s’est transformée. “Avant de se tourner vers Rastignac, son regard hésitant vers son mari témoignait de la prostration d’une volonté, écrasée par l’oppression spirituelle et physique”, dit-elle. Rastignac n’a pas eu de chance non plus avec Delphine. Delphine hésite à se déplacer car son mari l’empêche également de venir, même si elle est persuadée que son père est en phase terminale. Rastignac est pressé par Mme Vauquer de payer le loyer de Goriot et de lui fournir un linceul pour l’envelopper à son retour à la pension. Après avoir reçu le paiement, elle demande à Sylvie d’aller chercher un ensemble de linges moisis pour servir de linceul. Les derniers mots de Goriot sont ” Mes chéris ! “. Au moins Mme de Restaud est présente au moment de son décès ; Delphine ne se montre jamais, et la famille de l’une ou l’autre femme n’est pas disposée à couvrir les frais de l’enterrement ni même à accueillir Rastignac lorsqu’il appelle. Rastignac et son domestique Christophe sont les seules personnes en deuil dans le cimetière de Pere-Lachaise, et Rastignac doit emprunter un franc à Christophe pour payer les frais des fossoyeurs. Mais finalement, il peut envisager son avenir dans la ville en contemplant les lumières de la nuit parisienne depuis le cimetière perché sur la colline. Cet avenir est évoqué dans les dernières lignes du roman : “Puis, comme premier défi lancé à la Société, Rastignac [va] dîner avec Mme de Nucingen.”

Présentation des personnages

Les personnages de cette œuvre sont :

Le vieux Goriot

Ancien producteur de vermicelles qui a renoncé à son argent et choisi de vivre dans une pension de famille parce qu’il voulait voir ses filles heureuses.

Mme Vauquer

Elle est fascinée par Vautrin en raison de sa puissance, de son humour et de sa bravoure. C’est une veuve d’âge mûr, avare et hypocrite, modeste avec les riches et impitoyable avec les pauvres.

Sylvie

La cuisinière robuste.

Christophe

L’homme à tout faire.

Poiret

Un petit bourgeois à l’allure robotique qui répète méthodiquement ce que d’autres ont dit pourrait être l’assistant d’un bourreau ou un employé du gouvernement.

Mlle Michonneau

Une vieille femme calme et frugale qui fait bon ménage avec Poiret. Elle livrera Vautrin aux autorités car elle est prête à tout pour de l’argent.

Mme Couture

Une lueur d’espoir dans cet asile déprimant. Veuve d’un commissaire général de l’armée, elle s’est désignée comme tutrice et chaperonne de Victorine Taillefer.

Victorine Taillefer

Elle est l’un des personnages féminins attachants que Balzac peint, et elle fait penser à Eugénie Grandet, la fille d’un homme riche qui souhaite l’écarter de son testament au profit de son fils Frédéric.

Bianchon

Un étudiant en médecine qui est le compagnon d’Eugène de Rastignac et la seule autre personne présente lors de l’angoisse et des funérailles de Goriot.

Vautrin

Grand homme joyeux et courageux, il se révèle être le financier de la pègre et criminel en fuite Jacques Collin, dit “Trompe la Mort”.

Eugène de Rastignac

Un jeune étudiant ambitieux issu d’une famille aristocratique défavorisée. Il sera mêlé aux deux filles de Goriot dans ses tentatives de prise de contrôle de Paris : d’abord avec Anastasie, qui le dédaignera, puis avec Delphine, qui l’adorera.

Gobseck

L’un des personnages récurrents de la Comédie Humaine, un usurier qui a monté une entreprise très florissante et compte parmi ses mécènes le vieux Goriot et sa fille Anastasie.

M. Taillefer

Le riche père de Victorine.

Frédéric Taillefer

Vautrin va organiser le meurtre du frère de Victorine afin que celle-ci hérite de la fortune familiale.

Mme de Rastignac

La mère d’Eugène, gentille et indulgente avec son fils.

Laure de Rastignac

La femme la plus attachante de ce roman est la sœur d’Eugène, un tout petit personnage qui n’a pas l’égoïsme d’Anastasie ou de Delphine et la passivité de Victorine.

Mme de Beauséant

C’est une parente de Rastignac. Elle fera connaître à Eugène des personnes et lui apportera une aide utile et des conseils judicieux.

Marquis d’Ajuda-Pinto

L’amant de Mme de Beauséant.

Duchesse de Langeais

Une des “amies” malveillantes de Mme de Beauséant.

Anastasie de Restaud

Une fille du vieux Goriot. Elle est présentée comme une jeune femme gâtée et vaniteuse qui ne cherche qu’à obtenir une reconnaissance sociale.

Le comte de Restaud

Le mari d’Anastasie, un aristocrate violent et sans cœur.

Maxime de Trailles

Un jeune noble, amant d’Anastasie.

Delphine de Nucingen

Deuxième enfant de Goriot, elle a une personnalité plus nuancée qu’Anastasie. C’est une fille très séduisante qui, comme sa sœur, est gâtée et égocentrique. Cependant, elle a aussi une affection sincère pour Rastignac et de la sympathie pour son père.

Baron de Nucingen

Le mari de Delphine, un banquier alsacien peu raffiné.

De Marsay

Un jeune aristocrate, le premier amour de Delphine.

Analyse de l’œuvre

Deus aspects particulièrement importants de cette œuvre sont à aborder.

L’influence de l’environnement sur le caractère

Le Père Goriot, qui dépeint une variété d’ascendants sociaux, est un examen de la façon dont l’environnement d’une personne affecte sa personnalité par Honoré de Balzac. Ce qui préoccupe Balzac, selon la traduction du livre par A. J. Krailsheimer en 1991, “c’est la cause et l’effet, l’environnement plus que l’héritage, et les concepts comportementaux plutôt qu’éthiques”. De nombreux lecteurs considèrent le réalisme de Balzac comme le précurseur du naturalisme d’Emile Zola et de Thomas Hardy. Dans leurs analyses de la nature humaine, ces auteurs ultérieurs se sont principalement inspirés des théories de Charles Darwin sur l’adaptation évolutive et ont considéré le caractère individuel comme un produit de l’environnement social et physique. Cependant, Balzac semble croire que l’environnement façonne le comportement plutôt que de le déterminer. Ainsi, malgré les descriptions détaillées d’un large éventail de décors dans le roman et les observations répétées du narrateur sur les diverses tendances liées à des contextes variés, les conflits fondamentaux demeurent : Rastignac sera-t-il une réussite ou un échec social ? Qu’est-ce qui serait éthiquement préférable pour lui ? Vautrin s’enfuira-t-il ou quelqu’un l’attrapera-t-il ? Qu’est-ce qui serait préférable, une fois de plus ? Les filles de Goriot finiront-elles par l’accepter ou le rejettent-elles pour des raisons valables ? L’environnement aura toujours un impact sur les décisions d’un personnage, mais il ne peut garantir ces décisions ou révéler les résultats de ces décisions.

Le changement social

Au moment où Balzac écrit Le Pere Goriot, les luttes de trois classes – Rastignac, Vautrin et Goriot – modifient le paysage politique français. Rastignac appartient à l’élite aristocratique urbaine qui a pris de l’importance après le renversement de Napoléon et le rétablissement de la monarchie des Bourbons, et qui est le plus souvent exclue de la haute société parisienne. Les problèmes de la bourgeoisie aisée servent de toile de fond à ses propres aspirations à rejoindre l’élite urbaine. De nombreux membres de la bourgeoisie – cette classe composée de personnes comme Goriot qui possèdent des usines et des commerces – étaient prêts à rejoindre cette aristocratie parce qu’ils n’avaient pas réussi à la remplacer définitivement, comme l’a prouvé la chute de la République puis de Napoléon. Il est si manifestement bourgeois que les filles et les maris de Pere Goriot le rejettent en partie pour cette raison. Le sujet de la transformation sociale est surtout une question de ce que l’on doit valoriser. Balzac semble se demander si la grâce et la noblesse d’âme des classes aristocratiques devraient être plus appréciées que leur obéissance et leur éthique de travail. Ou peut-être soutient-il qu’un changement radical du statu quo existant devrait être grandement apprécié en utilisant la figure ambiguë de Vautrin. Balzac lui-même a professé être un royaliste inébranlable qui était catégoriquement en faveur de l’autorité aristocratique et de la préservation d’une grande tradition sociale, tandis que la pensée politique du Père Goriot semble être beaucoup moins définie.

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