Littérature

Jules Romains, Knock : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés
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Résumé de la pièce : Knock de Jules Romains

Acte 1

Scène 1

Monsieur et madame Parpalaid accueillent le docteur Knock en gare. Ils sont ensuite conduits par Jean, le chauffeur du couple Parpalaid, à bord d’une vieille voiture, sur une route rurale. Ils se dirigent vers Saint-Maurice, village où Parpalaid a vendu sa charge de médecin à Knock.

Dans un premier temps les hôtes de Knock lui décrivent une situation idyllique, mais au fil de la conversation, ce dernier se rend vite compte qu’il n’a pas fait la une bonne affaire. Le cabinet que Parpalaid vend manque terriblement de clients. Les consultations des habitants du canton sont rares, ce qui n’aide pas à faire fortune.

Malgré sa déception, Knock se vante d’avoir déjà exercé la médecine alors même qu’il n’avait pas encore suivi d’études dans le domaine. Il révèle qu’il a commencé à exercer en tant qu’officier de santé, poste qui ne nécessite pas de diplôme. Il se réjouit que les habitants de Saint-Maurice mènent une vie paisible. Enfin, il annonce à ses interlocuteurs que le cabinet sera bientôt florissant grâce à une méthode novatrice qu’il a élaborée. D’après lui, il pourra s’enrichir en peu de temps.

Les Parpalaid sont perplexes, ils se demandent si leur acheteur a bel et bien un diplôme de médecin maintenant. Ils ne savent, toutefois, pas qu’ils viennent de prendre part à la première étape du plan de Knock, à savoir : l’estimation des revenus de ses futurs patients et le repérage des obstacles idéologiques à la promotion qu’il veut mettre en place.

Acte 2

Six scènes constituent ce second acte. Elles prennent toute part dans l’ancien cabinet de Parpalaid, où le docteur Knock est nouvellement installé.

Scène 1

Knock veut faire sa promotion auprès des habitants du canton. Il demande fermement au tambour de Saint-Maurice d’annoncer que les consultations du lundi matin sont gratuites. En contrepartie, le docteur offre au tambour une consultation. Il annonce à son patient qu’il est atteint d’une maladie qui nécessite un régime très strict. Le tambour sort du cabinet inquiet.

Scène 2

Dans un second temps, Knock rencontre Bernard, l’instituteur. Au cours de leur conversation, le docteur Knock use tantôt de la flatterie, tantôt de la peur. Il demande à Bernard d’enseigner aux enfants la dangerosité des microbes tout en usant d’un exposé médical qui met mal à l’aise son interlocuteur. En complimentant excessivement ce dernier, il tente de gagner son soutien pour la prévention des maladies. L’enseignant finit par accepter. Toutefois, il ressort du cabinet de Knock inquiet à propos des germes dont il est porteur.

Scène 3

Le docteur Knock rencontre ensuite le pharmacien du canton, monsieur Mousquet. Knock couvre ce dernier d’éloge tout en suggérant l’incompétence de Parpalaid. Il promet à son interlocuteur de grandement d’enrichir s’il accepte de collaborer avec lui pour lutter contre les maladies. Monsieur Mousquet accepte l’offre de Knock et lui exprime sa vive reconnaissance.

Scène 4

Une riche patiente du village, vêtue de noir, vient consulter le docteur Knock. Elle lui expose une simple fatigue mais le médecin parvient à la convaincre que son mal provient d’une vieille chute qu’elle aurait fait d’une échelle.

Après l’auscultation, Knock apprend à sa patiente que son traitement sera long et coûteux, alors que le diagnostic est ridicule et mensonger. La dame en noir sort du cabinet affaiblie et inquiète.

Scène 5

La consultation qui suit est celle d’une aristocrate d’âge avancé qui raconte avec honte à Knock l’appauvrissement de sa famille. Cette situation l’amène à venir consulter gratuitement Knock. Ses problèmes d’argent lui génèrent de nombreuses insomnies. Le médecin voit en cela le signe d’une maladie grave. Knock prétend toutefois pouvoir guérir sa patiente par un traitement régulier et coûteux.

De la même manière que la patiente précédente, la vieille dame sort du cabinet de Knock inquiète pour sa santé.

Scène 6

Deux hommes éméchés veulent avoir une consultation simultanément. Des villageois hilares observent la scène. Knock se contient et accepte de procéder à leur auscultation.
Knock commence par l’un d’entre eux. L’examen du médecin est douloureux et ponctué de remarques brutales. Le diagnostic final l’est tout autant. Knock annonce au premier homme qu’il est atteint d’une cirrhose avancée. En apprenant cela, le second refuse de se faire examiner. La plaisanterie a définitivement quitté les deux jeunes hommes. Ils sortent du cabinet apeuré. La foule qu’ils retrouvent à l’extérieur est maintenant silencieuse.

Acte 3

Ce troisième acte se déroule après une ellipse temporelle de trois mois après l’acte précédent.

La scène se déroule dans la grande salle de l’établissement de madame Rémy, « l’Hôtel de la Clef ». Celui-ci a été transformé en institut de soin.

Scène 1

Madame Rémy, la propriétaire de l’hôtel, apprend de Scipion, qui travaille pour elle, l’arrivée toute proche de Parpalaid. L’ancien médecin du village vient récupérer l’argent que Knock lui doit pour l’achat de son cabinet. Celle-ci est tracassée étant donné que plus aucune chambre n’est disponible. De plus, madame Rémy ne souhaite pas voir revenir le docteur Parpalaid, au vu du fait que Knock s’occupe très bien selon elle de la santé des habitants du canton.

Scipion ne peut pas l’aider à gérer ce problème étant donné qu’il doit relever l’état des différents patients.

Scène 2

Lorsqu’il arrive, monsieur Parpalaid est plus que surpris du changement radical qui a eu lieu au village. Il est abasourdi par le nombre de patients, par les changements qu’à subi l’hôtel, mais aussi par le fait que la bonne de l’hôtel de la Clef ne le reconnaisse même pas.

Scène 3

Le docteur Parpalaid apprend de Madame Rémy que les habitants de Saint-Maurice et des villages à proximité se pressent pour consulter et se faire suivre par le docteur Knock. La propriétaire explique aussi que les prescriptions du docteur Knock étant souvent le repos, les patients se dirigent vers son établissement, ce qui explique l’indisponibilité de lit actuellement. Elle fait également l’éloge du dévouement du docteur Knock en argumentant que celui-ci ne se fait payer que par ses patients les plus aisés et pratique la gratuité pour les autres.

Le docteur Parpalaid trouve la situation plus qu’étrange. Madame Rémy avance alors que les habitants sont favorables à cette médecine moderne.

Scène 4

Monsieur Mousquet, le pharmacien, réapparaît lors de cette scène. Il cache à peine son mépris auprès du docteur Parpalaid. Il lui souligne également sa haute estime envers le docteur Knock, qui traite les migraines de sa femme. Il ne manque pas de dire à l’ancien médecin à quel point sa collaboration avec le docteur Knock est lucrative. Selon lui, le sentiment d’utilité qu’il retire du traitement des malades est nettement supérieur à son enrichissement personnel.

Scène 5

Les deux interlocuteurs sont rejoints par le docteur Knock. Ce dernier demande à Parpalaid s’il vient récupérer l’argent qui lui doit. Le pharmacien va procéder au contrôle des malades.

Scène 6

Une conversation s’engage alors entre les deux confrères, durant laquelle Knock explique, chiffre à l’appui, l’augmentation importante du nombre de malades. Il affirme que « tout bien portant est un malade qui s’ignore » tout en insistant sur le fait de faire passer l’intérêt des patients avant le sien. Parpalaid, qui exerce à Lyon, propose au docteur Knock d’échanger leurs postes. Proposition que Knock accepte.

Scène 7

Le pharmacien s’attriste du départ possible de Knock. Il affirme que le village dépend en grande partie de ses services. Mousquet insinue également des menaces à l’encontre de Parpalaid.

Scène 8

La propriétaire de l’hôtel est scandalisée en apprenant le projet de Parpalaid. Elle demande à ce dernier de quitter son établissement. Conscient de ne plus être le bienvenu au village, il annonce son retour en accusant le docteur Knock d’être un charlatan.
L’hôtelière et le pharmacien prennent la défense du docteur Knock. Ce dernier parvient à convaincre Parpalaid qu’il lui faut du repos. Il reste alors dans l’une des chambres de l’hôtel.

Scène 9

Parpalaid avoue à Knock qu’il l’admire pour sa faculté à incarner un médecin. Ce dernier semble pourtant sincère en prétendant son confrère malade. Knock lui confie avoir pris la manie d’émettre des diagnostics en permanence, à tel point qu’il évite de se regarder dans une glace.

L’ancien médecin doute alors. Knock lui propose une consultation pour le lendemain.
Le rideau tombe lorsque Parpalaid s’affaisse sur une chaise et médite sur son éventuelle maladie.

Les personnages

Knock : il est le personnage principal de l’intrigue. C’est un jeune médecin de quarante ans qui a fait sa pratique alors qu’il n’avait qu’un baccalauréat littéraire. La sympathie de Knock est en grande partie due à sa franchise qui est souvent prise pour de l’honnêteté. Son caractère de beau-parleur est également mis en avant dans certaines scènes de la pièce. Il semble, au départ, être animé par un désir de fortune avant que celui-ci ne se révèle être tout autre lors du dénouement.

Le docteur Parpalaid : surnommé « Ravachol » par les habitants de Saint-Maurice, bien que celui-ci est loin d’être ressemblant à l’anarchiste qui pose des bombes. Ce personnage est souvent qualifié de lenteur et de mollesse. Alors que la mise en place de son activité de médecin lui a pris trente ans, celle-ci est souvent jugée inexistante par les habitants du village et par Knock.
Madame Parpalaid : épouse du docteur Parpalaid. Ce personnage est une caricature de la mariée qui seconde et appuie son époux dans tous ses faits et gestes tout en lui reprochant toutefois son incompétence.

Jean : le chauffeur du couple Parpalaid. Il apparaît uniquement lors de la première scène, au cours de laquelle il forme un contrepoint comique avec la voiture.

Le tambour de la ville : il est chargé de répandre les nouvelles. Knock l’utilise afin qu’il lise les annonces qu’il souhaite diffuser mais aussi afin qu’il propose une certaine image de lui aux habitants de la ville. Le tambour décrit alors Knock comme un médecin très compétent, soucieux de ses patients et qui sait rester discret.

Monsieur Bernard : instituteur caractérisé par son côté humble. Knock l’utilise de manière très subtile par le biais de la peur et de la flatterie. Il le terrifie en évoquant notamment les symptômes de la typhoïde ou encore en décrivant les porteurs de germes. Tout comme il avait procédé avec le tambour, le médecin souhaite tirer avantage de la fonction d’instituteur de monsieur Bernard afin que ce dernier fasse de la prévention.

Monsieur Mousquet : pharmacien au nom d’arme à feu. Knock l’assimile à l’artillerie dont a besoin un général lorsqu’il part à la bataille. Avec lui, Knock ne fait pas usage de flatteries, il lui parle très franchement à propos de finances et de revenus.

La dame en noir : patiente du docteur Knock. Après s’être assuré des revenus de cette dame, le médecin lui diagnostique un problème à la colonne vertébrale issus d’une ancienne chute. Les trois choses que retient la patiente sont avant tout ses soins futurs onéreux, le vocabulaire technique employé par knock et la nécessité de très vite se mettre au repos. La fatigue tout à fait banale ressentie par la dame en noir se transforme très vite en maladie nécessaire à traiter.

La dame en violet : patiente de soixante ans, vêtue de la tête aux pieds dans la même teinte de violet. De la même manière qu’avec la dame en noir, Knock se base sur un symptôme banal ressenti par sa patiente et transforme cela en maladie qu’il faut à tout prix soigner.

Premier et deuxième gars : deux hommes éméchés qui s’amusent à ridiculiser le médecin. Ce dernier se défend en leur montrant des illustrations d’organes de personnes souffrant d’alcoolisme.

Madame Rémy : c’est la propriétaire de l’hôtel « La clef ». Elle défend le docteur Knock qu’elle voit comme un protecteur de l’humanité mais aussi parce que, grâce à lui, son établissement qui ne désemplit pas doit être agrandi.

Scipion : domestique de l’hôtel de la clef. Il passe au rang d’infirmier.

La bonne : employée de l’hôtel de la Clef.

Analyse de la pièce

Cette pièce qui a pour titre complet : “Knock ou le Triomphe de la médecine”, est présentée pour la première fois à la Comédie des Champs-Élysées de Paris, le 15 décembre 1923. C’est la quatrième œuvre de Jules Romains qui est portée à la scène. Le succès de cette Knock va faire connaître massivement son auteur. Le texte de la pièce est publié par NRF (Gallimard), en 1924.

Cette œuvre met en scène un médecin, nommé Knock, qui use de ses facilités de langage et de ses connaissances scientifiques afin de manipuler la société par la peur. Cette pièce décrit le bouleversement qu’a connu la société française avec le mouvement moderne, après la première guerre mondiale. Par son récit, Jules Romains veut mettre en lumière la dualité que la modernité est origine de libération, mais aussi source d’aliénation.

Les thèmes abordés dans cette œuvre sont nombreux. Premièrement l’auteur décrit le pouvoir que peut avoir un manipulateur lorsqu’il use des faiblesses de ses interlocuteurs. Knock manipule à la chaîne le tambour, le pharmacien et ses patients jusqu’à parvenir à avoir Parpalaid, un autre médecin, sous son emprise.

Jules Romains traite également du désir de contrôle totalitaire qu’a son personnage principal sur le corps de ses congénères, dans un premier temps. La médecine qu’il pratique est accusatoire et inquisitoire. Il justifie son emprise sur les corps des villageois par les maladies qu’il leur soupçonne. Dans un second temps, Knock contrôle l’esprit des individus qu’il côtoie, jusqu’à transformer le fonctionnement même du village. Ce personnage est alors plus animé par son désir de contrôle et de pouvoir que par sa cupidité. La malléabilité des sociétés est également un thème majeur de l’œuvre. La transformation de Saint-Maurice en un canton tourné autour de la médecine, par la volonté totalitaire d’un seul homme, souligne à quel point les individus peuvent être aisément manipulés lorsqu’on s’en prend à leurs points faibles et à leurs égos.

En soulignant la facilité de soumission de l’homme à certaines idéologies, l’auteur décrit de manière pessimiste le monde moderne dans lequel il vit. Loin du caractère libérateur qu’on lui loue, le mouvement moderne est, selon Jules Romains, un moyen d’asservissement de l’Homme. L’idéologie moderne, à l’instar de toutes les autres, peut finir par piéger et aliéner jusqu’à ceux qui en sont à l’origine. Sorte d’entité qui fonctionne de manière autonome, l’idéologie finit par contrôler même ceux qui sont pourtant du domaine. “Knock où le Triomphe de la médecine” est, alors, une sorte de mise en garde de l’auteur à propos du danger que représentent les idéologies sur la libre pensée.

En conclusion, Knock de Jules Romains se veut être un avertissement du grand public à l’âge où les sciences et le commerce dirigent la société. Cette œuvre démontre de quelle manière un être peu scrupuleux peut user des peurs innées, pour son intérêt personnel. L’intelligence de l’auteur réside, pour beaucoup, dans sa description d’un personnage profondément convaincu de sa mission sociale. Knock est, cependant, principalement attaché à l’emprise qu’il a sur les autres, que ce soit par la science ou par d’autres moyens.

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1 commentaire

  • Livre rapide et facile à comprendre. Résumé fidèle au livre, pratique, pas trop long et bien expliqué. Je réutiliserai ce site à l’avenir, je suis très satisfaite.

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