Littérature

Philippe Claudel, Le Rapport de Brodeck : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés

Paru en 2007, le Rapport de Brodeck de Philippe Claudel, un auteur français, a reçu le prix Goncourt. Découvrons ensemble ce roman.

Résumé détaillé chapitre par chapitre de Le Rapport de Brodeck de Philippe Claudel

Chapitre 1

Dès le début, Brodeck se dit innocent. Il s’est rendu à l’auberge Schloss pour acheter du beurre au mauvais moment, soit juste après l’Ereigniës (le drame) où un homme nommé De Anderer (L’autre) a été tué par les gens du village. Au moment où il achète le beurre, Brodeck est arrêté car il sait écrire. Il doit écrire un rapport pour les gens du village. Il déclare être innocent, mais se sent coupable de savoir écrire.

Chapitre 2

Arrivé à l’auberge Schloss, Brodeck est autorisé à avoir du beurre s’il explique clairement ce qui s’est passé durant l’Ereigniës. Il doit donner une explication détaillée afin que ceux qui liront le rapport puissent comprendre ce qui s’est produit. Après avoir rédigé son rapport, il a alors pris le beurre et a fui l’auberge en courant.

Chapitre 3

Brodeck rentre chez lui et trouve Poupchette endormie et Fédorine somnolant à ses côtés dans la cuisine. Emelia a cessé de chanter et sourit à Brodeck. Il va se coucher et fait le même rêve que d’habitude, où il se promène autour d’un cratère appelé Kazerskwir. Fédorine ne veut pas dormir, car elle veut affronter sa mort. Brodeck réfléchit à son passé, se rappelant qu’il a trouvé Fédorine devant sa maison détruite alors qu’il avait quatre ans et que ses parents étaient morts. C’est elle qui s’est occupée de lui. Lorsque Brodeck essaie de se rendormir, il voit le visage de l’Anderer. Il se rappelle les durs traitements qu’il a reçus dans le camp, où les gardes l’appelaient “Chien Brodeck“. C’est son amour pour Emelia qui l’a poussé à continuer.

Chapitre 4

Brodeck se réveille. Tout le monde dort sauf Féodorine qui somnole et marmonne des mots sans suite et sans logique. Il sort dans le jardin, où il est surpris par son voisin Göbbler. Göbbler lui demande où il compte aller et lui conseille de faire attention à lui, car il y a déjà eu assez de malheur. C’est la première fois que son voisin s’adresse à lui. Brodeck décide alors de se rendre au village pour aller voir le maire et s’assurer que ce qu’on lui a demandé de promettre n’est pas une illusion. Le maire a perdu deux fils, Gunter et Gebrart, qui sont morts en jouant avec une grenade. On dit que leur mort a permis à Orschwir de devenir maire. Brodeck se souvient alors de son ancien instituteur, Diomède, qui est décédé il y a trois semaines. C’est Diomède qui lui a donné l’envie d’écrire cette histoire en marge de celle qu’on lui a demandé de rédiger. Diomède écrivait un roman chaque année et Brodeck est le seul qui en a entendu quelques extraits. Brodeck pense que Diomède est décédé, car il voulait tout comprendre.

Chapitre 5

Orschwir est assis au bout de la table de sa cuisine quand Brodeck arrive. En voyant Brodeck, il lui sert du vin. Brodeck regarde Orschwir coupait des tranches de lard avec son couteau. Ce même couteau qui, la veille, devait être planté à plusieurs reprises sur le corps de l’Anderer.
Orschwir voit que Brodeck a mal dormi. Il apprend à Brodeck que pour une fois, il a bien dormi. Brodeck a toujours eu du mal à exprimer ce qu’il voulait. Toutefois, il parvient à demander à Orschwir de voir le corps de l’Anderer. Orschwir lui explique que cela ne sert à rien étant donné qu’un mort est un mort. Orschwir demande à Brodeck de le suivre et il lui montre sa fortune : les cochons. La famille d’Orschwir s’enrichissait depuis plusieurs générations grâce au gras de ces animaux. Orschwir explique à Brodeck que les cochons mangent tout, et ce, sans laisser de traces. Ces animaux ne connaissent aucun remords et leur passé leur est inconnu. Pour Orschwir, ce sont eux qui ont raison.

Chapitre 6

En sortant de la ferme d’Orschwir, Brodeck a erré dans les rues de la ville. Il s’est retrouvé dans le café de la mère Pitz situé contre le vieux lavoir. Brodeck dit y avoir été pour fuir la présence du monde, et surtout les hommes. En effet, chez la mère Pitz, Brodeck est le seul homme à venir. La mère Pitz a aidé plusieurs fois Brodeck et il se sent en sécurité avec elle.
Au moment où il va la voir, elle lui amène une tisane bien chaude et lui demande si tout se passe bien. Brodeck souhaite lui expliquer ce qui s’est passé. Les mots défilent dans sa tête : “Rien. Il n’y a rien Mère Pitz, rien de grave, que du naturel : hier soir, les hommes du village ont tué l’Anderer. Ça s’est passé à l’auberge de Schloss, très simplement, comme une partie de cartes ou une promesse de vente. Il y avait longtemps que ça couvait. Moi je suis arrivé après, je venais acheter du beurre, je n’étais pas de la tuerie. Je suis simplement chargé du Rapport. Je dois expliquer ce qui s’est passé depuis sa venue et pourquoi on ne pouvait que le tuer. C’est tout.”. Toutefois, les mots ne sont pas venus. Voyant qu’il est soucieux, la mère Pitz décide de lui changer les idées en sortant un livre sur les plantes.

Chapitre 7

Brodeck s’étonne de la réaction différente de certaines personnes de son village, y compris Fritz Aschenbach qu’il connaît depuis plus de vingt ans. Quand il l’a croisé, celui-ci ne lui a pas dit bonjour.
Brodeck commence à rédiger son rapport, par l’intermédiaire de Gunter Beckenfür qui est la première personne à avoir vu arriver l’Anderer. Ce dernier est arrivé à la fin de l’après-midi du 13 mai par une route que plus personne n’empruntait car durant la guerre, elle n’avait apporté que des malheurs. Gunter précise qu’il devait venir de chez les Fratergekeime, “ces enfants de couilles sales sortis des ventres pourris de leurs vieilles putains de mères.”. L’Anderer est arrivé sur son cheval. Gunter a trouvé ça louche, car ici, les chevaux, ils avaient l’habitude de les manger. L’Anderer avait également un vieil âne qui transportait ses affaires. Ce qui fut le plus troublant pour Günter, c’est que l’Anderer ne s’était pas perdu. Il semblait être venu intentionnellement dans le village et il savait où il voulait aller.

Chapitre 8

L’Anderer est parti en direction du village laissant Gunter Beckenfür en plan. Toutefois, il y a un trou que Brodeck a du combler. En effet, il y a eu un long moment d’absence entre l’instant où Beckenfür a vu l’Anderer pour la première fois et où l’Anderer est arrivé dans le village. Pour Brodeck, l’Anderer s’est arrêté près de la rivière, près du Baptisterbrücke, où la route fait une étrange boucle dans l’herbe douce. Il a dû prendre le temps d’observer le Staubi, la rivière du village. Brodeck trouve ce nom étrange : L’Anderer. Même Diomède n’a pas su trouvé d’explication à ce nom.
Brodeck raconte son arrivé avec Fédorine. À cette époque, les habitants n’avaient pas peur des étrangers.
Brodeck est dans la resserre où il découvre la table ayant appartenu à Diomède. Ce dernier a été remplacé par un homme du village : Johann Lülli. Il a une jolie femme ainsi que trois enfants. Il était présent le soir de l’Ereigniës.

Chapitre 9

En voyant le mur de la resserre, Brodeck repense au camp. Il se rappelle de la Büxte (la boîte), une cage dans laquelle les prisonniers ne pouvaient ni se coucher ni se tenir debout. Brodek nous parle de l’étudiant Moshe Kelmar qui avait été dans le même wagon que lui. Ils ont appris à se connaître. Brodeck a eu des nouvelles de la capitale grâce à lui. Il lui parla également du petit théâtre Stüpispiel. Brodeck se souvient de ce théâtre, car c’est là-bas qu’il a rencontré Emelia. Il était allé à une représentation avec son camarade étudiant, Ulli Rätte, qui en pinçait pour une femme qui allait jouer un rôle mineur dans une pièce.
Peu de temps après être sorti du wagon, Moshe Kelmar a préféré s’arrêter. Il a fait le choix de mourir. Brodeck est parti rejoindre le camp en pleurs.
Dans le camps, tous les matins, un homme était choisi au hasard pour être pendu devant les yeux de la femme du directrice que tout le monde surnommé : die Zeilenesseniss (la mangeuse d’âme). Elle ne manquait jamais la pendaison du matin avec son fils de dix-huit mois. Brodeck se demande ce qu’est devenu l’enfant.
Brodeck ne sait pas exactement combien de temps il est resté dans cette prison. Seuls les visages de Kelmar, d’Emélia et de Féodorine l’accompagnaient.

Chapitre 10

Göbbler a fait irruption dans la resserre pendant que Brodeck était en train de rédiger son rapport. Celui-ci ne s’est pas fait surprendre, mais Göbbler sait que Brodeck était présent étant donné qu’il a entendu Brodeck taper sur la machine. Il lui fait comprendre qu’il doit faire attention. Brodeck se rend compte qu’il est le seul homme du village à être innocent. Il se demande pourquoi il n’était pas présent dans l’auberge quand l’Ereigniës a eu lieu. Brodeck raconte le moment où il a quitté le camp. Il cherchait à rejoindre Emélia. Il a rencontré un vieil homme qui l’a aidé. Ce dernier l’a surpris en le nommant jeune homme. Brodeck ne se trouvait plus si jeune que ça. Dans ce camp, il avait tellement vieilli.

Chapitre 11

Le vieil homme invite Brodeck à prendre un bon repas avant de le laisser se reposer. Le lendemain, Brodeck se réveille dans un lit d’acajou. Il retrouve le vieil homme et le remercie. Celui-ci sait qu’il a un long chemin à faire avant de rentrer chez lui. Toutefois, il le met en garde : retourner d’où l’on vient peut être une vraie torture, car on sait ce qu’on a perdu, mais on ne sait jamais ce que l’on va retrouver. Mais Brodeck lui confie qu’il est attendu.
Brodeck reste quatre jours chez le vieil homme avant de reprendre la route. Le vieillard lui donne du pain, du saucisson et des vêtements pour son trajet.

Chapitre 12

Brodeck avoue qu’il n’a rien écrit depuis quatre jours. Toutefois, les autres pensent qu’il travaille sans relâche à la rédaction de son ouvrage. Comme Göbbler l’a surpris dans la resserre en train d’écrire, cela joue en sa faveur. Il a même reçu des félicitations d’Orschwir, le maire.
Un jour, Brodeck part avec son sac. Orschwir lui demande ce qu’il compte faire. Brodeck en a marre de devoir se justifier. Il lui confie qu’il va essayer de rédiger un rapport sur les renards qui sont morts. Selon son ancien maître d’école, Ernst-Peter Limmat, les renards font comme les hommes, ils se font la guerre. Comme tous les vieillards du village, Brodeck sait que Ernst-Peter Limmat n’était pas présent à l’auberge le soir de l’Ereigniës. Toutefois, il se demande s’il est au courant de l’assassinat de l’Anderer.
Brodeck pose la même question à la mère Pitz. Celle-ci ne l’a pas avancé. Elle se fiche du sort des renards étant donné qu’ils tuent ses poules. C’est pour cette raison que Brodeck avait choisi d’aller trouver des réponses auprès de Marcus Stern.

Chapitre 13

Sur le chemin qui mène à la maison de Stern, Brodeck reconnaît l’endroit où il s’est retrouvé seul avec l’Anderer pour la première fois. C’était le 8 juillet, l’Anderer a demandé à Brodeck de lui donner le nom des hauteurs : le Hunterpitz, les trois Schnikelkopf, le Bronderpitz, l’arête des Hörni, la pointe du Hörni, le col de la Doura, la crête des Floria et la dent de Mausein. L’Anderer a confié à Brodeck que, tout comme lui, il s’intéressait aux fleurs. Il lui a proposé de venir chez lui un de ces jours pour lui montrer les ouvrages qu’il avait emportés.
Quand il raconta ce qu’il avait fait à Wilhem Vurtenhau, celui-ci fut horrifié. Comment Brodeck avait pu être aussi bête de donner le nom de leurs montagnes à un étranger. D’autant plus que celui-ci les avait écrits dans son carnet. Que pouvait-il manigancer ?
Wilhem Vurtenhau a expliqué à Brodeck que si un malheur arrivait, ce serait de sa faute. Puis il lui a claqué la porte au nez. Gustav Röppel et Brodeck se sont regardés sans comprendre ce qui venait de se passer et se sont mis à rire.

Chapitre 14

Brodeck arrive chez Stern après avoir marché pendant deux heures, ce qui était plus long que prévu. L’endroit a une mauvaise odeur, mais Brodeck est habitué, car il avait l’habitude de vider les latrines dans lesquelles les prisonniers se soulageaient au camp. Stern raconte une histoire de loups qui se sont entretués et pense que les renards font la même chose. En demandant des nouvelles de Gewisshor (“Savant”), le nom que certains donnent à l’Anderer, Brodeck comprend qu’il n’est pas au courant de ce qui s’est passé. Cela signifie que Brodeck n’est pas le seul homme qui n’est pas responsable de sa mort. Brodeck lui annonce qu’il est parti et Stern lui confie alors une sorte de toque, une paire de moufles et des chaussons que l’Anderer avait commandés, au cas où celui-ci reviendrait.

Chapitre 15

Hans Dörfer, l’aîné de Gustav Dörfer, est interrogé par Brodeck dans le café de Pipersheim. Hans a été le premier à voir arriver l’Anderer, qui lui a demandé comment se rendre à l’auberge de Schloss sans que Hans ne lui en ait parlé. L’Anderer a écrit le trajet dans son carnet et a donné des billes à Hans en disant “pour votre peine“, une expression inhabituelle dans la région. Hans a perdu les billes en jouant contre Peter Lülli. Des menaces ont été faites concernant l’Anderer et ce qu’il écrivait dans son carnet, qui ne devait pas être sorti du village. Cependant, un homme a remarqué que l’Anderer faisait des dessins. Finalement, Brodeck a discuté d’oiseaux avec l’enfant, car c’est sa passion.

Chapitre 16

Le maire Orschwir était venu en personne pour demander à Brodeck de venir vendredi afin qu’il commence à lire le début de son rapport. Brodeck se souvient des derniers moments où il a vécu au camp. Du garde du nom de Joss Scheidegger qui, vers la fin, prenait moins de plaisir à le torturer. Cet homme avait été comptable autrefois.
Un matin, il y a eu un grand remue-ménage et les gardes ont commencé à s’agiter sans se soucier des prisonniers. Brodeck a été libéré par Joss Scheidegger.
Tout le camp fut déserté par les gardes. La Zeilenesseniss était seule. Elle fut tuée par les centaines de prisonniers. Brodeck se souviendra toujours de son regard quand elle a compris qu’elle était seule et qu’elle allait mourir.

Chapitre 17

Brodeck se rend à la mairie pour lire son rapport et il croise Zungfrost qui est tombé dans un lac gelé étant enfant et qui bégaie en souriant. Dans la salle de l’audience, il y a Orschwir, mais également maître Knopf et Göbbler. Brodeck se demande pourquoi que ces deux personnes sont là étant donné qu’ils ne font pas partie du Conseil municipal. Brodeck se rend compte que son ancien maître, Limmat, est présent. Il était également au courant ?

Chapitre 18

Brodeck lit son rapport d’une dizaine de pages. Göbbler est étonné qu’il y en ait si peu étant donné qu’il entend souvent la machine à écrire. Limmat apporte une remarque. Il sait que Brodeck va s’acquitter de sa tâche. Toutefois, celui-ci est un rêveur et il demande à Brodeck de ne pas confondre le réel et les songes. Maître Knopf demande à Brodeck où il a eu une si belle tocque. Brodeck répond que “c’est la Vierge Marie qui [lui] a cousue et le Saint-Esprit qui [lui] a apportée !” ce qui fait beaucoup rire Limmat et Knopf. Brodeck est perdu dans ses pensées et ne remarque pas qu’il arrive à la fin du village. Il pense à Emélia et à la crêpe qu’ils ont partagée.

Chapitre 19

Brodeck vide son sac auprès du curé Peiper. Ce dernier lui révèle qu’il sait tout puis il se confie à Brodeck en lui expliquant qu’il est confronté à des personnes qui viennent lui confesser leurs péchés ou leurs actes immoraux. Il se sent responsable de les “absoudre” ou de les soulager de leur fardeau en écoutant leurs confessions, mais cela lui laisse également une grande charge émotionnelle à porter. Il utilise l’alcool comme moyen de s’endormir et d’oublier temporairement ces confessions et la pression qui en découle. Le curé avoue ne plus croire en Dieu. Il sait que les gens du village aurait pu le révoquer, mais personne ne fait rien car ils ont peur. Peur des petits secrets dont il est le seul au courant. Peur que ces petits secrets soient révélés.
Brodeck se demande ce que l’Anderer a bien pu dire au curé. D’autant plus que l’Anderer ne semblait pas être religieux étant donné que personne ne l’a jamais vu à la messe.
Brodeck se rend à l’auberge de Schloss pour examiner la chambre de l’Anderer. Quand il y arrive, il se rend compte qu’il n’y a plus rien et que tout a été lavé. Il ne reste qu’une simple tâche.

Chapitre 20

Brodeck se réveille avec difficulté. La veille, il a trop bu avec Schloss. Celui-ci s’est confié à lui en lui demandant pardon. En effet, lorsque les Fratergekeime occupaient le village, il a continué à leur servir à boire par peur de mourir. Il s’en voudra toute sa vie de ce que les Fratergekeime ont fait à Brodeck et à sa femme. Schloss parle de sa femme, Gerthe. Il sait que si elle avait été là, il n’aurait jamais servi à boire aux Fratergekeime. Il avoua également qu’il n’est ni un homme bon, ni un homme mauvais. Il semblait s’en vouloir du meurtre de l’Anderer. Pour Brodeck, c’était trop facile d’avoir des remords après coup.
Schloss confia à Brodeck qu’il avait eu un enfant avec Gerthe, mais malheureusement, celui-ci est décédé au bout de quatre jours et quatre nuits sans avoir reçu de nom.

Chapitre 21

Brodeck raconte l’arrivée de l’Anderer selon trois témoignages similaires (Schloss lui-même, Menigue Wirfrau le boulanger et Doris Klattermeier).
L’Anderer est arrivé dans le village à cheval et avec un âne chargé de bagages. Il s’est arrêté devant l’auberge et a frappé trois coups à la porte avant d’attendre patiemment qu’on l’ouvre. Quelques minutes plus tard, il a frappé de nouveau à la porte et a fini par être remarqué par le propriétaire de l’auberge, Schloss. Quand Schloss a ouvert la porte, il a été stupéfait par l’apparence excentrique de l’Anderer et de ses animaux de compagnie. L’Anderer a salué Schloss poliment et lui a demandé si lui et ses amis pouvaient l’héberger pour la nuit. Brodeck décrit les événements tels qu’ils lui ont été rapportés par d’autres personnes du village. On peut aussi remarquer que l’Anderer a une attitude étrange et que les habitants du village sont un peu méfiants envers lui. L’Anderer est très attentionné envers ses animaux de compagnie et il paie une pension pour leur hébergement. En rentrant à la maison, Brodeck a raconté à Fédorine ce qui s’était passé. Elle a répondu : “Quand le troupeau a fini par se calmer, il ne faut pas lui donner des raisons de remuer de nouveau.

Chapitre 22

Bien que les gens du village ne soient pas ouverts, L’Anderer, du fait de son charme attractif, a su attirer l’attention de beaucoup de gens. Une fête a même été organisée pour célébrer son arrivée, Les gens s’attendaient à ce qu’il reste un certain temps parmi eux.

Chapitre 23

Brodeck emmène Pouchette et Emélia dans le parc. Il s’absente un moment, mais revient dans un état de peur après avoir vécu quelque chose d’effrayant. Il trouve Emélia qui chante la même chanson que celle qu’elle chantait lors de leur premier baiser.

Chapitre 24

Dans ce chapitre, Brodeck raconte comment le village l’a envoyé à la capitale pour qu’il fasse des études. C’est l’ancien maire du village, Sibelius Craspach, le curé Peiper et Limmat qui en ont eu l’idée. Ils trouvaient que c’était intéressant d’avoir un homme instruit au sein du village.
Quand il s’est retrouvé dans la capitale, Brodeck a été décontenancé par le bruit. Les premiers temps furent insupportables et il ne pouvait pas s’empêcher de penser à la quiétude de son village. Après une semaine, il commençait à se sentir mieux. Il a rencontré Ulli Rätte qui, au sein de la ville, était comme un poisson dans l’eau. Tout comme Brodeck, il avait été envoyé par les gens de son village pour suivre des études. Toutefois, il ne voulait plus revenir dans son village. Selon lui, il avait été envoyé ici par intérêt, rien de plus.

Chapitre 25

Brodeck explique que c’est “Cette histoire de savoir et d’ignorance, de solitude et de nombre” qui ont fait qu’il a quitté la ville avant la fin de ses études. Brodeck décrit une situation dans laquelle il y a eu plusieurs rassemblements de personnes qui ont attiré de plus en plus de monde. Un soldat a été blessé pendant l’un de ces rassemblements, et les rassemblements ont été interdits en conséquence. Un homme a été tué, accusé d’avoir organisé le premier rassemblement, ce qui a provoqué une grande colère chez les autres personnes.

Chapitre 26

Brodeck a passé toute son après-midi dans la bibliothèque pour se protéger de la violence de la manifestation. Il était rassuré de savoir Emélia en sécurité chez elle. Il essayait de lire un ouvrage sur la propagation de la peste écrit par le docteur Klaus Reinhold Maria Messner.
Brodeck a dû quitter la bibliothèque pour rentrer chez lui. Il voyait des animaux morts et à de nombreux endroits, il pouvait lire Schmutz Fremdër (“Sale étranger”). Il tomba sur un vieillard qu’il voulut aider.
Trois individus arrivèrent et se mirent à frapper le vieillard. Un des individus frappa Bordeck en l’insultant de Fremdër. Mais Brodeck fut défendu par un membre du groupe qui le connaissait. Toutefois, celui qui avait frappé Brodeck continua d’insulter Brodeck de Fremdër étant donné que son nez ne trompait personne. Les trois individus frappèrent le vieillard avec leur bâton jusqu’à la mort.

Chapitre 27

Le lendemain matin, il y avait eu un grand nombre de morts, ce qui a entraîné une nouvelle manifestation. Brodeck a quitté sa chambre d’étudiant et a laissé une lettre pour dire au revoir à Ulli Räte. Il a revu Ulli au camp, mais cette fois Ulli était un garde. Brodeck a ensuite rejoint Emélia et ils sont partis ensemble vers son village.

Chapitre 28

Brodeck revient au 10 juin, jour de la Schoppessenwass en l’honneur de l’Anderer. Il y a une atmosphère festive avec de la musique, de la nourriture et des parfums agréables.
Brodeck cherche le discours du maire pour l’ajouter dans son rapport. Il compte indiquer que le jour où l’Anderer est arrivé, il a bien été accueilli par les gens du village. On accepte de lui donner le discours du maire à condition qu’il le lise là où il est. Brodeck s’exécute. Brodeck apprend que le maire lui a demandé son nom, mais l’Anderer ne lui a pas donné. Brodeck s’aperçoit qu’il manque une partie au discours.

Chapitre 29

Brodeck a constaté que sa remise avait été vandalisée et a soupçonné Göbler. Il se rend chez ce dernier et l’avertit de ne plus recommencer. En nettoyant la remise, Brodeck a découvert un compartiment caché sous le bureau de Diomède contenant des listes de livres à écrire et de livres déjà écrits, “La Jeune Fille du bord de l’eau, Le Capitaine amoureux, L’Hiver fleuri, Les Bouquets de Mirna et Les Cœurs en émoi.”. Brodeck y trouve également un arbre généalogique ainsi que deux lettres d’amour signé d’une certaine Magdalena. La seconde lettre annonçait à Diomède que leur histoire était terminée. Brodeck ne veut pas dire le contenu de ces lettres étant donné que ces lettres ne lui appartiennent pas. Il tombe sur une lettre qui lui est adressée. Il lit la lettre qui commence par “Pardonne-moi Brodeck, pardonne-moi je t’en prie… “ et dans laquelle Diomède se confie. Brodeck ne ressent aucune souffrance en lisant la lettre étant donné qu’il n’en éprouve plus depuis ce qu’il a vécu au camp.

Chapitre 30

Brodeck se remémore un événement qui s’est déroulé dans son village, au cours duquel des soldats allemands sont arrivés et ont exigé que tous les habitants remettent leurs armes. L’un des villageois a refusé et a été exécuté publiquement. Plus tard, un homme du nom de Diomède est venu parler à Brodeck et lui a fait savoir qu’il n’était pas en sécurité étant donné qu’il était étranger.

Chapitre 31

Brodeck nous apprend ce qu’il y avait dans la lettre de Diomède. Ce dernier et Orschwir ont été convoqués dans la tente du capitaine allemand pour discuter de l’avancement du nettoyage. Orschwir a admis ne pas avoir compris ce qui se passait, et c’est alors que le capitaine a expliqué comment certains papillons acceptent l’arrivée d’autres espèces de papillons, mais utilisent les étrangers comme appâts lorsque des prédateurs arrivent.
Six personnes, y compris Diomède, se sont rassemblées à l’auberge Schloss et ont mentionné les noms de deux étrangers, Brodeck et Frippman. Les deux hommes ont été arrêtés. Emélia a dit à Brodeck qu’il reviendrait, ce qui a fait rire les soldats.

Chapitre 32

Brodeck ne parvient pas à en vouloir à Diomède. Ce dernier savait que s’il trouvait la mort, Brodeck voudrait garder le bureau. C’est pour ça qu’il a caché cette lettre dedans. Au dos de la feuille, Diomède donne le nom de tous les habitants du village qui ont fait du mal à Emélia, mais Brodeck ne veut pas le voir.
Brodeck raconte le livre sur les nombreuses fleurs, dont les étamines d’or que lui a donné l’Anderer. Les mêmes fleurs dont lui a parlé Kelmar lorsqu’ils étaient dans le wagon.
Au village, les Allemands aidaient les gens et s’amusaient avec les jeunes. Toutefois, les choses ont commencé à changer lorsque les Allemands se sont mis à perdre du territoire.
Emélia a essayé de cacher des “étrangères”. Lorsque les soldats sont venus les récupérer, Emélia les a défendues et ils l’ont emmené auprès du capitaine avec les trois étrangères. Féodorine a trouvé Emélia avec les trois étrangères mortes. Emélia respirait. Depuis ce jour, Emélia ne cesse de fredonner cette même chanson.

Chapitre 33

Brodeck a fini par brûler la lettre de Diomède sans découvrir les noms qu’il avait inscrits au dos de la feuille. Pour lui, cela n’aurait servi à rien.
Le soir de l’Ereigniës, Diomède avait été écarté par le maire pour une mission en dehors du village. Quand Brodeck voulu lui dire que l’Anderer avait été assassiné, Diomède n’a rien voulu savoir. Il a fini par se suicider.
Broder explique qu’il a presque terminé son rapport. Il explique que jusqu’au 24 août, personne ne comprenait ce que l’Anderer écrivait dans son journal. Toutefois, le lendemain où le maire avait prononcé son discours pour annoncer son arrivée, les gens du village n’avaient pas beaucoup apprécié le fait qu’il ne parle pas plus.

Chapitre 34

Tous les habitants du village reçurent une invitation à se rendre à l’Auberge Schloss le soir même à 19 h. Lorsqu’ils arrivèrent le matin, ils découvrirent que l’auberge était déjà bondée et que Schloss ne savait pas grand-chose sur ce qui s’y passait. Plus tard dans la soirée, ils trouvèrent l’auberge complètement transformée. L’Anderer apparu en leur expliquant que les portraits et les paysages qu’ils voyaient les représentaient. C’était un hommage afin de les remercier de leur hospitalité. Il y eut un festin et des tableaux racontant l’histoire des personnes ou des lieux représentés. Quand les gens comprirent que les portraits étaient vrais, sans être réellement représentatifs, ils décidèrent, aidés par l’alcool, de brûler et de déchirer les tableaux. L’auberge fut saccagée.

Chapitre 35

Dès le lendemain, le maire est allé rendre visite à l’Anderer. Il l’a menacé en lui demandant de partir. L’Anderer a refusé de donner son nom et de dire s’il était venu ici à la demande de quelqu’un ou non. Lorsque la pluie a cessé, plus personne ne répondait aux salutations de l’Anderer. Quand ils le voyaient, les enfants s’enfuyaient ou lui jetaient des cailloux. Le père Solzner, qui avait été payé pour s’occuper de son cheval et de son âne, arrêta de s’en occuper.

Chapitre 36

Diomède vient chercher Brodeck le lendemain alors qu’il était occupé “à creuser des sabots à Poupchette”. Diomède lui demanda de le suivre sans rien lui dire.
Ils arrivèrent à une berge où la foule était rassemblée. Brodeck vit l’Anderer anéanti. Ses animaux avaient ligotés et envoyés dans l’eau. Ils étaient morts noyés dans la partie la plus profonde de la Staubi. L’Anderer essayait de sortir son cheval de l’eau, mais personne ne l’aidait.
Orschwir demanda à Brodeck de rentrer chez lui en accompagnant l’Anderer à l’auberge. Brodeck savait qu’il y avait plusieurs personnes impliquées dans la mort de ces animaux. C’était sûrement un moyen de s’assurer que l’Anderer se décide à quitter le village.

Chapitre 37

Brodeck avoue qu’il n’a jamais tué d’animaux, mais il a fait bien pire. Une nuit, alors qu’il était dans le wagon avec Kelmar, il a subtilisé la bonbonne d’eau à une femme endormie qui avait un bébé. Lui et Kelmar ont bu la totalité de l’eau. La femme est morte suivit de son bébé une heure après. C’était pour ça que Kelmar avait souhaité mourir. Brodeck savait que toute sa vie, il regretterait cet acte.

Chapitre 38

Brodeck a enfin fini son rapport. Il ne lui manque que la dernière journée qui a précédé l’Ereigniës, mais personne n’a voulu lui en dire plus. Il a donc dû combler les trous. Brodeck se souvient qu’après avoir ramené l’Anderer à l’auberge, celui-ci s’est enfermé dans sa chambre sans toucher au plateau que lui avait préparé Schloss.
Personne ne l’a vu durant la journée, mais le soir, il s’est présenté dans le village pour crier “Assassins ! Assassins !”. Le lendemain, personne n’a vu passer l’Anderer et le soir, il a recommencé à crier “Assassins ! Assassins !”. L’Anderer a continué comme ça durant quelque temps et une nuit, Brodeck ne l’entendit plus. Ce fut cette même nuit où Féodorine envoya Brodeck à l’auberge de Schloss pour qu’il aille chercher du beurre afin qu’elle puisse faire des sablés. C’est là qu’on lui demanda de rédiger ce fameux rapport. Brodeck a enfin terminé de l’écrire.

Chapitre 39

Brodeck arrive chez Orschwir et lui tend le rapport. Brodeck souhaite qu’Orschwir lise le rapport attentivement devant lui. Orschwir s’exécute.
Orschwir fait comprendre à Brodeck qu’en tant que “berger” du troupeau (maire du village), il se doit de faire en sorte que le village se redresse de ce qui s’est passé. Il brûle le rapport. Brodeck lui explique qu’il sait toujours les choses. Orschwir le sait, mais le village, quant à lui, a décidé d’oublier les récents événements.
En rentrant, Brodeck demande l’avis de Fédorine qui lui dit que c’est à lui de trancher. Brodeck fait le choix de quitter le village dès le lendemain.

Chapitre 40

Brodeck fuit le village avec Fédorine, Emélia et Poupchette pendant que tout le monde est endormi. Il termine son histoire en disant : “De cette disparition, je ne suis pas coupable. Je ne l’ai pas provoquée. Je ne l’ai pas souhaitée. Je le jure. Je m’appelle Brodeck, et je n’y suis pour rien. Brodeck, c’est mon nom. Brodeck. De grâce, souvenez-vous. Brodeck.” comme s’il avait peur d’être oublié.

Présentation des personnages

Les personnages principaux

Brodeck est un homme instruit qui a eu l’opportunité de faire ses études à la capitale grâce aux gens de son village. Toutefois, il a arrêté ses études et a fui lorsque la situation a commencé à dégénérer. Dénoncé comme “étranger” par les villageois, il est envoyé dans un camp dans lequel il restera jusqu’à la fin de la guerre. Il a été fortement impacté par cette épreuve. Quand il revient, il trouve une Emélia transformée qui a subi des sévices durant son absence. Une nuit, alors qu’il va chercher du beurre pour Fédorine à l’auberge de Schloss, il est encerclé par tous les hommes du village qui lui demandent de rédiger un rapport sur l’Anderer. Il comprend que les hommes du village ont tous assassiné l’Anderer.

L’Anderer n’a pas de nom. Il arrive dans ce village et étonne tout le monde puisqu’il semble connaître le village alors qu’il n’y a jamais mis les pieds. Au départ, il est très apprécié par les gens du village et on célèbre une fête en son honneur. Il est un peu gros, porte un chapeau qui cache son crâne presque chauve. Il a beaucoup voyagé et s’émerveille devant chaque chose. Il écoute, observe et note tout dans son petit carnet. Cet homme est un artiste qui va remercier les gens de leur hospitalité en leur offrant des portraits d’eux. Mais cela ne va pas plaire aux villageois et les portraits vont être détruits. Les animaux de l’Anderer vont être ligotés et noyés. L’Anderer va finir par s’enfermer dans sa chambre la journée, et le soir, il sort pour crier sur les maisons en qualifiant les villageois d’assassins. Il finira par être tué par les villageois lors du fameux jour de l’Ereigniës.

La famille de Brodeck

Fédorine est une femme âgée qui a pris en charge Brodeck dans des circonstances difficiles. Elle joue le rôle de mère pour lui.

Emélia est la femme de Brodeck. Il l’a rencontré au théâtre lorsqu’il faisait ses études à la Capitale. Elle travaillait en tant que brodeuse. Comme Brodeck, elle est “étrangère” au village, mais accepte de le suivre lorsque la situation dégénère dans la capitale. Courageuse, elle n’hésite pas à cacher des “étrangères” et à tenir tête aux soldats. Grâce à Diomède, on apprend qu’elle a été violée par des villageois, mais Brodeck refuse de lire les noms. Emélia finit par perdre l’esprit et elle est retrouvée par Fédorine. Brodeck nourrit l’espoir de la retrouver et arrive à supporter sa vie dans le camp grâce à elle.

Poupchette est une enfant vive et affectueuse qui est née du viol d’Emélia.

Les gens du village

Diomède n’est pas originaire du village. C’est un homme plus âgé que Brodeck qui est devenu l’instituteur du village. Brodeck apprécie être en sa compagnie. C’est un écrivain qui a rédigé de nombreuses œuvres qu’il garde pour lui-même. Brodeck sera le seul qui aura le luxe de connaître quelques extraits. Dans une lettre, Diomède avoue à Brodeck qu’il l’a dénoncé auprès des Fraterkekeime avec Orschwir et Göbbler. Toutefois, il a eu des remords et en est venu à s’occuper de Fédorine et d’Emélia durant l’absence de son ami. Diomède n’a pas participé au meurtre de l’Anderer. Il finit par se donner la mort.

Orschwir est le maire du village. Selon les rumeurs, il a eu cette opportunité grâce à la mort de ses deux fils qui se sont tués, alors qu’ils étaient enfants, en jouant avec des grenades. Après avoir lu le rapport de Brodeck, il se charge de le brûler faisant prendre conscience qu’en tant que berger du troupeau, il a la charge d’aider le village à oublier ce qu’il s’est passé.

Göbbler est un personnage très négatif. Ce voisin de Brodeck est un homme opportuniste et mauvais. Durant la guerre, il a incité les villageois à collaborer avec les Fratergekeime. Il a poussé les villageois à livrer trois jeunes filles au capitaine et il est responsable du viol d’Emélia. Pendant que Brodeck rédige son rapport, il n’a de cesse de l’espionner. Il menace constamment Brodeck durant le roman.

Schloss est celui qui tient l’une des auberges du village. L’Anderer y a séjourné et c’est aussi dans cette auberge qu’il est mort. Schloss est un homme qui manque de courage et qui a été détruit par la mort de son fils, qui n’a vécu que quatre jours, et de sa femme Gerthe. Il essaie d’aider Brodeck comme il peut.

Le curé Peiper est un homme brisé qui ne croit plus en Dieu. Il ne supporte plus cette charge émotionnelle où les hommes viennent se confesser afin de dissimuler leur bassesse. Pour apaiser le mal-être qui l’habite, le curé sombre dans l’alcoolisme. Il sera le seul qui aura le luxe d’avoir une longue discussion avec l’Arender, mais il ne dévoilera jamais l’entretien qu’ils ont eu.

Ernst-Peter Limmat est l’ancien maître d’école de Brodeck.C’est grâce à lui si Brodeck a été envoyé à la Capitale pour étudier. Il est responsable de la mort de l’Arender.

Gunter Beckenfür est la première personne du village à avoir vu l’Anderer. Il a un langage familier, voir grossier.

Johann Lülli est l’instituteur qui a remplacé Diomède. Il a une jambe plus courte que l’autre. Il vit avec sa jolie femme ainsi que trois enfants, dont Peter Lülli qui est très fort aux billes.

La Mère Pitz est une femme qui a passé les soixante-quinze ans que les enfants surnomment Die Fleckarei (L’équerre) parce qu’elle est courbée en deux. Elle tient un café où on ne voit jamais aucun hommes.

Rudi Gott est le maréchal ferrant.

Viktor Heidekirch est l’accordéoniste du village

Zungfrost est un employé de mairie

Frippman est un autre habitant du village qui, à l’instar de Brodeck, est un “étranger”.

Fritz Aschenbach, Wilhem Vurtenhau, Maître Knopf, Hans Dörfer, Gustav Dörfer, Fixheim le menuisier, Gustav Roppel sont des habitants du village ayant un rôle secondaire.

Les personnages hors du village

Moshe Kelmar est un ami de Brodeck. Ils se sont rencontrés dans un train qui les menait à un camp. Il est cultivé et parle la même langue que Fédorine et est originaire de la capitale. Bien qu’il connaisse bien les plantes, il a acquis son savoir à partir de livres. Rongé par le remords et la culpabilité après avoir volé une bonbonne d’eau avec Brodeck, causant la mort d’une mère et de son enfant, il décide de ne pas avancer au camp et de se faire tuer par les soldats.

Adolf Buller est un homme cruel qui est imprégné des discours nazis. Il ordonne la décapitation de Cathor lorsque celui-ci refuse de donner les armes. Son nom fait penser à Adolf Hitler.

Le chien Ohnmeist est un chien qui n’a pas de maître. Il apprécie la compagnie de l’Anderer. A la mort de ce dernier, le chien est malheureux. Brodeck le verra se transformer en renard vers la fin du roman.

Marcus Stern habite à environ une heure du village. Brodeck va le voir pour comprendre pourquoi les renards trouvent la mort. Stern lui raconte une histoire avec une meute de loups. Il demande des nouvelles de l’Arender et, apprenant qu’il est “parti”, il confie à Brodeck les vêtements qu’il lui avait commandés au cas où il reviendrait.

Père Nosel est instruit et donne des cours à l’université.

Ulli Räte est un camarade de Brodeck. Ils se rencontrent une première fois dans la capitale. La seconde fois, Ulli Räte sera un garde dans le camp où se trouve Brodeck.

Die Zeilenesseniss (la mangeuse d’âme) est la femme du directeur du camps qui assiste tous les matins à la pendaison d’un homme. Elle prend plaisir à voir les hommes se faire tuer en les regardant avec son enfant de dix-huit mois. Elle finit par être tuée par les prisonniers lorsque le camp est déserté par les soldats.

Joss Scheidegger est un des gardes présents dans le camp. Il prenait un malin plaisir à faire souffrir les prisonniers, notamment Brodeck. Avant de déserter le camp, il libère Brodeck.

Analyse de l’oeuvre

Dans ce roman, on peut se demander si le récit n’est pas juste une fable. En effet, le village existe-t-il réellement ? Lorsque Brodeck quitte le village de son enfant une première fois pour aller à la Capitale, il le décrit ainsi : “le soleil a déposé de l’or bouillant dans mon regard quand je l’ai fixé bien en face, et il a fait disparaître le tableau de mon village”. Par ailleurs, lorsqu’il quitte le village à la fin du roman, celui-ci semble disparaître comme “par magie” : “je me suis retourné (….) je n’ai rien vu. (…) il n’y avait aucun village.”. La thématique de l’oubli est très importante dans cette œuvre. L’oublie de ses valeurs où l’idéologie des soldats vient balayer les valeurs du village, l’oublie du meurtre causé par les villageois. À la fin, Brodeck précise qu’il ne veut pas qu’on l’oublie en répétant son nom plusieurs fois.
D’autre part, l’œuvre regorge de choses que l’on dissimule, des choses que les gens savent, mais que l’on ne révèle pas. Tout le monde sait qu’Emélia s’est faite violée, mais personne ne dit rien. Tout le monde est au courant que Brodeck a été dénoncé par des personnes du village, mais on se tait. Lorsque Brodeck enquête sur le dernier jour de la vie de l’Arender, personne ne veut rien lui dire, comme si le fait de ne rien dire, leur permettait d’oublier. Dans cette œuvre, on peut se demander si le fait de ne rien savoir ne nous protège pas. Brodeck ne sait pas beaucoup de choses et il ne s’en porte pas plus mal. Il ne souhaite pas connaître les responsables du viol d’Emélia, car il sait que cela ne changerait rien. Le curé Peiper est un homme qui sait, on lui confie les bassesses. Il est obligé de boire pour supporter cette charge émotionnelle. D’ailleurs, le fait de révéler ceux que l’on sait ne nous permet pas d’aller mieux, la preuve pour Diomède qui a fini par se suicider.

L’Anderer dans le roman apporte une touche fantastique au récit. Nous n’avons que peu d’informations sur lui. Il arrive, il perturbe la vie paisible des villageois qui viennent juste de sortir d’une longue période de souffrances. L’Anderer, du fait de son nom, L’autre, est vu comme un danger. Cette œuvre de Claudel apporte une morale proche de celle de Sartre lorsqu’il disait “L’enfer, c’est les autres”. L’Anderer c’est L’autre que le village n’accepte pas et les gens du village ce sont “Les autres” pour l’Anderer qui, malgré sa gentillesse et sa générosité, en viennent à faire preuve de cruauté en tuant ses animaux et en l’assassinant pour retrouver leur village paisible.

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Les Résumés

1 commentaire

  • Les résumés sont superbes, ils m’ont aidé à ne pas échouer à mon cours de français quand je n’avais pas le temps de lire 😀

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