Littérature

Pierre de Ronsard, Les Amours : résumé et analyse

Ecrit par Les Résumés
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Les Amours, rassemble les poèmes que Ronsard écrit en l’honneur des trois femmes dont il est tombé amoureux. Le recueil comprend à la fois les travaux de ses débuts de carrière ; et les œuvres qu’il a écrites peu avant sa mort. Ronsard célèbre trois femmes dans ses poèmes : Cassandre, Hélène, et Marie. Les Amours s’inscrit dans les annales comme l’une des grandes œuvres de la Renaissance. L’auteur s’inspire d’ailleurs fortement des influences de l’époque, tant dans les thèmes évoqués (comme la nature, la mythologie, et l’amour), que dans la structure des poèmes, qui rappelle celle de la pléiade.

Résumé

Le Premier Livre des Amours, publié en 1552, célèbre les sentiments que le poète porte envers Cassandre Salvati. Les chemins de Cassandre et de Ronsard se croisent l’année 1545 à la cour de Blois. L’auteur expérimente un coup de foudre immédiat qui l’inspire à produire cent-quatre-vingt-trois sonnets, qui chantent tous les louanges de la jeune femme. Les poèmes, formés de décasyllabes, se distinguent par la multitude de jeux d’esprit et de comparaisons mythologiques qu’ils contiennent.

En 1555, Ronsard alors âgé de trente-et-un an fait une nouvelle rencontre : Mari Dupin, une paysanne de quinze ans. Elle l’émeut, devient sa muse et lui inspire des poèmes simples et clairs, faisant écho aux origines modeste de la jeune femme. Ces œuvres sont publiées dans Continuation des Amours ; elles s’apparentent à des réflexions d’ordre général sur l’amour et les sentiments. Les poèmes que Ronsard dédie à Marie comprennent également des vers qu’il compose en l’Honneur de Marie de Clèves. En effet, la maîtresse du roi Henri III décède en 1574. Le grief du monarque lui rappelle sa propre douleur à la mort de Marie la paysanne. Ainsi, son chagrin et son empathie se muent en mots qui le poussent à écrire des poèmes poignants, dont Sur la mort de Marie (1578).  

En 1578, Ronsard publie les célèbres Sonnets pour Hélène. Dans ces travaux qu’il réalise au crépuscule de sa vie, le poète quinquagénaire produit cent onze sonnets en plus de quatre autres poèmes. Cette œuvre naît de l’injonction de la reine Catherine de Médicis. En effet, cette dernière désire consoler sa fille d’Honneur, Hélène de Surgères, dont l’amant est tombé au combat. Les vers sur l’amour de l’auteur de renom Ronsard sont alors supposés apaiser son cœur et estomper son chagrin.

Les thèmes

Ronsard représente le poète lyrique par excellence. Tout au long de son travail dans les trois livres qui constituent Les Amours, il est possible de constater trois thèmes récurrents, à savoir l’amour, la nature et la mythologie.

L’amour : toutes les facettes de l’amour sont mentionnées dans le recueil. Ronsard célèbre la passion amoureuse, capable d’ôter, ou tout du moins d’altérer le discernement de l’homme. Il y chante également les déceptions qui résultent des amours inconditionnels. Il y fait état des différentes étapes ainsi que des sacrifices que l’amoureux tolère au nom de l’amour.

La nature : En tant que poète de la renaissance, Ronsard accorde une importance particulière à l’esthétique. Ainsi, il fait l’éloge de ces femmes qui ont marqué sa vie comme il peint un tableau. Il évoque la nature, les paysages, les oiseaux en vue de faire écho à la beauté de l’objet de son lyrisme d’une part ; pour évoquer des images de liberté et d’évasion, d’autre part.

La mythologie : les cent-quatre-vingt-quatre sonnets qui composent Les Amours sont majoritairement dédiés à Cassandre. Le nom de cette dernière n’est pas sans rappeler celui du personnage mythique de Cassandre. Aussi, le poète n’hésite aucunement à insérer des allusions sur la mythologie et l’antiquité.

Les thèmes du temps et de la mort : le caractère inexorable du temps provoque des inquiétudes pour Ronsard. Sa rencontre avec Hélène lui fait d’autant plus comprendre la fragilité de la vie, l’imminence de la mort et son état de vieillesse. Ainsi, il se met en tête de rechercher l’immortalité à travers l’écriture. Par ailleurs, dans ses œuvres, il enjoint souvent le lecteur à profiter du temps présent, et entre ainsi en résonnance avec la ligne de pensée « Carpe Diem » les valeurs épicuriennes antiques.

Analyse

Dans la première partie des Amours, Ronsard s’inspire du style du poète italien Pétrarque. Les vers, en décasyllabes, racontent la version idéalisée d’un amour impossible. En effet, l’auteur ne fait que croiser Cassandre : il n’a donc le temps ni de la connaître objectivement, ni de nouer une relation avec elle. Cependant, ce bref instant suffit à lui inspirer des sentiments sincères qu’il exprime au travers de ses prouesses littéraires. Dans ses écrits, il assimile Cassandre à un personnage tout droit sorti des mythologies. Par exemple, les mains de la jeune femme sont d’ivoire alors que les fils de ses cheveux sont de soleil. La beauté et la complexité du style de l’auteur aident d’autant plus les lecteurs à ressentir la force et la sincérité des sentiments de Ronsard. Harmonieux, délicats et touchants, les poèmes dédiés à Cassandre élèvent le sonnet au rang d’art. D’ailleurs, L’Odelette à Cassandre reste à ce jour gravée dans les annales de la littérature française.

Dans le second livre des Amours, le lecteur constate une certaine maturité dans les sentiments de Ronsard. Les œuvres dédiées à Marie dépeignent, dans une délicatesse exquise, l’amour qu’un homme d’âge mur peut porter à une jeune fille bien plus jeune que lui. Il adopte un ton plus simple, plus familier, sans doute dans le but d’établir plus facilement une connexion avec l’objet de son désir. En effet, Marie n’appartient pas à la cour du roi ; elle est une humble paysanne. Ainsi, dans cette continuation des Amours, le poète se détourne des comparaisons mythologiques qui caractérisent le pétrarquisme pour adopter un style plus naturel. Son art évolue ; mais ne perd ni en élégance ni en délicatesse.  

Dans Les amours diverses, Ronsard se focalise plus particulièrement sur l’érotisme. Il s’avance, avocat des amours multiples et écrit des odes en l’honneur des femmes qui ont éveillé en lui un certain intérêt. Il n’hésite nullement à mêler humour et ton gaillard pour parler des silhouettes qui ont su capturer son regard, et éveiller son désir. Ces écrits permettent au lecteur de découvrir le poète sous un nouveau jour : Ronsard est lui-aussi sujet aux désirs charnels. De plus, le public est désormais en mesure de comprendre que les sentiments de l’auteur ne se limitent pas à des sentiments idéalisés ou désintéressés (inspirés de Pétrarque et Madrigaux) ; ses poèmes sont état de toutes les formes que l’amour est susceptible de prendre.

Dans les Sonnets pour Hélène, Ronsard renoue avec l’inspiration pétrarquiste. Bien que l’œuvre résulte d’une commande de la reine Catherine de Médicis, Hélène touche le poète, qui reprend la plume en vue lui écrire des odes. L’œuvre est placée sous le signe de la mélancolie. En effet, lui compte quarante-cinq ans, ce qui représente un âge vénérable, au seizième siècle ; tandis qu’elle est encore une jeune veuve. Ronsard prend alors conscience des ravages du temps, notamment de la différence d’âge, qui représente une difficulté insurmontable dans ses amours. Son travail célèbre alors un amour, certes sincère, mais teinté de pudeur et de nostalgie. Dans son célèbre sonnet pour Hélène, Ronsard chante le passage tu temps, la vieillesse qui frappera inéluctablement à la porte, et surtout, l’importance de profiter de chaque instant de la vie. Ainsi, le poète s’approprie les valeurs épicuriennes antiques, représentées par le « Carpe Diem » d’Horace, dans un poème qui a réussi à traverser le temps.

Conclusion

Ronsard se montre en digne héritier du pétrarquisme : il chante des odes à l’amour, inspirées de son expérience personnelle auprès de trois femmes (Cassandre, Marie et Hélène). Dans son œuvre, les caractéristiques réelles de ses femmes sont reléguées au second plan, comparées au projet poétique ronsardien. En effet, il ambitionne d’enrichir la langue française en tirant le meilleur parti de l’ancien (d’où ses références à la mythologie) et du néologisme (en inventant des mots).

Les  Amours font émerger deux thèmes principaux : l’amour d’une part ; le temps et la mort d’autre part. Selon le poète, l’amour est loin d’être unique. Elle se distingue par son caractère multiple ; d’où le titre « Les amours » au pluriel. En effet, non seulement le recueil rassemble les portraits de plusieurs femmes ; mails il fait également état de la fascination de l’auteur pour les variations du sentiment amoureux. Tantôt, il chante un amour idéalisé qui rappelle la fougue de la jeunesse. Tantôt, il plaide en faveur d’un amour plus simple et plus protecteur, qui vient avec l’expérience. Tantôt, il assimile amour et attirance dans ses poèmes emplis d’érotisme. Tantôt, il fait appel à la sagesse qui vient avec l’âge pour évoquer le passage du temps qui rapproche de la vieillesse et de la mort.

Dans Les Amours, Ronsard fait acte de présence en utilisant le pronom « je ». Il retranscrit le caractère inlassable et insaisissable du désir au travers des différents portraits des êtres qu’il a aimés. De plus, cette inconstance dans l’amour donne lieu à un érotisme exacerbé, tourné vers la quête de l’esthétisme. En bref, le poète oscille entre l’idéal et la sensualité.

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