Littérature

Stefan Zweig, Le Joueur d’échecs : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés

Résumé de « Le Joueur d’échecs » de Stefan Zweig

Au début de l’histoire, le narrateur et un ami à lui se trouvent sur un paquebot, prêt à se rendre à Rio, c’est le début des années 1940. Le narrateur entend parler d’une star des échecs qui serait présente sur le bateau. Cette star, c’est Mirko Czentovic et il est le champion du monde d’échecs.

L’ami du narrateur raconte l’histoire de Mirko Czentovic au narrateur. Il lui explique qu’il a perdu son père à 12 ans et qu’il a été recueilli par un Curé. C’était un enfant pas très futé jusqu’à ce qu’il se découvre des dons incroyables pour les échecs. Il est ensuite parti à Vienne pour se former. Au fil du temps, il s’est amélioré, jusqu’à devenir champion du monde. L’ami du narrateur raconte que grâce à son succès, Mirko Czentovic est devenu cupide et arrogant. Dans son village pauvre, il n’avait pas reçu d’éducation, il n’a pas de culture et désormais, avec tout l’argent qu’il gagne, Mirko Czentovic est devenu très radin.

Le narrateur est passionné de psychologie et il considère les échecs comme de l’art. Le voyage en bateau dure 12 jours, alors il veut en profiter pour étudier le champion d’échecs. Il veut comprendre comment son cerveau fonctionne. Mais le champion d’échecs ne parle pas beaucoup et ne se laisse pas vraiment approcher. Le narrateur décide donc de la jouer fine. Il va jouer aux échecs dans le but d’attirer Mirko Czentovic, mais il attire une autre personne : MacConnor. Ce milliardaire joue avec le narrateur et Mirko Czentovic passe à côté d’eux en les regardant de manière méprisante.

MacConnor découvre qui est Mirko Czentovic et se met en tête de jouer contre lui, mais ce dernier n’acceptera que contre de l’argent. Tout le monde assiste à la partie qui vient de commencer. Et l’issue est inéluctable puisque MacConnor perd. Furieux, il demande une revanche au champion du monde et paye à nouveau. Alors que MacConnor s’apprêtait à perdre, un inconnu et lui a conseillé une tactique qui lui a permis de faire un match nul face au champion du monde. Puis l’inconnu s’en va, mais le narrateur le retrouve. L’inconnu va donc lui raconter son histoire.

L’homme se prénomme Monsieur B. et c’est un Autrichien. À l’époque, il avait pour mission de gérer l’argent de personnes haut placée. Un jour, il fut enfermé par des nazis dans un hôtel dans le but de lui faire dévoiler des renseignements sur ses clients. Une fois, il parvient à voler un livre sur les échecs et il se mit à le lire, encore et encore, jour et nuit en s’imaginant des parties dans sa tête au point d’en devenir fou. Pratiquement devenu schizophrène, il s’est attaqué à l’un des gardiens et s’est blessé à la main en tapant dans une vitre. Conduit en urgence à l’hôpital où il est soigné, le médecin explique qu’il est fou et qu’il ne servira à rien. Monsieur B. est relâché après quatre mois de captivité. À l’hôpital, le médecin lui a explicitement dit que s’il rejouait aux échecs, il ne devait faire qu’une seule partie sinon il risquerait de devenir réellement fou.

L’histoire reprend dans le paquebot et Monsieur B. accepte de faire une partie d’échecs contre Mirko Czentovic. Monsieur B. gagne la partie et devient, ainsi, le nouveau champion du monde. Bien évidemment, Mirko Czentovic ne compte pas en rester là et propose une revanche à Monsieur B. qui accepte sans aucune hésitation. Le narrateur tente de l’en dissuader, mais rien n’y fait.

La seconde partie débute et Czentovic joue calmement et lentement. Sans grand surprise, Monsieur B. devient fou, il marche dans tous les sens, s’imagine des parties dans sa tête et pense être encore enfermé et retenu prisonnier par les nazis. Le narrateur s’approche de lui et lui glisse à l’oreille « souviens-toi » en lui montrant sa cicatrice sur la main. Monsieur B. revient à la réalité. Il s’excuse pour son coup de folie et décide de stopper la partie en expliquant qu’il est incapable de jouer.

Monsieur B. a donc réussit à reprendre le dessus et à ne pas sombre dans la folie grâce, notamment, au narrateur qui lui a permit de se souvenir de son histoire. Czentovic est persuadé que Monsieur B. n’était qu’un simple joueur débutant et ne s’est pas aperçu de tout ce que cette partie d’échecs pouvait signifier pour Monsieur B.

L’histoire finit donc, en quelque sorte, sur une touche légèrement ironique. L’arrogance de Mirko Czentovic se sera fait ressentir du début à la fin de l’histoire puisqu’à la fin, il reste persuadé d’être le seul et unique champion du monde. Pour lui, Monsieur B. ne lui arrivait pas à la cheville, ce n’était qu’un débutant qui a eu un coup de chance. Il ne s’imagine pas à quel point les échecs ont été importants dans la vie de Monsieur B. ni comment ils ont pu le sauver de son emprisonnement. Chaque protagoniste de cette histoire voit les échecs différemment. Ils ne jouent pas pour les mêmes raisons et ce n’est qu’à la fin de l’histoire que l’on peut tout comprendre.

Présentation des personnages

Dans la nouvelle « Le Joueur d’échecs », on retrouve quatre personnages principaux :

Le narrateur : c’est un personnage qui voue une grande admiration pour Mirko Czentovic, un homme extrêmement habile aux échecs. Il va l’étudier et tout faire pour se rapprocher de lui. Mais Mirko Czentovic ne se fait pas approcher si facilement. Il va donc essayer de se faire remarquer en faisant des parties d’échecs. Finalement, mis à part cela, on apprend peu d’autres détails sur le narrateur dans l’histoire.

Mirko Czentovic : sa famille est pauvre. Il a perdu son père quand il avait 12 ans et a été adopté par un Curé. Durant son enfance, il était très obéissant, mais pas très intelligent. Dans la nouvelle, Mirko Czentovic est le champion du monde d’échecs.

Monsieur B. : c’est un ancien avocat autrichien qui travaillait avec son père en tant que conseiller juridique. C’est le plus gros adversaire de Mirko Czentovic. Au cours d’une partie d’échecs, il va donner une tactique au narrateur et son équipe pour qu’ils puissent faire un match nul. Monsieur B. est un homme qui a vécu des moments difficiles avec son isolement.

MacConnor : c’est un milliardaire irlandais qui est persuadé d’être meilleur que tout le monde aux échecs. Il affronte le narrateur à plusieurs reprises, mais perd à chaque fois. Il va même affronter deux fois Mirko Czentovic.

Analyse de l’œuvre

« Le Joueur d’échecs » de Stefan Zweig n’est pas qu’une simple histoire d’échecs, bien au contraire. Le thème principal de cette nouvelle est beaucoup plus profond et surtout, symbolique. Dans cette nouvelle, le jeu d’échecs et notamment la partie entre Monsieur B. et Mirko Czentovic pourrait symboliser le conflit de l’époque entre l’Autriche et les nazis. Cette partie d’échecs permet de mettre en évidence les caractères très différents des deux joueurs. Ils ont vécu des histoires différentes et ne jouent pas pour les mêmes raisons. Mirko Czentovic joue pour l’argent tandis que Monsieur B. joue comme si sa survit en dépendait. Pourquoi ? Car ce sont justement les échecs qui lui ont permit de survivre pendant son isolement.

Seulement, ce sont aussi les échecs qui ont conduit Monsieur B. vers la folie. Monsieur B. a vécu l’une des pires tortures qui puissent exister : l’isolement complet. Il n’a aucun contact humain, ni de contact avec l’extérieur. Isolé et perdu, il sombre peu à peu dans la folie et les échecs vont lui permettre, en quelque sorte, de ne pas craquer, même si sa folie s’est quand même aggravée à cause des échecs. Difficile, donc, de placer les échecs dans le côté positif ou négatif pour Monsieur B. D’un côté, c’est grâce aux échecs qu’il a pu tenir tout ce temps à l’isolement, mais d’un autre côté, ils l’ont conduit à la folie.

Cela dit, si Monsieur B. n’était pas devenu fou, aurait-il pu sortir de son isolement ? Peut-être pas. En effet, les échecs l’ont rendu fou, ce qui l’a conduit à devenir agressif, à s’en prendre à un gardien et à se blesser avec une vitre. Grâce à cette blessure, il a pu aller à l’hôpital et a pu être libéré. Donc dans un sens, les échecs l’ont sauvé.

Bien qu’il ne s’agisse que d’une nouvelle et non pas d’un roman, « Le Joueur d’échecs » de l’auteur autrichien est une histoire forte et passionnante avec un début et une fin. Cette histoire permet de voir différents points de vue, tous centrés autour des échecs. Au début de la nouvelle, le narrateur est admiratif de Mirko Czentovic, mais à la fin, c’est aux côtés de Monsieur B. qu’il se trouve et c’est aussi lui qui l’aide.

Il y a quand même un élément assez surprenant dans cette nouvelle, vis-à-vis des échecs. Concrètement, il n’y a que le narrateur qui trouve que les échecs sont un jeu, un moyen de se divertir. En effet, Mirko Czentovic joue aux échecs pour l’argent et la gloire tandis que Monsieur B. joue aux échecs, car c’est un besoin vital, c’est un moyen de pouvoir s’évader de la cellule dans laquelle il se trouve (au moment de son isolement). Au début de l’histoire, on découvre l’histoire du narrateur, celle de Mirko Czentovic et celle de Monsieur B. sans réel lien particulier. Mais à la fin de l’histoire, tous ces destins s’entremêlent et s’assemblent.

Au-delà des échecs et du jeu, cette histoire possède un fort contexte historique. Certains lecteurs pourraient voir en cette histoire le conflit entre l’Autriche et les nazis alors que d’autres lecteurs ne verraient qu’une simple histoire de parties d’échecs entre plusieurs joueurs. Chacun peut se faire sa propre interprétation de cette histoire, c’est ce qui la rend très intéressante.

De nos jours, cette nouvelle est beaucoup lue. D’ailleurs, elle est aussi beaucoup étudiée dans les établissements scolaires, notamment pour le contexte historique qui se dégage de cette histoire et pour les différentes interprétations que l’on peut faire de toute cette histoire.

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