Littérature

Charles Perrault, L’adroite Princesse ou les Aventures de Finette : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés

Bien que l’on associe Les Aventures de Finette à Charles Perrault, un auteur français du XVIIe siècle, il faut savoir que ce conte de fée n’a jamais été écrite par l’écrivain. Ces aventures ont été rédigées par sa nièce, Marie-Jeanne L’Héritier de Villandon. Toutefois, on les trouve dans de nombreux recueils de l’auteur. Partons à la découverte de cette histoire.

Résumé détaillé de L’adroite Princesse ou les Aventures de Finette (Recueil de Contes et nouvelles en vers) de Charles Perrault

Les précaution du roi

À l’époque des premières croisades, un roi européen décide de se lancer dans une campagne militaire en Palestine contre les infidèles. Avant de partir, il confie la direction de son royaume à un ministre compétent. Cependant, il est inquiet pour ses trois filles : Nonchalante, Babillarde et Finette. Nonchalante est très paresseuse, Babillarde est bavarde et Finette est vive d’esprit, douée de ses mains et compétente pour gérer les affaires du palais royal et résoudre les problèmes.
Le roi n’est pas très préoccupé par sa fille cadette, mais il est soucieux de la conduite de ses deux filles aînées en son absence. Pour éviter tout comportement qui pourrait ternir sa réputation, il décide de les isoler dans une tour et demande à une fée de lui fabriquer trois quenouilles de verre ensorcelées. Si l’une des princesses agit contre son honneur, celles-ci se briseront. Les princesses sont ensuite conduites dans leur nouvelle demeure, où elles ont l’interdiction de recevoir du monde.

La ruse de Riche-Cautèle

Nonchalante et Babillarde, qui vivent isolées dans leur tour, s’ennuient terriblement et se plaignent sans cesse. En revanche, Finette s’occupe en brodant, en filant et en jouant de la musique. Un jour, une femme en détresse vient demander de l’aide aux princesses pour entrer dans leur château, malgré l’interdiction du roi. Nonchalante et Babillarde acceptent de la laisser entrer pour avoir de la compagnie. Finette est déçue par leur imprudence, mais elle décide de ne rien dire. La femme en détresse se révèle être le fils aîné d’un roi voisin, connu sous le nom de Riche-Cautèle pour ses manœuvres. Il enlève ses haillons pour révéler des vêtements couverts d’or et de pierreries, ce qui effraie les princesses. Finette et Babillarde parviennent à s’enfuir, mais Nonchalante, qui a des difficultés à marcher, est capturée par le prince.

Des princesses dupées, des quenouilles qui se brisent

Le prince Riche-Cautèle se présente devant Nonchalante et lui offre son amour et sa loyauté. Nonchalante, émue par ses paroles, accepte sa demande en mariage. Sa quenouille se brise en mille morceaux.
Nonchalante exprime son inquiétude pour ses sœurs. Après une courte conversation, le prince sort et l’enferme Nonchalante sans qu’elle ne s’en aperçoive. Il se met ensuite à la recherche des autres princesses. Il finit par trouver Babillarde, la plus bavarde des sœurs, qui se plaint à elle-même. Riche-Cautèle parle à Babillarde à travers la porte de sa chambre et lui fait croire qu’il est venu pour l’épouser. Il loue sa beauté et son esprit. Babillarde, convaincue de son propre mérite, accepte de l’épouser et oublie l’avertissement de sa quenouille de verre, qui se brise en morceaux. Le soir venu, Babillarde refuse d’aller retrouver ses sœurs, considérant qu’elles pourraient lui en vouloir. Le prince promet de les convaincre de l’approuver. Pendant qu’elle dort, le prince l’enferme à clef.

Finette contre Riche-Cautèle

Le prince se met à rechercher Finette. Il tombe sur une porte fermée dans le château et suppose que Finette s’y trouve. Comme avec les deux autres, il essaie de la convaincre de l’épouser. Toutefois, Finette, qui se méfie de lui, lui propose de descendre dans le jardin afin qu’ils puissent parler par la fenêtre de sa chambre. Le prince refuse et finit par enfoncer la porte. Il trouve Finette armée d’un marteau. Elle feint de se radoucir, lui proposant de chercher ses sœurs avant de prendre une décision quant à leur mariage. En réalité, elle prévoit de se venger de lui et de sauver ses sœurs. Elle convainc Riche-Cautèle de reporter la cérémonie de mariage au lendemain.
Finette parvient à tromper le prince en le faisant tomber dans un égout où il se blesse gravement. Pendant ce temps, elle retrouve sa sœur Babillarde et lui explique la situation. Finalement, le prince trouve la fin des égouts. Il est sauvé par des pêcheurs et se rend à la cour de son père pour se rétablir. Il garde une forte rancune contre Finette.
Riche-Cautèle fait porter sous les fenêtres de leur château des caisses remplies d’arbres chargés de beaux fruits. Les sœurs de Finette, Nonchalante et Babillarde, voient les fruits et veulent en manger. Finette descend pour les cueillir et leur en apporter. Le lendemain, de nouveaux fruits apparaissent et les princesses ont à nouveau envie d’en manger. Les officiers de Riche-Cautèle se cachent et se saisissent de Finette alors qu’elle descend pour cueillir les fruits. Ils l’emmènent dans une maison de campagne où se trouve le prince. Ce dernier veut la punir cruellement en la faisant mourir dans un tonneau rempli d’armes. Alors qu’il est occupé à examiner l’intérieur du tonneau, Finette réussit à le faire tomber à sa place et s’enfuit. Le prince est blessé dans le tonneau qui roule jusqu’en bas de la montagne.

Le serment de Riche-Cautèle

Le roi Moult-Benin et le prince Bel-à-voir ont été profondément affectés par l’accident de Riche-Cautèle. Peu avant de mourir, Riche-Cautèle demande à Bel-à-voir de demander Finette en mariage et de la tuer ensuite. Bien que troublé, Bel-à-voir accepte, sachant qu’il ne peut refuser une telle demande de son frère mourant. Après la mort de Riche-Cautèle, le peuple se réjouit à l’idée de savoir que Bel-à-voir sera le nouveau roi. En apprenant que Bel-à-Voir souhaite se marier avec elle, Finette, craignant que son mari ne la tue pour venger son frère, décide de consulter la fée. Celle-ci lui rappelle que la défiance est mère de sûreté. Finalement, Finette épouse Bel-à-voir. Elle crée une marionnette de paille pour tromper son mari et éviter d’être tuée. Cependant, Bel-à-voir finit par tuer la marionnette, croyant qu’il s’agit de Finette, pour respecter sa promesse envers son frère. Il se rend compte qu’il a toujours été amoureux de Finette. Dévasté, il envisage de se donner la mort. Finette l’en empêche. Finalement, grâce à la sagesse et la ruse de Finette, leur amour triomphe et ils peuvent jouir d’un avenir heureux.

Présentation des personnages

Finette est la fille cadette du roi européen. Elle est décrite comme une jeune femme intelligente, rusée et astucieuse. Très douée de ses mains, elle se passionne pour plein de sujets. Son père a confiance en elle, mais lorsqu’il part, il ne souhaite pas faire de traitement de faveur vis-à-vis de ses autres filles. Finette utilise son intelligence pour résoudre les problèmes et triompher de ses ennemis. À deux reprises, elle se montre plus fine et plus astucieuse que Riche-Cautèle. Finette est un modèle pour les jeunes filles de l’époque, qui étaient souvent soumises aux hommes. Elle est indépendante et symbolise la défiance.

Nonchalante est la sœur aînée de Finette. Elle est appelée ainsi en raison de son caractère paresseux. Elle est peu soucieuse de son devoir envers sa princesse. Elle manque de motivation. Superficielle, se laisse facilement convaincre par Riche-Cautèle qui réussit à utiliser les bons mots pour flatter son ego. Contrairement à Finette, Nonchalante symbolise l’exemple que les jeunes filles ne doivent pas suivre.

Babillarde est la deuxième sœur de Finette. Elle est décrite comme une femme bavarde et maladroite. Ce personnage comique est toujours en train de parler, et ce, même lorsqu’elle devrait être silencieuse. Son flot de paroles permet à Riche-Cautèle de la trouver facilement. À l’instar de sa sœur, elle se laisse duper facilement par le prince perfide.

Riche-Cautèle est le fils d’un roi doux et bienveillant, connu sous le nom de Moult-Benin. Contrairement à son père, Riche-Cautèle est arrogant et malhonnête. En tant que personnage cruel et manipulateur, il n’est pas très apprécié par le peuple. Lorsqu’il se retrouve dans le château avec les trois princesses, il tente de les manipuler pour arriver à ses fins. S’il parvient aisément à duper Nonchalante et Babillarde, il se retrouve surpassé par Finette. Cette dernière est beaucoup plus fine que lui. La première fois, elle le ridiculise et la seconde fois, elle est responsable de sa mort. On peut supposer que la haine qu’il a soit plus liée à une forme de misogynie qu’à une forme de vengeance. Il ne supporte pas qu’une femme se soit montrée plus astucieuse que lui. Sur son lit de mort, il manipule son frère pour qu’il soit obligé de se venger.

Bel-à-voir est un beau prince charmant. Il dispose toutes les qualités dont est privé son frère aîné, Riche-Cautèle. Bel-à-voir est un homme honnête qui se retrouve confronté à un choix cornélien : tuer celle qu’il aime et respecter le serment qu’il a fait à son frère ou chérir celle qu’il aime en prenant le risque de briser un serment fraternel. Il décide de venger son frère, ce qui le conduit à vouloir se donner la mort. Finette l’en empêchera en lui avouant qu’elle la dupé. Bel-à-voir donne le genre de modèle que tout homme doit suivre pour se revendiquer Gentilhomme. Il incarne l’amour véritable. Toutefois, contrairement à d’autres personnages de Charles Perrault, l’amour de Bel-à-voir n’est pas suffisamment puissant pour qu’il s’abstienne de tuer la princesse.

Moult-Benin est le père de Riche-Cautèle et de Bel-à-voir. C’est un père aimant et un roi aimé par son peuple. Cette image d’un personnage doux et bienveillant contraste avec celle de son fils aîné. En sachant la perfidie de son fils, il se met à pleurer sa mort. Moult-Benin incarne l’amour indestructible et infaillible qu’un parent ressent pour son fils, et ce, quelle que soit sa nature.

Le père des trois princesses est un roi européen qui part en campagne en Palestine pour guerroyer contre les infidèles. Il a conscience que ses deux filles aînées peuvent ne pas se montrer prudentes durant son absence. Il va donc voir la fée pour qu’elle lui crée trois quenouilles magiques afin de savoir si elles sauront lui obéir. Même s’il sait que Finette saura se montrer obéissante, c’est un père juste. Il a donc à cœur de traiter ses trois filles de la même manière. Quand il revient et qu’il s’aperçoit que ses deux filles aînées n’ont pas été obéissantes, il décide de les envoyer chez la fée pour qu’elle puisse trouver un moyen de les punir de leurs mauvaises actions.

La fée est le seul personnage du conte qui apporte une touche surnaturelle à l’histoire. Cet être mystérieux et magique apparaît pour créer les trois quenouilles destinées aux filles du roi. Bien qu’elle ne soit qu’un personnage secondaire, elle a une connaissance approfondie des événements. Elle sait apporter les meilleurs conseils à Finette afin de l’aider à rester sur le qui-vive.

Analyse de l’oeuvre

Un Conte Moral du XVIIe Siècle

Mademoiselle de L’Héritier a rédigé ce conte à l’intention de son amie, la Comtesse de Murat, toutes deux étant des participantes des salons littéraires du XVIIe siècle. L’Héritier a choisi d’adopter un style simple et naïf afin de présenter une histoire à visée morale plutôt que divertissante. Le récit débute par deux proverbes populaires qui mettent en avant le caractère populaire de l’histoire qui suit. L’auteure insère également une mise en garde morale sous forme de vers, puis conclut avec une morale similaire en vers, soulignant ainsi la légèreté du conte qui a pour but d’offrir une bonne leçon. Le conte se caractérise également par une conversation enjouée avec la Comtesse de Murat, qui est typique des salons littéraires du XVIIe siècle, et qui reflète l’insouciance caractéristique des contes classiques du XVIIIe siècle. Bien que L’Héritier ait suggéré que son conte faisait référence à la tradition populaire, il n’existe aucun conte qui soit réellement proche des Aventures de Finette. L’histoire qui s’en rapprocherait le plus pourrait être celle de Cendrillon. Toutefois, les deux sœurs ne sont pas réellement malveillantes et le seul personnage antagoniste est une personne qui n’appartient pas au même cercle familial que Finette. D’autre part, la fée est mise au second plan dans Les Aventures de Finette.

Le pouvoir de l’éducation et de l’intelligence chez les femmes

Le conte de L’Héritier suit les conventions du conte merveilleux en racontant l’histoire d’une jeune fille qui est la cadette d’une fratrie de trois enfants. Finette, le personnage principal, est présentée comme une femme vertueuse, travailleuse et intelligente, tandis que ses sœurs sont paresseuses et vaniteuses. Le conte met en garde contre les dangers de l’oisiveté pour les femmes de la haute société, qui peuvent être tentées de tomber dans des habitudes nuisibles pour leur développement personnel. L’Héritier valorise l’éducation et l’intelligence des femmes, qui leur permettent de résister aux séducteurs et de prendre des décisions éclairées. Bien que Finette soit habile dans les tâches domestiques traditionnellement associées aux femmes, comme le filage, elle est également rusée et astucieuse. Sa finesse et sa vivacité d’esprit surpassent le personnage de Riche-Cautèle, qui est un personnage masculin. Les personnages sont présentés comme ayant des caractères naturels qui influencent leur destinée, mais L’Héritier suggère que l’éducation et l’environnement social peuvent également avoir une influence sur leur évolution. L’enfermement des sœurs dans le conte est une mise à l’épreuve de leur capacité à survivre en autonomie et à agir face à l’adversité. Le conte souligne les valeurs de prudence, de travail et d’intelligence, tout en mettant en garde contre les dangers de l’oisiveté et de la vanité.

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