Littérature

Charles Perrault, Cendrillon ou La petite pantoufle de verre : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés
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Connu depuis le IXe siècle avant Jésus-Christ, l’histoire de Cendrillon est un conte populaire qui ne prend pas une seule ride. On ne compte plus le nombre de versions sur ce personnage. En 1697, Charles Perrault a permis de rendre cette histoire célèbre en y intégrant des éléments emblématiques comme la marraine fée, le carrosse ou encore les pantoufles de verre. Dans les années 50, Walt Disney réintégrera ces éléments dans son dessin-animé. Explorons ensemble cette œuvre emblématique du XVIIe siècle.

Résumé de Cendrillon ou La petite pantoufle de verre (Recueil de Contes et nouvelles en vers) de Charles Perrault

En secondes noces, un gentilhomme épouse une femme hautaine. Celle-ci a deux filles fières et désagréables qui contrastent avec la douceur et la bonté de la fille du gentilhomme. Après les noces, la belle-mère s’arrange pour s’imposer auprès de son mari et de sa fille. Elle exploite cette dernière en la chargeant de toutes les tâches domestiques de la maison. Le soir, elle dort au grenier sur une paillasse. Ses sœurs l’appellent Cucendron ou Cendrillon dans la mesure où elle a l’habitude de s’asseoir dans les cendres près de la cheminée. Toutefois, Cendrillon reste plus belle que ses deux sœurs.
Un jour, le roi donne un bal et invite toutes les personnes de qualité. Cendrillon s’occupe alors du linge et des habits de ses deux sœurs. Elle leur donne des conseils, les coiffe de bon cœur et lorsqu’elle les voit s’en aller, elle se met à pleurer. Sa marraine s’en aperçoit. Elle transforme une citrouille en carrosse, six souris en chevaux, un rat en cocher et six lézards en laquais. Puis la marraine s’occupe de transformer ses vieux habits en une robe magnifique d’or et d’argent en y ajoutant les pantoufles de verre. Cendrillon est fin prête. Avant de partir, la marraine lui révèle qu’elle doit quitter le bal avant minuit, car à partir de cette heure, le charme sera rompu.
Elle est accueillie par le fils du roi, intrigué par cette jeune princesse que personne ne connaît. En arrivant, le monde s’arrête et tous la regardent avec attention, captivés par sa beauté. Le fils du roi, qui n’a d’yeux que pour elle, la fait danser. Durant la soirée, elle va s’asseoir près de ses deux sœurs et leur offre des oranges et des citrons, mais celles-ci ne la reconnaissent pas. L’heure arrive, Cendrillon prend congé. En revenant, elle demande à sa marraine si elle peut y retourner le lendemain pour revoir le prince, encore une fois. Ses deux sœurs entrent et lui révèlent qu’elles ont eu la chance de discuter avec la princesse la plus belle du monde.
Le lendemain, Cendrillon retourne une nouvelle fois au bal. Elle est tellement occupée avec le prince qu’elle oublie l’heure. Elle fuit lorsqu’elle entend le premier coup de minuit. Dans sa course, elle laisse une pantoufle de verre. Les deux sœurs apprennent à Cendrillon ce qu’il s’est passé durant le bal. En lui annonçant que le fils du roi n’a fait que regarder cette pantoufle de verre tout le restant de la soirée.
Le lendemain, le roi ordonne que toutes les femmes du royaume essaient la pantoufle de verre pour retrouver cette inconnue. Quand on arrive chez Cendrillon, les deux sœurs essaient en vain. Cendrillon demande si elle peut essayer. Elle est raillée par ses sœurs, mais le gentilhomme a eu l’ordre de faire essayer la pantoufle à toutes les femmes. Cendrillon entre sans peine dans la pantoufle et ressort la deuxième paire. Sa marraine utilise sa baguette pour que ses vieux habits cèdent leur place à une robe magnifique. Ses deux sœurs reconnaissent cette princesse inconnue et s’excusent pour leurs mauvais traitements. Cendrillon leur pardonne.
Cendrillon épouse le prince et fait loger ses deux sœurs avec elle au palais. Elle leur permet également de se marier à deux grands seigneurs.

Présentation des personnages

Cendrillon, également connue sous le nom de Cucendron, est une femme douce et généreuse qui contraste avec la malveillance de ses deux demi-soeurs. Elle est appelée ainsi car elle aime s’asseoir dans les cendres près de la cheminée lorsqu’elle a fini son ouvrage. En effet, sa belle-mère l’exploite et lui impose les tâches les plus ingrates, tout en la faisant dormir sur une paillasse au grenier. Toutefois, cela n’affecte pas sa gentillesse et sa bienveillance. Cendrillon incarne la persévérance, la patience et la bonté face aux épreuves et aux difficultés de la vie. Sa transformation peut être vue comme une récompense pour les vertus qu’elle démontre. Néanmoins, on ne peut pas parler de transformation au sens propre, puisque la marraine ne fait que remplacer ses vieux habits par une robe luxueuse. Elle symbolise la possibilité de faire face à l’adversité et de réaliser ses rêves malgré les obstacles dressés sur la route.

Les deux demi-sœurs sont les filles de la belle-mère de Cendrillon. Elles sont aussi hautaines et fières que leur mère. Si la cadette est moins malhonnête, elle reste tout de même désagréable. Cependant, dans cette version de Perrault, leurs vices sont beaucoup moins représentés. Si elles affichent un certain mépris pour leur sœur, elles la sollicitent également, car elle est de bon conseil. Les deux fois où elles rentrent du bal, elles racontent avec plaisir leur soirée à Cendrillon. Comme tout le monde, elles sont captivées par cette princesse inconnue. Lorsqu’elles se rendent compte qu’il s’agit de Cendrillon, elles s’excusent. Pardonnées, elles connaissent une fin heureuse où elles se marient avec de grands seigneurs grâce à leur sœur.

La marraine de Cendrillon est présente pour la consoler et lui offre l’opportunité d’aller au bal. C’est un personnage bienveillant qui, grâce à ses pouvoirs magiques, soutient Cendrillon dans ses difficultés. Elle symbolise l’idée que même dans les situations les plus désespérées, il y a toujours de l’espoir et une possibilité de changement. En plus d’incarner l’espoir, certains estiment qu’elle symbolise la transformation. Cependant, ce personnage ne transforme pas véritablement Cendrillon, elle ne fait que remplacer ses vieux vêtements par d’autres qui la mettent en valeur. Ainsi, plutôt que de parler de transformation, le terme “changement” apparaît plus approprié. La marraine joue un rôle essentiel dans la vie de Cendrillon puisqu’elle lui permet de révéler tout son potentiel, ce qui lui permet de réaliser ses rêves.

Le fils du roi est le prince qui tombe amoureux de Cendrillon dès qu’il la voit pour la première fois au bal. Contrairement à d’autres versions, ici le bal n’est pas organisé pour lui trouver une épouse, mais plutôt comme un moment festif et agréable. Bien qu’il ait un rôle moins important que celui de Cendrillon ou des deux sœurs, c’est un personnage clé. En effet, il permet à Cendrillon de sortir de sa condition et de faire évoluer son statut social. En devenant princesse, elle acquiert du pouvoir sur ses demi-sœurs. La dominée devient dominante. Toutefois, elle utilise son pouvoir pour faire le bien. Le prince symbolise le rêve d’amour.

La belle-mère de Cendrillon privilégie ses filles au détriment de Cendrillon. Bien qu’elle ne soit pas très présente dans ce conte, elle incarne la cruauté, l’oppression et la malveillance. On peut la considérer comme le personnage antagoniste, étant donné que ses filles sont plus nuancées. Néanmoins, la belle-mère n’apparaît qu’au début pour mettre en place le contexte. Par la suite, elle ne met pas directement d’obstacles sur la route de Cendrillon.

Le père de Cendrillon est un personnage secondaire. C’est un homme riche qui se remarie une seconde fois après la mort de sa première femme. Toutefois, il se laisse complètement dominer par sa nouvelle épouse. Il se révèle passif et impuissant à protéger sa fille des griffes de sa marâtre. Tout comme la belle-mère, il ne sert qu’à mettre en place le contexte du conte.

Analyse de l’oeuvre

Les origines de Cendrillon

Présent dans de multiples cultures à travers le monde, Cendrillon est un conte populaire qui propose des centaines de versions différentes. L’un des récits écrits les plus anciens nous vient d’un Chinois, Tuan Ch’eng-shih, qui, au IXe siècle avant J.-C., a abordé l’histoire d’une jeune fille mal-aimée et maltraitée par sa famille qui aspire à un revirement de situation.
Dans la majorité des versions, une figure bienveillante (telle qu’une fée, un animal ou un arbre) soutient Cendrillon, qui participe à un événement social où elle rencontre un prince ou un personnage de haut rang. Elle égare un objet (généralement une chaussure), ce qui permet au prince de la retrouver. Finalement, Cendrillon est reconnue, épouse le prince et triomphe de sa famille malveillante. Les variations du conte dépendent des cultures et des périodes, mais conservent des éléments fondamentaux. Dans certaines versions, le lien entre Cendrillon et son père est plus accentué, parfois avec un amour excessif ou inapproprié. Les détails de l’histoire et les raisons de l’humiliation de Cendrillon peuvent aussi différer d’une version à l’autre.

Cendrillon de Charles Perrault

Perrault a retravaillé le conte oral de Cendrillon en restant fidèle à l’histoire. Toutefois, il s’est permis de modifier certains aspects. Il a attribué un nom masculin au personnage, mis l’accent sur la rivalité entre sœurs, les présentant comme hautaines et fières comme leur mère. Le père de Cendrillon n’a pas de rôle important. La belle-mère, bien qu’étant présentée comme un personnage antagoniste au début du conte, ne joue pas non plus un grand rôle dans le récit. Perrault a gardé le bal, qui dure deux soirs, en introduisant une fée marraine bienveillante. Des éléments fantastiques, tels que les métamorphoses magiques et les pantoufles de verre, ont été ajoutés. Dans le but d’être apprécié à la cour, Perrault a écarté les aspects grossiers du conte. Ce n’est pas le prince qui cherche la propriétaire de la pantoufle, mais un gentilhomme. Le prince ne rencontre jamais Cendrillon en guenilles, réduisant ainsi le contraste avec ses demi-sœurs. Néanmoins, la gentillesse de Cendrillon est récompensée et elle l’emporte, faisant preuve de bienveillance envers ses belles-sœurs.

Dans l’introduction de son recueil de contes, Perrault souligne que les histoires véhiculent une morale bénéfique malgré leur apparence anodine. Toutefois, les leçons morales de Cendrillon sont souvent jugées faibles et peu pertinentes. Le conte vise principalement les enfants et traite des aspects complexes et inconscients. La situation de Cendrillon permet aux jeunes lecteurs de s’identifier à elle, notamment en ce qui concerne la rivalité entre frères et sœurs et l’espoir d’un futur meilleur. La première morale fait la distinction entre la beauté physique et la grâce, où la première, même si elle peut attirer, est moins estimable que la bonne grâce ou l’élégance. Ainsi, la moralité souligne que “la beauté intérieure” : la bonté, la gentillesse et la bienveillance sont plus importantes que l’apparence physique. La deuxième morale soutient que les qualités personnelles seules ne permettent pas de réussir. Nous avons besoin d’un soutien social. Ici, Cendrillon ne réussit que parce qu’elle a le soutien de sa marraine la fée.

Des personnages superficiels

Les personnages de Perrault manquent de profondeur, et l’aspect psychologique se concentre principalement sur Cendrillon. Contrairement à d’autres versions, les distinctions entre les bons et les méchants restent floues. La belle-mère n’est présente qu’au début et les deux sœurs sont moins cruelles et moins méprisables que d’autres versions. À la fin du compte, Cendrillon pardonne à ses sœurs. Bien que le prince épouse Cendrillon à la fin du récit, on ignore si elle l’aime vraiment et on ne connaît pas davantage les motivations du prince et la nature de son engagement. Les seules “preuves” de l’amour du prince pour Cendrillon sont les dires des deux sœurs qui, en voyant le prince contempler la pantoufle de verre, donnent l’impression à ces deux filles qu’il semble être amoureux. La fameuse pantoufle de verre a suscité des questionnements, certains suggérant qu’il s’agirait d’une erreur de transcription et qu’il faudrait lire “soulier de vair“. D’ailleurs, dans certaines versions, Cendrillon porte des “pantoufles de vair“. Les souliers de vair sont une expression ancienne qui fait référence à des chaussures fabriquées à partir de fourrure de vair, qui est la peau de l’écureuil roux. Considérés comme un matériau luxueux et cher, ils étaient associés à la noblesse et à la royauté dans les cultures européennes anciennes.

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