Littérature

Jean-Jacques Rousseau, Julie ou la nouvelle Héloïse : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés
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Julie ou la nouvelle Héloïse (originellement intitulée Lettres de deux amants, Habitans d’une petite ville au pied des Alpes) est un roman de Jean-Jacques Rousseau. Publié initialement en 1761, chez le libraire et éditeur Marc-Michel Rey à Amsterdam, il a été, par la suite, réédité à plusieurs reprises. Puisant son inspiration dans l’histoire d’Héloïse, l’intellectuelle du Moyen ge, et de son époux Pierre Abélard, le roman épistolaire est largement considéré comme l’un des plus grands succès du dix-huitième siècle.

Le roman raconte l’histoire d’amour entre la jeune fille de famille noble : Julie d’Étange et son précepteur d’humbles origines, Saint-Preux. Tous deux tombés sous le charme de l’autre, les deux amants vont vivre leur amour, interdit par leur différence de rang social, au lac Léman, et seront obligés de le garder secret à cause des conventions de la société. La frustration engendrée par ces dernières poussera Saint-Preux à prendre la route pour Paris, puis pour Londres. S’en suivra une longue série d’échanges via de nombreuses lettres d’amour où les deux personnages cherchent une solution à leur dilemme. Hélas, leur secret sera découvert par la famille d’Étange, qui convaincra Julie d’épouser un autre homme, M. de Wolmar. Des années plus tard, Saint-Preux revient en Suisse, mais Julie avait déjà rempli son devoir d’épouse. Malgré cela, son cœur appartenait toujours à Saint-Preux, par acquit de conscience, elle décide d’avouer cet amour à son mari.

Résumé partie par partie Julie ou la nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau

Première partie

Saint-Preux, homme de faible statut social, est amoureux de son élève, la jeune Julie d’Étange, une famille de grande renommée. Afin de déclarer sa flamme, il décide d’envoyer un bon nombre de lettres d’amour à cette dernière. Rétissant au début, Julie finit elle aussi par tomber sous le charme de Saint-Preux. Elle décide alors d’écrire à sa cousine, Claire, afin de lui demander de revenir suivre les cours du précepteur avec elle. Le sentiment étant réciproque entre Julie et Saint-Preux, leur amour se concrétise assez vite, par le biais d’un baiser échangé dans le bosquet, et ce, en présence de Claire. Inquiète de la présence assidue de Saint-Preux, elle demande son départ, il entame son voyage au pays de Vaud. Saint-Preux est petit à petit rongé par le désespoir engendré par cette séparation. Julie, quant à elle, s’inquiète pour son amant et sa situation ne fait que s’aggraver lorsqu’elle apprend que son père l’a promise à un autre homme. Claire, ne supportant plus de voir sa cousine dans un tel état, elle s’empresse de rejoindre Saint-Preux, le suppliant de revenir.

Milord Édouard, ayant fait la connaissance de Saint-Preux lors de son passage à Valais, décide de lui rendre visite ainsi qu’à Julie, et leur fait découvrir la musique italienne. Mais les tensions entre les deux hommes ne cessent d’escalader lorsque Saint-Preux découvre que Milord Édouard n’est pas insensible au charme de Julie. Ce dernier défie Saint-Preux, mais Julie s’interpose, évitant ainsi la confrontation. Confessant sa liaison avec Saint-Preux à Milord Édouard, il décide de devenir chevalier de sa cause, tentant d’intercéder en faveur du mariage auprès du baron d’Étange. Le père de Julie ne veut rien entendre, se dispute avec sa fille et finit par la gifler. Julie tombe, et l’enfant qu’elle portait meurt, détruisant ainsi ses espoirs de mariage. Saint-Preux est contraint de se retirer encore une fois, il est emporté de force par Milord Édouard.

Deuxième partie

De nouveau en exil, Saint-Preux resombre encore une fois dans le désespoir. Milord Édouard, après avoir écrit à Claire à propos du désastre, propose aux deux amants un asile à York, où ils pourraient se marier et vivre heureux. Julie refuse cette offre par peur de couvrir ses parents de honte. Claire, de son côté, est déterminée à rester avec sa cousine, quelles que soient les circonstances. Écœuré par son mode de vie monotone et triste, Saint-Preux décide de se reprendre en main. Julie met en garde son amant, qui lui répond par une lettre parlant de sa routine au sein de la ville de Paris. Découvrant cette société au caractère futile, il décrit négativement la vie parisienne et ce qui l’entoure. Julie lui répond en se moquant de son caractère pompeux.
Après s’être enivré, Saint-Preux trompe Julie par erreur, il se confesse à elle dans une autre lettre. Julie, qui condamne bien évidemment cet acte, le rassure quand même, et lui fait part de ses craintes, car sa mère a probablement découvert leurs lettres qu’ils s’envoyaient.

Troisième partie

La baronne de la famille d’Étange tombe gravement malade. Ayant lu les lettres de Julie et Saint-Preux, elle tombe sous l’émotion, et essaie vainement de convaincre son mari de laisser les deux amants accomplir leur destin.

Hélas, Mme d’Étange meurt sans avoir accompli la mission qu’elle s’était fixée. Même si la maladie de la baronne date d’il y a de cela bien longtemps, Julie reste persuadée qu’elle est la cause de sa mort. Son père lui rappelle sa promesse de mariage avec M de Wolmar, mais elle lui répond qu’elle avait promis à Saint-Preux de ne jamais épouser autre que lui. Le baron, furieux, somme Saint-Preux de rendre sa promesse à sa fille. Impuissant, Saint-Preux n’a d’autre choix que d’obéir, ce qui marque officiellement la fin de leur relation. Cette séparation emporte le jeune homme dans un tourbillon de pensées suicidaires. Julie, de son côté, tombe malade et contracte la petite Vérole. Alarmé par son état de santé, Saint-Preux décide d’aller revoir Julie, un baiser lui transmet la maladie à lui aussi. Ils songent à l’adultère, mais la crise religieuse de Julie l’en empêche, elle finit par se soumettre à la volonté de son père et se marie avec M. de Wolmar. Elle veut lui avouer le secret de ses sentiments passés, Julie demande donc à Saint-Preux l’autorisation. Ce dernier, beaucoup moins serein, lui demande de garder le silence par peur de ce qui pourrait lui arriver. Tout ce qui lui importe, c’est de savoir Julie heureuse, c’est dans une lettre qu’il le lui demande. Julie lui répond en lui racontant son quotidien avec son époux, elle veut définitivement oublier son passé avec Saint-Preux et fait le serment de ne pas se remarier si elle devient veuve. Elle demande à Saint-Preux de renoncer à son amour pour elle et d’arrêter de lui écrire. Dévasté par ces paroles, les pensées suicidaires refont surface chez Saint-Preux, ce n’est que grâce à l’argumentation de son ami Milord Édouard qu’il y renonce. Édouard lui conseille de voyager afin d’oublier son chagrin.

Quatrième partie

Saint-Preux décide d’aller faire le tour du monde, et Julie de son côté, n’a pas eu de nouvelles de lui depuis quatre ans. Malgré son mari exemplaire, ses deux beaux enfants et sa vie paisible, le bonheur ne tape jamais à sa porte. Elle éprouve toujours des remords au sujet de sa précédente relation et aucune réflexion, aussi logique soit elle, ne pouvait l’en dissocier. Julie invite Claire à venir s’installer chez elle. En ce même temps, Claire reçoit une lettre de Saint-Preux lui annonçant la fin de son voyage au tour du monde, et qu’en chemin vers l’Italie, il demande à passer chez elle afin de la revoir, mais aussi de revoir Julie, lui assurant que son amour pour elle est de l’histoire ancienne.

M. Wolmar fort amical accepte sa demande et lui écrit pour l’inviter chez eux à Clarens, Julie lui avait en effet confessé son ancien amour pour Saint-Preux. Arrivé chez Wolmar et Julie, Saint-Preux découvre les nouvelles facettes de la vie de son ancienne amante. Il découvre une vie paisible et peu tourmentée, bercée par la tranquillité. Il découvre à quel point les servants sont bien traités, il découvre le jardin anglais aménagé pour Claire. M. Wolmar, se mettant en héros sauveur de l’honneur de Julie en lui évitant la honte d’un mariage avec Saint-Preux, et étant persuadé que ce dernier n’éprouve plus aucun sentiment pour la femme qu’est Julie aujourd’hui, envisage de garder Saint-Preux à Clarens et d’en faire le précepteur de ses enfants.

Cinquième partie

Convaincu par l’argumentation de M. Wolmar, Saint-Preux est décidé à rester travailler au château. Il le fait dans l’espoir d’accéder aux portes du bonheur de la vie simple et rustique. Les Wolmar mènent une vie champêtre bien simple, mais épanouissante, qui n’a rien à envier à la vie citadine. L’éducation des enfants repose principalement sur l’indispensable de renforcer le principe de la nécessité imposé par la nature sur l’homme et l’utilisation de l’intérêt afin de faire obéir l’enfant. Un des grands regrets de Julie est le fait que son mari soit toujours athée. Malgré ses innombrables tentatives de raisonnement, M. Wolmar ne veut rien entendre. À l’arrivée de Claire à Clarens, Saint-Preux se questionne sur ses vraies motivations et se demande si sa raison et sa volonté seraient assez fortes pour lutter contre les résidus de son amour. Milord Édouard l’emmène en Italie et l’émotion le submerge quand il retrouve la chambre qu’il avait occupée lors de son premier voyage. La nuit, il rêve de la mort de Julie, et ne peut s’empêcher de retourner à Clarens afin de s’assurer de sa sécurité. Il se retrouve rassuré de la voir saine et sauve. Pendant ce temps, Julie insiste avec Claire à avouer ses sentiments pour Saint-Preux

Sixième partie

Claire répond à Julie que les sentiments qu’elle porte à l’égard de Saint-Preux sont flous, c’est plus que de l’amitié, mais ce n’est pas aussi fort que l’amour. Saint-Preux, quant à lui, n’éprouvait pas non plus de l’amour envers Claire, mais plutôt un sentiment de tendresse. Milord Édouard, de son côté, hésitait entre marier une aristocrate de fort caractère ou une de ses anciennes maîtresses. Il finit par prendre un choix de l’entrée opportune de cette dernière. Sur Genève, Claire écrit une longue lettre à Julie lui décrivant la ville et ses femmes. Julie lui répond en lui proposant encore le mariage avec Saint-Preux, mais il décline, car il se sent enfin libre de ce fardeau qu’est l’amour.

Les années passent et Julie s’accroche de plus en plus à sa religion, même si elle regrette toujours l’athéisme de son mari. Lors d’une promenade aux bords du lac, le fils de Julie tombe, la mère saute afin de sauver son fils, mais cela lui cause de tomber terriblement malade, et succombe à la maladie. Entre la vie et la mort, elle avait trouvé la force d’envoyer une dernière lettre à Saint-Preux lui dévoilant qu’elle n’avait jamais cessé de l’aimer, et qu’elle se berçait d’illusions tout ce temps.

Les personnages

Julie d’Étange : jeune fille noble du baron d’Étange, elle noue une très forte relation avec sa cousine Claire, avec laquelle elle partage l’éducation. Elle est très religieuse et mystique, elle guide au mieux ses actions vers la vertue et le bien. Elle tombe amoureuse de son précepteur, Saint-Preux, dont elle devient l’amante. Mais ses espoirs de mariage se voient réduits en cendres, car son père, le baron d’Étange, offre sa main à son vieil ami, M. de Wolmar. Préoccupée par l’honneur de sa famille, Julie accepte et renonce à son amoureux. Julie se soumet à son époux et a avec lui deux enfants. Néanmoins, son amour pour Saint-Preux perdurera jusqu’à sa mort par la maladie.

Saint-Preux : homme issu d’un milieu humble, c’est un fin philosophe et penseur. Il est engagé par la mère de Julie, la baronne d’Étange, afin d’assurer son éducation. Il tombe sous le charme de la jeune fille et concrétise son amour par un baiser. Ils seront séparés maintes fois, ce qui causera à Saint-Preux de passer par maintes périodes sombres où il contemplera le suicide. Il finit par décider de faire le tour du monde afin de se libérer de son fardeau, avant d’apprendre que son ancienne amante l’aimait toujours dans sa lettre qu’elle rédige avant sa mort.

Claire : elle est la cousine de Julie. Toutes deux élevées par la ” Chaillot “, elles sont inséparables. Claire sera l’adjuvant de la relation d’amour entre Julie et Saint-Preux, assistant à leur premier baiser, et les soutiendra tout au long du périple. Elle finira par se marier et avoir une fille, puis elle rejoindra Julie et son mari, M. de Wolmar, à Clarens.

M. et Mme d’Étange : le baron et la baronne d’Étange font partie de la haute société suisse. M. d’Étange est d’un caractère violent, et Julie le craindra. Il s’oppose vivement au mariage de sa fille avec Saint-Preux, et finit par donner sa fille à son ami, M. de Wolmar. Sa femme, bien plus douce, accepte la relation de sa fille, mais ne vivra pas assez longtemps pour convaincre son mari.

Milord Edouard : pair d’Angleterre que Saint-Preux rencontrera en voyage, il deviendra par la suite son meilleur ami et un soutien de taille, et cela, malgré une dispute à propos de Julie.

M. de Wolmar : prince russe en exil, a rencontré le père de Julie quand ils étaient tous deux mercenaires.

Analyse de l’œuvre

Julie ou la nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau défend la pureté du cœur de l’homme. Pour lui, l’homme est intrinsèquement bon et cherche toujours à dénoncer l’injustice de la société. Le titre du roman, mais en juxtaposition l’héroïne Julie avec Héloïse, fille amoureuse d’Abélard, dont l’amour était impossible. Le roman se conforme au genre épistolaire, assez répandu à cette période. Le ton est direct et spontané, ce qui s’accorde bien à la sensibilité de Julie, la protagoniste.

L’ouvrage apporte son bon lot de réflexions sur des sujets divers, tels que l’éducation et le suicide, illustrant ainsi la vision de l’auteur et ses idéaux. Les mésaventures de Saint-Preux sont une dénomination forte et directe de la société frivole et corrompue.

L’influence de ce roman est indéniable, à la fois sur le plan moral et littéraire, la palette d’émotions retranscrites ainsi que les principes et sujets abordés ne sont pas sans toucher le lecteur et l’incite à réfléchir et prendre position en construisant son avis grâce à la réflexion.

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