Littérature

Edgar Allan Poe, La Vérité sur le cas de M. Valdemar : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés
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La Vérité sur le cas de M. Valdemar d’Edgar Allan Poe est une nouvelle publiée en 1845. Elle aborde la thématique du magnétisme qui est un thème très en vogue au XIXe siècle. Explorons ensemble cette nouvelle fantastique entre la vie et la mort.

Résumé détaillé de La Vérité sur le cas de M. Valdemar d’Edgar Allan Poe

L’idée du savant

Un savant, le narrateur, nous raconte ce qui s’est déroulé au cours d’une expérience magnétique assez troublante.
Le narrateur est passionné depuis de nombreuses années par le magnétisme qu’il exerce. Il s’étonne que personne n’a jamais pensé à magnétiser à l’instant de la mort et décide d’essayer de le faire afin de vérifier :

  • si une personne mourante est réceptive ;
  • si le magnétisme est atténué ou augmenté ;
  • jusqu’à quand est-il possible de poursuivre l’expérience avant que la mort n’emporte le sujet.

Pour réaliser l’expérience, le narrateur pense à l’un de ses amis proche de la mort, M. Ernest Valdemar, qui est atteint d’une tuberculose pulmonaire (phtisie). Bien qu’il ait déjà réussi à le faire dormir, il n’a jamais réussi à le magnétiser correctement et se demande si sa mauvaise santé n’a pas joué un rôle dans son insuccès. M. Valdemar accepte et ils conviennent qu’il lui envoie un message vingt-quatre heures avant que sa mort ne survienne, selon les médecins.

L’expérience avec le sujet

Le jour J, le narrateur se rend chez le mourant qui est entouré des docteurs D… et F… qui s’occupent de lui donner ses soins. Le narrateur s’entretient avec les docteurs pour connaître l’état de santé de son ami avec précision. Ces derniers lui révèlent que M. Valdemar devrait mourir le lendemain.
Après le départ des docteurs, M. Valdemar demande au narrateur de commencer l’expérience directement, mais ce dernier refuse. Ils ne sont entourés que de deux domestiques et ne pense pas qu’ils pourront l’aider en cas d’accident.
Le narrateur commence l’expérience lorsque M. Théodore L…, un étudiant en médecine, arrive. Il nous explique que les lignes qui vont suivre proviennent, pour la plupart, des notes prises par M. Théodore L…
Après avoir demandé l’accord verbal de son sujet à huit heures moins cinq, devant la présence de M. L…, le narrateur commence à magnétiser M. Valdemar. Les docteurs D… et F… reviennent et comprenant ce que le narrateur est en train de faire, l’invitent à continuer en pensant que cela aidera leur patient à ne pas agoniser. Le narrateur arrive à plonger M. Valdemar dans un état de catalepsie magnétique. Hormis le docteur F… qui choisit de revenir le lendemain, tous décident de rester auprès du narrateur et de M. Valdemar.
Pendant qu’il est dans cet état, le narrateur, lui pose des questions auxquelles il répond avec difficulté expliquant qu’il n’a plus mal et qu’il souhaite rester dans cet état afin de mourir.

La fin de vie de M. Valdemar

Lorsque le docteur F… revient le lendemain, il s’étonne de voir M. Valdemar encore vivant. Il demande au narrateur de lui parler à nouveau. À la question, s’il dort encore, le sujet répond : “– Oui, toujours ; – je dors, – je meurs”. Puis, progressivement, le corps de M. Valdemar commence à se transformer et son apparence laisse présager qu’il a sans doute fini par mourir. Toutefois, des maigres signes de vitalité semblent indiquer qu’il est toujours dans cet état de catalepsie magnétique. Lorsque le narrateur lui demande s’il dort toujours, M. Valdemar répond qu’il dormait, mais qu’à présent il est mort. Ces mots effraient les domestiques ainsi que M. L…
Le narrateur et les docteurs essaient de réveiller M. Valdemar en vain. Puis ils décident de le maintenir dans cet état le plus longtemps possible. Convaincu qu’il est maintenu en vie grâce à cette expérience, il laisse M. Valdemar dans cet état, pendant sept mois, en veillant à ce que sa situation reste stable.
Puis, ils décident de réveiller M. Valdemar afin de le sortir de cet état de catalepsie magnétique. Pendant que le narrateur effectue ses passes, M. Valdemar se met à crier : “Mort ! Mort !”. Les personnages présents dans la pièce finiront par assister à la rapide décomposition du corps de M. Valdemar qui s’émiette et pourrit pour ne devenir qu’une “masse dégoûtante et quasi liquide”.

Présentation des personnages

Le savant est le narrateur de cette histoire. Nous ne savons pas grand-chose sur lui si ce n’est qu’il est intéressé par les expériences magnétiques. Il a l’idée de magnétiser un homme à l’instant de sa mort et réalise l’expérience sur l’un de ses amis mourants, M. Valdemar.

M. Ernest Valdemar est un ami du narrateur. Il réside à Harlem (New York) depuis 1839 et travaille à la Bibliotheca forensica. Il a rédigé des traductions polonaises de Gargantua et de Wallenstein sous le pseudonyme d’Issachar Marx. M. Valdemar est une personne très maigre et dispose d’un tempérament nerveux. Étant atteint d’une tuberculose pulmonaire, il sait qu’il est condamné et en parle avec “beaucoup de sang-froid”. Il va accepter l’expérience proposé par son ami.

F… et D… sont les docteurs de M. Valdemar. Lorsqu’ils s’aperçoivent que le savant est en train de magnétiser leur patient, ils vont le laisser faire, pensant que cela lui permettra de ne pas agoniser durant sa mort. Le fait que M. Valdemar survive aussi longtemps, grâce à son état de catalepsie magnétique, étonne grandement les deux docteurs. Ils souhaitent maintenir l’expérience le plus longtemps possible.

M. Théodore L… est un étudiant en médecine qui arrive par hasard au chevet du mourant. C’est avec lui que le savant va commencer son expérience. M. L… va s’occuper de prendre des notes sur l’expérience menée par le savant. Lorsque M. Valdemar annonce qu’il est mort, M. L… finit par s’évanouir. Après avoir repris ses esprits, il accepte d’aider les docteurs et le savant à surveiller l’état de M. Valdemar pendant les septs mois qui suivent l’expérience.

Analyse d’oeuvre

Une nouvelle à mi-chemin entre le réel et le fantastique

Le thème du magnétisme est une thématique très chère aux auteurs du XIXe siècle. Aujourd’hui, cette pratique serait assimilée à l’hypnose. Nous sommes donc dans une thématique qui est à la fois médicale et scientifique mais également fantastique voir mystique sur le fait de vouloir prendre le pouvoir sur une tierce personne. La nouvelle adopte une démarche scientifique : le narrateur, qui est un savant, se demande s’il est possible de magnétiser (hypnotiser) une personne à l’instant de sa mort. Il réalise donc une expérience sur une personne mourante afin de vérifier la faisabilité d’une telle chose. En voyant que cela est possible, il continue l’expérience pendant des mois afin de vérifier jusqu’où ils peuvent repousser la mort.
Dans La Vérité sur le cas de M. Valdemar, nous basculons progressivement d’un cadre réel, un homme qui est sur le point de mourir, à un cadre fantastique, voire surnaturel, une expérience magnétique (hypnotique) qui vise à étendre son pouvoir au-delà de la mort. Ce passage est essentiel et se retrouve dans toutes les nouvelles fantastiques.
Dans cette histoire, Edgar Allan Poe essaie de donner une légitimité à son récit grâce à l’étudiant en médecine, Théodore L… qui retranscrit sur son bloc-notes toute l’expérience. La présence des témoins permet également de donner du cachet à cette nouvelle incroyable en la présence des domestiques, mais également des docteurs, qui incarnent la figure scientifique par excellence. En faisant cela, Edgar Allan Poe essaie de faire en sorte que le lecteur puisse avoir confiance. Il l’amène à croire que cette expérience s’est belle et bien déroulée. Pour faire en sorte que le lecteur puisse considérer cette expérience magnétique comme étant ancrée dans la réalité, l’auteur n’hésite pas à dire : “Je sens maintenant que je suis arrivé à un point de mon récit où le lecteur révolté me refusera toute croyance. Cependant, mon devoir est de continuer.
En suggérant l’idée que le savant sait pertinemment que “le lecteur” aura du mal à le croire, Edgar Allan Poe inscrit ce récit imaginaire comme une expérience plausible qui se serait réellement déroulée. D’ailleurs, dès le début de son expérience, le savant précise : “M. L… fut assez bon pour accéder au désir que j’exprimai qu’il prît des notes de tout ce qui surviendrait ; et c’est d’après son procès-verbal que je décalque pour ainsi dire mon récit. Quand je n’ai pas condensé, j’ai copié mot pour mot.”. Cela sous-entend que tout ce que le lecteur lit par la suite n’est que la retranscription réalisée par un étudiant en médecine qui jouit de nombreuses connaissances médicales et scientifiques pour assurer la véracité de ce type d’expérience.

M. Valdemar, un personnage intéressant

De tous les personnages de cette nouvelle, M. Valdemar est celui qui dispose d’une description très minutieuse. L’auteur nous décrit son physique et son tempérament à plusieurs reprises dans la nouvelle pour montrer les différentes étapes de transformation de la vie de cet homme avant que la mort le prenne.
Pour réaliser une description aussi détaillée, Poe a étudié de nombreux textes médicaux afin de pouvoir être le plus réaliste possible. M. Valdemar fait l’objet de descriptions macabres, ses yeux laissent s’écouler un “flux très abondant d’une liqueur jaunâtre”.
Les paroles du mourant sont très intéressantes. En effet, plus nous avançons dans la lecture, plus nous pouvons apercevoir que les paroles de M. Valdemar sont hachées. Ainsi, le corps étant maintenu en vie dans un état de catalepsie magnétique, c’est la parole qui se met à se décomposer en premier lieu comme pour indiquer que le personnage est réellement en train de mourir. Ce n’est que lorsque l’expérience prendra fin et que les personnages jugeront bon de sortir M. Valdemar de son état de catalepsie magnétique que le corps pourrira pour ne devenir qu’“ une abominable putréfaction”.
Selon le critique littéraire Jeffrey Meyers, le nom “Valdemar” pourrait être traduit par une “vallée de la mer” faisant référence au corps du personnage qui passe de la rigidité (état solide) à l’état liquide dans les dernières lignes de la nouvelle.

L’échec de l’expérience

Dans cette expérience au-delà du vivant, le savant souhaite répondre, grâce au magnétisme, à une question existentielle : qu’advient-il au moment de la mort ? Mais également qu’est-ce que l’on devient après la mort. Bien que cette expérience soit surnaturelle, elle est encadrée par des docteurs ainsi qu’un étudiant en médecine donc elle s’adopte dans une démarche scientifique. L’idée du savant est de répondre à cette question en procédant à une expérimentation scientifique, mais la science est complètement dépassée. En effet, selon les docteurs, M. Valdemar devait mourir le lendemain, or, il survit, grâce à son état de catalepsie magnétique, pendant sept mois. Le caractère naturel de cette histoire s’accentue lorsque M. Valdemar annonce au narrateur “Pour l’amour de Dieu ! – vite ! – vite ! – faites-moi dormir, – ou bien, vite ! éveillez-moi ! – vite ! Je vous dis que je suis mort !”. La dernière phrase souligne qu’il n’est plus vivant. Les personnages parlent donc à un mort. Nous sommes à la frontière entre le magnétisme, qui se veut scientifique, et le spiritisme, qui est plus surnaturel. La chute de cette nouvelle renforce le caractère fantastique de ce récit : le corps de M. Valdemar qui se désagrège. Du fait des résultats terribles qui surviennent à la fin de cette nouvelle, Poe semble nous suggérer que la science n’a aucun pouvoir sur la mort.

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