Littérature

Edgar Allan Poe, Aventure sans pareille d’un certain Hans Pfaall : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés
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Aventure sans pareille d’un certain Hans Pfaall est une nouvelle (fantastique ou de science-fiction) qui apparaît pour la première fois dans le “Southern Literary Messenger” en juin 1835. Tout comme Le Canard au Ballon, cette nouvelle est un canular journalistique. Découvrons ensemble cette histoire du premier homme qui serait allé sur la lune selon Poe.

Résumé détaillé de Aventure sans pareille d’un certain Hans Pfaall d’Edgar Allan Poe

L’apparition d’un ballon dans le ciel de Rotterdam

Le narrateur nous raconte une histoire qui lui est arrivée à une date qui lui a complètement échappé “Il paraît que le… du mois de… (je ne me rappelle pas positivement la date)”.
La grande place de la Bourse de la ville de Rotterdam a vu arriver un ballon depuis le ciel. Lorsque celui-ci s’est approché, le narrateur y a aperçu un “immense chapeau de castor gris américain” au plus grand bonheur de Grettel Pfaall qui reconnaissait le chapeau de son mari disparu.
En effet, cinq ans auparavant, Hans Pfaall, ainsi que trois compagnons, avaient mystérieusement disparu bien que l’on ait retrouvé des ossements dans une partie retirée de la ville, suggérant qu’un crime avait pu avoir lieu.
Au fur et à mesure que le ballon descend, le narrateur arrive à distinguer un vieil homme. Il est petit et vêtu d’un “paletot-sac de satin bleu ciel”. En voyant qu’il s’approchait de la terre ferme, le vieil homme décida de jeter un sac de toile afin d’arrêter de descendre. Il sortit une lettre de son portefeuille et la laissa tomber sous les pieds de Superbus Von Underduk, le bourgmestre. Puis le vieil homme se décida à repartir. Sans le faire exprès, certains sacs de sable qu’il jeta visèrent le bourgmestre. Puis, très vite le ballon s’en alla.
La lettre était destinée au bourgmestre ainsi qu’au professeur Rudabub puisqu’ils étaient tous deux Président et vice-président du collège astronomique de Rotterdam.

Un désir de vengeance

Von Underduk et Rudadub ouvrent la lettre ensemble. Elle est écrite par Hans Pfaall, un artisan raccommodeur de soufflet qui a disparu il y a cinq ans. Il y explique qu’avec le temps, son métier n’étant plus nécessaire, il a fini par crouler sous les dettes. Il était sans cesse malmené par ses créanciers qui essayaient de récupérer leur argent. Il avoue que son désir de vengeance contre eux l’a maintenu en vie et l’a aidé à ne pas se suicider.
Un jour, alors qu’il échappait de justesse à ses créanciers, il trouva un livre “traitant de l’astronomie spéculative”. Ce livre lui a donné de nombreuses idées, mais n’ayant pas les connaissances requises, il est allé se procurer d’autres ouvrages afin de mettre au point une vengeance contre ses créanciers. Il donna à ses derniers la moitié de la somme qu’il leur devait, leur promettant qu’il leur rendrait la somme totale après l’acquisition d’un objet qui devait se faire prochainement. Les créanciers le laissèrent tranquille et il se mit à fabriquer secrètement un ballon avec la ferme intention d’aller sur la lune.
La nuit du 1er avril, Pfaall invita ses trois créanciers à le rejoindre. Il leur expliqua qu’il comptait mener une expédition pour trouver l’argent afin de rembourser ses dettes. Les hommes acceptèrent de l’aider en gonflant son ballon.
Alors qu’il s’apprêtait à partir, Pfaall alluma, depuis la nacelle de son ballon, un tonneau de poudre qui causa la mort de ses créanciers.

L’élévation du ballon de Pfaall

Sans le vouloir, Pfaall avait trop chargé la mine. La puissance de feu créa des secousses sur son ballon alors qu’il s’envolait dans le ciel. Il explique qu’il a d’abord connu de nombreux déboires et qu’il a perdu connaissance. Lorsqu’il s’est réveillé, le ballon survolait l’Océan. Aucune terre n’était en vue, il ne distinguait qu’un petit point noir dans cette immensité bleu qui se révéla être un navire lorsqu’il utilisa son télescope. Pfaall expliqua en détail comment il souhaitait se rendre sur la lune et les moyens dont il disposait pour y parvenir. Après avoir volé pendant un long moment, il se rendit compte que le navire n’était plus visible et que la mer semblait polie. Toutefois, lorsqu’il regarda dans son télescope, il vit que la mer était agitée.

Pfaall narre ce qui lui est arrivé lorsqu’il s’envolait pour la lune.
À sept heures moins vingt, son appareil condensateur fut endommagé par un nuage épais
À sept heures, le baromètre indiquait une hauteur “de neuf milles et demi.”. À cette hauteur, Pfaall explique qu’il a du mal à respirer et que la pression lui fait mal à la tête. Les pigeons et la chatte qu’il avait emmenée avec lui au cours de son voyage semblaient s’affoler. Il décida de se faire une saignée ce qui apaisa ses symptômes. Après avoir retrouvé ses facultés, il se rendit compte que la chatte avait mis bas cinq petits chatons.
Une heure plus tard, le ballon s’élevait à dix-sept milles et ses douleurs aux oreilles et à la tête “revenaient par intervalles avec violence”. À cette attitude, il essaya de jeter un des pigeons dans les airs qui utilisa toutes ses forces pour revenir vers la nacelle où il trouva la mort. Pfaall renouvela l’expérience avec un autre pigeon qu’il jeta en bas, il vit le pigeon voler à toute vitesse vers la terre. La chatte s’était endormie après avoir dévoré le pigeon mort, les chatons allaient très bien et ne semblaient pas incommoder par l’altitude.
Ayant de plus en plus de mal à respirer, Pfaall utilisa son appareil condensateur qui devint optimal à neuf heures moins dix.
Durant les heures qui suivirent, Pfaall n’avait plus grand-chose à faire si ce n’est d’attendre patiemment que son ballon continue de grimper. En voulant donner de l’eau à sa chatte, il perdit le panier qui fit propulser hors de la nacelle avec les petits.
Sous les coups de dix heures, Pfaall commença à vouloir dormir, mais il devait trouver une solution pour son appareil condensateur. En effet, il devait changer l’air de la chambre toutes les heures. Il entreprit de se réveiller toutes les heures afin de pouvoir changer l’air, un procédé qui ne prenait que cinq minutes de son temps. Il expliqua la méthode qu’il utilisa pour se réveiller toutes les heures.

Le journal de bord de Hans Pfaall

  • Le 4 avril, Pfaall se réveille heureux et en bonne santé. Il s’aperçoit que l’océan et les terres s’effacent de plus en plus. Il passe la majeure partie de son temps à lire des livres.
  • Le 5 avril, le froid devient moins intense et il se met au lit de bonnes heures.
  • Le 6 avril, le ballon se rapproche des glaces et l’horizon s’agrandit. Il se dit qu’il arrivera bientôt au-dessus de l’Océan boréal.
  • Le 7 avril, il aperçoit le pôle sous ses pieds. Toutefois, avec la distance, il lui est incapable de voir les choses avec netteté. Il estime qu’il atteint une hauteur d’au moins 7 254 milles au-dessus de la mer. Il se met à décrire avec précision tout ce qu’il voit.
  • Le 8 avril, Pfaall prétend que son ballon au-dessus des grands lacs de l’Amérique Nord.
  • Le 9 avril, le ballon a filé vers le sud pour arriver au-dessus du Mexique à neuf heures de l’après-midi.
  • Le 10 avril, Pfaall a été réveillé par un craquement qui ne ressemblait à aucun bruit terrestre. Il a fini par se rendormir, mécontent de ne pas avoir su déterminer l’origine de ce son.
  • Le 11 avril, Pfaall, se rapprochant de la lune, dut trouver une astuce pour disposer d’assez d’oxygène dans la chambre d’air.
  • Le 12 avril, Pfaall s’est aperçu que le ballon changeait de direction, et ce, sans aucune explication. Il l’a vu osciller pendant plusieurs heures.
  • Le 13 avril, Pfaall entend une nouvelle fois le craquement qu’il avait entendu trois jours plutôt. Il est incapable de savoir d’où il provient.
  • Le 14 avril, Pfaall se rapproche de la lune. Cette dernière est cachée à sa vue.
  • Le 15 avril, Pfaall se rend compte qu’il ne distingue plus le contour des continents et des mers. Le craquement revient beaucoup plus fort et beaucoup plus intense. Cela l’inquiète, mais il ne sait toujours pas ce que c’est.
  • Le 16 avril, Pfaall aperçoit une “petite portion du disque lunaire”. Toutefois, il n’a pas une minute à lui étant donné qu’il doit constamment changer l’air de la chambre afin d’avoir l’oxygène suffisant à sa survie. Il ne lui est plus possible de bien dormir.
  • Le 17 avril, en se réveillant, Pfaall se rend compte qu’il voit la surface avec netteté et se demande si le ballon n’a pas crevé. Il commence à paniquer à l’idée qu’il puisse s’écraser sur Terre toutefois, il se rend compte que ce qu’il voit n’est pas la tête, mais la surface lunaire.
  • Le 18 avril, Pfaall continue à descendre sur la lune en donnant des détails minutieux sur tout ce qu’il voit.
  • Le 19 avril, Pfaall arrive enfin à se poser sur la lune et tombe sur un endroit “criblé d’habitations lilliputiennes“.

Pfaall explique que son voyage de la Terre vers la Lune a duré dix-neuf jours. Il accepte de raconter au bourgmestre ainsi qu’aux autorités scientifiques tout ce qu’il a vécu pendant toutes ces années sur la Lune à condition qu’il le laisse rejoindre sa maison et sa femme et qu’on le gracie pour le meurtre de ses créanciers et le bourgmestre accepta.
Après que la lettre fut publiée, certains ont affirmé que cela n’avait été qu’un canular et elle suscita de nombreux doutes.

Présentation des personnages

Le narrateur est celui qui nous raconte la scène lorsque le ballon arrive sur la place de Rotterdam. Il nous décrit l’homme, qui est Hans Pfaall, et nous explique que le bourgmestre Von Underduk et que Rudadub se sont mis à lire la lettre qui leur était destinée. Ce personnage, dont on ne sait rien, réapparaît à la fin de la nouvelle et nous apprend que cette histoire serait, selon certaines personnes, rien de plus qu’un “canular”.

Hans Pfaall est un vieil homme. De petite taille, ce raccommodeur de soufflets, du fait du déclin de son métier, s’est retrouvé sans un sou. Criblé de dette, il a fini par penser au suicide. Toutefois, il avait une femme et des enfants à nourrir et souhaitait se venger de ses créanciers. Il a alors cherché à fuir en se rendant sur la lune grâce à un ballon et s’est arrangé pour assassiner ses créanciers. La lettre explique en détail son long voyage de la terre jusqu’à la lune et indique au bourgmestre et Rudadub qu’il accepte de leur donner tous les détails de son aventure sur le satellite à condition qu’il soit gracié.

Grettel Pfaall est la femme de Hans. Nous ne savons pas grand-chose sur elle si ce n’est qu’elle vient en aide à son mari pour fabriquer le ballon. C’est une femme indépendante et Hans se dit qu’elle l’a toujours vu “comme un triste fainéant”, un homme “bon pour bâtir des châteaux en l’air”. Il pense qu’elle est heureuse “d’être débarrassée de” lui.

Von Underduk et Rudadub sont le Président et le vice-président du collège astronomique de Rotterdam. C’est à eux qu’est adressée la lettre puisqu’ils symbolisent la loi et l’autorité scientifique. C’est grâce à eux que Hans va être graciés pour le meurtre de ses trois créanciers.

Les créanciers sont ceux qui ont obligé Hans Pfaall a monté une telle entreprise. Ils auraient été assassinés par Pfaall alors que celui-ci s’élevait dans les airs, mais vers la fin de la nouvelle, on apprend que certaines personnes prétendent les avoir vu accompagnés de Hans lui-même dans un cabaret.

Analyse de l’oeuvre

Aventure sans pareille d’un certain Hans Pfaall d’Edgar Allan Poe est difficile à classifier : doit-on dire que cette nouvelle relève de la science-fiction ou du fantastique ?
Dans sa nouvelle, Poe adopte une démarche scientifique et essaie d’apporter un maximum de détails tant sur la fabrication du ballon que sur les nombreux gestes réalisés par Hans durant son voyage comme le fait de nous raconter comment fonctionne son appareil condensateur. Son texte contient d’ailleurs de nombreuses annotations afin d’accréditer son histoire. Son objectif est d’ajouter du cachet à son histoire.
Toutefois, cette aventure ne se révèle être qu’une simple farce et la fin de la nouvelle nous explique qu’il s’agit en réalité d’une savante mystification. Hans ne serait qu’un ivrogne et l’habitant de la lune serait un nain de cirque. D’ailleurs, certains prétendent avoir vu Hans et ses créanciers, ensemble, dans un cabaret.
Dès le début, certaines pistes auraient dû nous alerter comme le fait que l’aventure commence un premier avril, connu pour être un jour de farce et de canular.
Dans cette nouvelle, Poe s’attache à analyser la peur à l’état pur. Le manque d’oxygène, la peur de l’inconnu, la crainte que le ballon ne soit crevé, toutes ces peurs véhiculées par Hans sombre le lecteur dans une angoisse permanente.

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