Littérature

Gustave Flaubert, Trois contes : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés
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Trois Contes est un recueil de trois nouvelles écrites par Gustave Flaubert et a mis plus de trente ans à être rédigée. Explorons ensemble cette dernière production romanesque de l’auteur qui fut publiée pour la première fois le 24 avril 1877, soit trois années avant la mort de Flaubert.

Premier conte : Un cœur simple

Résumé détaillé

Chapitre 1

Mme Aubain n’est pas une femme agréable. Elle a épousé un “beau garçon” qui est mort jeune. Veuve, elle vit seule avec ses deux jeunes enfants. Elle a revendu plusieurs de ses immeubles pour payer les dettes contractées par son mari. Elle habite dans une demeure qui a appartenu à ses ancêtres : une maison “revêtue d’ardoise“. L’auteur s’attache alors à décrire l’ensemble de la maison avant de nous parler de Félicité, la servante qui travaille pour Mme Aubain, enviée par toutes les bourgeoises du Pont-l’Évêque. Sa chambre se trouve au deuxième étage de la maison et sa “lucarne” donne sur la prairie. Félicité est une servante très efficace, économe. En toute saison, elle porte la même tenue : “un mouchoir d’indienne fixé dans le dos par une épingle […] un bonnet, […] des bas gris, un jupon rouge, […] un tablier à bavette”.

Le visage maigre, Félicité à une voix aiguë et on ne saurait dire son âge. Cette femme silencieuse semble fonctionner “d’une manière automatique”.

Chapitre 2

Le père de Félicité était maçon et il est mort en tombant d’un échafaudage. Sa mère est morte peu de temps après et sa fratrie s’est dispersée. Elle a d’abord été recueillie par un fermier qui la battait constamment. Elle a été chassée pour un vol qu’elle n’a pas commis. Elle est partie pour une autre ferme pour y devenir fille de basse-cour.

À l’âge de ses dix-huit ans, elle a été à l’assemblée de Colleville. Elle y fait la connaissance de Théodore, un jeune homme d’apparence riche qui l’invite à danser. Pendant qu’il la reconduit chez elle, il la renverse brutalement. Félicité prend peur.

Le lendemain, elle le revoit et s’excuse pour son attitude de la veille. Il met tout sur le compte de la boisson. Il lui parle de mariage et ils finissent par s’embrasser. Théodore et elle se voient de façon plus régulière jusqu’au jour où le jeune amant propose à Félicité d’aller chercher les papiers à la Préfecture le lendemain pour qu’ils puissent se marier.

Le lendemain, Félicité apprend que Théodore s’est marié avec Mme Lehoussais, de Toucques, une vieille femme très fortunée, pour éviter le service militaire.

Félicité quitte la ferme pour partir à Pont-l’Évêque, elle y rencontre Mme Aubain qui a perdu son mari au début de l’année 1809.
Félicité s’occupe de la maisonnée, en prenant soin des deux enfants de Mme Aubain : Paul qui est âgé de sept ans et Virginie qui est âgée de quatre ans. L’auteur s’attache à nous parler du quotidien de Félicité pendant qu’elle est au service de Mme Aubain.

Tous les jeudis, on y fait une partie de boston (jeu de cartes) et les lundis, c’est jour de marché. Puis on cite différents personnages qui rendent visite à Mme Aubain :

  • le marquis de Gremanville, l’oncle ruiné de Mme Aubain, qui vient avec son caniche et qui a tendance à boire avec excès ;
  • Monsieur Bourais, que Félicité appréciait plus. C’était un ancien avoué, qui s’occupait de la gestion des propriétés de Mme Aubain.

Lorsque le temps était clair, ils avaient l’habitude d’aller à la ferme Geffosses jusqu’à un soir d’automne où ils tombèrent sur un troupeau de bœufs. Ils sont tombés sur un taureau et Félicité s’est conduite de façon héroïque afin de permettre à Mme Aubain et à ses enfants de fuir. Toutefois, cet épisode a choqué Virginie qui a eu une affection nerveuse.

Sous les directives du médecin, Félicité et Mme Aubain sont parties à la mer de Trouville.
Durant les premiers jours, Viriginie paraissait moins faible grâce au changement d’air et à “l’action des bains”. Ils y restèrent plusieurs semaines. Puis excédé par le fait que le neveu de Félicité tutoie son fils et constatant que la saison n’était plus bonne pour Virginie, Mme Aubain jugea qu’il était temps de retourner à Pont-l’Évêque. Paul est envoyé au collège de Caen.

Chapitre 3

Bien qu’elle ne comprenne absolument rien au dogme religieux, Félicité finit par apprendre le catéchisme à force d’y emmener Virginie tous les jours. Souhaitant que sa fille soit une femme accomplie, Mme Aubain a envoyé sa fille en pension chez les Ursulines de Honfleur.
L’absence de Virginie causa du tort à Félicité, elle reçut alors la visite de son neveu, Victor, régulièrement. Les parents de son neveu profitaient que son fils aille voir sa tante pour lui donner des choses à faire. Heureuse de voir son neveu, Félicité les faisait sans broncher.

Au mois d’août, Victor est envoyé par son père au cabotage. Victor et Virginie reviennent à la maison, mais leur relation n’est plus pareille. Victor est capricieux et Virginie ne doit plus être tutoyée. Une distance se crée entre Félicité et Virginie.

Le 14 juillet 1819, Victor annonce à sa tante qu’il compte embarquer pour L’Amérique sur le “long cours”. Pendant des mois et des mois, Félicité n’a aucune nouvelle de son neveu, bien que le pharmacien lui ai dit que le bateau était bien arrivé à La Havane. Un jour, elle reçoit une lettre. Ne sachant pas lire, elle demande à Mme Aubain de la lire à sa place. Elle apprend que son neveu est mort. En effet, en tentant de le soigner de sa fièvre jaune, on l’avait trop saigné. “Il était mort immédiatement.”.

Virginie s’affaiblit et on apprend qu’elle a une fluxion de poitrine jusqu’au jour où Mme Aubain quitta la maison précipitamment avec le docteur Poupart. Voyant qu’elle ne revenait pas, Félicité s’est rendue au couvent et a appris le décès de Virginie. Avant qu’elle ne soit inhumée, Félicité s’est occupée de la défunte.

Les années passèrent et Virginie continuait d’être le sujet de conversation de Mme Aubain et Félicité. Puis la vie reprend progressivement son cours, marquée par les fêtes religieuses et la Révolution de juillet. Le baron de Larsonnière devient le nouveau sous-préfet et il s’installe avec sa femme, sa belle-sœur ainsi que ses trois filles et Loulou, un perroquet, proche de chez Mme Aubain. Il finira par être nommé ailleurs et la baronne fit don du perroquet, Loulou, à Madame Aubain qui le confiera à Félicité.
La baronne, son épouse, fit don de Loulou à Madame Aubain qui ne tarda pas à le confier définitivement à Félicité.

Chapitre 4

Félicité a tout de suite aimé Loulou car, venant d’Amérique, il lui rappelait Victor, son neveu. Elle tenta de lui apprendre les politesses et elle s’occupa de lui avec passion. Un jour, Félicité mit Loulou à l’extérieur afin qu’il puisse se rafraîchir, mais celui-ci fugua. En tentant de le chercher, elle contracta une angine qui lui donna mal aux oreilles. Par la suite, elle devint sourde. Ayant amené Loulou près du feu pour qu’il se réchauffe durant un soir d’hiver, Félicité trouva son compagnon mort dans sa cage en 1837. Elle pensa à un empoisonnement au persil. Attristée par la perte de son perroquet, elle le fait empailler sous les conseils de Mme Aubain. Elle l’enferma dans sa chambre. En contemplant le Saint-Esprit à l’Église, elle se dit que l’oiseau qui avait été envoyé par Dieu pour s’annoncer ne pouvait pas être une colombe, car elle ne parle pas. Pour elle, il ne pouvait s’agir que d’un ancêtre de Loulou.

Mme Aubain trouva la mort en mars 1853. Son fils, Paul, arrive en compagnie de sa femme, la fille d’un vérificateur avec laquelle il s’est marié à l’âge de 36 ans, pour se débarrasser des meubles et mettre la maison en vente. Devenue aveugle, Félicité redoute d’être renvoyée, car sa chambre est parfaite pour Loulou. Elle continua à vivre dans la maison de Mme Aubain qui finit par se délabrer avec le temps et finit par contracter une pneumonie après Pâques. N’ayant rien pour orner le reposoir placé dans la cour de Mme Aubain, elle décida d’y mettre Loulou. Félicité fait ses adieux à Loulou et l’embrasse sur le front sans se rendre compte que son animal empaillé est en très mauvais état “les vers le dévoraient ; une de ses ailes était cassée, l’étoupe lui sortait du ventre.”.

Chapitre 5

L’agonie de Félicité commença à la Fête-Dieu. Étant aveugle, elle demanda à La Simone qui veillait sur son compagnon empaillé s’il était bien. En rendant son dernier soupir, Félicité crut voir un gigantesque perroquet planer au-dessus de sa tête.

Présentation des personnages principaux

Félicité est une servante modèle qui sert Mme Aubain depuis qu’elle a 18 ans. Elle a quitté la ferme où elle était à la suite d’une déception amoureuse. En effet, l’homme qu’elle aimait a été contraint d’épouser une vieille femme fortunée pour échapper à la conscription (service militaire). C’est une femme généreuse qui passe son existence à être au service des autres. Elle connaîtra de nombreux morts autour d’elle (Victor, Virginie, Mme Aubain, Loulou) et finira par être sourde et aveugle. Elle sera emportée par une pneumonie. Elle a un visage maigre et une voix aiguë. Son âge exact reste un mystère, on sait simplement qu’à l’âge de vingt-cinq ans, elle en paraissait quarante.

Mme Aubain est une femme dure et exigeante. Elle a perdu son mari qui l’a laissé sans un sou avec plusieurs dettes. Elle a donc été dans l’obligation de vendre ses propriétés. Elle n’a gardé que les fermes de Toucques et de Geffosses.

Paul est le fils aîné de Mme Aubain. Il est âgé de sept ans lorsque Félicité rentre dans leur vie. Petit, il donnait des explications sur les gravures à Félicité. Il a été envoyé au Collège de Caen. Avec les années, Paul devient capricieux. Il a exercé de nombreux métiers : clerc de notaire, commerce, agent de la douane avant de finir dans l’enregistrement. Un vérificateur lui a offert sa fille en mariage à l’âge de trente-six ans. Il vit à Besançon. À la mort de sa mère, il revient pour se débarrasser des meubles et mettre la maison en vente.

Virginie n’a que quatre ans lorsque Félicité devient la servante de sa mère. Impressionnée par le taureau et le sang-froid de Félicité, elle en tombe malade. Elle aura une santé assez fragile tout au long de sa vie. Elle est envoyée au couvent par sa mère pour devenir une femme accomplie. Elle finit par y mourir atteinte d’une fluxion de poitrine.

Victor est le neveu de Félicité. Ses parents acceptent qu’il aille la voir régulièrement, car il l’utilise pour s’occuper de certaines tâches. Victor finit par embarquer dans un bateau pour aller en Amérique, le 14 juillet 1819. Atteint d’une fièvre jaune à son arrivée, on le fait trop saigner ce qui provoque son décès immédiat.

Loulou est un perroquet offert par La Baronne de Larsonnière à Mme Aubain. Cette dernière, ennuyée par l’animal, décide de le donner à Félicité. Ayant perdu Victor et Virginie, Félicité traite son animal avec passion. À sa mort, l’animal finit par être empaillé.

Analyse de l’œuvre

Cette œuvre se base sur les souvenirs d’enfance de l’auteur. Il y rend hommage à sa mère, Anne Fleuriot, ainsi qu’à Mademoiselle Julie, une des servantes de sa maison.

Félicité est décrite ainsi par Flaubert : “Son visage était maigre et sa voix aiguë. À vingt-cinq ans, on lui en donnait quarante. Dès la cinquantaine, elle ne marqua plus aucun âge ; – et, toujours silencieuse, la taille droite et les gestes mesurés, semblait une femme en bois, fonctionnant d’une manière automatique.“. Félicité incarne la classe ouvrière de la Normandie : c’est une femme à l’esprit simple avec un grand cœur qui ne sait ni lire, ni écrire. Le nom “Félicité” n’est pas donné au hasard par l’auteur. Dans le Larousse, le mot “félicité” se définit par un “Grand bonheur, contentement intérieur, joie, béatitude”. Félicité se réjouit d’un rien et comme celui des saints, elle a un cœur pur. Elle passe son existence à être au service des autres.

Dans Un cœur simple, Flaubert traite de l’égoïsme de la bourgeoisie qui souhaite ne pas se mêler aux personnes des classes sociales basses. En effet, la “Maison de Dieu” qui est un lieu pour tous n’échappe pas à ce désir bourgeois “Quand elle avait fait à la porte une génuflexion, elle s’avançait sous la haute nef entre la double ligne de chaises, ouvrait le banc de Mme Aubain, s’asseyait, et promenait ses yeux autour d’elle”. Félicité n’a pas sa place avec Mme Aubain et sa fille qui disposent de banc avec leurs noms afin de ne pas être mélangés à la classe sociale basse.

Avec l’amour de Théodore et de Félicité, Flaubert évoque l’abandon des valeurs. Théodore n’hésite pas une seule seconde à se marier avec une vieille femme riche pour assurer son avenir et fuir le service militaire alors qu’il prétendait aimer Félicité.
Très influencée par la religion, Félicité accumule de nombreux objets religieux dans sa chambre “Cet endroit, où elle admettait peu de monde, avait l’air tout à la fois d’une chapelle et d’un bazar, tant il contenait d’objets religieux et des choses hétéroclites. … …On voyait contre les murs : des chapelets, des médailles, plusieurs bonnes Vierges, un bénitier en noix de coco ; sur la commode, couverte d’un drap comme un autel, la boîte en coquillages que lui avait donnée Victor ; puis un arrosoir et un ballon, des cahiers d’écriture, la géographie en estampes, une paire de bottines ; et au clou du miroir, accroché par ses rubans, le petit chapeau de peluche !”.

Deuxième Conte : La légende de Saint-Julien l’Hospitalier

Résumé détaillé

Chapitre 1

L’auteur décrit le château des parents de Julien. Lorsque Julien naît, on crée une grande fête en son honneur. Le père et la mère reçoivent tous deux des prédictions selon lesquelles il deviendra un grand homme. Julien grandit et commence à prendre plaisir à tuer. Sa première victime est une souris. Un jour de chasse, alors qu’il réalise un grand carnage, il reçoit la malédiction du grand cerf noir qui lui apprend qu’il viendra à tuer son père et sa mère. Il décide de fuir pour éviter que cette malédiction ne se réalise.

Chapitre 2

Il s’engage dans une équipe d’aventuriers. Il prend part à de nombreuses batailles dans différents pays. Sa réputation grossit aussi vite que son armée. Il délivre l’Empereur du joug du Calife. Pour le remercier, celui-ci lui offre sa fille et un château. Les années passent où Julien mène une vie paisible et tranquille, mais l’envie de tuer devient de plus en plus forte. Il refuse toutes les invitations de chasse qu’on lui propose, mais un soir, il décide de céder à la tentation. Pendant qu’il est absent, sa femme voit arriver un couple qui se prétend être le père et la mère de son époux. Ils lui expliquent que depuis que leur fils les a abandonnés, ils n’ont jamais cessé de le chercher. La femme de Julien leur propose de dormir dans leur chambre. Quand Julien revient de sa chasse, il pense que sa femme l’a trompé avec un homme. De rage, il tue les deux personnes et se rend compte qu’il s’agit de son père et de sa mère. Il demande à sa femme qu’on les enterre avec magnificence et il quitte le château en léguant tout à sa femme.

Chapitre 3

Julien devient mendiant et traverse de nombreux pays où il est rejeté. Il décide de devenir passeur afin d’aider les gens à traverser un fleuve inhospitalier. Un soir, Jésus, sous la forme d’un lépreux lui demande de l’aider pour le faire passer sur l’autre rive. Julien s’exécute et apporte satisfaction à toutes ses réclamations : à manger, à boire, se chauffer, dormir dans son lit. En le réchauffant de son corps, Jésus l’emporte avec lui dans le ciel.

Présentation des personnages

Julien est un garçon qui prend très vite plaisir à tuer. La malédiction du grand cerf noir le force à abandonner ses parents. Il finit par les retrouver et les tuer. Il vit une vie chaste jusqu’à ce que l’empereur lui donne sa fille pour épouse.

Son père et sa mère habitent dans un château situé au milieu des bois. Ils apprennent tous deux que leur fils va devenir un grand homme, mais ils décident de garder l’information secrète. Quand leur fils les abandonne, ils font tout pour le retrouver. Ils vont alors perdre tout leur argent dans cette quête. Ils n’auront pas le temps de l’embrasser une dernière fois puisque Julien les tuera.

Sa femme est la fille de L’Empereur. Ce dernier lui donne sa main pour le remercier de l’avoir libéré du Calife. C’est une jolie jeune femme qui possède de grands yeux noir brillant et une taille fine.

Le Lépreux est en réalité Jésus qui finit par emporter Julien dans le ciel.

Analyse de l’oeuvre

Julien abandonne ses parents, ce qui lui permet de rompre avec l’éducation qu’ils lui ont donnée pour vivre une vie plus primitive.
Maudit ! maudit ! maudit ! Un jour, cœur féroce, tu assassineras ton père et ta mère !“, la voix du grand cerf noir le contraint à quitter son univers et à refuser de vouloir céder à la tentation de chasser. “Sa prédiction l’obsédait ; il se débattait contre elle. Non ! Non ! Non ! Je ne veux pas les tuer”. Malgré la tentation, il fait tout pour y résister et abandonne définitivement sa famille. Dès lors, il commence une autre vie en rejetant cette malédiction qu’il ne veut absolument pas voir se réaliser.

Julien fuit sa destinée, il y connaît “la faim, la soif, les fièvres et la vermine”. Toutefois, à chaque bataille qu’il mène, il en ressort toujours victorieux et en vie : “Plus de vingt fois, on le crut mort. Grâce à la faveur divine, il en réchappa toujours”. Même si l’auteur précise que cette “Grâce” est sans doute liée au fait qu’il protège “ les gens d’Église, les orphelins, les veuves, et principalement les vieillards”, nous pouvons nous demander, en connaissant la fin tragique de cette histoire, s’il n’est pas sauvé pour accomplir la malédiction qu’il tente de fuir. Son amour pour la princesse est une étape cruciale dans son parcours puisqu’il est “ébloui d’amour”. Il finit par ne plus penser à sa “destinée”, pensant que ses parents ont peut-être déjà dû mourir depuis le temps. Le destin tragique de ce héros flaubertien rappelle le mythe d’Oedipe qui finit par tuer son père et sa mère. Tous deux ne peuvent échapper à leur destin.

Troisième conte : Hérodias

Résumé détaillé

Chapitre 1

Le tétrarque Hérode Antipas regarde les villes alentour, accoudé à une balustrade dans sa citadelle de Machærous. En ayant répudié sa fille pour s’unir à Hérodias, une de ses nièces, le roi des Arabes a pris les armes contre lui. Antipas attend le renfort des Romains.
Pour avoir voulu qu’il répudie publiquement Hérodias, car cette relation est incestueuse, Iaokanann (ou Jean-Baptiste) a été emprisonné dans son cachot. Un Essénien se présente à la citadelle, il s’agit de Phanuel. Ce dernier explique à Antipas qu’en opprimant Iaokanann, il s’en prend à un des fils envoyés par le Très-Haut et qu’il pourrait être châtié pour cela. Il demande à ce qu’Iaokanann soit libéré. En échange, les Esséniens seront soumis au roi. Bien qu’il soit tenté de le libérer, il s’abstient en pensant à sa femme, Hérodias qui s’opposerait à cette idée. On lui fait part que Vitellius arrive.

Chapitre 2

Vitellius entre dans le palais et demande à visiter les souterrains de la citadelle. Il y voit des munitions d’arme pour au moins quarante mille soldats ainsi que des centaines de chevaux. Il demande à ce qu’on réalise le bilan des biens d’Antipas. Croyant avoir trouvé le trésor du roi Hérode, il demande à ce qu’on ouvre la fosse libérant alors Iaokanann qui maudit une nouvelle fois Antipas pour sa relation incestueuse. Pour être sûr qu’il ne s’échappe pas, Vitellius fait poster des sentinelles devant le cachot. Antipas est rassuré de voir que le sort de Iaokanann appartient désormais aux Romains.

Chapitre 3

Tout le monde rejoint la salle du festin pour manger et fêter l’anniversaire d’Antipas. Certains se mettent à faire des hypothèses sur l’identité du captif. Certains viennent à penser qu’il s’agit du Messie. Pendant que le vin coule à flots, une jeune fille entre et se met à danser. Antipas est troublé par cette fille qui lui fait penser à sa femme, Hérodias, lorsqu’elle était jeune. Tous les convives ne regardent que cette jeune et belle danseuse. Chacun réalise des éloges sur elle. Vitellius la compare “à Mnester, le pantomime“. En l’invitant à venir près de lui, Antipas lui dit être prêt à lui offrir tout ce qu’elle souhaite. Cette dernière souhaite la tête de Iaokanann sur un plateau. Mannaëi, le bourreau, est réticent, mais Antipas l’oblige à lui couper la tête.
Mannaëi revient avec la tête de Iaokanann et la jeune fille dévoile son identité : elle s’appelle Salomé et c’est la fille d’Hérodias. Cette dernière est arrivée de Rome le jour même et elle a été manipulée par sa mère. En voyant la tête de Iaokanann, Antipas pleure.

Présentation des personnages principaux

Hérode Antipas est né en 21 av. J-C. C’est le tétrarque et il possède la citadelle de Machærous. Ce chef romain détient un palmarès impressionnant de victoires militaires. Il a une cinquantaine d’années et possède des cheveux bouclés blanc ainsi qu’une barbe longue et frisée grisonnante. Il a le front labouré de rides. Il a répudié la fille du Roi des Arabes pour épouser Hérodias, une de ses nièces. Il ne sait pas ce qu’il doit faire d’Iaokanann. Très sensible aux charmes féminins, il se laisse piéger par sa femme, Hérodias, qui envoie Salomé pour obtenir ce qu’elle souhaite : la tête de Iaokanann.

Hérodias est à la fois la nièce, mais également l’épouse d’Hérode Antipas. Cette femme d’une quarante d’années. Elle a les traits fatigués par la crainte d’être répudiée par son mari. Cela nuirait à ses ambitions de pouvoir. Elle finit par manipuler sa fille, Salomé, pour tuer Iaokanann. C’est une très belle femme qui sait user de ses talents de comédienne afin d’obtenir ce qu’elle souhaite. Avant d’épouser Antipas, elle était mariée au frère d’Antipas qui était également son père. À l’instar des reines d’Egypte ou d’Orient, Hérodias sait manipuler les hommes pour son propre intérêt.

Lucius Vitellius est le gouverneur de Syrie, c’est également le supérieur direct d’Antipas. Il a le visage d’”aspect rigide” ainsi qu’une “mâchoire de chacal”. On ne sait pas exactement s’il est là pour ou contre Antipas. Toutefois, il méprise le tétrarque jugeant que sa morale n’est pas assez droite.

Mannaeï est le bourreau d’Hérode Antipas. C’est un homme imposant et vieux dont le corps a “la souplesse d’un singe”, et sa figure “l’impassibilité d’une momie”. C’est lui qui s’occupe de décapiter la tête de Iaokanann.

Salomé est une jeune femme fine et souple dont les particularités font penser aux danseuses égyptiennes (Kushuk-Hanem ou Azizh). Manipulée par sa mère, Hérodias, elle arrive à obtenir la tête de Iaokanann sur un plateau. Ce personnage trouve sa source dans la bible. En effet, Salomé était une femme dont la beauté envoûtante faisait l’objet de nombreux fantasmes.

Analyse de l’œuvre

Dans son récit, Gustave Flaubert nous exprime la peur qu’éprouvent les hommes devant le pouvoir de la séduction des femmes. Il est dans la même thématique que Une nuit de Cléopâtre de Théophile Gautier. Hérodias et Salomé incarnent ses créatures viles et manipulatrices qui sont capables d’avoir ce qu’elles souhaitent en usant de leurs charmes. Hérodias n’est pas amoureuse d’Antipas, elle n’aime que le pouvoir qu’elle détient grâce à son union avec son oncle. Et pour conserver cette union, et donc son pouvoir, elle est prête à utiliser sa fille pour manipuler son mari et tuer Iaokanann.
Lorsque les convives partent et qu’Antipas demeure seul en pleurant : “”Les flambeaux s’éteignaient. Les convives partirent, et il ne resta plus dans la salle qu’Antipas, les mains contre ses tempes, et regardant toujours la tête coupée“. Nous comprenons qu’il ne pleure pas cet homme décapité. Il pleure, car il s’est fait avoir. Cet homme est faible devant le pouvoir de séduction féminine. On apprend qu’il est passé d’un valeureux soldat romain à un homme qui a choisi d’épouser Hérodias, sa nièce, en répudiant la fille du roi des Arabes. Sa passion aveugle et la manipulation de sa femme l’entraîne progressivement vers des représailles où il attend des soutiens extérieurs. Vitellius considère qu’il n’a plus une morale assez droite.

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