Littérature

Olivier Bourdeaut, En attendant Bojangles : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés
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Résumé du roman En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut

Olivier Bourdeaut est un écrivain français né en 1980. Il a un parcours peu scolaire, ce qui est atypique pour un auteur. Il a connu le succès avec son premier roman publié : En attendant Bojangles.

Le titre En attendant Bojangles est un hommage à la chanteuse Nina Simone et surtout à une de ses chansons, “Mr Bojangles”. Dans le roman les deux personnages adultes principaux écoutent et dansent sur cette musique.
Cette chanson raconte l’histoire d’un homme danseur de claquettes qui se fait passer pour Mr Bojangles pour échapper à la police. Il danse malgré son enfermement en prison, en créant un univers à lui.

Le roman raconte l’histoire d’un couple, amoureux fou, et de leur enfant.
L’histoire est contée du point de vue de l’enfant ou de son père, selon les parties. Le récit est principalement celui du fils mais les chapitres 2, 4, 8, 11 sont écrits du point de vue du père.

Le principal narrateur est l’enfant unique du couple qui assiste à des fêtes quasi permanentes où la fantaisie et l’anticonformisme sont aux premières loges.
L’amour est au cœur de leur vie, aussi bien par la passion entre les adultes que pour leur amour commun pour leur fils.
L’esprit de fête est de mise et toute contrainte ennuyeuse est contournée, voire fuie. Ainsi par exemple, le couple boit du champagne, danse, s’amuse et refuse d’ouvrir le courrier, lien avec un univers extérieur d’un ennui mortel.
Ils veulent vivre leurs vies au rythme de la très belle chanson de Nina Simone “Mr Bojangles” et faire de leurs existences une fête permanente, loin des lourdes contraintes pragmatiques.

Ils souhaitent que leur quotidien rime avec fête, joie et insouciance.

Le personnage principal du roman est la mère. Elle est décrite comme une belle femme, drôle, solaire et très fantasque. Elle ne supporte pas la routine et cherche à profiter de l’existence en empruntant tous les chemins de traverse possibles. L’auteur joue avec l’expression “construire / acheter un château en Espagne” qui illustre la quête de quelque chose d’impossible ou d’irréalisable en conduisant l’histoire, à un moment tragique, autour de la volonté / nécessité, de quitter la France pour aller vivre dans un château en Espagne.
Le père se met en quête de ce château et les trois personnages principaux partent vivre, réellement en Espagne, dans un château.

La famille vit au rythme des fantaisies du couple, surtout de la mère, de ses désirs et de la peine que se donne le père, très amoureux de cette femme à part pour leur offrir une vie hors normes.

Très vite dans l’histoire le petit garçon ne va plus à l’école. Assistant aux fêtes nocturnes données par ses parents, il ne peut être à l’heure le matin à l’école. Les mensonges et justifications loufoques ne suffisent pas à couvrir et dédouaner ces décalages incessants.

Petit à petit, le lecteur comprend que cette fantaisie loufoque cache un mal profond. L’univers fait de fêtes, de paillettes et de champagne cachent une triste réalité.
Le revirement se fait autour de l’épisode de l’incendie de l’appartement par la mère. Celle-ci met le feu volontairement à leur logement, pour échapper aux demandes de documents du service des impôts. Cet acte est l’action qui déclenche la révélation du trouble psychologique dont elle souffre.
Le diagnostic tombe et le personnage attachant, empli de fantaisie et de joie de vivre penche vers son autre versant, lui sombre et terriblement triste. La bipolarité est comme officialisée.
La maladie et l’hôpital psychiatrique entrent alors dans la vie de cette famille.

La mère est internée. Le petit garçon raconte l’arrivée de sa mère dans ce lieu, la manière dont le père lui présente la situation et sa rencontre avec divers personnages de l’hôpital. À travers sa vision naïve, d’enfant, l’univers construit par son père afin de dédramatiser et le souffle de vie unique de cette famille, le récit est truffé de malades hors normes auquel le petit garçon s’attache, comme Sven ou Yaourt. Chaque personnage, dans cet univers difficile a un rôle où le comique et la tendresse sont au premier plan.

La mère devient le centre de fêtes mémorables, même dans cet hôpital. Cependant, elle ne supporte pas d’y être enfermée et demande à son mari d’organiser sa fugue.

Le père, aidé de son fils, qu’il fait fumer et boire avant de partir pour cet enlèvement rocambolesque, à l’image d’un kidnapping digne d’un véritable film, volent à son secours et la soustraient à cet univers peu en accord avec leur manière de concevoir la folie sur terre.
Ils fuient le territoire et partent vivre en Espagne. Néanmoins, malgré ce changement d’univers et leur fuite physique, le mal qui ronge la mère est toujours présent. La dépression et ses affres prennent le pas sur la vie de fête rêvée. Même si le père et le fils s’évertuent à nier la réalité, cherchent par tout moyen à contrer la maladie, celle-ci est présente. Ils accompagnent de leur mieux la chute de la mère mais elle est inexorable. La maladie prend le dessus.

La dépression conduit la mère au suicide. Le père, pourtant passionnément attaché à son fils, ne peut survivre à la disparition de son épouse et la suit dans ce terrible geste, ne pouvant vivre sans elle.

Le livre finit par une mise en abyme (procédé littéraire qui consiste à représenter une œuvre dans une œuvre similaire, ici, un livre dans un livre). Le fils raconte qu’il trouve un carnet de son père dans lequel il a écrit leur vie de famille. Il décide alors de le publier en lui donnant comme titre En attendant Bojangles.
Il fait comme un clin d’œil au lecteur finissant le livre en écrivant qu’ainsi, autour de lui, aussi bien dans les transports en commun, que chez eux, les lecteurs peuvent lire les aventures de sa famille.

Présentation des personnages

Les personnages principaux

Le fils

C’est un des deux narrateurs de l’histoire, l’autre est le père. Il est l’enfant des deux adultes principaux de l’histoire. Véritable fruit de leur amour, il est porté par l’amour de ses parents, tout en les aimant lui aussi profondément. Il ne va pas à l’école et vit au gré des excentricités de ses parents hors normes. Il fait entrer le lecteur dans son univers bercé de folies avec son regard et sa naïveté d’enfant.

Le père, Georges

C’est l’autre narrateur de l’histoire, père du premier. Il est amoureux fou de sa femme et très proche de son fils.
Personnage fantasque, il raconte à son fils qu’il était autrefois chasseur de mouches au harpon. Il aime mentir pour enjoliver la réalité et raconter des histoires invraisemblables.

La mère

On ne connait pas son prénom, car son mari l’appelle tous les jours par un prénom différent. Elle est mère et épouse des deux autres personnages. Elle a une personnalité hors du commun, caractérisée par son aversion pour le conformisme, qui se révèle au cours du roman être liée à une véritable folie.
En référence à la chanson “Mr Bojangles”, elle est par métaphore emprisonnée par sa folie. Son moyen d’y échapper est de danser, rire, inventer des mensonges pour échapper à la réalité.

Mademoiselle Superfétatoire

Cet autre membre de la famille n’est autre qu’une grue, curieux oiseau / animal de compagnie de Numidie. Elle doit son nom à son inutilité, sa fonction étant seulement décorative. Elle est à l’image de cette famille loufoque et décalée.

Des personnages secondaires

Le sénateur, appelé amicalement l’Ordure

Meilleur ami du couple, il vient très souvent aux réceptions qu’ils organisent. Il demande systématiquement un cocktail à base de vodka de citron vert, Caïpirowska. Le petit garçon croit qu’il s’agit du nom de sa petite amie, russe.

Les malades

  • Sven : C’est un malade de l’hôpital psychiatrique où la mère est internée un temps. Il parle dans sa tête des dizaines de langues.
  • Bulle d’air : Elle ne parle plus. Elle est peut-être une ancienne criminelle.
  • Yaourt : Il doit son surnom au fait qu’il semble “déborder” de toutes parts. Il fait de grands discours.

Analyse de l’œuvre

Une manière apparemment légère d’aborder les troubles psychologiques

L’auteur choisit d’aborder la maladie mentale sous un angle original. Il commence son récit en emmenant le lecteur au sein de cette famille iconoclaste, en insistant sur son originalité sans évoquer la moindre pathologie. On s’attache aux personnages, on partage leur mode de vie, on s’en étonne mais on est heureux avec eux, on ne comprend pas tout de suite le caractère pathologique de la situation.
Ce n’est que petit à petit que le comportement de la mère, par ses excès sème le doute sur la solidité de sa santé mentale. Le fait que le récit soit au début surtout retranscrit par les yeux d’enfant éloigne tout jugement, même psychologique.
Le doute semé progressivement se voit définitivement levé par la scène de l’incendie.

Le choix de légèreté du début de récit n’enlève pas le tragique de la situation, une fois révélée.

L’auteur arrive à mêler des tranches de vie alternant euphorie, fêtes et bonheur à celles tragiques où les troubles mentaux de la mère vont jusqu’à la détruire, elle et toute leur cellule familiale.

Malgré la joie qui baigne les débuts du récit, Olivier Bourdeaut pousse les affres de la maladie mentale jusqu’aux pires conséquences, à la fois pour le personnage atteint par la maladie que pour le père, qui se suicide également, et pour le fils, qui reste alors orphelin. Aucun membre n’est épargné. La lumière du début s’oppose à la noirceur finale, sans ménagement.

Le thème du mensonge

Le mensonge a une place centrale dans le roman, mêlé à celui de la folie. Cependant, il n’est pas seulement justifié par la folie mais par le fait de vouloir échapper à la réalité, de vouloir vivre autrement, de ne pas vouloir faire de peine, pour faire rire… Il a de multiples raisons. La réflexion sous-jacente est de réfléchir au fait que le mensonge soit parfois préférable à une triste réalité.

Le père ment à son fils jusqu’au dernier épisode, souhaitant cacher le suicide à son fils, même si le fils n’est pas dupe sur le fait qu’on “ne mangeait pas une boîte entière de somnifères pour dormir alors qu’on vient de se réveiller”.

Le thème de l’anticonformisme

L’auteur joue avec le regard réprobateur de la société sur cette famille aux mœurs originales. Si elle est souvent critiquée, par la maitresse d’école par exemple, il ponctue inversement son roman de remarques de la famille égratignant des habitudes de la société. À titre d’exemple, la télévision de la maison, que personne ne regarde est ornée d’un bonnet d’âne pour la punir de ses mauvaises programmations. Il dénonce également l’absurdité du bronzage de masse aux mêmes lieux et mêmes périodes.

Un écho à Boris Vian

Certains passages, une certaine folie dans les descriptions et les personnages conduisent à faire un parallèle avec l’univers de Boris Vian, notamment avec L’écume des jours qui met aussi en scène la maladie du personnage féminin principal.
Ainsi la maladie du personnage, la passion du couple, l’univers enfantin, des expressions imagées, la volonté d’un univers joyeux malgré la maladie, font écho à cette référence. Cependant dans En attendant Bojangles, l’univers entourant la famille est le monde réel. La fantaisie est seulement liée aux personnalités des personnages et à leur volonté de se détacher du monde réel et ennuyeux en créant leur propre univers.

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