Littérature

Emile Zola, La Fortune des Rougon : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés
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La Fortune des Rougon, publié à l’origine en 1871, est le premier livre de la série des Rougon-Macquart d’Emile Zola. Il contient de nombreuses informations sur le contexte de nombreux personnages qui apparaissent dans les romans suivants. Malgré cela, il n’est pas indispensable de le lire en premier.

Le roman se déroule dans la ville fictive de Plassans, qui sert de cadre à plusieurs des premiers romans de la série. En dehors de l’histoire familiale, l’intrigue principale porte sur le coup d’État de Louis-Napoléon en décembre 1851 et ses conséquences sur la petite ville de Plassans. Louis-Napoléon a été élu président de la France en 1848 à la suite de la révolution qui a mis fin à la monarchie. Cela crée un triple clivage dans les allégeances de la population de Plassans ainsi que dans la France entière. Très vaguement, l’aristocratie soutient la monarchie, la bourgeoisie soutient l’Empire et les ouvriers soutiennent la République.

Résumé chapitre par chapitre du roman La Fortune des Rougon d’Emile Zola

Sept chapitres constituent cette œuvre.

Chapitre 1

L’action se déroule à Plassans, dans le sud de la France, en décembre 1851. Un terrain vague, qui était autrefois un cimetière, appelé Aire Saint-Mittre, attire les enfants, les gitans, les amoureux, etc.

Un homme arrive de nuit au bord de l’Aire Saint-Mittre avec un fusil. Il cache le fusil et s’assied sur une pierre tombale renversée. Une fille arrive. Ils sont de jeunes amants, il est Silvère et elle est Miette. Il a l’intention de partir pour rejoindre les républicains. Ils se promènent au clair de lune, enveloppés ensemble dans le manteau brun de Miette. Ils marchent jusqu’à la limite de la ville où ils entendent des bruits sourds qui s’amplifient. C’est le bruit d’une armée en marche qui chante la Marseillaise ; ils marchent vers Plassans. Au passage, Silvère est ému. Silvère et Miette courent vers Plassans par un raccourci mais arrivent en même temps que l’armée. Les hommes à la tête de l’armée taquinent vicieusement Miette au sujet de son père qui a été reconnu coupable de meurtre. Miette ne s’offusque que lorsqu’on le traite aussi de voleur. Les autres la soutiennent et elle est touchée par les mots gentils qui sont maintenant dits sur son père. Elle reprend la bannière et retourne sa cape pour montrer la doublure rouge intérieure. Elle apparaît aux yeux des autres comme Liberty et ils sont enthousiasmés. Silvère s’enfuit pour aller chercher son arme.

Chapitre 2

Plassans est divisé en trois groupes : les nobles, les bourgeois et les ouvriers. Les nobles restent cachés dans leurs hôtels.

Les Foques étaient une famille de maraîchers avant la révolution. Adélaïde Foque (née en 1768) devient orpheline à dix-huit ans. Elle est bizarre et l’on dit qu’elle est folle. Elle a épousé un jeune jardinier, Rougon, qui était grossier et vulgaire. Après un an, ils ont eu un fils, Pierre Rougon (1787-1870). Rougon meurt après quinze mois de mariage et Adélaïde prend un amant, Macquart, qui est un ivrogne et disparaît souvent pendant de longues périodes. Elle a eu deux enfants de lui : Antoine Macquart (1789-1873) et Ursule Macquart (1791-1840). Ils vivent ensemble en toute liberté.

Ils se roulent dans les potagers, passent leurs journées en plein air à jouer et à se battre comme des petits diables.

Adélaïde a des crises. Un jardinier habile s’occupait de leurs terres ; il les volait sans vergogne.

A dix-sept ans, Pierre en vint à considérer la maison et la fortune comme légitimement siennes. Il est dégoûté par les frasques de sa famille et les vols du jardinier. Adélaïde craint de plus en plus Pierre et lui est de plus en plus soumise. Pierre essaie d’utiliser cette situation à son avantage. Il prend en charge les finances de la maison et licencie le jardinier. Antoine est enrôlé dans l’armée et Pierre refuse de le racheter pour le libérer de cette obligation. Ursule épouse un chapelier du nom de Mouret et s’installe à Marseille. Mouret refuse toute dot. Pierre soupçonne un piège.

Pierre veut maintenant se débarrasser d’Adélaïde, mais il aurait préféré qu’elle parte de son plein gré. La nouvelle leur parvient que Macquart a été tué en Suisse alors qu’il faisait de la contrebande de montres. Adélaïde s’installe dans sa cabane, laissant Pierre en charge de la maison. Il souhaite maintenant vendre la terre et épouser la fille d’un marchand. Son attention se porte sur Félicité Puesch, la fille d’un négociant en huile d’olive qui est au bord de la faillite. Leur mariage est accepté. Il s’intéresse à la vente des terres, mais elles appartiennent légalement à sa mère et Antoine et Ursule ont encore des droits. Il réussit à convaincre sa mère de vendre la terre pour cinquante mille francs avec la promesse d’une rente de six cents francs.

Félicité et Pierre participent à la gestion de l’entreprise familiale. Après trois ans, Puesch et Lacamp se retirent, laissant l’entreprise aux mains du jeune couple. Les années suivantes ont été désastreuses sur le plan financier et l’entreprise a frôlé la liquidation à plusieurs reprises. Félicité rêvait d’être riche. Trente ans plus tard, son père meurt ; elle s’attend à recevoir un héritage mais il a placé son argent dans une rente viagère. Pierre a pris du poids, est devenu paresseux et leur entreprise se porte mal.

Félicité donne naissance à trois garçons et deux filles : Eugène Rougon (b.1811) (Son Excellence Eugène Rougon) ; Pascal Rougon (1813-1873) (Docteur Pascal) ; Aristide Rougon (Saccard) (b. 1815) (Le meurtre et l’argent) ; Sidonie Rougon (b. 1818) (Le meurtre) mère d’Angélique Rougon (Le rêve) ; Marthe Rougon (1820-1864, La conquête de Plassans).

Félicité a renoncé à faire fortune elle-même et met désormais tous ses efforts dans l’avenir de ses fils. Elle envoie les trois garçons à l’école principale de la ville qui grève le budget de la famille. Deux d’entre eux étudient le droit, l’autre la médecine. Ils se plaignent d’avoir été éduqués au-dessus de leur condition.

Au début de l’année 1848, Eugène a presque quarante ans, il est corpulent, lent, languissant, mais il méprise les ambitions et les fortunes modestes. Son cœur n’était pas dans son cabinet d’avocat. Il se tourne vers Paris pour trouver sa fortune. En janvier, il s’installe à Paris, sentant que quelque chose va se passer.

Aristide est rusé et a le goût des petites intrigues. Il est sans scrupules et veut s’enrichir rapidement. Il est le fils préféré de Félicité. Il vit aux crochets de ses parents à son retour de Paris. Il épouse Angèle, fille du commandant Sicardot. Il a prêté la dot à Pierre et s’en est servi pour maintenir Pierre dans sa dette pendant quatre ans. Lorsque Pierre a remboursé sa dette, Aristide et sa famille ont déménagé. Aristide et Angèle ont eu un fils, Maxime (né en 1840, Le Tueur).

Pascal était le mouton noir de la famille. Il s’installe comme médecin à Plassans après ses études et apprécie la vie de province. Il étudie l’histoire naturelle à ses heures perdues. Il a peu de patients mais seuls les pauvres vont le voir. Il n’est pas marié et n’est pas au courant des événements qui se préparent à Paris.

Pierre et Félicité se retirent en 1845 avec quarante mille francs. Ils louent un appartement de trois pièces. Ils rêvent toujours d’être riches. Pierre avait pris du galon et avait l’air riche.

La Révolution de 1848 trouve tous les Rougon aux aguets, frustrés de leur malchance, prêts à utiliser tous les moyens nécessaires pour faire avancer leur cause. C’est une famille de bandits à l’affût, prête à piller et à voler.

Chapitre 3

Plassans est essentiellement conservatrice et peu de gens prédisent la venue de l’Empire de Louis-Napoléon. Le marquis de Carnavant, qui fréquente les Rougon, est un fervent partisan du royalisme. Les réunions réactionnaires commencent à avoir lieu aux Rougon. Parmi les personnes qui se présentent aux réunions, on trouve M. Isidore Granoux, marchand d’amandes, M. de Roudier, riche propriétaire terrien qui peut parler pendant des heures, le commandant Sicardot, beau-père d’Aristide, qui a une personnalité dominante, M. Vuillet, libraire et producteur d’un journal bihebdomadaire. Rougon devient le chef public du groupe.

En avril 1849, Eugène quitte Paris pour rendre visite à son père pendant deux semaines. Il assiste aux réunions mais n’y participe pas, même s’il parle souvent à Sicardot. Vuillet se méfie de sa présence. Aristide soutient les républicains car il pense qu’ils vont gagner, il écrit dans un journal démocratique des critiques sur les réactionnaires de la ville, ce qui lui vaut l’approbation du groupe de Rougon. Après sa rencontre avec Eugène, il n’est plus aussi sûr de la victoire et revient sur son soutien aux républicains.

Avant de partir pour Paris le 1er mai, Eugène a eu une longue conversation avec son père. Ils semblent avoir un plan mais ne divulguent rien à Félicité. Pierre finit par lui révéler leur projet de faire de lui le receveur des impôts.

Le groupe apprend que Louis-Napoléon envoie des troupes à Rome pour étouffer la République récemment créée. Le 10 décembre, Louis-Napoléon est élu président. Le groupe le soutient largement, en particulier Pierre. L’année suivante, le groupe des Rougon a gagné en popularité, car les gens se lassent de la République. Le Marquis sent qu’un coup d’état est désormais inévitable. Il en parle à Félicité qui s’en rend compte également.

Nous sommes au début du mois de janvier 1851. Félicité réussit à obtenir une clé de Pierre et lit les lettres qu’il a reçues d’Eugène. Il ressort de ces lettres qu’Eugène travaille pour la cause de Louis-Bonarparte. Elle ne dit rien à Pierre et s’inquiète du soutien d’Aristide à la République. Elle réussit même à faire participer Pascal à certaines réunions.

A la fin du mois de novembre, le coup d’Etat devient plus probable car Louis-Napoléon est accusé de vouloir devenir empereur. Les Rougon sont désormais tous du côté de l’Empire et Sicardot prépare des armes. Le 1er décembre, une lettre d’Eugène indique que le moment est venu et que Pierre doit tout dire à Félicité. Mais Pierre ne lui en parle pas.

Le 3 décembre, la nouvelle est annoncée officiellement. Le maire et le clergé se prononcent en faveur de l’Empire qui s’oppose à leur ennemi, les républicains. Le sous-préfet démocrate démissionne et quitte Plassans. Aristide écrit un article attaquant le coup d’État mais il rend visite aux Rougon, intrigué par ce qu’ils complotent. Il entend le marquis et Félicité discuter des événements récents. Comprenant que le coup d’État allait réussir, il court au bureau du journal et empêche l’impression de son article. Aristide doit maintenant attendre de voir qui sortira vainqueur.

Les jours suivants, des révoltes ont lieu dans les villes environnantes. Alors que le groupe de Rougon se réunit, la nouvelle leur parvient que des insurgés sont en route. Beaucoup partent se cacher, le commandant part rejoindre ses hommes. Félicité met en scène une scène où elle tente d’empêcher Pierre de partir. Il a été convenu que Pierre resterait derrière, armé avec cinquante hommes. Après le départ du commandant, les autres décident de faire profil bas jusqu’à ce que tout soit terminé. Pierre est allé chez sa mère pour faire profil bas.

Chapitre 4

Antoine Macquart (demi-frère de Pierre) s’installa à Plassans après la chute de Napoléon. Il était oisif et alcoolique et méprisait tous ceux qui travaillaient pour gagner leur vie. Il était furieux quand il a découvert que Pierre avait pris son héritage. Il a parcouru la ville en racontant aux gens comment son frère l’avait dépouillé de son argent. Il traîne à l’extérieur de la boutique de Pierre en étant une nuisance. Félicité finit par l’inviter à discuter et il finit par se contenter de deux cents francs, d’un nouvel ensemble de vêtements et d’un appartement payé pour un an. Il a vite fait de boire jusqu’à épuisement de l’argent et ne peut plus obtenir d’argent des Rougon.

Antoine apprend à tresser des paniers et des corbeilles pour gagner un peu d’argent. Au bout de dix ans, il en a assez de travailler. Il épouse Joséphine Gauvadin (dite Fine) qui travaille au marché. Elle travaillait sans relâche, tandis que lui passait son temps à paresser. Quand ils buvaient, ils se battaient. Ils ont trois enfants : Lisa Maquart (1827-1863, Le Ventre de Paris) ; Gervaise Macquart (1828-1869, L’Assommoir) et Jean Macquart (né en 1831, La Terre et la Débâcle). Gervaise a été conçue alors qu’ils étaient ivres ; elle était grande et maigre et boitait. Jean était ennuyeux mais aimait étudier. Lisa travaillait comme servante et s’est installée à Paris en 1839 avec son employeur. Dès que Gervaise et Jean gagnent de l’argent, Antoine n’a aucun scrupule à vivre à leurs crochets ainsi qu’à ceux de Fine. Gervaise et Fine boivent de l’anisette ensemble quand Antoine n’est pas là.

Antoine a soutenu la République comme un moyen de se venger de la société et des Rougon. Une fois que les Rougon ont essayé d’établir leur position parmi les réactionnaires, Antoine a été une source d’embarras pour eux. Antoine, bien sûr, aimait leur causer de l’embarras. Il menace même de publier l’histoire de Pierre qui a volé sa mère.

Antoine tente de trouver des complices dans ses attaques contre les Rougon. Aristide se méfie de lui. Pendant ce temps, sa sœur Ursule et son mari Mouret sont heureux dans leur entreprise. Ursule meurt en 1839 et Mouret se suicidera plus tard. De leurs enfants, François (1817-1864, conquête de Plassans) est employé par Pierre et il épouse la fille de Pierre, Marthe (1820-1864, conquête de Plassans). Silvère a été recueilli par Adélaïde (Tant Dide). Antoine essaie de faire plier Silvère à sa façon de penser. Silvère et Tant Dide s’appréciaient beaucoup mais étaient un peu distants. Il veillait sur elle lorsqu’elle avait une de ses crises. Silvère était sérieux et largement autodidacte, il est devenu l’apprenti d’un charron. Il lit Rousseau et se considère comme un républicain. Antoine et Silvére se rencontraient pour parler politique et Antoine essayait de le monter contre les Rougon.

Au début de 1850, Fine meurt. Antoine vend de nombreux objets de la maison pour trouver de l’argent, puis se tourne vers les gains des enfants. Un mois plus tard, Gervaise s’enfuit à Paris avec Lantier et ses deux enfants, Jean suit bientôt. Il se remet à fabriquer ses paniers sans enthousiasme.

Lorsque les soulèvements ont commencé dans les villes voisines après le coup d’État, Antoine a vu sa chance. Il rejoint un groupe sur la place principale de Plassans et les persuade d’aller chez les Rougon, ennemis de la République. Ils ne trouvent pas Pierre, qui est parti (voir fin du chapitre 3). Le groupe principal de l’autre ville est entré dans Plassans à 11 heures et a marché jusqu’à la place principale. Ils affrontent le maire et le commandant mais les maîtrisent rapidement.

Silvère est impliqué dans une bagarre avec un gendarme (Rengade) qui se moque de Miette. Silvère croit avoir tué le gendarme et se réfugie chez lui, sans remarquer la présence de Pierre. Pierre a essayé d’empêcher Silvère de partir, mais Silvère l’a repoussé pour retourner auprès de Miette et des autres insurgés. Alors que les insurgés se préparent à quitter la ville, Antoine les persuade de lui laisser vingt hommes avec lesquels il pourra tenter de contrôler Plassans.

Chapitre 5

Les insurgés quittent Plassans pour Orchères. Au lever du jour, Miette est épuisée. Silvère la convainc de passer la bannière à quelqu’un d’autre et de prendre un raccourci vers Orchères pour qu’ils puissent se reposer. Elles parlent et s’embrassent lorsqu’elles sont seules.

Miette a neuf ans lorsque son père est jugé pour meurtre. Elle a fini par vivre avec sa tante, Eulalie Chantegreil, son mari Rébufat et le cousin de Miette, Justin. Sa tante meurt quand Miette a onze ans. Rébufat la traitait comme une ouvrière agricole. Ils la taquinaient au sujet de son père. Le puits dans la cour de la maison de Tante Dide était relié à la propriété des Foques et pouvait être utilisé des deux côtés. Un jour, la poulie s’est cassée alors que Silvère l’utilisait et lorsqu’il en a construit une nouvelle par la suite, il a dû grimper sur le mur, d’où il a aperçu Miette. Ils ont fini par se parler et apprendre à se connaître. Ils ont commencé à se rencontrer au puits en regardant le reflet de l’autre dans le puits par une ouverture de chaque côté du mur de séparation. Justin a commencé à soupçonner qu’il se passait quelque chose, mais il ne savait pas quoi. Mais ils en avaient assez de ne voir que le reflet de l’autre. Silvère a remarqué la porte que Macquart et Adélaïde avaient fabriquée. Il a donc cherché la clé de cette porte dans sa maison et a fini par la trouver. Le lendemain, il surprend Miette en passant la tête dans l’embrasure de la porte ; ils se tiennent la main et parlent. En se retournant, Silvère a la surprise de voir la tante Dide dans l’embrasure de la porte, elle était venue par hasard au puits à ce moment-là. Cela faisait si longtemps qu’elle n’y était pas allée et il y avait eu tant de changements qu’elle ne reconnaissait pas l’endroit. Elle reconnut alors Silvère et fut bouleversée. Sans parler, elle le prit par la main, le ramena à leur côté et jeta la clé dans le puits.

Ce soir-là, Tante Dide a eu une autre attaque. Ils n’ont plus utilisé la porte mais ont commencé à se réunir à Aire Saint-Mittre où ils ont continué à se réunir pendant deux ans. Ils se promenaient aussi dans la campagne la nuit. Pendant quelque temps, en été, ils se baignaient dans un ruisseau où Silvère apprenait à Miette à nager. Quand leurs promenades les fatiguaient, elles retournaient à l’Aire St-Mittre. Une nuit, Miette découvrit une pierre tombale dont ils ne purent distinguer qu’une partie de l’inscription, qui disait : ” Ci-gît… Marie… morte… “. (Le vrai nom de Miette était Marie).

Silvère et Miette avaient dormi paisiblement. Ils se mettent en route pour Orchères afin de rejoindre les insurgés. Les insurgés sont accueillis à Orchères. Silvère croise le docteur Pascal. Les insurgés apprennent que les événements de Paris ont tourné à l’encontre des républicains. Ils restent deux jours de plus à Orchères avant que la décision de partir ne soit prise. Avant qu’ils ne puissent partir, la nouvelle leur parvient qu’une armée de soldats s’approche. Les combats commencent, certains hommes s’enfuient. Miette est touchée, elle se serre la poitrine et tombe, Silvère reste avec elle. Pascal arrive au moment où Miette rend son dernier soupir, il la déclare morte. Pendant ce temps, les insurgés sont massacrés. Finalement, un gendarme apparaît et entraîne Silvère loin de Miette.

Chapitre 6

À cinq heures du matin, Rougon quitte la maison de sa mère. Il a l’impression que la ville est morte. Il craint d’avoir perdu sa chance. En rentrant chez lui, il aperçoit à la fenêtre la silhouette de sa femme impliquée dans une lutte. La clé de la remise contenant les armes lui est jetée sur le trottoir. Il retrouve Roudier et Granoux. Il apprend d’eux que les insurgés sont partis dans la nuit. Ils rassemblent trente-neuf hommes, récupèrent les armes dans la remise et se rendent à la mairie. Ils trouvent les gardes endormis et entrent. Macquart est dans le bureau du maire et attend le retour des insurgés. Rougon prend d’assaut le bureau, dans la bagarre le fusil de Rougon part et la balle endommage un miroir. Macquart est fait prisonnier. Rougon fait une proclamation à la ville et retourne ensuite auprès de Félicité. C’est l’aube, ils parlent et rêvent de leurs futurs succès. D’autres arrivent et font l’éloge de Rougon. Seul Viuillet manque à l’appel mais il arrive bientôt. Il s’était installé dans le bureau de poste pendant le chaos. Ils racontent les actes héroïques de la milice et le bris du miroir. Rougon part pour se rendre à l’hôtel de ville.

A dix heures, la nouvelle des événements s’est répandue dans Plassans. La nouvelle que Rougon a arrêté son propre frère et que les événements ont été réalisés avec seulement quarante et une personnes est étonnante. Les Rougon sont applaudis comme des citoyens modèles. Félicité aperçoit Aristide et tente de le convaincre de se joindre à eux mais il ne sait toujours pas qui a le dessus. Rougon prend la tête de la mairie, il visite les blessés, dont Rengade. La population croit que les soldats vont arriver pour les sauver, mais le soir venu, elle s’imagine que les insurgés sont en route. Vuillet ne veut pas imprimer un journal soutenant pleinement la position de l’Empire car il ne sait pas comment les événements vont tourner. Comme les rumeurs d’insurgés continuent, Rougon emmène les autres au manoir de Carnavant qui a une vue sur les environs et où ils montent la garde toute la nuit.

Au matin, le moral de tous est bas. Les portes sont fermées à midi. Des rumeurs circulent sur l’échec du coup d’État et Rougon et Félicité commencent à désespérer. Ils se demandent pourquoi Eugène ne leur a pas écrit pour leur donner des nouvelles. Ils voient un exemplaire de la Gazette de Vuillet qui attaque violemment les insurgés et se rendent compte que le matin même, il avait trop peur pour imprimer quoi que ce soit contre eux. Pourquoi ce changement soudain ? Félicité va voir Vuillet à la poste et comme elle le soupçonnait, il a intercepté une lettre d’Eugène annonçant le succès du coup d’état. Félicité passe un accord avec Vuillet, qui n’a pas beaucoup d’ambition, car tout ce qu’il veut, c’est pouvoir approvisionner le collège en livres.

Félicité rentre chez elle avec l’intention de se venger de Pierre pour les lettres. Elle fait semblant de croire que tout est perdu. Pierre entre dans une colère noire et accuse toute sa famille. Il finit par révéler qu’il a reçu des lettres d’Eugène. Rougon a une idée pour reprendre le contrôle.

Le lendemain, Félicité se rend à la mairie pour parler à Macquart. Macquart s’est habitué à vivre dans un cadre luxueux et son enthousiasme pour la République s’émousse. Macquart accepte, moyennant mille francs et la liberté, de conduire les républicains restants dans la ville jusqu’à l’hôtel de ville où ils seront pris dans une embuscade. Rougon retourne à l’hôtel de ville. En ville, la tension est forte. Granoux arrive à la mairie dans la soirée pour soutenir Rougon. Félicité convainc Aristide que la cause des républicains est perdue. Macquart se cache chez sa mère jusqu’au soir. Il rassemble des compagnons républicains et se dirige vers la mairie où ils tombent dans une embuscade. Le bruit réveille la ville et beaucoup de gens pensent que les insurgés sont entrés dans la ville. Granoux sonne le tocsin. Il y a quatre cadavres dans l’hôtel de ville qui sont laissés là pour que la ville les voie au matin. Les habitants sont maintenant reconnaissants à Rougon de les avoir défendus contre une attaque des insurgés. Une armée est arrivée à l’extérieur de la ville sous les ordres du colonel Masson et de M. de Blériot. Masson et Blériot entrent dans la ville pour rassurer la population. Aristide a écrit une édition pro-empire de l’Independent. Blériot félicite publiquement Rougon et Granoux.

Chapitre 7

Le dimanche suivant, les troupes reviennent par Plassans. Elles ont été impliquées dans un récent massacre à Saint-Roure. Une campagne de terreur bat son plein. Eugène écrit que Rougon va recevoir la Légion d’honneur et le séquestre des impôts. Ils décident de fêter cela en invitant d’autres dignitaires à dîner. Rougon se rend chez sa mère où il retrouve Macquart et Pascal. La tante Dide est sur le lit en train de délirer. Macquart se souvient que tante Dide était sortie boire de l’eau-de-vie et qu’elle était revenue en état de choc. Pascal tente d’obtenir de Rougon la libération de Silvère. Il paie Macquart et part pour rentrer chez lui, au dîner. Aristide et Rougon font la paix.

On trinque à la bravoure de Rougon et à sa prochaine décoration. À un moment donné, Félicité demande à Aristide s’il a des nouvelles de Silvère, à la suite de quoi il révèle comment il a été abattu par Rengade : Quand les troupes sont revenues, elles ont commencé à massacrer les républicains à l’Aire Saint-Mittre. Les gens étaient battus et fusillés. Rengade a trouvé Silvère parmi les prisonniers et l’a emmené pour le fusiller. Silvère était encore dans un état second. On l’emmène sur le chemin près de la pierre tombale où il avait l’habitude d’aller avec Miette. Alors qu’il était agenouillé, attendant d’être fusillé, il a vu Justin qui regardait depuis le mur et a cru voir Tante Dide au bout du chemin, face à lui. C’est alors que Rengade l’abat.

Ce soir-là, les Rougon continuent à profiter de leur popularité. Ils portent un toast à l’Empereur et décorent Pierre d’une bande de satin en prévision de sa véritable décoration.

Présentation des personnages

Les principaux personnages sont :

Adélaïde Fouque

Elle est née en 1768, fille d’un riche marchand. Elle a un léger grain de folie mais un sens aigu de l’empathie.

Rougon

Le mari irascible d’Adélaïde Fouque qui est un jardinier.

Macquart

Le rival et ami d’Adelade Fouque.

Pierre Rougon

Fils d’un jardinier et d’Adélade, Rougon est né en 1787.

Antoine Macquart

Fils de Macquart et d’Adelade Fouque, il est né en 1789.

Ursule Mouret

Enfant de Macquart et Adelade Fouque, né en 1791.

Félicité Rougon

Elle a épousé Pierre Rougon et était de descendance Puech.

Joséphine Macquart

Elle est née à Gavaudan et a épousé par la suite Antoine Macquart.

Mouret

Chapelier qui s’est éteint dans les bras d’Ursule Macquart.

Eugène Rougon

Fils de Pierre et Félicité Rougon, né en 1811.

Pascal Rougon

En 1813, Pierre et Félicité Rougon ont leur deuxième enfant.

Aristide Rougon

Le troisième enfant de Pierre et Félicité Rougon est né en 1815.

Sidonie Rougon

En 1818, Pierre et Félicité Rougon accueillent leur seizième enfant.

Marthe Rougon

La fille de Joséphine et Antoine est née en 1827 et est le cinquième enfant de Pierre et Félicité Rougon.

Lisa Macquart

La fille de Antoine et Joséphine Macquart est née en 1827 et est le cinquième enfant de Pierre et Félicité Rougon.

Gervaise Macquart

En 1828, Antoine et Joséphine Macquart ont un deuxième enfant.

Jean Macquart

En 1831, Antoine et Joséphine Macquart ont un troisième enfant.

François Mouret

Fils aîné d’Ursule Macquart et Mouret, né en 1817.

Hélène Mouret

Fille de Ursule Macquart et Chapelier Mouret, née en 1824.

Silvère Mouret

En 1834, Ursule Macquart et le ministre Mouret accueillent leur troisième enfant.

Marie Chantegreil

Elle réagit violemment si son père est accusé d’autre chose que de la mort du policier puisque son père était un braconnier qui a tué le flic alors qu’il jouait avec lui.

Analyse de l’œuvre

L’ascension au pouvoir de Louis-Napoléon Bonaparte est un élément que Zola entend critiquer à travers l’émergence de Pierre et Félicité Rougon : De la même manière que Bonaparte a sauvé la France, Pierre Rougon a protégé les Plassans du chaos. L’idée de l’homme divin, qui pourrait être Napoléon III, est rejetée par Zola.

Il est significatif de noter le contraste des types de personnages entre, d’une part, les manipulateurs immondes et rusés comme Pierre Rougon et Antoine Macquart (recherche de la richesse et du pouvoir pour le premier, vengeance et flatterie pour le second), et, d’autre part, les individus innocents et gentils comme Silvère, Miette et Tante Dide.

Zola brosse un tableau extrêmement émouvant de l’amitié parfaite entre les deux jeunes gens. Au début du roman, alors qu’ils sont tous deux vêtus du manteau de Miette, ils font une promenade romantique sur la route de Nice. D’autres moments séduisants mettent en scène leurs discussions quotidiennes alors qu’ils ne peuvent se voir que dans le reflet de l’eau dans les gouttières.

Le conflit entre l’amour et la mort persiste néanmoins tout au long du récit. Des moments d’émotion profonde sont par exemple provoqués par la mort de Miette, tuée d’une balle dans la tête, et de Silvère, écrasée par les balles des soldats.

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