Littérature

Gilgamesh, L’épopée : résumé, personnages et analyse

Ecrit par Les Résumés

L’épopée de Gilgamesh est considérée comme l’un des premiers récits épiques de l’histoire de l’humanité. Elle relate les aventures de Gilgamesh, roi de la ville d’Uruk, dans sa quête de la vie éternelle. Partons à la découverte de l’une des premières histoires épiques de l’être humain dont l’auteur reste anonyme.

Résumé détaillé tablette par tablette de L’épopée de Gilgamesh

PREMIERE TABLETTE

La création d’Enkidu

L’histoire raconte comment Gilgamesh a immortalisé son récit en le gravant, afin qu’il perdure au fil des siècles. En tant que roi d’Uruk (ou Ourouk), mi-homme, mi-dieu, Gilgamesh agit en tyran. Il est haï par son peuple en raison de sa violence et de sa brutalité. Il pousse ses sujets à se plaindre aux dieux. Ces derniers, craignant que les hommes arrêtent de croire en lui, décident de consulter leur père, le dieu Anou, pour qu’il puisse faire quelque chose. Celui-ci, aimant Gilgamesh, refuse d’intervenir. Les dieux Ea et Arourou créent Enkidu, un homme sauvage aussi puissant que Gilgamesh. Enkidu vit dans la forêt où il libère les bêtes des pièges des chasseurs. Un jour, un chasseur vient retrouver Gilgamesh pour lui annoncer la présence d’Enkidu dans la forêt.

Le stratagème de Gilgamesh

Gilgamesh décide d’envoyer une courtisane sacrée du temple pour séduire Enkidu. La courtisane réussit à le séduire et ils restent ensemble pendant une semaine. Cependant, une fois rassasié, Enkidu réalise que les animaux le fuient. La courtisane lui parle de Gilgamesh. Elle lui fait part des rêves que ce dernier a fait qui, selon sa mère Ninsun, sont des signes annonçant l’arrivée d’un compagnon pour son fils. Enkidu décide d’aller défier Gilgamesh pour montrer qu’il est l’homme le plus fort.

DEUXIÈME TABLETTE

Enkidu abandonne la vie sauvage

Enkidu accompagne la courtisane chez des bergers. Il goûte du pain et de l’alcool pour la première fois. Progressivement, il abandonne sa vie sauvage et se met à s’habiller comme un homme. Il devient le protecteur des bergers contre les bêtes féroces. Un jour, il apprend que Gilgamesh couche avec chaque nouvelle mariée avant leur époux. Enkidu décide de se diriger vers Uruk pour combattre Gilgamesh. Ce dernier s’apprête à coucher avec une nouvelle mariée lorsqu’il est bloqué par Enkidu. Ils luttent longuement.

Une nouvelle amitié

À un moment, Enkidu prend le dessus sur Gilgamesh, ce qui apporte de l’espoir au peuple, mais il finit par le relâcher. En repensant à son rêve, Gilgamesh décide de s’unir avec Enkidu, le peuple se sent alors abandonné par les dieux. Au contact d’Enkidu, Gilgamesh ne tyrannise plus les habitants. Toutefois, Enkidu finit par s’ennuyer. Pour être sûr de garder son ami auprès de lui, Gilgamesh propose à Enkidu d’aller combattre le monstre Houmbaba. Enkidu hésite étant donné qu’il craignait déjà le monstre lorsqu’il était dans la steppe. Gilgamesh jure de le combattre seul si nécessaire et demande la fabrication d’armes. Les anciens d’Uruk désapprouvent le projet de Gilgamesh, mais celui-ci les ignore.

TROISIÈME TABLETTE

Les anciens prodiguent des conseils à Gilgamesh pour son périple, en particulier de laisser Enkidu, qui connaît déjà la région, prendre la tête. Avant de partir, Gilgamesh et Enkidu vont dire au revoir à Ninsoun. Gilgamesh lui demande de prier Shamash, le dieu du soleil, pour lui durant son absence. Ninsoun invoque les dieux et interroge le dieu Shamash sur la raison pour laquelle il a doté Gilgamesh d’un cœur qui le poussera constamment vers des aventures insensées. Considérant Enkidu comme un autre fils, elle lui demande de veiller sur Gilgamesh.

QUATRIÈME TABLETTE

En seulement trois jours, Gilgamesh et Enkidu avancent à grands pas à travers la dense forêt de cèdres. Chaque soir, Gilgamesh implore le dieu Shamash de lui accorder un rêve prémonitoire, que son compagnon Enkidu interprète. Le premier rêve leur promet la victoire sur leur ennemi Houmbaba, le second leur assure le soutien divin, mais le troisième est un cauchemar terrifiant que même Enkidu ne peut interpréter.
Après avoir finalement atteint le repaire de Houmbaba, les deux héros se préparent à l’affronter. Enkidu perd sa force, mais Gilgamesh le revigore.

CINQUIÈME TABLETTE

Gilgamesh frappe un cèdre avec sa hache, ce qui fait réagir Houmbaba qui arrive en rugissant. Shamash déclenche un ouragan qui aveugle le géant. Gilgamesh et Enkidu attaquent le monstre avec leur hache et leur glaive. Ensemble, les deux amis parviennent à vaincre le géant.

SIXIÈME TABLETTE

La vengeance d’Ishtar

Couverts de gloire, les deux héros reviennent à Uruk. La déesse de l’amour, Ishtar, annonce à Gilgamesh qu’elle compte l’épouser. Cependant, sachant que ses précédents amants ont tous subi des tourments, Gilgamesh décline son offre, refusant d’être sa prochaine victime. Furieuse, Ishtar promet de se venger. Elle se rend chez son père, Anou, le dieu suprême. Bien qu’il soit réticent à la demande de sa fille, Anou finit par céder après qu’elle ait menacé d’ouvrir les portes de l’enfer sur Terre. Ishtar exige qu’un taureau céleste soit créé pour punir Gilgamesh, affirmant qu’elle a prévu des réserves pour le peuple pendant les sept années de famine qui suivront la destruction causée par la bête.

La victoire contre le taureau céleste

Une fois lâché sur terre, Enkidu agrippe le taureau céleste par les cornes tandis que Gilgamesh le poignarde. Ils offrent le cœur du taureau à Shamash. Quand Ishtar les maudit, Enkidu lui envoie la cuisse du taureau au visage. Les deux héros se pavanent dans la rue au son des chants des jeunes filles. Mais cette nuit-là, Enkidu fait un rêve.

SEPTIÈME TABLETTE

Enkidu partage son rêve avec Gilgamesh dans lequel il a vu Anou exiger sa mort pour punir Gilgamesh. Enkidu tombe malade et se couche, tandis que Gilgamesh est angoissé à l’idée de perdre son ami. Enkidu maudit la civilisation qui l’a éloigné de sa vie heureuse dans la forêt, blâmant le chasseur et la courtisane qui l’ont introduit à la vie en société. Gilgamesh essaie de le réconforter, mais sans succès. Le lendemain, Enkidu implore Shamash de maudire les deux responsables de sa condition. Cependant, Shamash réplique que ces deux individus ont permis à Enkidu de découvrir l’amitié avec Gilgamesh. Après y avoir bien réfléchi, Enkidu décide de les bénir. Malgré cela, il reste malade. Il reste alité pendant douze jours avant de mourir, honteux de n’avoir pas péri sur un champ de bataille.

HUITIÈME TABLETTE

Après avoir découvert son ami mort, Gilgamesh lui fait la promesse solennelle qu’il ne sera jamais oublié. Il ordonne à tous les êtres vivants de pleurer sa mort et fait créer une magnifique statue d’Enkidu en son honneur. Gilgamesh offre des sacrifices à Shamash avant de revêtir une peau de lion et partir errer dans la steppe.

NEUVIÈME TABLETTE

Habillé comme un sauvage, Gilgamesh cherche à se rappeler l’image de son ami qui était comme un frère pour lui. Mais la mort d’Enkidu le confronte à sa propre mortalité, suscitant chez lui une certaine crainte. Pour tenter d’échapper à cette fin inéluctable, il décide de voyager jusqu’à Out-Napishtim, son ancêtre, le seul être humain qui ait obtenu l’immortalité grâce aux dieux. Son périple est long et périlleux : il doit franchir les Monts-Jumeaux, gardés par deux Hommes-Scorpions qui veulent l’en empêcher. L’un des gardiens prévient Gilgamesh de la difficulté du voyage, mais Gilgamesh insiste pour que cela soit ainsi. Il finit par être autorisé à passer et poursuit son chemin dans l’obscurité, sur le chemin du soleil, jusqu’à ce qu’il arrive enfin à la mer.

DIXIÈME TABLETTE

Alors qu’il approche de la taverne de Siduri, où les dieux viennent s’abreuver de vin, Gilgamesh suscite la terreur de la Siduri en apparaissant vêtu d’une peau de lion. Face à cette attitude hostile, il menace d’enfoncer la porte de l’établissement avant de se présenter à elle. Malgré ses explications sur son identité, Siduri se montre sceptique et lui demande pourquoi il semble si abattu, malgré ses prouesses passées. Il lui explique alors la mort de son ami Enkidu, sa propre peur de la mort et sa quête désespérée d’immortalité. Siduri tente de le dissuader en lui faisant remarquer que son souhait est impossible à réaliser et que la seule forme d’immortalité est de laisser une descendance.

Sans écouter ses avertissements, Gilgamesh reste indifférent et demande à la femme le chemin pour retrouver Out-Napishtim. Celui-ci l’aide à traverser la mer en utilisant des perches et ses vêtements comme voile.

ONZIÈME TABLETTE

Le secret de l’immortalité de Out-Napishtim

Out-Napishtim demande à Gilgamesh pourquoi il est dans un tel état. Gilgamesh lui explique sa peur de la mort et Out-Napishtim lui reproche son attitude. Il lui révèle alors le secret de son immortalité : les dieux avaient décidé de noyer le monde, mais Ea l’avait averti de la catastrophe et lui avait conseillé de se construire un bateau pour survivre. Craignant la méfiance des autres, Out-Napishtim avait demandé à Ea quoi dire et il s’était fait passer pour un fou d’Enlil. Out-Napishtim explique comment il a préparé son bateau avec l’aide de ses voisins pour sauver sa famille, les animaux, les domestiques et les artisans d’un déluge dévastateur envoyé par les dieux. Après que la tempête se soit calmée, l’arche s’est posé sur une montagne et Out-Napishtim a libéré tout ce qu’elle contenait. Enlil, le dieu qui avait décidé d’inonder la terre, fut mécontent mais, sur recommandation d’Ea, il accepta d’accorder l’immortalité à Out-Napishtim ainsi qu’à sa femme. Out-Napishtim recommande à Gilgamesh de rester éveillé pendant six jours et sept nuits pour prouver sa valeur, mais Gilgamesh échoue et finit par s’endormir. Out-Napishtim prouve que Gilgamesh a dormi en faisant cuire du pain chaque jour et en le plaçant près de sa tête. Il lui fait donc comprendre qu’il ne peut pas vaincre la grande mort s’il est incapable de vaincre la petite mort (sommeil). Gilgamesh finit par accepter sa condition de mortel et demande où il devrait aller.

L’herbe de Jouvence

Out-Napishtim évoque l’existence de l’Herbe de Jouvence, qui permet de retrouver une nouvelle vie. Gilgamesh doit suivre les indications pour la trouver, mais Out-Napishtim lui assure que la réponse se trouve en lui-même. C’est grâce au souvenir d’Enkidu que Gilgamesh parvient à découvrir l’emplacement de la plante. Il projette de la rapporter à Uruk afin que ses concitoyens puissent la consommer et retrouver leur jeunesse. Cependant, la plante est mangée par un serpent alors qu’il est occupé à chercher de l’eau fraîche. Dévasté, Gilgamesh n’arrive pas à supporter l’idée que tous ses sacrifices n’ont servi qu’à aider un simple serpent. De retour à Uruk avec Our-Shanabi, il retrouve sa fierté et se met à vanter la grandeur et la beauté de sa cité.

DOUZIÈME TABLETTE

Considérée comme l’une des plus fascinantes sur le plan métaphysique, cette tablette relate une version alternative de la mort d’Enkidu. Selon ce récit, les “pekku“* et “mekku“* de Gilgamesh ont été envoyés en enfer. Enkidu décide alors d’aller les récupérer, en négligeant les conseils de Gilgamesh pour se préparer à sa visite des enfers – s’habiller modestement, laisser ses armes derrière lui et éviter certaines interactions – se retrouvant alors prisonnier des enfers.

Gilgamesh implore les dieux de libérer son ami Enkidu. Les dieux lui accordent la possibilité de parler une dernière fois à son ami décédé. L’ombre d’Enkidu lui explique que la seule façon d’assurer un certain confort est d’avoir engendré une multitude d’enfants.

* Ces deux termes sont sujets à débats. En effet, certains y voient un tambour et sa baguette, d’autres une baguette et un cerceau, et il y a même ceux qui y ont vu une référence au pénis et aux testicules.

Présentation des personnages

Gilgamesh est le fils du roi Lugalbanda et de Ninsuna, la déesse des bovins sauvages, ce qui fait de lui un être mi-homme, mi-dieu. En tant que cinquième roi d’Uruk, une ville de Mésopotamie, il commence son règne en étant un jeune souverain fort et tyrannique. Gilgamesh est un héros doté d’une puissance physique exceptionnelle et d’un courage sans bornes. Il brave les codes moraux, comme celui de s’octroyer le droit de coucher avec les jeunes mariées, et se confronte à tout obstacle, y compris les divinités. Malgré la perte d’Enkidu, Gilgamesh défie sans cesse les dieux, tout en les vénérant et en reconnaissant leur autorité. L’amitié qu’il va construire avec Enkidu va lui donner l’opportunité de s’humaniser, découvrant les émotions et l’angoisse de la mort. Il va alors persister dans sa quête d’immortalité avec témérité.

Enkidu a été façonné à partir d’argile par la déesse Aruru (aussi appelée Arourou) en réponse aux plaintes constantes des dieux concernant le comportement insupportable de Gilgamesh. Cet être sauvage et indomptable regrettera par la suite d’avoir quitté la steppe pour la civilisation. En tant que double de Gilgamesh, il est créé à son image pour rivaliser avec la violence du roi d’Uruk. Il dispose d’une musculature comparable à celle d’une météorite, un corps couvert de poils et des cheveux semblables à un champ de seigle. Enkidu devient l’ami de Gilgamesh et l’aide à vaincre les monstres qui terrorisent Uruk (le monstre Houmbaba et le taureau céleste). Sa mort représente un moment crucial dans l’histoire, car elle permet à Gilgamesh d’entamer sa quête spirituelle. Le personnage d’Enkidu incarne la transformation de l’homme sauvage en un être civilisé. Contrairement au mythe d’Adam et Ève, les Mésopotamiens ne considéraient pas la civilisation comme un mal. La courtisane envoyée par Gilgamesh permet à Enkidu de s’initier à la civilisation par le biais de la sexualité. En passant de l’être sauvage à l’homme civilisé, il perd son lien avec la nature (les animaux le fuient), troquant la bestialité pour une vie humaine. Ainsi, la femme est perçue comme l’instigatrice de la civilisation, contrairement à la religion chrétienne qui la voit comme une créature faible, ayant croqué dans le fruit défendu. En combattant Gilgamesh, Enkidu tente de défendre la vertu des femmes qui sont contraintes de coucher avec le roi lorsqu’elles se marient. Son amitié avec Gilgamesh symbolise son adhésion à la civilisation. Néanmoins, lorsqu’il approche de la fin, Enkidu regrette d’avoir quitté la steppe, estimant que la civilisation l’a conduit à la mort. C’est le dieu Shamash qui l’aidera à prendre conscience de tout ce que la civilisation a pu lui apporter de bien durant son existence.

Out-Napishtim est l’ancêtre de Gilgamesh. Il a sauvé l’humanité du Déluge décrété par le dieu Enlil en rassemblant un spécimen de chaque espèce à bord d’une immense arche. En récompense de son courage, il a obtenu la vie éternelle. Il tente d’aider Gilgamesh à atteindre l’immortalité, mais celui-ci échoue aux défis imposés et demeure mortel. Out-Napishtim incarne le sage qui guide Gilgamesh dans sa quête spirituelle. Bien qu’il n’ait pas réussi à vaincre la petite mort (le sommeil), c’est Out-Napishtim qui lui apprend l’existence de l’Herbe Jouvence qui permet à celui qui la consomme de retrouver sa jeunesse.

Ninsun, est la déesse mère de Gilgamesh, associée à la sagesse et à la fertilité.

Anu est le dieu du ciel et du firmament.

Enlil est le dieu de l’air, de l’atmosphère, du vent et des tempêtes. Furieux contre les humains, en raison de leur comportement immoral et bruyant, qui perturbait son sommeil et celui des autres dieux. Il a décidé de punir l’humanité en envoyant un déluge afin de détruire toute vie sur terre.

Ea (ou Enki) est le dieu de l’eau, de la sagesse et de la magie.

Shamash ,est le dieu du soleil, de la justice et de l’ordre divin. Il apporte son soutien à Gilgamesh à de nombreuses reprises.

Ishtar, est la déesse de l’amour, de la guerre, de la fertilité et de la sexualité. Certains mythes prétendent qu’elle avait une réputation de femme volage et capricieuse. Elle était souvent associée à des comportements excessifs et impulsifs. Suite au rejet de Gilgamesh, elle demande à son père Anu de lui donner la “Bête du Ciel” pour détruire Gilgamesh, mais il refuse. Elle finit par envoyer le taureau céleste pour vaincre Gilgamesh et son ami Enkidu.

Humbaba (ou Huwawa) est le gardien de la forêt de cèdres, considéré comme une divinité locale. Cette bête est terrassée par Gilgamesh et Enkidu.

Aruru est une déesse mésopotamienne de la création et de la fertilité. C’est elle qui a créé Enkidu, l’homme sauvage, en réponse aux plaintes des citoyens d’Uruk sur les excès de Gilgamesh.

Le taureau céleste est une créature mythique créée par la déesse Aruru à partir de l’argile et du sang d’Anu, le dieu du ciel. Dans l’épopée de Gilgamesh, la déesse Ishtar l’a envoyé pour vaincre Gilgamesh et Enkidu en réponse au rejet de Gilgamesh. Le taureau est décrit comme étant extrêmement puissant et dangereux, et il a dévasté la ville d’Uruk avant d’être finalement tué par Gilgamesh et Enkidu.

Analyse de l’oeuvre

La narration de Gilgamesh se compose de deux parties distinctes. Dans la première partie, Gilgamesh est un héros audacieux qui vit des aventures terrifiantes et impressionnantes. L’amitié profonde qui se noue entre Enkidu et Gilgamesh est un élément central de l’histoire. Bien qu’Enkidu ait été conçu pour être un rival de Gilgamesh, il devient plutôt son compagnon fidèle. Ensemble, ils réalisent qu’ils sont plus forts et peuvent accomplir de grandes choses. Cependant, leur amitié a également un effet négatif, car elle semble affaiblir la virilité d’Enkidu. Leur puissance combinée a un coût : la douleur de la séparation. La mort d’Enkidu plonge Gilgamesh dans le deuil et marque le début de la deuxième partie de l’épopée, où il abandonne son royaume pour faire face à sa propre peur de la mort.

Dans la deuxième partie, Gilgamesh devient un symbole universel de la lutte contre la mort, mais cette fois-ci, ses périls sont internes plutôt qu’externes. Il apprend à accepter ses limites et sa mortalité, et se rend compte que pour devenir immortel, il faudrait que tous les dieux s’accordent. Il prend conscience que même lui, un héros à la force incalculable, a des limites et doit se résigner à la mort. D’autant plus qu’il ne parvient pas à vaincre la petite mort (le sommeil). En effet, il sombre dans le sommeil lorsque son ancêtre le met au défi de ne pas dormir pendant plusieurs jours.
Toutefois, dans sa quête spirituelle, Gilgamesh trouve une manière d’assurer sa pérennité. Il montre fièrement les murs d’Uruk à Our-Shanabi et fait graver le récit de son histoire dans la pierre, afin que l’on s’en souvienne pour toujours. Ainsi, l’importance de l’écriture comme garante de la vérité et de la pérennité d’une histoire est affirmée. En fin de compte, l’immortalité réside dans le souvenir des hommes et dans la fécondité. Gilgamesh doit donc se préoccuper de fonder une famille pour perdurer dans les enfers.

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